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TJ 69123, 30 sept. 2025, RG 25/01611


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Date
30/09/2025
Numéro
25/01611
Lieu / cour
tj69123
Chambre
Référés civils
Type
other
Id
68dd6fe8548223b2c7ab12be

Texte de la décision

13,834 caractères

MINUTE N° :
ORDONNANCE DU : 30 Septembre 2025
DOSSIER N° : N° RG 25/01611 - N° Portalis DB2H-W-B7J-3A3F
AFFAIRE : S.A.S. GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES C/ La METROPOLE DE [Localité 33], S.A.R.L. [O] & ASSOCIES ARCHITECTES, S.A.S. SOCOTEC CONSTRUCTION, Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier dénommé IMMEUBLE [Adresse 2] sis [Localité 25], [E] [K], [X] [K], [J] [H], [M] [A], [P] [U], [W] [I], [Z] [F]

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

PRÉSIDENT : Monsieur Victor BOULVERT, Juge

GREFFIER : Madame Catherine COMBY

PARTIES :

DEMANDERESSE

S.A.S. GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES,
dont le siège social est sis [Adresse 18]
représentée par Maître Frédérique BARRE de la SELARL BARRE - LE GLEUT, avocats au barreau de LYON, avocat postulant et Maître Sophie SOUET de la SELARL ARES, avocats au barreau de RENNES, avocat plaidant

DEFENDEURS

La METROPOLE DE [Localité 33],
dont le siège social est sis [Adresse 14]
représentée par Maître Alban POUSSET-BOUGERE de la SELARL CVS, avocats au barreau de LYON

S.A.R.L. [O] & ASSOCIES ARCHITECTES,
dont le siège social est sis [Adresse 16]
non comparante, ni représentée

S.A.S. SOCOTEC CONSTRUCTION,
dont le siège social est sis [Adresse 19]
non comparante, ni représentée

Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier dénommé IMMEUBLE [Adresse 2] sis [Localité 24] [Adresse 37],
représenté par son syndic bénévole Monsieur [B] [V],
dont le siège social est sis [Adresse 15]
non comparant, ni représenté

Monsieur [E] [K]
né le 16 Septembre 1938 à [Localité 31],
demeurant [Adresse 8]
non comparant, ni représenté

Madame [X] [K]
née le 17 Juin 1943 à [Localité 30],
demeurant [Adresse 8]
non comparante, ni représentée

Monsieur [J] [H]
né le 27 Février 1984 à [Localité 29],
demeurant [Adresse 12]
non comparant, ni représenté

Madame [M] [A]
née le 26 Décembre 1982 à [Localité 34],
demeurant [Adresse 12]
non comparante, ni représentée

Monsieur [P] [U]
né le 08 Mai 1991 à [Localité 35],
demeurant [Adresse 10]
non comparant, ni représenté

Madame [W] [I]
née le 19 Juillet 1992 à [Localité 32],
demeurant [Adresse 10]
non comparante, ni représentée

Madame [Z] [F]
née le 17 Janvier 1936 à [Localité 38],
demeurant [Adresse 6]
non comparante, ni représentée

Débats tenus à l'audience du 16 Septembre 2025

Notification le
à :
Maître [D] [T] de la SELARL [T] - LE GLEUT - 42, Expédition et grosse

Maître [L] POUSSET-BOUGERE de la SELARL CVS - 215, Expédition

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EXPOSE DU LITIGE

La SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES a pour projet de faire édifier, après démolition d'un bâtiment existant, un immeuble de 15 logement et 10 places de stationnement sur un terrain sis [Adresse 5] à [Localité 38], parcelle cadastrée section AA, n° [Cadastre 21].

Par arrêté du 30 novembre 2023, le maire de la commune a accordé un permis de construire n° PC 069 259 23 00053.

La SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES a confié un contrat de maîtrise d’œuvre à la SARL [O] & ASSOCIES ARCHITECTES et fera appel à la SASU SOCOTEC CONSTRUCTION en qualité de contrôleur technique.

L'opération immobilière est voisine de plusieurs autres immeubles, ainsi que de divers réseaux de voirie, assainissement et électrique.

Par actes de commissaire de justice en date des 11 et 12 août 2025, la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES a fait assigner en référé
le Syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier sis [Adresse 4] [Localité 38] ;
Monsieur [E] [K] ;
Madame [X] [K] ;
Monsieur [J] [H] ;
Madame [M] [A] ;
Monsieur [P] [U] ;
Madame [W] [I] ;
Madame [Z] [F] ;
la METROPOLE DE [Localité 33] ;
la SARL [O] & ASSOCIES ARCHITECTES ;
la SASU SOCOTEC CONSTRUCTION ;
aux fins d'expertise in futurum.

A l'audience du 16 septembre 2025, la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES, représentée par son avocat, a maintenu ses prétentions aux fins de :
ordonner une mesure d'expertise au contradictoire des parties défenderesses, conformément au dispositif de son assignation ;
réserver les dépens.

Au soutien de sa demande, la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES expose qu'elle est titulaire d'un permis de construire en date du 30 novembre 2023, qu'elle va réaliser un immeuble de logements collectifs sur un terrain situé au [Adresse 5] à [Localité 38] et qu'une expertise s'impose pour dresser un état des lieux contradictoire avec les immeubles mitoyens ou avoisinants avant le commencement des travaux, afin de conserver la preuve de l'état des lieux au cas où des désordres apparaîtraient lors de ces travaux.

La METROPOLE DE [Localité 33], représentée par son avocat, a formulé des protestations et réserves.

Les autres parties défenderesses, régulièrement citées, n'ont pas constitué avocat et n'ont pas comparu.
Conformément aux dispositions de l'article 455 du code de procédure civile, il est renvoyé, pour le détail des moyens des parties, à leurs écritures précitées.

A l'issue de l'audience, les parties ont été informées de la mise en délibéré de la décision à la date du 30 septembre 2025, par mise à disposition au greffe.

MOTIFS DE LA DÉCISION

A titre liminaire, il est rappelé que si le Défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et que dans cette hypothèse, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

Sur la demande d'expertise judiciaire

Aux termes de l’article 145 du Code de procédure civile : « S'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. »

En l'espèce, au regard du permis de construire produit, de l'importance des travaux envisagés et du risque qu'ils ne causent un dommage aux immeubles avoisinants ou aux réseaux situés à proximité, ou qu'un désordre de ceux-ci ne leur soit imputé, il existe un motif légitime d'ordonner la mesure d'expertise sollicitée, afin d'établir, avant tout procès, l'état actuel de ces ouvrages et aménagements.

Par conséquent, il sera fait droit à la demande d'expertise.

Sur les autres dispositions de la décision

Sur les dépens

Aux termes de l'article 696, alinéa 1, du code de procédure civile : « La partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie. »

En l'espèce, il est rappelé que le défendeur à la demande d'expertise fondée sur l'article 145 du Code de procédure civile ne peut être qualifié de perdant au sens des articles 696 et 700 même code (Civ. 2, 10 février 2011, 10-11.774 ; Civ. 2, 21 novembre 2024, 22-16.763).

Par conséquent, la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES sera provisoirement condamnée aux entiers dépens.

Sur l'exécution provisoire

Aux termes de l'article 514 du code de procédure civile: « Les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. »

PAR CES MOTIFS

Nous, juge des référés, statuant publiquement, par ordonnance provisoire rendue en premier ressort, réputée contradictoire et mise à disposition au greffe,

ORDONNONS une mesure d'expertise judiciaire, afin de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige portant sur les désordres que pourrait générer le projet de construction immobilière de la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES ;

DÉSIGNONS en qualité d'expert :

Monsieur [S] [C]
[Adresse 17]
[Localité 23]
Tél : [XXXXXXXX01]
Mél : [Courriel 36]

inscrit sur la liste de la Cour d’Appel de [Localité 33], avec pour mission de :

Se rendre sur le terrain sis [Adresse 5] à [Localité 38], parcelle cadastrée section AA, n° [Cadastre 21]., et visiter les lieux destinés à recevoir le projet immobilier envisagé par la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES, ainsi que le domaine public attenant et les parcelles limitrophes :

cadastrée section AA, n° [Cadastre 20], sise [Adresse 3] à [Localité 38], appartenant au Syndicat des copropriétaires de l'immeuble y édifié ;

cadastrée section AA, n° [Cadastre 22], sise [Adresse 9] à [Localité 38], appartenant à Monsieur [E] [K] et Madame [X] [K] ;

cadastrée section AA, n° [Cadastre 26], sise [Adresse 13] à [Localité 38], appartenant à Monsieur [J] [H] et Madame [M] [A] ;

cadastrée section AA, n° [Cadastre 27], sise [Adresse 11] à [Localité 38], appartenant à Monsieur [P] [U] et Madame [W] [I] ;

cadastrée section AA, n° [Cadastre 28], sise [Adresse 7] à [Localité 38], appartenant à Madame [Z] [F] ;

Recueillir les explications des parties et s'enquérir des réseaux existants et de leur état ;

Prendre connaissance des documents de la cause et, le cas échéant, entendre les sachants ;

Inviter lors de la première réunion d'expertise toutes les parties à communiquer sur les appels en cause éventuels ;

Se faire communiquer tous documents et pièces qu'i1 estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

Visiter aussi les immeubles, en ce compris leurs parties privatives lorsqu'ils sont soumis au statut de la copropriété, ouvrages, voiries et réseaux constituant la propriété des voisins de l'opération projetée, ayant la qualité de Défendeurs à la présente instance ;

Dresser tous états descriptifs et qualitatifs des dits immeubles et ouvrages ;

Recenser toute dégradation ou tout désordre les grevant ;

En présence d'un désordre, d'une dégradation ou d'un risque d'apparition ou d'aggravation d'un désordre ou d'une dégradation des immeubles ou ouvrages susvisés, le décrire, en rechercher l'origine et dire si ce désordre, cette dégradation ou ce risque est inhérent à la structure de l'immeuble, à son mode de construction, à son état de vétusté ou encore consécutif à la nature du sous-sol sur lequel il repose ;

Décrire, analyser, mesurer et photographier tout désordre ou toute dégradation ou seulement tout risque ou amorce de désordre afin de permettre l'appréciation de sa réalité et de son éventuelle évolution future ;

Donner son avis sur les mesures préventives envisagées par la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES afin de prévenir les éventuels risques relevés lors de l'expertise et les troubles susceptibles d'être causés au voisinage ;

S'expliquer techniquement dans le cadre des chefs de mission ci-dessus énoncés sur les dires récapitulatifs et observations des parties produits dans le délai qui leur été aura imparti après le dépôt du pré-rapport, lequel devra répondre à tous les points de la mission et le cas échéant compléter ses investigations ;

Faire toutes observations utiles ;

DISONS que l’expert fera connaître sans délai son acceptation et qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement par ordonnance rendue d’office ou sur simple requête ;

FIXONS à 6 000,00 eurosle montant de la provision à valoir sur la rémunération de l'expert que la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES devra consigner à la Régie d’avances et de recettes du Tribunal judiciaire de LYON, avant le 30 novembre 2025;

RAPPELONS qu’à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités impartis, la désignation de l’expert sera caduque, par application de l'article 271 du code de procédure civile ;

DISONS que l’expert commencera ses opérations dès qu’il sera averti par le greffe de la consignation de la provision ou de la première échéance de celle-ci ;

DISONS que, pour exécuter la mission, l’expert sera saisi et procédera conformément aux dispositions des articles 232 à 248 et 263 à 284-1 du code de procédure civile ;

ACCORDONS à l’expert un délai de trois mois pour nous communiquer l’évaluation de sa rémunération définitive prévisible et solliciter une provision complémentaire en cas d’insuffisance manifeste ;

DISONS que l'expert pourra s'adjoindre tout spécialiste de son choix, à charge pour lui d'en informer le magistrat chargé du contrôle des expertises, le cas échéant de solliciter une consignation complémentaire couvrant le coût de sa prestation et de joindre l’avis du sapiteur à son rapport ; disons que si le sapiteur n'a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis devra être immédiatement communiqué aux parties par l'expert ;

RAPPELONS que l'expert peut demander communication de tous documents aux parties et aux tiers, sauf au juge à l'ordonner en cas de difficulté, y compris sous astreinte, ou à autoriser l'expert à passer outre ou à déposer son rapport en l'état ;

DISONS que l'expert devra communiquer un pré-rapport aux parties en leur impartissant un délai raisonnable pour la production de leurs dires, écrits auxquels il devra répondre dans son rapport définitif ;

DISONS que l’expert devra déposer son rapport au plus tard le 31 mai 2026, sauf prorogation de ce délai dûment sollicitée en temps utile de manière motivée auprès du Juge chargé du contrôle ;

RAPPELONS qu'il appartient à l'expert d'adresser un exemplaire de sa demande de rémunération aux parties par tout moyen permettant d'en établir la réception, lesquelles peuvent adresser à l'expert et au juge chargé de contrôler les mesures d'instruction, leurs observations écrites sur cette demande dans un délai de quinze jours à compter de sa réception ;

RAPPELONS que l’article 173 du code de procédure civile fait obligation à l'expert d’adresser copie du rapport à chacune des parties, ou pour elles à leur avocat ;

DELEGUONS au magistrat chargé du contrôle des expertises la mission d'en suivre les opérations et statuer sur tous incidents ;

CONDAMNONS provisoirement la SAS GROUPE LAUNAY RHONE-ALPES aux dépens de la présente instance ;

RAPPELONS que la présente décision est, de droit, exécutoire à titre provisoire.

Fait à [Localité 33], le 30 septembre 2025.

Le Greffier Le Président

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