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TJ 45234, 7 mars 2025, RG 25/00150


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Date
07/03/2025
Numéro
25/00150
Lieu / cour
tj45234
Chambre
Juge Libertés Détention
Type
other
Id
694622eb75782d5f06e06e82

Texte de la décision

6,429 caractères

Cour d'Appel
d'[Localité 3]

Tribunal Judiciaire D’ORLÉANS

CHAMBRE DES LIBERTES

ORDONNANCE SUR REQUÊTE DU DIRECTEUR DE L’ETABLISSEMENT

POURSUITE DE L’HOSPITALISATION COMPLÈTE AVANT L’EXPIRATION D’UN DÉLAI DE DOUZE JOURS À COMPTER DE L’ADMISSION

ADMISSION EN CAS DE PÉRIL IMMINENT

rendue le 07 Mars 2025

Article L 3211-12-1 du code de la santé publique
N° RG 25/00150 - N° Portalis DBYV-W-B7J-HB4B
Minute n° 25/00106

DEMANDEUR :

M. LE DIRECTEUR DE L’EPSM DU LOIRET GEORGES DAUMEZON,
[Adresse 1]
non comparant, représenté par Madame [F] [M], responsable juridique (délégation de pouvoir permanente en date du 15/03/2021)

DÉFENDEUR :

la personne faisant l’objet des soins :

Monsieur [W] [O]
né le 13 Février 1984 à HAITI, demeurant [Adresse 2]

Actuellement hospitalisé

Comparant, assisté de Me Karen MELLIER, avocat au barreau d’Orléans, commis d’office

MINISTÈRE PUBLIC

Avisé, non comparant, ayant donné son avis par mention au dossier en date du 06/03/2025.

Nous, Stéphanie DE PORTI, Juge au tribunal judiciaire d’Orléans, assistée de Maxime PLANCHENAULT, statuant en audience publique, à l’Etablissement Public de Santé Mentale du Loiret Georges DAUMEZON à FLEURY LES AUBRAIS.

Il a été procédé au débat contradictoire prévu par les articles L 3211-12-2 du code de la santé publique.

Le Juge a avisé les parties que la décision sera rendue dans l’après-midi.

MOTIFS DE L’ORDONNANCE

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si :
1° ses troubles rendent impossible son consentement ;
2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller, à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en oeuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

Monsieur [O] [W] est hospitalisé à l’Établissement Public de Santé Mentale du Loiret sans son consentement depuis le 25 février 2025 dans le cadre d’une procédure de péril imminent, suite à des propos délirants, une désorganisation de la pensée, un délire mégalomaniaque, un délire de persécution et de filiation.

Le certificat médical à 24 heures indique que Monsieur [O] [W] se met en danger, notamment au travers de conduite de dénudation. L’entretien a été rendu difficile par son mutisme et sa banalisation de son comportement.

Le certificat médical à 72 heures indique que Monsieur [O] [W] explique au cours de l’entretien que des gens le suivent via ses vêtements pour expliquer ses conduites de dénudation, que son nom peut être utilisé pour obtenir des postes en politique. Il adhère selon le psychiatre complètement à ses délires et est en rupture de traitement. Il s’agit d’évaluer son état et de le stabiliser.

Par requête du 3 mars 2025, l’établissement nous saisit pour que la poursuite de cette mesure soit ordonnée.

Au jour de l'avis médical motivé préalable à la saisine du juge en date du 3 mars 2025, il est relevé que Monsieur [O] [W] est réticent à évoquer ses troubles.

L’état de santé du patient était considéré comme compatible avec son audition.

A l’audience, Monsieur [O] [W] indique se sentir mieux et qu’une permission de sortie lui a été accordée ce week-end. Il indique qu’il va se rendre chez sa cousine et voir des amis. Son avocat indique n’avoir aucune observation à réaliser sur la procédure.

Il ressort de l’audience et des éléments de la procédure une amélioration de l’état psychique de Monsieur [O] [W]. La permission de sortie prévue ce week-end permettra au médecin de voir si cette permission s’est déroulée dans de bonnes conditions afin de mettre en oeuvre ou non le projet de sortie la semaine prochaine.

Ainsi il est démontré la persistance de la nécessité de soins pour des troubles mentaux, dans la mesure où le consentement pérenne du patient n’est pas assuré. Il apparaît en conséquence nécessaire de maintenir les soins en la forme actuelle, à charge pour les médecins de mettre en place des autorisations de sortie, un programme de soins et enfin une mainlevée de la mesure dès que possible.

La requête sera dès lors accueillie et l’hospitalisation complète maintenue.

Les dépens seront laissés à la charge du Trésor Public.

PAR CES MOTIFS

Après débats en audience publique, statuant par décision contradictoire et en premier ressort,

ACCUEILLONS la requête.

MAINTENONS l’hospitalisation complète dont fait l’objet M. [W] [O].

DISONS que cette ordonnance bénéficie de plein droit de l’exécutoire provisoire.

LAISSONS les dépens à la charge du Trésor Public.

RAPPELONS que la présente décision est susceptible d’appel dans un délai de 10 jours devant Monsieur le Premier Président de la cour d’appel d’[Localité 3] ou son délégué saisi par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel.

Fait à [Localité 3]
le 07 Mars 2025

Le greffier

Le Juge

Maxime PLANCHENAULT

Stéphanie DE PORTI

Copie de la décision a été transmise par PLEX avec récépissé au patient, à Monsieur le Directeur de l’EPSM DAUMEZON,à l’avocat, par mail au mandataire judiciaire, au procureur de la République contre signature du récépissé.
Le greffier,

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