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TJ 13055, 6 mai 2025, RG 25/00701


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Date
06/05/2025
Numéro
25/00701
Lieu / cour
tj13055
Chambre
0P3 P.Prox.Référés
Type
other
Id
6877f2e8fd93c2d1757f7551

Texte de la décision

13,377 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE

Pôle de Proximité

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

ORDONNANCE DU : 10 Juillet 2025
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : Madame DEGANI, Greffier
Débats en audience publique le : 06 Mai 2025

GROSSE :
Le 11 juillet 2025
à Mme [O] [T]
Le ...................................................
à Me ...............................................
Le ...................................................
à Me ...............................................
EXPEDITION :
Le ..........................................................
à Me ......................................................
Le ..........................................................
à Me ......................................................
Le ...........................................................
à Me ......................................................

N° RG 25/00701 - N° Portalis DBW3-W-B7J-57X3

PARTIES :

DEMANDERESSE

Etablissement public HABITAT [Localité 4] PROVENCE AIX-[Localité 4] PROVENCE METROPOLE, dont le siège social est sis [Adresse 1]

Représenté par Madame [O] [T], munie d’un pouvoir

DEFENDEURS

Monsieur [C] [I], demeurant [Adresse 2]

non comparant

Madame [X] [I], demeurant [Adresse 2]

non comparante

EXPOSE DU LITIGE

Un bail a été signé entre les parties le 8 août 2012, relatif à un logement sis [Adresse 3], moyennant un loyer initial mensuel de 446,52 euros outre 253,96 euros de provision pour charges.

Des loyers étant demeurés impayés, l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire le 17 octobre 2024.

Par acte de commissaire de justice en date du 29 janvier 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé intégral de ses moyens et prétentions, l’EPIC HABITAT MARSEILLE PROVENCE METROPOLE a fait assigner Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 6 mai 2025.

A cette audience, l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE, représenté par Madame [O] [T], dument habilitée par un pouvoir de représentation, sollicite le bénéfice de son acte introductif d'instance en actualisant sa créance, celle-ci s'élevant à la somme de 2 547,22 euros, au 2 mai 2025. Il sollicite l’octroi de délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire si de tels délais étaient accordés.

Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I], ne comparaissent pas, bien que cités par acte remis à étude.

L’affaire a été mise en délibéré au 10 juillet 2025.

Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,

MOTIFS DE LA DECISION

En vertu des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.

Vu l’article 9 du code de procédure civile,

Vu l'article 1353 du code civil,

Selon les dispositions de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.

Sur la recevabilité

Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige,

L’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE a produit la notification à la CAF en date du 13 mai 2024 des impayés locatifs visés dans le commandement de payer signifié aux locataires, soit deux mois au moins avant l’assignation du 29 janvier 2025.

L’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE produit par ailleurs la dénonciation de l’assignation à la Préfecture en date du 30 janvier 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 6 mai 2025.

Son action est donc déclarée recevable.

Sur la résiliation du contrat de bail et ses conséquences

Vu l’article 2 du code civil,

Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l'une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus,

Vu le caractère d'ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés,

Vu le bail liant les parties,

En l’espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré aux locataires par acte de commissaire de justice en date du 17 octobre 2024 pour un arriéré locatif de 1 651,85 euros.

Les sommes visées au commandement n’ont pas été intégralement payées dans le délai imparti.

En conséquence, la clause résolutoire est acquise et il convient de constater la résiliation du bail à effet au 17 décembre 2024, d’ordonner l’expulsion des locataires des lieux occupés, de les condamner solidairement à payer à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE une indemnité d’occupation provisionnelle mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu'il aurait été si le contrat s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 906,82 euros), à compter du 18 décembre 2024 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE.

Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, soit réduit ou supprimé.

Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.

Sur le paiement de sommes à titre provisionnel

Vu les articles 4 et 7 de la loi du 6 juillet 1989,

Vu le contrat de bail liant les parties,

Il résulte du décompte locatif joint à l’assignation que les locataires restaient débiteurs d’une dette locative de 1 539,37 euros au 22 janvier 2025.

Vu le décompte actualisé au 2 mai 2025, fixant la dette locative à une somme de 2 547,22 euros, terme du mois d’avril 2025 inclus, déduction faite des frais de contentieux.

L’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient donc de condamner solidairement Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] à payer à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE la somme de 2 547,22 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision.

Sur les délais de paiement
 
Vu l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige,
Vu la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience,
 
Il convient de faire droit à la demande de délais de paiement et d'autoriser Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] à se libérer de leur dette locative en 36 mois par mensualités de 70 euros, le 08 de chaque mois et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance, en sus des loyers courants, étant rappelé que la dernière mensualité doit impérativement apurer le solde de la dette.
 
Il convient d'attirer l'attention de Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] sur le fait que le défaut de paiement d'une seule mensualité à son échéance entraînerait la déchéance du terme et que la totalité du solde restant dû deviendrait alors immédiatement exigible.

Sur la suspension de la clause résolutoire
 
Vu l’article 24 VII de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige,
Vu la reprise du versement intégral du loyer courant avant l’audience,

Durant les délais de remboursement ayant été accordés à Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I], les effets de la clause de résiliation sont suspendus. Si Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] se libèrent dans le délai et selon les modalités fixés ci-dessus, en sus du paiement du loyer courant, la clause de résiliation de plein droit sera réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire :

la totalité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible,la clause résolutoire reprendra son plein effet,il pourra être procédé à l'expulsion de Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] selon les modalités prévues au dispositif ci-après,Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] seront tenus solidairement au paiement à titre provisionnel d’une indemnité d’occupation dont le montant correspond au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s'était poursuivi (à défaut de justificatifs, à la somme de 906,82 euros),le sort des meubles sera régi conformément aux dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Sur les dépens de l’instance de référé et la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile

Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I], qui succombent au sens de l'article 696 du code de procédure civile, supporteront in solidum les entiers dépens de l'instance de référé dont le coût du commandement de payer et seront condamnés in solidum à payer à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE une somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

Sur l’exécution provisoire

Il est rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires à titre provisoire en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe :

DECLARONS l’action de l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE recevable ;

CONSTATONS la résiliation du bail conclu entre les parties le 8 août 2012 concernant l’appartement situé [Adresse 3], à effet au 17 décembre 2024 ;

ORDONNONS en conséquence à Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de sept jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;

DISONS qu’à défaut pour Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;

DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;

CONDAMNONS Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] solidairement à payer à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 18 décembre 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;

FIXONS cette indemnité mensuelle d'occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 906,82 euros) ;

CONDAMNONS Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] solidairement à verser à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE la somme de 2 547,22 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;

ACCORDONS des délais de paiement de 36 mois à Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] pour s’acquitter, outre le loyer et les charges courants, de sa dette locative de 2 547,22 euros et disons qu’ils devront régler cette somme selon 36 mensualités de 70 euros chacune, le 08 de chaque mois, et pour la première fois le 08 du mois suivant la signification de la présente ordonnance, la dernière étant augmentée du solde de la dette ;
 
SUSPENDONS la clause résolutoire pendant ce délai ;
 
DISONS que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ; qu’en revanche, à défaut du paiement de toute mensualité, qu'elle soit due au titre du loyer et des charges courants ou de l’arriéré, la dette deviendra immédiatement exigible et l’expulsion pourra être poursuivie avec le concours de la force publique et d'un serrurier pour les locataires et tous occupants de leur chef ;

CONDAMNONS Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] in solidum à payer à l’EPIC HABITAT [Localité 4] PROVENCE METROPOLE la somme de 200 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;

CONDAMNONS Monsieur [C] [I] et Madame [X] [I] in solidum aux entiers dépens de l'instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture ;

RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire.

Le Greffier, Le Juge,

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