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TJ 54395, 22 sept. 2025, RG 25/00787


Vérifier : TJ 54395, 22 sept. 2025, RG 25/00787 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
22/09/2025
Numéro
25/00787
Lieu / cour
tj54395
Chambre
JLD
Type
other
Id
68d1ba3aad61014a208692fd

Texte de la décision

6,213 caractères

Cour d'Appel de nancy

Tribunal Judiciaire
de Nancy

Juge
Philippe LAVAL

hospitalisation à la demande
du représentant de l'état

Procédure de contrôle ordinaire
d'une hospitalisation complete
(L3211-12-1 C.S.P)

ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète

N° RG 25/00787 - N° Portalis DBZE-W-B7J-JUTZ

ORDONNANCE du 22 septembre 2025

REQUÉRANT :

M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE
Sous couvert de l'Agence Régionale de Santé - Grand Est
[Adresse 1]
[Localité 4]

Non Comparant - Non Représenté

PERSONNE HOSPITALISÉE :

Monsieur [G] [K]
né le 12 Décembre 2006 à [Localité 5] (BAS RHIN)
Centre pénitentiaire de [Localité 4]-[Localité 3]
[Localité 4]

Comparant - Assisté de Me Louis CAUMONT

PARTIE JOINTE :

M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy,
Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites)

Vu les articles L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ;
ainsi que les articles L.3214-1 à L.3214-5 de ce même code ;

Monsieur [G] [K] fait l'objet d'une hospitalisation à la demande du représentant de l'état au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 2] depuis le 11 septembre 2025 ;

Par requête en date du 17 septembre 2025 , M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [G] [K] ;

Les parties à la procédure : Monsieur [G] [K], M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE, Monsieur le Procureur de la République, Me Louis CAUMONT, avocat de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ;

Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 4] ;

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte.

Il résulte de l’article L3214-3 du code de la santé publique qu’une personne détenue atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du représentant de l’Etat que si ses troubles mentaux :
1°Nécessitent des soins immédiats assortis d'une surveillance constante
2°Rendent impossible son consentement
3°Constituent un danger pour elle-même ou pour autrui

En application de l’article L3216-1 du code la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3214-3 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544).

En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 16 septembre 2025 par le docteur [I] que Monsieur [K] a été admis dans le cadre de troubles du comportement avec mise en danger (ingestion d’eau de javel et lessive) et de suspicion de troubles du spectre autistique, avec une absence de conscience des troubles. Ces éléments démontrent l’existence d’un trouble mental au sens du code de la santé publique. Il est relevé dans la période d’observation un contact pathologique, une immaturité psycho-affective, des mutismes, des stéréotypies gestuelles et que les mises en danger sont minimisées dans un contexte de rigidité mentale et de dysrégulation émotionnelle. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé un début d’évolution favorable conditionné à un étayage par l’équipe soignante, mais que le patient reste d’un contact altéré et peu coopérant. Il est souligné une immaturité et une rigidité psychique présentant un risque accru de raptus anxieux ou d’auto-agressivité en cas de stress. Il est estimé que les symptômes précédemment décrits placent le patient dans une situation de grande vulnérabilité. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Monsieur [K] nécessitent des soins immédiats assortis d'une surveillance constante, rendent impossible son consentement et constituent un danger pour lui-même ou pour autrui.

Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3214-3 du code de la santé publique sont remplies.

En conséquence, la mesure d’hospitalisation sans consentement sera maintenue.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, réputé contradictoirement et en premier ressort :

MAINTENONS la mesure d'hospitalisation à la demande du représentant de l'état dont fait l'objet Monsieur [G] [K] au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 2] ;

RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ;

Prononcée le 22 Septembre 2025 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement.

Fait à Nancy, le 22 Septembre 2025 Le juge

Reçu copie intégrale le 22 Septembre 2025
Monsieur [G] [K]
Reçu copie intégrale le 22 Septembre 2025
L'avocat

Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience :
- à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE;
- à Mme la directrice du centre hospitalier.

Le greffier

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