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tj Expulsion "conditionnelle" ordonnée au fond avec suspension des effets de la clause résolutoire source api

TJ 69123, 3 oct. 2025, RG 24/01280


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Date
03/10/2025
Numéro
24/01280
Lieu / cour
tj69123
Chambre
PPP PÔLE CIRCUIT COURT
Type
other
Id
68e40772681ed727f2a4246c

Texte de la décision

9,148 caractères

DOSSIER N° RG 24/01280 - N° Portalis DB2H-W-B7I-ZMEM

Jugement du :
03/10/2025

MINUTE N°

PPP PÔLE CIRCUIT COURT

Copie exécutoire délivrée

le :
à : Me Fabienne DE FILIPPIS

Expédition délivrée

le :
à: M. [B] [K]

à: Mme [P] [V]
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON
PÔLE DE LA PROXIMITE ET DE LA PROTECTION

JUGEMENT

A l’audience publique du tribunal judiciaire tenue le Vendredi trois Octobre deux mil vingt cinq

COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE : AZOULAY Avner
GREFFIER : CESARI Carol

ENTRE :

DEMANDERESSE

Société ALLIADE HABITAT,
dont le siège social est sis 173 Avenue Jean Jaurès 69364 LYON CEDEX 07
représentée par Me Fabienne DE FILIPPIS, avocat au barreau de LYON, vestiaire : 218

d’une part,

DEFENDEUR

Monsieur [B] [K],
demeurant 304 Boulevard Pinel 69008 LYON
comparant en personne
assisté de madame [P] [V] en qualité de mandataire judiciaire à la protection des majeurs, UDAF du Rhone

Cité à étude par acte de commissaire de justice en date du 26 Janvier 2024.

d’autre part

Date de la première audience : 07/06/2024
Date de la mise en délibéré : 08 août 2025
prorogé au 03 octobre 2025

EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte en date du 23/12/2015, la société ALLIADE HABITAT a donné à bail à Monsieur [B] [K] pour une durée de 6 ans, un logement à usage d’habitation situé 304 Boulevard PINEL, 69008 Lyon, moyennant un loyer mensuel de 446,03 euros
Par acte de commissaire de justice en date du 22/11/2023, la société ALLIADE HABITAT a fait délivrer à Monsieur [B] [K] un commandement d’avoir à lui payer la somme de 4 647,65 € correspondant notamment au montant des loyers dus à la date du dit commandement, et de justifier d’une assurance habitation.
Par acte de commissaire de justice en date du 26/01/2024, notifié au représentant de l’Etat dans le département par voie électronique le 29/01/2024, la société ALLIADE HABITAT a fait citer Monsieur [B] [K] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection de ce tribunal afin d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire :
le constat, ou à défaut le prononcé, de la résiliation du bail établi entre les parties pour défaut de paiement des loyers  et défaut d'assurancel’expulsion de Monsieur [B] [K] des lieux loués,sa condamnation au paiement de la somme de 5 708,22 € correspondant aux loyers et charges impayés arrêtés à la date de l'acte introductif d'instance,outre les loyers et charges dus au jour de l’audiencesa condamnation au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant des loyers et charges contractuels, outre indexation, jusqu'au départ effectif des lieux,sa condamnation au paiement de la somme de 600,00 € en application de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens qui comprendront le coût du commandement de payer et les frais d’exécution.Monsieur [B] [K] a comparu et a sollicité des délais suspensifs de paiement conformément aux palliers arrêtés dans le cadre du plan de surendettement.
Le tribunal a pris connaissance dudit plan.
Le requérant s'est désisté de sa demande fondée sur le défaut d'assurance.
Le jugement étant susceptible d’appel, il sera statué par décision contradictoire.

MOTIVATION
- Sur la résiliation du bail et l’expulsion
La clause résolutoire insérée au bail ne produit effet, en application de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, que deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
En l’espèce, le commandement délivré par la société ALLIADE HABITAT respecte les dispositions de l'article 24 précité et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement dont l’adresse est précisée.
Il ressort des pièces versées aux débats que les loyers n'ont pas été réglés dans les deux mois du commandement. Aucune contestation sérieuse n'a été formulée à l'encontre du principe et du montant de la dette locative.
Il convient en conséquence de constater le jeu de la clause résolutoire et d’autoriser la société ALLIADE HABITAT à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [B] [K] ainsi qu’à celle de tout occupant de son chef.
Aucune circonstance de l'espèce ne justifie de déroger au délai de deux mois prévu à l'article L. 412-1 du code des procédures civiles d’exécution, en l’absence de démonstration de la mauvaise foi du locataire.                                              
Par application de l’article 24 VII de la loi du 6 juillet 1989, lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues aux V et VI du présent article.
En l’espèce, Monsieur [B] [K] paye le loyer courant et propose un plan d'apurement qui devrait permettre d'apurer la dette dans des délais prévus par le plan de surendettement. 
Il y a lieu en conséquence d'octroyer des délais de paiement suspensifs des procédures civiles d'exécution et d'expulsion du locataire.
- Sur l’indemnité d’occupation et l’arriéré locatif
Aux termes de l'article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
Le principe et le montant de la créance sont établis par la production d’une copie du contrat de bail, de l’assignation et du relevé de compte.
La société ALLIADE HABITAT est fondée, en outre, à réclamer, au titre de la réparation du préjudice causé par le maintien de Monsieur [B] [K] dans les lieux, une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, jusqu’à la libération effective des lieux loués.

Il convient dès lors de condamner Monsieur [B] [K] au paiement de :
la somme de 4 878,21 €, déduction faite des frais de poursuite, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 08/04/2025, échéance d'avril incluse.une indemnité d’occupation mensuelle à compter du 01/05/2025.- Sur les autres demandes
Monsieur [B] [K], partie perdante, sera condamné aux dépens de l’instance et à payer à la société ALLIADE HABITAT la somme de 600,00 € au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
L'exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique, par jugement contradictoire rendu en premier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe, CONDAMNE Monsieur [B] [K] à payer à la société ALLIADE HABITAT: la somme de 4.878,21 €, déduction faite des frais de poursuite, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 08/04/2025, échéance d'avril incluse, une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, à compter du 01/05/2025et jusqu’à la libération effective des lieux loués,AUTORISE Monsieur [B] [K] à s'acquitter de la dette locative par 17 mensualités de 0 euros puis par 20 versements mensuels successifs de 201,00 € euros chacun et un 21ème versement égal au solde, DIT que le premier versement devra intervenir avant le 15 du mois suivant la signification du présent jugement et les suivants avant le 15 de chaque mois, et ce, en plus des loyers et charges courants, ORDONNE la suspension des effets de la clause résolutoire qui sera réputée ne pas avoir joué si Monsieur [B] [K] se libère de la dette conformément à ces délais de paiement, DIT qu'à défaut de paiement d'une seule mensualité à son échéance ou des loyers et charges courants, l'intégralité de la dette deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire reprendra de plein droit ses effets, huit jours après une mise en demeure par lettre recommandée avec demande d’avis de réception restée infructueuse,

EN CE CAS :
- CONSTATE la résiliation du bail, 
- AUTORISE la société ALLIADE HABITAT à faire procéder à l'EXPULSION de Monsieur [B] [K] et de tout occupant de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique et d’un serrurier, à défaut pour Monsieur [B] [K] d'avoir libéré les lieux loués dans les deux mois de la signification du commandement d'avoir à quitter les lieux,
- CONDAMNE à payer à une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à la libération effective des lieux loués,
- CONDAMNE Monsieur [B] [K] à payer à la société ALLIADE HABITAT la somme de 600,00 € sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile,
- REJETTE toutes autres demandes contraires ou plus amples des parties,
- CONDAMNE Monsieur [B] [K] aux dépens de l’instance, qui comprendront le coût du commandement de payer et de l’assignation,
RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit,

Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition les jours, mois et an susdits par
le Président et le Greffier susnommés.
LE GREFFIER                                                                                                              LE JUGE

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