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TJ 45234, 23 sept. 2025, RG 25/00779


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Date
23/09/2025
Numéro
25/00779
Lieu / cour
tj45234
Chambre
Juge Libertés Détention
Type
other
Id
68d45fd56a4025c174c60d46

Texte de la décision

6,235 caractères

Cour d'Appel
d'[Localité 4]

Tribunal Judiciaire D’ORLÉANS

CHAMBRE DES LIBERTES

ORDONNANCE SUR REQUÊTE DU DIRECTEUR DE L’ETABLISSEMENT

POURSUITE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS À COMPTER DE L’ADMISSION

ADMISSION A LA DEMANDE D’UN TIERS

rendue le 23 Septembre 2025

Article L 3211-12-1 du code de la santé publique
N° RG 25/00779 - N° Portalis DBYV-W-B7J-HJXI
Minute n° 25/00396

DEMANDEUR :

M. LE DIRECTEUR DE L’EPSM DU LOIRET GEORGES DAUMEZON,
[Adresse 1]
non comparant, non représenté

DÉFENDEUR :

la personne faisant l’objet des soins :

Monsieur [P] [S]
né le 29 Octobre 1956 à ROYAUME-UNI, demeurant [Adresse 3]

Actuellement hospitalisé

Comparant, assisté de Me Karen MELLIER, avocat au barreau d’Orléans, commis d’office

TIERS :
Madame [X] [S], demeurant [Adresse 2]

non comparant

MINISTÈRE PUBLIC

Avisé, non comparant, ayant donné son avis par mention au dossier en date du 22 septembre 2025.

Nous, Stéphanie DE PORTI, Juge au tribunal judiciaire d’Orléans, assistée de Lucie FOUET, greffière, statuant en audience publique, à l’Etablissement Public de Santé Mentale du Loiret Georges DAUMEZON à FLEURY LES AUBRAIS.

Il a été procédé au débat contradictoire prévu par les articles L 3211-12-2 du code de la santé publique.

Le Juge a avisé les parties que la décision sera rendue dans l’après-midi.

MOTIFS DE L’ORDONNANCE

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

M. [S] [P] est hospitalisé à l’Établissement Public de Santé Mentale du Loiret sans son consentement depuis le 12 septembre 2025 sur demande d’un tiers, en cas d’urgence, en l’espèce par sa sœur, dans un contexte de voyage pathologique, de décompensation maniaque et de rupture de traitement.

Le certificat médical à 24 heures visait sa fragilité psychique et la nécessité d’observer l’évolution du patient.

Le certificat médical à 72 heures indique que le patient verbalise des idées délirantes mégalomaniaques et de persécution, sans critique de ses troubles.

Par requête du 18 septembre 2025, l’établissement nous saisit pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée.

Au jour de l'avis médical motivé préalable à la saisine du juge en date du 18 septembre, il est relevé que M. [S] [P] présente toujours les mêmes types d’idées délirantes, sans aucune critique à ce jour.

L’état de santé du patient était considéré comme compatible avec son audition.

M. [S] [P] ne s'oppose pas à la poursuite de son hospitalisation complète en déclarant être d’accord pour rester une semaine supplémentaire en hospitalisation mais souhaite à terme rejoindre son domicile. Il indique que son hospitalisation lui fait du bien puisque son téléphone portable ne sonne pas sans arrêt. Interrogé sur les troubles psychiques évoqués par les médecins, il a pu répondre que ses troubles avaient une origine familiale.

Son avocat indique ne pas avoir d’observations à faire sur la régularité de la procédure.

Il ressort de l’audience et des éléments communiqués que M. [S] [P] présente encore un état psychique très fragile, qu’il impute à certains membres de sa famille et aux appels indésirables qu’il reçoit par téléphone.
Ainsi il est démontré la persistance de la nécessité de soins pour des troubles mentaux, dans la mesure où le consentement pérenne du patient n’est pas assuré. Il apparaît en conséquence nécessaire de maintenir les soins en la forme actuelle, à charge pour les médecins de mettre en place des autorisations de sortie, un programme de soins et enfin une mainlevée de la mesure dès que possible.

La requête sera dès lors accueillie et l’hospitalisation complète maintenue.

Les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public.

PAR CES MOTIFS

Après débats en audience publique, statuant par décision contradictoire et en premier ressort,

ACCUEILLONS la requête.

MAINTENONS l’hospitalisation complète dont fait l’objet M. [P] [S].

DISONS que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécutoire provisoire.

LAISSONS les dépens à la charge du Trésor Public.

RAPPELONS que la présente décision est susceptible d’appel dans un délai de 10 jours devant Monsieur le Premier Président de la cour d’appel d’[Localité 4] ou son délégué saisi par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.

Fait à [Localité 4]
le 23 Septembre 2025

Le greffierLe Juge
Lucie FOUETStéphanie DE PORTI

Copie de la décision a été transmise par PLEX avec récépissé au patient, à Monsieur le Directeur de l’EPSM DAUMEZON, à l’avocat, par mail au tiers, au procureur de la République contre signature du récépissé
Le greffier,

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