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TJ 56260, 22 août 2025, RG 25/00544


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Date
22/08/2025
Numéro
25/00544
Lieu / cour
tj56260
Chambre
1ère chambre
Type
other
Id
68b0bd3a2dbfd85c112f97f9

Texte de la décision

10,256 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE
22 Place de la République
CS 42503
56019 - VANNES CEDEX

MINUTE N°

N° RG 25/00544 - N° Portalis DBZI-W-B7J-E3IJ
JLD CIVIL

EPSM DU MORBIHAN c/ [P] [G]
SDTU

ORDONNANCE

rendue le 22 Août 2025,

Par Madame Mathilde GUILLEMAIN, juge placée déléguée au tribunal judiciaire de VANNES, par ordonnance du premier président de la cour d’appel de Rennes en date du 13 décembre 2024, pour exercer les fonctions de juge du siège, assistée de Madame Viviane LABARRE, Greffière,

Mme [P] [G]
née le 23 Avril 1960 à LE PALAIS (MORBIHAN)
représentée par Me Isabelle MASCRIER, avocat au barreau de VANNES
sous mesure de curatelle renforcée confiée à L’ASCAP du Morbihn

Vu la demande d’admission en hospitalisation complète de Mme [P] [G] présentée par l’ASCAP DU MORBIHAN le 11/08/2025 en qualité de curateur de la patiente ;

Vu le certificat médical initial établi le 11/08/2025 par le Dr [I] établissant un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade ;

Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé Mentale du Morbihan, 22 rue de l’Hôpital à SAINT - AVE en date du 11/08/2025 prononçant l’admission de Mme [P] [G] en hospitalisation complète ;

Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 12/08/2025 ;

Vu le certificat médical dit des 24 heures établi le 12/08/2025 par le Dr [M] ;

Vu le certificat médical dit des 72 heures établi le 14/08/2025 par le Dr [H] ;

Vu la décision du directeur de l’établissement en date du 14/08/2025 maintenant pour un mois les soins sous le régime de l’hospitalisation complète de Mme [P] [G] ;

Vu la notification de cette décision ou l’information de la personne hospitalisée, en date du 14/08/2025 ;

Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge reçue au greffe de la juridiction le 14/08/2025 ;

Vu l’avis motivé établi le 18/08/2025 par le Dr [R] [O] ;

Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 19/08/2025 ;

Vu le débat contradictoire en date du 21/08/2025 ;

Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;

MOTIFS DE LA DÉCISION

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

Mme [P] [G] était hospitalisée à l’Etablissement Public de Santé Mentale du Morbihan sans son consentement le 11/08/2025 dans les conditions rappelées dans l’en-tête de la présente ordonnance.

Le certificat médical initial établi le 11/08/2025 par le Dr [I] décrivait en ces termes l’existence de troubles mentaux : “effondrement thymique avec pleurs tout au long de l’entretien, pas d’idées suicidaires, idées délirantes non systématisées à thématique de persécution (envers les résidents de son lieu de vie, les patients de l’hôpital), discours circulaire avec des persévérations (autour des idées fixes de persécution), troubles du cours de la pensée, réponses inadaptées, aucune conscience de ses troubles, aucune critique des comportements présentés à son lieu de vie, refus de soins, refus de l’hospitalisation bien qu’elle semble s’y résigner de manière passive, adhésion fragile au traitement (bonne observance mais se plaint des adaptations pharmacologiques ”.
Etait constaté le risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade.

Les certificats médicaux postérieurs établissaient pendant la période d’observation que les troubles mentaux initialement décrits étaient toujours d’actualité notamment la persistance d’éléments de persécution et d’une tendance en service à entrer dans la chambre des autres et peut-être prendre des objets et que la prise en charge de Mme [P] [G] devait se poursuivre sous le mode de l’hospitalisation complète, notamment afin de poursuivre l’adaptation de son traitement.

L'avis motivé daté du 18/08/2025 constatait que Mme [P] [G] présentait une personnalité un peu frustre avec intolérance à la frustration ainsi qu’un fond de persécution modéré et qu’elle s’avérait vite débordée par l’impossibilité d’introspection ou d’élaboration, qu’elle éprouvait des tensions relationnelles sur son lieu de vie et qu’un temps d’observation et d’évaluation restait nécessaire avant d’envisager un retour dans sa structure d’accueil.
L’avis précisait que l’état de santé de Mme [P] [G] était compatible avec son audition par le juge.

A l'audience du 21 août 2025, Mme [P] [G] déclarait spontanément avoir vécu avec un “copain, [W]”, connu à l’hôpital de jour à AURAY, puis avoir déménagé à VANNES, puis à SAINT-AVE, puis dans une petite maison où son compagnon l’avait frappée. Concernant sa prise en charge en résidence, elle niait avoir des difficultés de comportement et mettait en cause le comportement d’autres résidents. Elle admettait cependant “ne plus se laisser faire”. Elle niait éprouver des sentiments de persécution et affirmait ne pas être à l’origine des disparitions d’objet dans le service où elle est actuellement prise en charge. Elle souhaitait qu’il soit mis fin à son hospitalisation.

Le représentant de l’établissement de santé sollicitait la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète, s’en rapportant au dossier et à l’avis motivé.

Le conseil de Mme [P] [G] était entendu en ses observations. Il indiquait s’en remettre.

Il résulte de l’ensemble de ces éléments que la procédure relative à l’admission de Mme [P] [G] en hospitalisation complète est régulière, que les troubles du comportement persistent et rendent impossible son consentement sur la durée, que l’état mental de Mme [P] [G] impose la poursuite des soins assortis d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, cette mesure s’avérant, malgré l’absence d’adhésion aux soins, nécessaire et proportionnée à son état actuel.

PAR CES MOTIFS

Maintenons la mesure d’hospitalisation complète dont fait l’objet Mme [P] [G] ;

Informons les parties ainsi que leur représentant que le délai d’appel est de dix jours à compter de ce jour et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de RENNES (COUR D'APPEL de RENNES - Place du Parlement de Bretagne - CS 66423 - 35064 RENNES CEDEX - MAIL : retention.ca-rennes@justice.fr).

LE GREFFIER LE JUGE

La présente ordonnance a été notifiée le 22/08/2025 :

à M. le Directeur - E.P.S.M - SAINT AVÉ par voie électronique avec accusé de réception à Mme [P] [G] par l’intermédiaire de l’E.P.S.M.à Me Isabelle MASCRIER, avocat, par voie électronique avec accusé de réception Avis à l’ASCAP DU MORBIHAN par voie électronique avec accusé de réception
La présente ordonnance est communiquée à M. le Procureur de la République de VANNES

Le greffier

NOTIFICATION

[P] [G]
N° RG 25/00544 - N° Portalis DBZI-W-B7J-E3IJ

JCIVIL ordonnance du 22 Août 2025

Le .....................................................

Mme [P] [G] reconnaît avoir reçu notification de l’ordonnance rendue le 22 Août 2025 par le juge en charge du contrôle des soins psychiatriques sans consentement.

Nous indiquons que le délai d’appel est de dix jours à compter de la notification et que cet appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’Appel de RENNES (COUR D'APPEL de RENNES - Place du Parlement de Bretagne - CS 66423 - 35064 RENNES CEDEX - MAIL : retention.ca-rennes@justice.fr)

Signature de la personne :

Le ...................................................

M. ......................................................................................................

Qualité ...............................................................................................

Le directeur de l’établissement :

❒ déclare que la personne hospitalisée a refusé de signer l’accusé de réception mais que la copie de l’ordonnance et la notification des voies de recours lui ont été remises ;

❒ déclare n’avoir pas pu effectuer la notification à l’intéressée pour les raisons suivantes :





Signature :

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