Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur source api

TJ 37261, 5 nov. 2025, RG 25/02192


Vérifier : TJ 37261, 5 nov. 2025, RG 25/02192 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
05/11/2025
Numéro
25/02192
Lieu / cour
tj37261
Chambre
CIVIL_EX-TI
Type
other
Id
690d24911f8a20b910025888

Texte de la décision

12,488 caractères

MINUTE N° : 25/00311

JUGEMENT
DU 05 Novembre 2025

N° RG 25/02192 - N° Portalis DBYF-W-B7J-JVNO

SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA RESIDENCE “HORIZON VERT PRAIRIE”

ET :

[M] [H]

GROSSE + COPIE le
à

COPIE le
à
TRIBUNAL JUDICIAIRE

DE [Localité 9]

Au siège du Tribunal, [Adresse 4] à TOURS,

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS ET DU DÉLIBÉRÉ :

PRÉSIDENT : C. BELOUARD, Vice-Président du Tribunal judiciaire de TOURS,

GREFFIER : V. AUGIS

DÉBATS :

A l'audience publique du 01 octobre 2025

DÉCISION :

Annoncée pour le 05 NOVEMBRE 2025 par mise à la disposition au Greffe de ce Tribunal, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de Procédure Civile.

ENTRE :

DEMANDERESSE

SYNDICAT DES COPROPRIETAIRES DE LA RESIDENCE “HORIZON VERT PRAIRIE”, sis [Adresse 1], représenté par son syndic en exercice la SAS FONCIA VAL DE LOIRE, dont le siège social se situe “[Adresse 7],

Représentée par Me LE CARVENNEC substituant Me BERBIGIER de la SELARL WALTER & GARANCE AVOCATS, avocats au barreau de TOURS

D’une part ;

DEFENDEUR

Monsieur [M] [H]
né le 18 Avril 1997 à [Localité 10], demeurant [Adresse 3]

Non comparant, ni représenté
D’autre part ;

EXPOSE DU LITIGE

M. [M] [H] est propriétaire des lots n°60 et n°2 (garage situé dans l'immeuble au [Adresse 2]) dans l’immeuble situé [Adresse 5] à [Localité 6] (37).

Le 05 mai 2025, le [Adresse 8], représenté par son syndic, a donné assignation à M. [M] [H] devant le Tribunal judiciaire de Tours, afin de voir, sur le fondement des articles 10, 10-1 et 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965,
condamner ce dernier à lui payer :la somme de 1567,33 € correspondant au montant des charges de copropriété impayées arrêtées au14/03/2025 ;la somme de 887,43 € au titre des frais de recouvrement ;la provision de 746,28€ correspondant au règlement par anticipation des trimestres à échoir de l'exercice en cours ;avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure ;condamner ce dernier à lui payer la somme de 1500 € en application de l'article 700 du code de procédure civile outre les dépens ;rappeler que le jugement à intervenir aura autorité de la chose jugée au fond, et sera exécutoire à titre provisoire ;rappeler que les frais d'exécution forcée resteront à la charge exclusive du débiteur défaillant, conformément aux dispositions de l'article L. 111-8 du code des procédures civiles d'exécution.
Il fait valoir que le défendeur ne paie pas ses charges de copropriété et qu’il reste devoir au 14/03/2025 la somme de 1567,33 € ; que malgré une mise en demeure le solde dû reste impayé. Il sollicite également les frais correspondants aux frais de mise en demeure et de relance et les diligences exceptionnelles réalisées par le syndic pour le recouvrement de cette créance.

A l’audience du 01er octobre 2025, le Syndicat des copropriétaires de la résidence HORIZON VERT PRAIRIE, représenté par son Conseil, maintient ses demandes.
Le défendeur, régulièrement cité par remise de l'acte à l'étude du commissaire de justice instrumentaire, ne comparaît pas et n'est pas représenté.

La décision a été mise en délibéré au 05 novembre 2025.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.

- Sur les charges de copropriété et fonds de travaux échus sollicités

Aux termes de l’article 10 de la loi n° 65-6557 du 10 juillet 1965, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité objective que ces services et éléments présentent à l'égard de chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fond de travaux mentionné à l'article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l'article 5 de la Loi.

A l’appui de ses prétentions, le Syndicat des copropriétaires de la résidence HORIZON VERT PRAIRIE verse aux débats :
- le relevé de propriété du bien litigieux ;
- le contrat de syndic ;
- le procès-verbal d'assemblée générale du 26 juin 2025 qui approuve notamment les comptes de l'exercice du 01er janvier 2024 au 31 décembre 2024qui modifie le budget prévisionnel de l'exercice en cours, et qui approuve le budget prévisionnel de l'exercice suivant ;
- les appels de fonds faisant apparaître les charges de la copropriété, les appels de fonds travaux, et la quote-part de la partie défenderesse pour la période considérée ;
- l'extrait de compte de la partie défenderesse, arrêté au 14/03/2025 faisant apparaître un solde débiteur au titre des charges et fonds de travaux échus et des frais de recouvrement (examinés ci-après)

Il ressort de l’ensemble de ces documents que M. [M] [H] n’a pas réglé les charges de copropriété et sommes dues au titres des fonds travaux arrêtées au 14/03/2025 à hauteur de la somme de 1567,33 €. La lettre de mise en demeure présentée le 28 mars 2025 puis l'assignation n’ont pas permis une régularisation du solde.

M. [M] [H] sera en conséquence condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 1567,33 € au titre des charges et fonds de travaux échus au 14/03/2025 en vertu des dispositions de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 28 mars 2025.

- Sur les frais de recouvrement sollicités

L'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 énonce que les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d'hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d'une créance justifiée à l'encontre d'un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes d'huissier de justice et le droit de recouvrement ou d'encaissement à la charge du débiteur sont imputables au seul copropriétaire défaillant.
Pour les frais non expressément visés par l'article 10-1, ils doivent donc être portés au débit du compte du copropriétaire défaillant si et seulement si ils étaient nécessaires au recouvrement de la créance.

Entrent dans la catégorie de ces frais de recouvrement recouvrables directement contre le copropriétaire en application de l'article 10 susvisé et de l'article 9 de l'annexe du décret n°2015-342 du 26 mars 2015 :
- les frais de mise en demeure et de relance à condition qu'ils soient justifiés en procédure.
- les frais de contentieux du syndic mais uniquement en cas de diligences exceptionnelles (constitution du dossier transmis à l'auxiliaire de Justice, suivi du dossier transmis à l'avocat).

- Sur les frais de recouvrement relevant de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965

En l'espèce, s'agissant des frais de mise en demeure et de relance, leur réalité est justifiée par les pièces versées au dossier à hauteur de la somme de 45 €.

S'agissant des frais de commissaire de justice sollicités (hors assignation qui relève des dépens), leur réalité est justifiée par les pièces versées au dossier à hauteur de la somme de 142,43 € .

- Sur la facturation des diligences exceptionnelles du syndic

Au regard de l'article 18-1 A de la loi du 10 juillet 1965 et du décret n°2015-342 du 26 mars 2015, le syndic peut solliciter une rémunération supplémentaire pour des tâches ne relevant pas de son travail habituel en présence d’un contrat de syndic le stipulant. Ces diligences exceptionnelles ne peuvent être rémunérées qu'à hauteur de ce que le contrat de syndic a validé.
Si le principe de cette rémunération est acquis en droit positif, ces diligences doivent toutefois correspondre à une réalité pour être rémunérées. Elles doivent également être proportionnées au montant de la créance à recouvrer. En effet, plus la créance du syndicat des copropriétaires est importante, plus le suivi, la saisine des auxiliaires (commissaire de justice ou avocat) nécessite des diligences exceptionnelles pour le syndic.

En l’état, au regard des pièces produites, il n’est pas justifié que les impayés de M. [M] [H] ont impliqué pour le syndic des diligences exceptionnelles justifiant une rémunération correspondant à 30 % de la créance à recouvrer. Seuls des frais de recouvrement à hauteur de la somme de 350 € seront accordées en conséquence.
M. [M] [H] sera en conséquence condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 537,43 € au titre des frais de recouvrement augmentée des intérêts au taux légal à compter du 28 mars 2025.

- Sur les charges à échoir de l'année en cours sollicitées

Aux termes de l'article 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, dans sa version issue de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, à défaut du versement à sa date d'exigibilité d'une provision due au titre de l'article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l'approbation par l'assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l'article 14-2-1.

En droit positif, la mise en demeure visée à l'article 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées au titre du budget prévisionnel de l'exercice en cours ou des dépenses pour travaux non comprises dans ce budget, à peine d'irrecevabilité de la demande présentée devant le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond sur le fondement de ce texte ( voir sur ce point avis de la Cour de cassation, 12 décembre 2024, n° 24-70.007).

Par courrier recommandé avec avis de réception en date du 28 mars 2025, le syndicat des copropriétaires de la résidence HORIZON VERT PRAIRIE a mis en demeure M. [M] [H] de régler les charges de copropriété impayées dans un délai maximum de trente jours.

La mise en demeure à l'appui de laquelle le syndicat de copropriété fonde sa demande provisionnelle n'indique pas avec précision la nature et le montant des provisions réclamées au titre du budget prévisionnel de l'exercice en cours ou des dépenses pour travaux non comprises dans ce budget. Cette demande sera dès lors déclarée irrecevable.

- Sur les mesures de fin de jugement

Perdant le procès, M. [M] [H] sera tenu aux dépens.
Il sera également condamné à payer au Syndicat des copropriétaires la somme de 1200€ au titre des frais et honoraires non compris dans les dépens et exposés par ce dernier lors de la présente instance en application de l’article 700 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal statuant publiquement par jugement rendu par défaut en dernier ressort,

Condamne M. [M] [H] à verser au Syndicat des copropriétaires de la résidence HORIZON VERT PRAIRIE les sommes suivantes :
1.567,33 € (MILLE CINQ CENT SOIXANTE-SEPT EUROS TRENTE-TROIS CENTIMES) au titre des appels de charges et de fonds de travaux échus au14/03/2025 ;537,43 € (CINQ CENT TRENTE-SEPT EUROS QUARANTE-TROIS CENTIMES) au titre des frais de recouvrement et d'ouverture de dossier contentieux pour le syndic ; augmentée de sintérêts au taux légal à compter du 28 mars 2025 ;

Déclare irrecevable la demande de provision formulée sur le fondement de l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 ;

Condamne M. [M] [H] aux dépens ;

Condamne M. [M] [H] à payer au Syndicat des copropriétaires de la résidence HORIZON VERT PRAIRIE la somme de 1200 € en application de l’article 700 du code de procédure civile ;

Rejette le surplus des demandes ;

Ainsi jugé par mise à disposition de la décision au greffe.

LE GREFFIER,
Signé V. AUGIS

LE PRÉSIDENT,
Signé C. BELOUARD

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.