TJ 30189, 16 juill. 2025, RG 25/03452
Vérifier : TJ 30189, 16 juill. 2025, RG 25/03452 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
COUR D'APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 25/03452 - N° Portalis DBX2-W-B7J-LDLG
ORDONNANCE DU 16 Juillet 2025 SUR LA DEMANDE DE SECONDE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Julie EZQUERRA, Greffier, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 15 Juillet 2025 à 09heures35 enregistrée sous le numéro N° RG 25/03452 - N° Portalis DBX2-W-B7J-LDLG présentée par Monsieur LE PREFET DES HAUTES-ALPES concernant
Monsieur [W] [Y]
né le 16 Août 1983 à [Localité 1]
de nationalité Arménienne ;
Vu l'arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 25 mai 2023 et notifié le 12 juin 2023 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 17 juin 2025 notifiée le même jour à 09h24
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, ne s'est pas fait représenter ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Nancy PAILHES-BRAYDE, avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arménienne et a donc été entendue avec l'assistance d'un interprète en cette langue, Madame [D] [Z] inscrit sur une des listes des experts de la Cour d'Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare: Je vous remercie de me donner la possibilité de dire un mot. Ma femme est malade, j'ai trois enfants. J'ai un certificat médical qui a été délivré par le médecin, je peux vous le présenter. Il lui arrive d'être alitée pendant plusieurs jours, voire une semaine, ou hospitalisée. Et c'est moi qui m'occupe de mes enfants. On me reproche de ne pas avoir une domiciliation alors que j'ai une adresse. On me reproche d'avoir reçu un courrier de la Préfecture que je ne suis pas allé récupérer, mais je peux vous démontrer que ce n'était pas à mon nom. Je peux vous transmettre ces documents, s'il vous plaît prenez en compte tous ces éléments. Je peux vous communiquer mon AME.Non, je n'ai pas de passeport valide. Je n'ai pas pu entamer mes démarches parce que j'avais une OQTF. J'avais peur d'être contrôlé sur le trajet.
Me Nancy PAILHES-BRAYDE ne soulève aucune nullité de procédure ;
La Préfecture ne s'est pas fait représenter à l'audience de ce jour bien que dûment avisée.
Sur le fond, Me Nancy PAILHES-BRAYDE plaide l'assignation à résidence de son client :
- il est le père de famille sur lequel tout le monde peut s'appuyer, il souhaite pouvoir être assigné à résidence pour assister sa famille et épauler son épouse qui est gravement malade. Cette famille cherche à s'intégrer, à apprendre le français, à travailler.
La personne étrangère déclare : Je vous demande s'il vous plaît, il n'y aura pas de problème avec une assisgnation à résidence, même si c'est pour toute la vie, j'accepte. Mon père et ma mère sont décédés, ma soeur aussi. S'il vous plaît ne m'éloignez pas de ma famille, ne me séparez pas de ma famille. Sans ma famille je ne vais pas tenir, je vais mourir. Dans 10 jours c'est l'anniversaire de mon enfant.
MOTIFS DE LA DECISION
- sur le fond
Attendu que conformément à l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, un délai de vingt-six jours s'est écoulé depuis l'expiration du délai de 04 jours mentionné au I de l'article L. 741-1 ;
Attendu qu’il est établi, en l’espèce :
1° une urgence absolue ou une menace pour l'ordre public,
2° que l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ;
4° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison d’une délivrance tardive des documents de voyage ;
Attendu que Monsieur [W] [Y] n'a pas remis de documents d'identité en cours de validité et n'a notamment pas produit l'original d'un passeport valide de sorte qu'il ne remplit pas les conditions légales exigées par l'article L743-13 du CESEDA pour être assigné à résidence dans l'attente de la mise à exécution de sa mesure d'éloignement ; qu'au demeurant il se maintient sur le territoire français malgré le rejet de sa demande d'asile et la mesure d'éloignement dont il fait l'objet ; qu'il n'a pas respecté les conditions d'une précédente assignation à résidence du 30 décembre 2024 notamment en ne se présentant pas au vol programmé pour l'exécution de sa mesure d'éloignement le 18 février 2025 ; qu'il a manifesté son refus de regagner son pays d'origine ; que ses garanties de représentation apparaissent dès lors insuffisantes ; que l'administration justifie des diligences nécessaires à la mise à exécution de sa mesure d'éloignement ; qu'un laissez-passer consulaire a ainsi été obtenu concernant l'intéressé ; qu'un vol destiné à la mise à exécution de sa mesure d'éloignement est prévu dans les prochains jours ; qu'il y a lieu à ce stade d'autoriser une nouvelle prolongation de la mesure de rétention dont fait l'objet l'intéressé ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 26 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de Monsieur [W] [Y]
né le 16 Août 1983 à [Localité 1]
de nationalité Arménienne
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 17 juillet 2025 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 3] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 5] ou uniquement en cas de dysfonctionnement fax N° 04.66.76.46.83) ;
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [4] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 3], en audience publique, le 16 Juillet 2025 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 16 Juillet 2025 à
LE PRÉFET L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [W] [Y]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur LE PREFET DES HAUTES-ALPES
le 16 Juillet 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 3];
le 16 Juillet 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 3] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 16 Juillet 2025 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Nancy PAILHES-BRAYDE ;
le 16 Juillet 2025 à par mail Le Greffier
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 3]
Monsieur [W] [Y] reconnaît avoir :
Reçu notification le ..............................à ....................................heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 16 Juillet 2025 par Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du siège de tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 5] ou uniquement en cas de dysfonctionnement fax N° 04.66.76.46.83) ;
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [4] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en.............................................................
langue que le requérant comprend ;
le .................................................................. à ........................... HEURES
Par l’intermédiaire de :
☐................................................................................., interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec ....................................................., interprète en langue ............................................................
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] (04.66.76.48.76)
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.