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CA Nimes, 9 déc. 2025, RG 24/02086


Vérifier : CA Nimes, 9 déc. 2025, RG 24/02086 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
09/12/2025
Numéro
24/02086
Lieu / cour
ca_nimes
Chambre
5ème chambre sociale PH
Type
arret
Id
693938d2c988783351cd20c5

Texte de la décision

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RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

ARRÊT N°

N° RG 24/02086 - N° Portalis DBVH-V-B7I-JHOL

AV/EB

CONSEIL DE PRUD'HOMMES - FORMATION PARITAIRE DE NÎMES

23 mai 2024

RG :23/00084

S.A.S.U. [12]

C/

[FO]

Grosse délivrée le 09 DECEMBRE 2025 à :

- Me

- Me

COUR D'APPEL DE NÎMES

CHAMBRE CIVILE

5ème chambre sociale PH

ARRÊT DU 09 DECEMBRE 2025

Décision déférée à la Cour : Jugement du Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de NÎMES en date du 23 Mai 2024, N°23/00084

COMPOSITION DE LA COUR LORS DES DÉBATS :

Mme Aude VENTURINI, Conseillère, a entendu les plaidoiries en application de l'article 805 du code de procédure civile, sans opposition des avocats, et en a rendu compte à la cour lors de son délibéré.

COMPOSITION DE LA COUR LORS DU DÉLIBÉRÉ :

M. Yves ROUQUETTE-DUGARET, Président

Mme Gaëlle MARZIN, Présidente

Mme Aude VENTURINI, Conseillère

GREFFIER :

Mme Emmanuelle BERGERAS, Greffier, lors des débats et du prononcé de la décision.

DÉBATS :

A l'audience publique du 09 Octobre 2025, où l'affaire a été mise en délibéré au 09 Décembre 2025.

Les parties ont été avisées que l'arrêt sera prononcé par sa mise à disposition au greffe de la cour d'appel.

APPELANTE :

S.A.S.U. [12]

[Adresse 1]

[Localité 6]

Représentée par Me Camille ALLIEZ, avocat au barreau de NIMES

INTIMÉE :

Mademoiselle [C] [FO]

née le 30 Novembre 1996 à [Localité 7]

[Adresse 4]

[Localité 2]

Représentée par Me Karine JAPAVAIRE, avocat au barreau de NIMES

ARRÊT :

Arrêt contradictoire, prononcé publiquement et signé par M. Yves ROUQUETTE-DUGARET, Président, le 09 Décembre 2025, par mise à disposition au greffe de la cour.

EXPOSE DU LITIGE :

Mme [C] [FO] a été engagée à compter du 4 décembre 2020 en qualité de conseillère en vente, statut employé, niveau B, par la SASU [12], suivant contrat de travail à durée indéterminée à temps complet pour un salaire mensuel de 1 678,99 euros bruts.

La convention collective nationale applicable est celle du commerce de détail de l'horlogerie-bijouterie.

Mme [C] [FO] a été placée un arrêt de travail pour la période du 1er octobre 2022 au 5 octobre 2022, puis d'autres arrêts de travail se sont succédé jusqu'au mois de mars 2023.

Par avis du 6 février 2023, la salariée a été déclarée inapte à son poste de travail formulée en ces termes : 'Inapte médicalement à la reprise à son poste de conseillère de vente sur ce magasin. En terme de recherche de reclassement, Melle [FO] pourrait occuper un poste similaire sur un autre magasin [12], ou du groupe si cela était le cas'.

Affirmant avoir subi des faits de harcèlement moral, elle a saisi le conseil de prud'hommes de Nîmes, par requête reçue le 21 février 2023.

Par courrier recommandé avec accusé de réception du 19 avril 2023, la SASU [12] a notifié à Mme [C] [FO] son licenciement pour inaptitude d'origine non professionnelle et impossibilité de reclassement.

Le conseil de prud'hommes de Nîmes, par jugement contradictoire du 23 mai 2024, a :

- prononcé la résiliation judiciaire du contrat de travail, aux torts exclusifs de l'employeur en date du 19 avril 2023,

- condamné la SASU [12] à payer à Mme [C] [FO] les sommes suivantes :

* 3 357,98 euros bruts au titre de l'indemnité compensatrice de préavis,

* 335,80 euros bruts au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés y afférente,

* 10 073,94 euros au titre de l'indemnité de l'article L.1235-3-1 du code du travail,

* 1 500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile,

- débouté Mme [C] [FO] du surplus de ses demandes,

- ordonné l'exécution provisoire de la présente décision en application de l'article 515 du code de procédure civile,

- ordonné la remise des documents de fin de contrat (attestation Pôle Emploi et certificat de travail) rectifiés sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter d'un délai de 15 jours suivant la notification du présent jugement,

- débouté la SASU [12] de ses demandes,

- condamné la SASU [12] aux entiers dépens y compris si besoin les frais d'huissier.

Par acte du 18 juin 2024, la SAS [12] a régulièrement interjeté appel de cette décision.

Par ordonnance en date du 27 mars 2025, le conseiller de la mise en état a prononcé la clôture de la procédure à effet au 18 août 2025 et fixé l'affaire à l'audience de plaidoiries du 18 septembre 2025. Cette dernière a été déplacée au 9 octobre 2025.

En l'état de ses écritures en date du 16 septembre 2024, la SASU [12] demande à la cour de

Sur le harcèlement moral,

confirmer le jugement entrepris :

- en ce qu'il a relevé que Mme [C] [FO] ne présente pas d'éléments de faits laissant supposer l'existence d'agissements constitutifs de harcèlement moral,

- en ce qu'il a relevé que la SASU, au contraire, a légitimement fait usage de son pouvoir de direction, les décisions prises l'ayant été sur la base d'éléments objectifs étrangers à tout harcèlement moral

- en ce que, constatant l'absence de tout agissement constitutif de harcèlement moral, il a débouté Mme [C] [FO] de sa demande de dommages et intérêts de ce chef,

A titre principal, sur la demande de résiliation judiciaire :

infirmer le jugement entrepris :

- en ce qu'il a constaté un manquement à l'obligation de sécurité alors qu'aucune demande de ce chef n'avait été formulée en violation avec l'article 5 du code de procédure civile, par Mme [C] [FO],

- en ce qu'il a prononcé la résiliation judiciaire du contrat sur le fondement d'un manquement à ladite obligation de sécurité,

- en ce qu'il a dit que la résiliation judiciaire produisait les effets d'un licenciement nul et condamné la SASU aux indemnités afférentes,

Statuant de nouveau, la cour déboutera donc Mme [C] [FO] de l'intégralité de ses demandes de ce chef, à savoir :

- de sa demande de dommages et intérêts au titre d'un licenciement nul,

- de sa demande au titre de l'indemnité compensatrice de préavis et des congés payés afférents,

- de sa demande d'indemnité compensatrice de congés représentant 4 jours sans solde lors de la saisine,

- de sa demande d'indemnité de licenciement,

A titre subsidiaire, sur le licenciement pour inaptitude :

Statuant de nouveau :

- juger qu'aucun manquement de l'employeur n'est à l'origine de l'inaptitude de Mme [FO],

- juger que le licenciement pour inaptitude repose sur une cause réelle et sérieuse,

En conséquence, la cour déboutera Mme [C] [FO] des demandes afférentes à la nullité de son licenciement, à savoir :

-de sa demande de dommages et intérêts au titre d'un licenciement nul,

-de sa demande au titre de l'indemnité compensatrice de préavis et des congés payés afférents,

-de sa demande d'indemnité compensatrice de congés représentant 4 jours sans solde lors de la saisine,

-de sa demande d'indemnité de licenciement, celle-ci ayant déjà été versée lors de la notification dudit licenciement,

En tout état de cause, statuant à nouveau :

accueillant la demande reconventionnelle de la société :

-condamner Mme [C] [FO] à verser à la SASU [12] 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

En l'état de ses dernières écritures en date du 4 juin 2025, Mme [C] [FO] intimée sur appel principal et appelante à titre incident demande à la cour de :

- débouter la SASU [12] de son appel principal comme étant non-fondé,

- recevoir l'appel incident de Mme [C] [FO] comme étant régulier en la forme et juste au fond,

- réformer la décision entreprise en ce qu'elle l'a déboutée de sa demande tendant au paiement de la somme de 15 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral subi du fait du harcèlement moral et a limité à la somme de 10 073, 94 euros l'indemnité allouée au titre de l'article L.1235-3 du code du travail au lieu et place de la somme de 16 000 euros sollicitée pour rupture nulle du contrat sur le fondement de l'article L.1235-3-1 du code du travail.

Statuant à nouveau :

Vu les dispositions des articles L 1152-1 et suivants du Code du travail ;

-Condamner la SASU [12] au paiement de la somme de 15 000 euros à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral subi du fait de la situation de harcèlement moral dont a été victime Mme [C] [FO] ;

Vu l'article 1217 du code civil ;

Vu les articles L1152-3 et L1235-3-1 du code du travail ;

Au principal :

- prononcer la résiliation judiciaire du contrat de travail de Mme [C] [FO] aux torts de la SASU [12], en l'état du harcèlement dont la requérante a été victime ;

En conséquence, condamner la SASU [12] au paiement des sommes suivantes :

* 3.357,98 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis, représentant deux mois de salaire ;

* 335,80 euros à titre d'incidence congés payés ;

* 1.762,94 euros à titre d'indemnité de licenciement, calculée sur la base d'une ancienneté de 4,17 ans sauf à parfaire ;

* 223,87 euros à titre d'indemnité compensatrice de congés représentant quatre jours en solde au jour de la saisine ;

* 16.000 euros au titre de l'indemnité de l'article L 1235-3-1 du code du travail, étant rappelé que le conseil ne saurait allouer à la requérante, une indemnité inférieure à six mois de salaire, soit la somme de 10 073,94 euros en 'état de la nullité de la rupture du contrat de travail ;

Subsidiairement :

En l'état de la nullité du licenciement du 19 avril 2023, condamner la SASU [12] au paiement des sommes suivantes :

* 3.357,98 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis, représentant deux mois de salaire ;

* 335,80 euros à titre d'incidence congés payés ;

* 1.762,94 euros à titre d'indemnité de licenciement, calculée sur la base d'une ancienneté de 4,17 ans sauf à parfaire ;

* 223,87 euros à titre d'indemnité compensatrice de congés représentant quatre jours en solde au jour de la saisine ;

* 16.000 euros au titre de l'indemnité de l'article l1235-3-1 du code du travail, étant rappelé que le conseil ne saurait allouer à la requérante, une indemnité inférieure à six mois de salaire, soit la somme de 10.073,94 euros en l'état de la nullité de la rupture du contrat de travail ;

En tout état de cause :

-ordonner la remise d'une attestation Pôle emploi et d'un certificat de travail, conformes aux dispositions de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de sa notification.

-condamner la SASU [12] au paiement de la somme de 3.000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.-condamner la SASU [12] aux entiers dépens.

Pour un plus ample exposé des faits et de la procédure, ainsi que des prétentions et moyens des parties, il convient de se référer à leurs écritures déposées et soutenues à 'audience.

MOTIFS :

1. Sur les demandes au titre de l'exécution du contrat

1.1 Sur le harcèlement moral

Aux termes de l'article L.1152-1 du code du travail, aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.

L'article L.1154-1 du même code prévoit qu'en cas de litige, le salarié concerné établit des faits qui permettent de présumer l'existence d'un harcèlement et il incombe alors à l'employeur, au vu de ces éléments, de prouver que ces agissements ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à tout harcèlement.

Il résulte de ces dispositions que, pour se prononcer sur l'existence d'un harcèlement moral, il appartient au juge d'examiner l'ensemble des éléments invoqués par le salarié, en prenant en compte les documents médicaux éventuellement produits, et d'apprécier si les faits matériellement établis, pris dans leur ensemble, laissent supposer l'existence d'un harcèlement moral au sens de l'article L. 1152-1 du code du travail.

Dans l'affirmative, il revient au juge d'apprécier si l'employeur prouve que les agissements invoqués ne sont pas constitutifs d'un tel harcèlement et que ses décisions sont justifiées par des éléments objectifs, étrangers à tout harcèlement.

En l'espèce, Mme [FO] décrit un climat de travail toxique, marqué par des agissements répétés de dénigrements sur ses qualités, sur son rythme de travail et des propos humiliants de la part de sa responsable de magasin, Mme [JS], depuis son embauche en 2020. Elle affirme que ces agissements ont eu pour effet une dégradation de ses conditions de travail, une altération de sa santé physique et mentale, et une compromission de son avenir professionnel.

Elle fait état :

- de remarques humiliantes et dénigrement : Mme [JS] aurait régulièrement critiqué son travail devant les clients et les collègues, utilisé des termes comme « tais-toi », « tu m'as saoulée », ou « c'est moi la chef ici »,

- de comportements contradictoires et abusifs : la responsable du magasin aurait donné des consignes contradictoires, remis en cause son travail de manière systématique, et utilisé des méthodes pour la déstabiliser comme placer de la poussière dans les vitrines pour l'accuser de négligence,

- de l'intimidation et de l'isolement : Mme [JS] aurait empêché Mme [FO] de prendre ses pauses, l'aurait isolée de ses collègues, et aurait tenté de la monter contre les autres employés.

- de l'ingérence dans la vie privée : Mme [JS] posait des questions indiscrètes sur sa vie privée, tentait de l'inviter chez elle, et réagissait avec jalousie envers ses relations personnelles.

- un refus de dialogue et abus de pouvoir : Mme [JS] refusait tout dialogue constructif, utilisait des menaces pour l'empêcher de contacter la hiérarchie, et abusait de son pouvoir pour la sanctionner ou l'humilier.

Au soutien de ses allégations, elle produit les éléments suivants :

- un courriel de Mme [FO] daté du 1er octobre 2022 adressé à M. [AD] [FZ] qui indique « Bonjour [AD],

J'ai travaillée seulement trois jours avec [B] depuis son retour de vacance, et je suis toujours dans le même état qu'avant son départ : stressée à longueur de journée, déprimée, et très fatiguée car je ne trouve pas le sommeil à l'idée de revenir le lendemain travailler dans ses conditions.

Malgré ses vacances, rien n'a changé. Je viens au travail la boule au ventre. Ses remarques envers moi sont toujours inappropriés, demandes contradictoires, etc. Elle remet mon travail en cause, et essaye de m'intimider à longueur de temps.

Mardi 27/09 était le premier jour de retour de vacance de [B]. Elle continue le harcèlement qu'elle me fait subir depuis plusieurs mois. Deux clients m'ont vu pleurer après la façon dont [B] s'adressait à moi et m'ont souhaité beaucoup de courage, et qu'ils étaient choqués de ce comportement, que ce n'était pas la première fois qu'ils l'a voient agir ainsi.

Comme vous le savez, ces conditions de travail impactent énormément ma santé, c'est la raison pour laquelle mon médecin a décidé de me mettre en arrêt de travail.

Merci de bien vouloir accuser réception de ce mail. »

- un courrier de Mme [FO] daté du 18 janvier 2023 adressé à Mme [BK] [LH] directrice des ressources humaines de la société qui indique :

« Madame,

Comme j'ai pu le signaler de vive voix lors de l'entretien du 6 juillet dernier avec le responsable régional [AD] [SA], et avec Mme [G] [CO], RH de [12], je subis des faits que l'on peut désigner de harcèlement de la part de Mme [JS] [B], responsable de la bijouterie [12] de [Localité 9].

Lors de mon arrivée dans l'entreprise en septembre 2019, j'ai remarqué le climat froid installé entre la responsable et les employés. Mme [JS] m'a sollicitée pour faire une attestation en sa faveur, pour dénoncer le manque de respect de ses employés envers elle. N'ayant pas assez de recul car je venais d'arriver dans l'entreprise, j'ai refusé. Elle m'a redemandé les jours suivants en étant insistante. Elle m'a dit : "Si tu veux, je te dicte ce qu'il faut écrire", "Si tu le fais, au moins on sera toutes les deux contre elles". Les 4 employés ont à tour de rôle toutes quitté l'entreprise. Mais le harcèlement ne s'est pas arrêté là pour elles. Mme [JS] a appelé l'entreprise où travaille [YV], se faisant passer pour une cliente, afin de vérifier si elle travaillait bien dans leur entreprise.

En juillet 2021, elle m'a demandé d'essayer de me renseigner pour savoir où [EJ] travaillait.

En permanence, je fais l'objet de brimades. Lorsqu'un client complimente mon travail, elle répond : "C'est normal, c'est moi qui l'ai formée".

Je suis également victime de réflexions et d'intimidation visant à m'humilier et à me dévaloriser devant les clients : "Aller, c'est bon, tais-toi, tu m'as soûlée, je ne veux plus t'entendre" et me faisant taire d'un signe de la main.

Je subis du harcèlement même en temps off. C'est-à-dire que lors de ma pause, elle me dérange pertinemment, me demande de venir servir des clients, ou parle tout le long du travail, m'obligeant à prendre la pause ailleurs que dans la salle prévue à cet effet.

En octobre 2021, j'ai demandé à poser un jour, 3 mois à l'avance, elle m'a dit NON. Lorsque j'ai demandé pour quelle raison, elle m'a répondu : "Je n'ai pas à me justifier, en fait, je n'ai pas de compte à te rendre, c'est moi la responsable".

Le 1er novembre 2021, elle a utilisé le mensonge pour avoir mon accord de ne pas me faire travailler un jour férié. Je cite : "Tu seras quand même payée double, c'est pour te remercier du travail que tu fais dans l'entreprise". Trouvant ça étrange, j'ai appelé la gestionnaire de paie qui m'a confirmé que c'était faux, je ne pouvais pas être payée double en restant chez moi. Lorsqu'elle me voit appeler la gestionnaire de paie ou notre responsable régional pour des renseignements, elle m'interdit de façon menaçante avec son doigt pointé vers moi : "Je te préviens, tu n'as pas intérêt d'appeler [AD], tu passes par moi et c'est tout, c'est moi la responsable, tu ne passes jamais au-dessus de moi".

Elle essaie de nous monter les uns contre les autres (employés) afin de nous diviser.

Elle est sans cesse à la recherche du conflit, et fait de l'abus de pouvoir : "C'est qui là, chef ici '" Lorsqu'elle demande mon aide pour la réalisation d'une tâche et que je lui apporte la solution, elle me répond hautainement : "Tu veux mon badge ' C'est moi la chef ici".

Le travail que j'effectue est toujours remis en cause. Lorsqu'elle me demande si j'ai fait la tâche demandée, et que je réponds oui, elle me dit : "Ben non, tu ne l'as pas faite, ça se voit" de façon insistante et quotidienne.

En juin 2022, je suis venue travailler en étant très malade. Un de mes collègues de travail est en train de me parler. Mme [JS] s'empresse de lui dire : "Je peux savoir ce qui te fait rire que je te vois rigoler avec [C] ' Je t'avertis, ne joue pas à ce jeu avec moi".

Le mercredi 16 juin, je me suis réveillée encore plus malade, m'obligeant à rester au lit. J'ai prévenu ma responsable à 7h du matin afin qu'elle puisse s'organiser. Elle s'est empressée de m'appeler pour me dire : "Ça m'arrange pas du tout, en fait, j'ai des rendez-vous, mais bon, je me débrouillerai seule comme d'habitude".

Aux alentours de 8h, je me suis rendue à la pharmacie faire un test COVID. Il s'avère que ce dernier s'est révélé positif. J'ai prévenu ma responsable qui n'a eu aucune compassion : "C'est une blague, en fait ' Je vais me retrouver seule. Toute façon, tu as le schéma des vaccinations complète, donc dans 4 jours tu reviens travailler, que tu sois positive ou négative. Et dans 2 jours, tu refais le test, je t'avertis, je le veux à la première heure, que je n'ai pas à te rappeler. Tu m'entends, [C] ' Je me rigole pas". Elle m'a appelée 9 fois ce jour-là.

À mon retour dans l'entreprise, le mardi 5 juillet, je suis restée 45 minutes à [12], avant qu'elle ne me renvoie chez moi car elle a exigé un test PCR négatif, que je n'avais pas.

Vendredi 19 août 2022, au bout de 15 minutes de ma prise de poste, Mme [JS] a continué l'acharnement perpétuel qu'elle se permet de me faire subir, me poussant à craquer. Étant à bout de nerfs physiquement et mentalement, je me suis vue obligée de pleurer sur mon lieu de travail, de 11h30 à 18h. Elle s'est permise de me dire : "Arrête de pleurer pour rien" et me faisant un signe de la main signifiant qu'elle était indifférente.

Lorsque je lui ai dit que j'allais partir en dépression, elle m'a ricané au nez : "Aller, arrête, arrête".

Le mardi 27 septembre 2022, premier jour de reprise de ma responsable après 1 mois de congés. J'avais espoir que la situation s'apaise après un mois sans sa présence au sein du magasin. Lorsqu'elle arrive, je suis en train de servir des clients. Elle installe directement un climat glacial en ne daignant même pas me saluer, et ni même me lâcher un regard comme si j'étais inexistante. Elle se dirige vers la vitrine de montres, vérifiant si les montres étaient mises à 10h10 comme nous devons le faire, puis commence à prendre des photos de montres qui ont pu être oubliées pour envoyer à mon responsable. Remettant une nouvelle fois mon travail en cause, au lieu de s'occuper de la cliente qui attend déjà depuis 10 minutes car je suis déjà avec un client, et seule au magasin.

Après avoir pris ces photos, elle recherche une nouvelle fois le conflit : si elles étaient toutes à 10h10, comment ça se fait que j'en ai retrouvées ' Je lui lance un regard insistant lui faisant comprendre que nous ne sommes pas seules et que je suis en train de procéder à l'encaissement du client. Ce à quoi elle répond : "De toute façon, vous n'avez jamais tort, vous". Je lui répond donc qu'un oubli sur quelques montres ne représente pas le travail effectué sur les centaines d'autres. Je lui demande de ne pas commencer à me stresser car je suis très angoissée que la journée se déroule comme avant son départ en vacances. Elle me répond très agressivement et toujours devant les clients : "Oh, ça suffit, [C], tu vas pas commencer, tu vas pas recommencer, je te stresse pas, ça suffit, tais-toi maintenant, y'a des clients". Puis concluant cette conversation en me claquant la porte au nez. Les clients me regardent stupéfaits. Le client que j'encaissais essaie de me réconforter en me disant que ça va aller, qu'il n'a pas du tout apprécié la façon dont la responsable me parle et a fini par complimenter mon travail. À bout de nerfs, voyant les clients qui me parlent avec empathie et prise d'angoisse, je pleure car je n'arrive plus à contrôler mes émotions. Je m'occupe ensuite de la deuxième cliente qui attendait depuis un moment, qui me réconforte elle aussi en m'apportant son soutien en me disant qu'elle avait déjà eu affaire à la responsable qui l'avait très mal reçue.

Quelques temps plus tard, mon médecin décide de me mettre en arrêt pour anxiété et dépression. Mon arrêt prendra fin le 28 novembre.

Le 30 novembre, je commence à 11h45. C'est alors que j'arrive et vois que Mme [JS] m'avait écrit sur un papier que mon travail n'avait pas été effectué correctement et que je ne devais prendre aucune décision dans ce magasin. Je lui demande de quoi il s'agit, car j'avais procédé au réassort comme tous les autres jours depuis trois ans. Elle commence directement à me répondre agressivement, disant que nous n'avons "jamais de la vie" effectué le réassort de la sorte. "Je suis là depuis plus longtemps que toi, je pense quand même savoir mieux faire le travail que toi, rassure-moi". À ce moment-là, j'essaye tant bien que mal d'avoir une explication avec elle, mais elle ne me laisse pas parler et fait que me couper la parole. Je lui demande s'il est possible de me laisser lui expliquer que j'ai toujours fait comme ça, mais elle continue de me couper la parole et à me parler comme si je ne comprenais rien. Elle est à ce moment-là très énervée et me stresse énormément. Dépassée par la situation, j'ai fait une crise d'angoisse. J'ai dit à Mme [JS] que je me sentais très mal, qu'elle savait très bien que mon absence durant les semaines précédentes (à cause d'elle) faisait que ma santé était mauvaise, qu'il fallait vraiment qu'elle se calme car j'étais sur le point de m'évanouir. Elle m'a dit : "Oui, bien sûr, à cause de moi, allez, arrête de pleurer pour rien, moi je parle plus avec toi". Je suis restée sur place, tétanisée, incapable de me calmer.

Mes nouvelles collègues de travail m'ont toutes ignorée et ne sont même pas venues voir si j'avais besoin d'aide. Un client me demande ce qu'il s'était passé, et si j'avais besoin d'aide. Ma responsable, agacée par la situation, m'a demandé de sortir du magasin me calmer. Je suis sortie du magasin et ai informé ma RH qui était déjà au courant de cette situation (entretien téléphonique en octobre). Elle m'a dit de rentrer chez moi si j'en avais le besoin et de consulter un médecin. Je suis donc partie (en avertissant ma responsable).

Je suis depuis ce jour en arrêt pour dépression majeure. Les faits sont tellement flagrants que les clients me souhaitent bon courage et me présentent leur empathie. Certains me disent même que la façon dont elle me parle leur a coupé l'envie d'acheter.

Ces agissements répétés de harcèlement moral ont eu pour effet une dégradation de mes conditions de travail et portent atteinte à ma dignité, et altèrent ma santé physique et mentale. »,

- les attestations suivantes :

* de Mme [WV] [KC] en date du 10 janvier 2023 qui indique « Je soussignée [WV] [KC], témoigne avoir assisté à des faits abusifs à l'encontre de madame [FO] [C] par sa responsable, ainsi que la mauvaise expérience que j'ai moi-même vécue avec cette dernière.

Quelques jours après [XF] 2021, je me rends à [Localité 9] pour rendre visite à une amie qui m'offre une montre qui s'avère trop grande pour moi. Elle me propose donc d'aller à la bijouterie [12], afin de la faire ajuster. Je suis reçue par une jeune fille qui me dit qu'il faudra régler 5€, puis une dame aux cheveux courts, blonds, d'un certain âge s'interpose en disant que c'est 5€ le maillon. ['] À la fin de l'été, je décide de me rendre une nouvelle fois au magasin de [12] [Localité 9] pour faire agrandir ma montre d'une taille. Je fais le trajet depuis [Localité 8] car j'ai tout de même payé 10€ pour ce service.

Lorsque j'arrive en magasin, la vendeuse est occupée avec un client, je patiente donc en regardant les bijoux. Puis la dame blonde, qui m'avait rétréci ma montre, arrive dans le magasin. Je pense que ça vient enfin à mon tour, mais non, la dame se dirige vers les vitrines en commençant à prendre des photos. ['].

C'est alors que j'assiste à une altercation entre la responsable et son employée. Je n'ai pas totalement compris la raison, mais la responsable s'est exprimée de manière très agressive envers son employée, la mettant mal à l'aise devant tout le monde. Je me rappelle avoir entendu à plusieurs reprises les termes "tais-toi" et la faisant taire avec un geste de la main. Arrivée à mon tour, je discute avec la vendeuse qui venait de se faire claquer la porte au nez. Elle semble bouleversée et en larmes. J'essaye de la rassurer et lui fais savoir que les prud'hommes sont là pour les cas de harcèlement. Elle semble démoralisée à cette idée car il faut des preuves et des témoignages. Je lui propose donc de lui laisser mes coordonnées si un jour elle aurait besoin d'un témoignage de client. »,

* de Mme [OX] [KX], du 3 janvier 2023 une ancienne collègue de travail qui indique « atteste aussi avoir été témoin de faits que l'on peut qualifier d'harcèlement moral de Mme [JS] [B] envers Mme [FO] [C]. J'ai intégré le magasin [12] [Localité 9] en 2019 en renfort de [XF]. Puis j'y ai signé un CDI en 2020 en tant que conseillère de vente. Dès mon arrivée dans l'entreprise, les anciennes salariées [ZT] [P], [EJ] [DZ] et [WA] [LS] m'ont prévenue que la responsable était très vicieuse et harcelait les employées.

[C] avait pris la défense de Mme [JS] en disant que ça se passerait peut-être différemment avec nous. Elles lui ont alors rétorqué qu'on ne savait pas dans quoi on se lançait et que les cauchemars venaient de débuter pour nous. Je me rappelle qu'à cette période-là, il y avait une bonne entente entre Mme [FO] et Mme [JS]. Par la suite, les anciennes salariées ont toutes quitté l'entreprise, en nous confiant la même raison, la responsable. Au fil du temps, j'ai pu observer que si la relation entre Mme [YA] et Mme [FO] se passait bien, c'était uniquement grâce à Mme [FO] qui prenait énormément sur elle, car la réalité était qu'elle se faisait harceler à longueur de journée par la responsable.

J'ai pu aussi observer que Mme [YA] voulait toujours s'immiscer dans la vie personnelle d'[C]. Elle lui posait beaucoup de questions indiscrètes et l'a invitée à plusieurs reprises chez elle pour "profiter du jacuzzi" ou "prendre un goûter". Mme [FO] avait décliné les propositions, mais Mme [YA] l'avait mal pris. Lorsque [C] est en repos ou en congé, Mme [YA] ne peut pas s'empêcher de lui téléphoner pour la questionner sur tout et rien, lui parler des clients, et en novembre 2021, une amie d'[C] organisait une soirée d'anniversaire pour [C].

Lorsque Mme [JS] l'a appris, elle m'a confié qu'elle aurait aimé venir à cette soirée d'anniversaire, et elle semblait être jalouse de ne pas avoir été invitée.

[C] a demandé à [B] s'il était possible de finir plus tôt ce jour-là (demande un mois à l'avance), Mme [JS] a dit qu'elle allait y réfléchir. Lors de l'affichage des plannings, nous constatons toutes finir tôt, sauf [C].

Mme [JS] aurait pour moi fait exprès pour encore refuser une demande d'[C]. J'ai proposé à Mme [YA] d'échanger mes horaires avec [C]. Elle semblait très énervée de ma proposition et m'a demandé de la suivre à l'extérieur du magasin, afin d'avoir une discussion avec moi. Arrivée devant l'entrée de [11], elle me demande quel est le problème et pourquoi je semblais lui faire comprendre qu'elle avait fait exprès. Elle a conclu son incompréhension en disant : "Tu crois vraiment que je fais exprès ' Je ne suis pas [C], je ne suis pas une salope moi." Je suis restée bouche bée devant ce manque de respect.

Mme [YA] est retournée au magasin, a pris ses affaires et a quitté le travail en disant qu'elle avait des heures à récupérer. Elle a décidé de ne pas venir travailler le lendemain sans prévenir mes collègues. À une autre période, lorsque nous avons posé les congés, Mme [YA] a dit à [C] qu'il était impossible d'inclure le samedi dans ses vacances, et lui a demandé de revenir travailler le samedi, puis repartir d'inclure le samedi dans ses vacances, et lui a demandé de revenir travailler le samedi, puis repartir en congés le lundi. Alors qu'elle ne m'avait jamais parlé de cette règle, qui n'était d'ailleurs pas inscrite dans le contrat.

Lors de chaque pause d'[C], elle s'empressait d'aller parler boulot avec elle et ne cessait de la déranger pour des choses futiles ou pour lui demander de venir servir des clients. Ce qui nous a souvent obligé par la suite à prendre la pause ailleurs. Souvent dans notre voiture, mais au moins nous avions la tranquillité.

Un jour, j'ai surpris Mme [YA] prendre une boule de poussières qui se trouvait sur la moquette du magasin et la poser dans la vitrine. Lorsqu'[C] est revenue de pause, Mme [YA] lui demandait si elle avait effectué le nettoyage et redressage des vitrines, [C] a acquiescé. Puis Mme [YA] lui montrait la boule de poussière en lui demandant alors pourquoi il y a encore autant de poussière dans la vitrine, si elle l'avait vraiment nettoyée.

Au fil des jours, Mme [YA] commettait plein de choses du genre en l'accusant pour la pousser à bout. Elle lui volait également des ventes afin que son indice de vente baisse et que le sien augmente. Ces accumulations poussent au burn-out. [C] avait la boule au ventre en prenant son poste.

J'ai pu assister à plusieurs paroles du genre "tais-toi" ou "aller c'est bon chut" et "Mais bien sûr, allez je ne veux plus t'entendre" de la part de Mme [YA] envers [C]. Mme [YA] a joué au même jeu avec moi, mais ne supportant pas les conflits avec elle, j'ai préféré quitter l'entreprise. »,

* de Mme [JH] [KX], ancienne collègue de travail et s'ur de la précédente attestante, qui indique « Lorsque je suis arrivée dans l'entreprise, il y avait une bonne ambiance, mais ce n'était en réalité qu'une impression. J'ai trouvé la responsable un peu sur le dos d'[C], mais rien d'alarmant, pouvant laisser croire qu'il s'agissait juste d'une responsable stricte veillant au bon fonctionnement d'une entreprise.

La bonne ambiance est présente que lorsque [B] le décide, c'est-à-dire qu'elle est très désagréable et énormément intimidante avec nous les employées, et d'une minute à l'autre peut faire semblant de tout avoir oublié et essaie de rigoler avec nous. [C] est plus particulièrement concernée car elle subit un acharnement perpétuel.

Dans mes premiers jours dans l'entreprise, les clients remarquaient comment la responsable s'adressait à nous et à eux et n'appréciaient pas du tout et avaient de l'empathie pour nous en nous disant des "bon courage" à longueur de journée. Des clients nous ont confié ne pas venir quand [B] est présente. D'autres étaient choqués de son comportement.

Concernant [C] [FO], elle l'a accusée devant les clients de ne pas leur faire des cartes de fidélité, et de ne pas avoir proposé les produits d'entretien. [C] a dit à [B] qu'elle l'avait fait à la cliente, mais que la cliente venait de ranger sa carte, fait confirmé par la cliente.

[B] s'énervait ensuite contre [C] et s'est permise de lui dire "tais-toi tu m'as saoulée". [C] s'est sentie rabaissée. Je l'ai vu retenir ses larmes. [C] est une personne très patiente, mais cela affecte sa santé moralement et physiquement.

Dès qu'un client a un petit budget, elle se permet de le renvoyer vers [C] pour ne pas lui permettre de vendre des bijoux à haut budget. Ce qui décrédibilise son statut et ses qualités de vendeuse.

[C] a, un jour, comme chaque fois à la fermeture, nettoyé le point caisse. [B] est venue et a demandé si ça a été fait. [C] répond que "oui". [B] l'a contredit directement en ayant l'air agacé et lui dit "si le ménage est fait là, j'aimerais pas voir comment c'est chez toi alors, j'imagine pas l'état".

Elle veut toujours s'attribuer le mérite des tâches que nous effectuons. [C] a l'air chamboulé par les actes qu'elle subit et a du mal à se concentrer sur son travail lorsque ça arrive, ce qui est vraiment inquiétant car c'est un très bon élément dans l'entreprise.

Le travail en bijouterie m'a énormément plu. Jamais je n'aurais pensé être dégoûtée d'un travail à cause d'une personne. À cause de l'ambiance malsaine causée par [B] [JS], j'ai décidé de ne pas prolonger mon contrat. »,

* de Mme [YK] [S] qui indique « Quand je suis arrivée chez [13], il n'y avait pas [B] et je voyais [C] très souriante. Elle venait manger avec nous, elle venait nous voir aux pauses. Puis [B] est revenue. [C] n'avait presque plus le droit de venir nous voir. Toutes les semaines, elle nous racontait ses problèmes avec [B] et elle était vraiment mal. Je ne l'avais jamais vu comme cela. Elle pleurait souvent et elle était vraiment à bout. Elle n'a rien lâché, mais je sais qu'elle s'est beaucoup fait crier dessus par [B], et qu'elle l'a même fait pleurer pendant une journée de travail. [B] est bloquée sur [C], elle vérifiait tous ses faits et gestes et trouvait toujours un moyen pour rabaisser [C]. À cause de [B], beaucoup de personnel a changé cette année à [12]. »,

* de Mme [V] [M], une amie de l'intimée, qui indique « Je soussignée [V] [M] atteste que Mme [FO] [C] est victime de harcèlement moral de la part de sa responsable. En effet, il m'est déjà arrivé de me rendre à la boutique de [12] [Localité 9] afin de faire du repérage pour acheter une montre. Lorsque je me suis rendue à la boutique, j'ai pu constater que la responsable n'accueille pas les clients. Ce jour-là, elle a demandé à [C] de le faire alors qu'elle s'occupait déjà d'autres clientes. Elle lui a demandé d'un air agacé et agressif, elle a ajouté que les clients la "saoulaient" et qu'elle s'en "foutait". De plus, elle m'a demandé de rédiger des avis positifs sur le site de [12] [Localité 9] en mentionnant son nom ou son poste alors qu'elle ne s'est pas occupée de moi. Au fur et à mesure des semaines, j'ai constaté que l'état d'[C] se dégradait. Elle faisait des crises d'angoisse avant de se rendre au travail même sur ses jours de repos. J'ai également constaté que la responsable la contactait sur ses jours de repos.

[C] subit du harcèlement depuis plusieurs mois mais n'a jamais voulu pénaliser la boutique car elle aime son travail. »,

* de Mme [MM] [SV] du qui indique « Je soussignée [MM] [SV] atteste que Mme [FO] a été ciblée par des faits qualifiables d'harcèlement moral par sa responsable Mme [JS] [B]. Ayant été employée en restauration rapide de la même zone commerciale que la boutique où Mme [FO] est employée, il m'arrivait de m'y rendre sur mes temps de pause, car j'étais à la recherche d'une bague de fiançailles. Je m'y suis rendu quelques fois et assez souvent, j'ai vu Mme [FO] subir plusieurs remarques rabaissantes, d'une dame qui avait l'air d'être sa responsable, comme cela me sera confirmé plus tard. Je ressortais toujours du magasin en ayant l'impression qu'il se passait quelque chose de malsain dans cette boutique car cette responsable ne se cachait absolument pas devant nous, les clients, de l'intimider et dénigrer.

Un jour, alors qu'elle vient consommer dans le restaurant où je travaille, je la reconnais et l'aperçois en sanglots. J'étais chargée de la servir à table, m'assure donc si ça allait pour elle, si elle avait besoin de quelque chose. C'est alors qu'elle m'explique brièvement, car après tout on ne se connaît pas, mais j'insiste et mes suppositions se confirment sur le comportement de sa responsable à son égard. Je décide donc de lui faire part que j'ai souvent vu qu'elle prenait à elle quand je passais à la boutique, elle m'explique donc qu'elle recueille des témoignages. Je décide donc de l'aider car même si on ne se connaît pas vraiment, je pense avoir quand même été témoin de certains faits semblables à du harcèlement et cela ne devrait pas rester impuni. »

* de Mme [O] [FZ] qui indique « atteste avoir été témoin de faits que l'on peut désigner d'harcèlement moral par Mme [JS] [B] envers Mme [FO] [C]. J'ai été employée au sein de l'entreprise [12] de [Localité 9] de juillet 2021 à juin 2022 en tant que remplaçante. J'ai décidé de ne plus poursuivre les remplacements dans cette enseigne au vu de l'ambiance pesante qui s'installait, ainsi que la pression que Mme [JS] mettait sur ses employés, en particulier sur Mme [FO].

Durant mes remplacements, j'ai rarement travaillé sur des longues journées et périodes avec Mme [JS] car elle était très souvent en arrêt maladie et je la remplaçais (près de 4 mois). J'ai donc vite remarqué que l'équipe et moi-même nous en remettions principalement à l'expérience d'[C], car grâce à son savoir-faire, elle connaissait tous les postes. C'était donc sur elle que le magasin reposait quand la responsable était absente. C'est alors, qu'à son retour, quand je remplaçais d'autres employés, j'ai compris que ce statut dérangeait énormément Mme [JS], ce qui a engendré un comportement inopportun et abusif envers Mme [FO].

En effet, c'était des remarques infondées sur son travail, des réflexions rabaissantes à longueur de journée que ce soit devant nous les employés ou devant les clients. Mme [JS] ne supportait pas que l'équipe prenne la défense de Mme [FO] et n'hésitait pas à le faire savoir et à faire de l'abus de pouvoir.

Je me rappelle qu'en décembre 2021, Mme [FO] a demandé à Mme [JS] de finir plus tôt un jour pour un impératif personnel, demande qu'elle a fait un mois à l'avance, avant même que les plannings soient établis, elle était donc en règle. Mme [JS] a commencé à lui dire qu'elle "verrait" pour au final la planifier de fermeture seule avec elle et nous faire finir plus tôt moi et les autres employées. C'est alors que moi et le reste de l'équipe, une à une, lui avons demandé d'échanger nos horaires avec elle pour pouvoir la libérer plus tôt, chose que Mme [JS] a refusé sans raison valable, car il n'y aurait eu aucun impact négatif sur le bon fonctionnement du magasin et le déroulement de la journée. Au final, personne n'a eu droit de la remplacer et Mme [JS] a décidé de ne pas se présenter au travail le lendemain sans nous prévenir et sans nouvelles. Je pense pour nous "donner une leçon", nous nous sommes retrouvées donc seules à faire l'ouverture et la fermeture un dimanche en pleine période de fêtes de fin d'année...

Aujourd'hui, je travaille dans une autre enseigne de bijouterie, et je me suis rendue compte que le comportement de Mme [JS] n'était absolument pas adapté à une responsable et j'espère vivement que mon témoignage pourra avoir un bon impact pour les employées de [12], en particulier pour Mme [FO] qui n'a eu de cesse de se faire rabaisser et intimider uniquement pour son bon travail. »,

* de Mme [OM] [NS], une amie « très proche » qui indique « atteste du harcèlement subi par Mme [FO] [C], par sa responsable Mme [JS] [B].

Étant une amie de très longue date de Mme [FO], je l'ai toujours vue impliquée et assez épanouie par son travail. Quand elle m'a parlé du CDI que lui proposait [12], je me rappelle que l'une des raisons qui l'a poussée à accepter le contrat était sa bonne entente avec sa responsable, mais ce n'était qu'en apparences...

En effet, j'étais présente quand Mme [JS] l'a appelée sur son jour de repos, la sollicitant de façon très insistante de témoigner contre ses anciennes collègues...

Passées quelques années au sein de cette enseigne, elle me fait part de plusieurs comportements mettant en avant ces abus de pouvoir et le fait de systématiquement mettre en cause son travail, alors que les chiffres et les autres membres de l'équipe prouvent qu'elle l'exécute très bien. Au fil des mois, ces faits se répètent et ciblent principalement Mme [FO] comme elle me l'explique. Et à partir de ce moment, l'état physique et mental de celle-ci se dégrade de jour en jour... Elle est devenue très anxieuse et stressée à l'idée d'aller travailler au quotidien, elle m'en parle tous les soirs, tard dans la nuit, car cela l'empêche de dormir... Travailler auprès de cette responsable est devenu un poids pour elle et cela se répercute énormément sur l'image de la boutique car elle m'explique qu'elle n'arrive même plus à contrôler ses émotions devant les clients...Très inquiète, je viens souvent lui rendre visite sur ses temps de pause où je la retrouve en pleurs, très souvent après s'être retrouvée seule avec Mme [JS] dans la boutique.Je constate qu'elle est en plein burn-out et la conseille donc de prendre du recul et de se faire accompagner médicalement car il est évident que cette situation impacte beaucoup sa santé. Mais cela ne suffisait plus à tel point qu'elle a consulté un psychiatre qui l'a mise sous traitement... Je vous avoue que je ne reconnais plus mon amie ces derniers temps, qui se renferme beaucoup sur elle-même et qui se laisse submerger par ses émotions du travail dans sa vie personnelle. Je ne conçois pas qu'une personne qui est un aussi bon élément dans son travail se retrouve à subir cet acharnement infondé et injuste et en soit énormément éprouvée, sans que personne puisse agir, tel est le but de mon témoignage. »,

* de M. [MX] [CJ] [EU] du 9 janvier 2023 qui indique « J'ai travaillé en bijouterie [12] de fin juillet à fin septembre 2022 à [Localité 9] (CDD remplacement été).

J'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l'univers de la bijouterie et je devais continuer sur un contrat de 3 semaines en octobre et éventuellement pour les fêtes de fin d'années. Je n'ai pas donné suite à [B] vu l'ambiance qui y règne au magasin dû à la responsable Mme [JS]. J'ai tout de suite remarqué à mon arrivée qu'il lui fallait une cible pour se décharger sur quelqu'un jusqu'à épuisement moral et psychologiquement. J'ai assisté à plusieurs scènes entre [C], une vendeuse et [B]. À toujours chercher la petite bête pour rien, à s'emporter. [C] est quelqu'un de solaire, souriante, bienveillante et disponible à mon égard, j'étais nouveau et novice en bijouterie.

Avant son retour de vacances à [B], j'ai assisté à une scène : elle était totalement sur les nerfs, à claquer toutes les portes, à être rouge de colère pour seulement des petits détails. D'une manière ou d'une autre, elle a besoin d'une proie pour avancer et moi je ne pouvais pas continuer à travailler là-bas si je ne voulais pas avoir la boule au ventre. Les clients aussi venaient quand elle était absente car ils me disaient "elle est odieuse cette dame".

Un jour, la femme de la responsable de la pharmacie a fait scandale à [B] (Pharmacie [Localité 9]) elle disait à [B] "vous êtes un tyran avec vos employés, la galerie a une mauvaise image de vous, responsable, à prendre les gens de haut".

Je témoigne juste des faits aperçus et vécus. Je ne prends partie pour personne. J'ai toujours communiqué avec [B] et [C] en magasin. [B] préférait diviser pour mieux régner. Je n'ai pas voulu rentrer dans ce jeu de ne pas parler à telle ou telle vendeuse. En vente, l'esprit d'équipe fait toujours la force. En 20 ans de carrière, je ne conçois pas d'avancer comme cela. »,

* de Mme [F] [FE] du 18 février 2023 qui indique :

« - harcèlement morale,

- elle lui prenait ses clients (plus gros panier)

- elle cacher des bijoux et accusé Melle [VP] d'en être coupable.

- Elle aller chercher de la poussière dans l'aspirateur et les mettais dans les vitrines de Melle [VP]

- Elle nous liguer contre elle afin qu'elle craque et parte d'elle-même »,

- les arrêts de travail suivants :

* du 1er au 05 octobre 2022 par le docteur [Y] [ZP]

* du 24 octobre 2022 au 24 novembre 2022 par le docteur [B] [DO].

* le 30 novembre 2022 par le docteur [WK] [U],

* du 2 décembre 2022 au 5 décembre 2022 réalisé par le docteur [XF] [T],

* du 5 décembre 2022 au 4 janvier 2023 par le docteur [B] [DO] ;

Le ou les motifs des arrêts n'étant pas mentionné.

- un certificat médical du Docteur [UK] [OC], médecin du travail du 19 décembre 2022 qui indique « Vue ce jour à sa demande, pendant son arrêt maladie.

Étude du poste et des conditions de travail à faire courant janvier 2023.

Voir avec le médecin spécialiste qui assure la prise en charge pour prolongation de l'arrêt maladie, le temps de faire étude de poste et conditions de travail, car l'état de santé et la situation médico-professionnelle de Melle [FO] ne permettent pas d'envisager une reprise de son poste pour le moment.

À revoir fin janvier 2023 »,

- le certificat médical du docteur [B] [DO] du 11 janvier 2023 qui indique « je soussigné, Docteur [B] [DO], certifie avoir examiné Mlle [FO] [C], née le 30/11/1996, et atteste que son état de santé nécessite un arrêt de travail. »,

- l'avis d'inaptitude du 6 février 2023 établi par du Docteur [UK] [OC], médecin du travail « Revue ce jour en visite de reprise après maladie.

Inapte médicalement à la reprise de son poste de conseillère de vente sur ce magasin.

En termes de recherche de reclassement, Melle [FO] pourrait occuper un poste similaire sur un autre magasin [12], ou du groupe si cela était le cas. »

- une capture d'écran de deux avis rédigés sur google pour la bijouterie [12] de la galerie marchande de [Localité 9] rédigés par [ZF] [JS] en février 2021 et [L] [BU] en octobre 2022.

Au vu de l'ensemble de ces éléments, la cour considère que les faits décrits par la salariée, sont matériellement établis et concordants et que pris dans leur ensemble, ils laissent supposer l'existence d'un harcèlement moral.

La SASU [12] rétorque que Mme [FO] n'a pas apporté d'éléments de faits précis, datés et circonstanciés permettant de présumer l'existence d'un harcèlement moral. Selon l'employeur, les allégations de la salariée reposent sur des généralités et des accusations vagues sans preuves tangibles, des attestations de témoins jugées non crédibles, car elles émanent souvent de personnes ayant un lien de parenté ou d'amitié avec Mme [FO], ou d'anciens employés ayant quitté l'entreprise dans des circonstances conflictuelles.

La société conteste également la validité et la crédibilité des courriers envoyés par Mme [FO]. Pour le premier du 1er octobre 2022, la SASU [12] souligne que celle-ci n'a jamais signalé de difficultés relationnelles avec Mme [JS] avant ce courrier.

Elle met en avant que ces dernières ont très peu travaillé ensemble en 2022 en raison des absences de Mme [JS] (arrêt maladie du 23 février au 31 mai 2022 et congés payés en août 2022) et des congés de Mme [FO] entre juillet et août 2022.

La SASU [12] affirme que Mme [FO] a écrit ce courrier en réaction à des remarques légitimes de Mme [JS] sur son travail.

Pour le second courrier du 18 janvier 2023, l'appelante souligne que ce courrier a été envoyé après que la salariée a refusé de participer à un entretien organisé par l'employeur pour discuter des difficultés. Elle affirme que les faits mentionnés dans ce courrier ne sont pas contemporains et n'ont pas été signalés en temps réel.

La SASU [12] accuse Mme [FO] d'avoir adopté un comportement inapproprié et insubordonné envers Mme [JS] en refusant d'exécuter les consignes de travail données par sa responsable, en la dénigrant devant les clients et les collègues.

L'appelante explique que la salariée a exprimé des griefs qui sont contradictoires avec les descriptions des faits réalisés par sa responsable de magasin. Elle souligne que Mme [FO] n'a pas souhaité se rendre disponible pour évoquer les incident de manière contradictoire, son arrêt maladie ne l'empêchant pas de se rendre disponible pour un entretien.

L'emplo

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