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TJ 31555, 20 nov. 2025, RG 25/01423


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Date
20/11/2025
Numéro
25/01423
Lieu / cour
tj31555
Chambre
Référés
Type
other
Id
6947cd3375782d5f06217ecc

Texte de la décision

6,630 caractères

N° RG 25/01423 - N° Portalis DBX4-W-B7J-UKK7

MINUTE N° :
DOSSIER : N° RG 25/01423 - N° Portalis DBX4-W-B7J-UKK7
NAC: 50D

FORMULE EXÉCUTOIRE
délivrée le

à l’AARPI BAYLE BESSON-ESTRADE
à Me Anthony VALLEREAU

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 20 NOVEMBRE 2025

DEMANDEUR

M. [J] [B], demeurant [Adresse 2]

représenté par Maître Bernard BAYLE-BESSON de l’AARPI BAYLE BESSON-ESTRADE, avocats au barreau de TOULOUSE

DÉFENDERESSE

S.A.S.U. BLUECAR, dont le siège social est sis [Adresse 1]

représentée par Me Anthony VALLEREAU, avocat au barreau de TOULOUSE

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Lors des débats à l’audience publique du 16 octobre 2025

PRÉSIDENT : Audrey FERRÉ, Vice-Présidente

GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier

ORDONNANCE :

PRÉSIDENT : Audrey FERRÉ, Vice-Présidente

GREFFIER : Audrey LEUNG KUNE CHONG, Greffier

Prononcée publiquement par mise à disposition au greffe,

EXPOSE DU LITIGE

La juridiction des référés de [Localité 3] a rendu une ordonnance en date du 5 juillet 2024 ayant désigné Monsieur [P] [K] comme expert, concernant le litige relatif à la procédure principale RG n°24/00780 (MI 24/00001291).

Par acte de commissaire de justice du 4 août 2025, Monsieur [J] [B] a fait assigner la SAS BLUECAR devant le juge des référés du Tribunal judiciaire de Toulouse, aux fins de rendre les opérations d’expertise communes et opposables au défendeur, sur le fondement des articles 145 et 331 du code de procédure civile, et réserver les dépens.

L'affaire, après avoir été renvoyée, a été retenue à l'audience du 16 octobre 2025.

Monsieur [J] [B] maintient les termes de son assignation.
Concluant en réponse, la SAS BLUECAR ne s’oppose pas sous les protestations et réserves d’usage, à ce que la mesure d’expertise lui soit rendue opposable et demande à réserver les dépens.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l’article 331 du code de procédure civile, un tiers peut être mis en cause par la partie qui y a intérêt afin de lui rendre commun le jugement.

Il est rappelé que la juridiction des référés peut, sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile, déclarer commune à une autre partie une mesure d'instruction qu'elle a précédemment ordonnée en référé. Pour ce faire, il est alors nécessaire, et suffisant, conformément aux conditions posées par ce texte, qu'il existe un motif légitime de rendre l'expertise commune à d'autres parties que celles initialement visées.

Enfin, il sera rappelé que l'application de l’article 145 du code de procédure civile n'implique aucun préjugé sur la responsabilité des parties appelées à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d'être ultérieurement engagé. Dès lors, nul besoin de donner acte des « protestations et réserves » du défendeur, étant rappelé au surplus qu’il ne s’agit pas d’une prétention au sens de l’article 4 du code de procédure civile.

En l’espèce, il ressort de la fiche de liaison établie par l’expert lors de la première réunion d’expertise du 3 décembre 2024, qu’il a émis un avis favorable à la mise en cause du constructeur BLUECAR.

Le demandeur justifie dès lors d’un motif légitime pour obtenir la mesure d’extension réclamée dès lors qu’est établi un intérêt manifeste à pouvoir opposer au défendeur les résultats de l’expertise déjà ordonnée.

Il sera en revanche relevé que, si dans le corps de l’assignation, Monsieur [J] [B] demande la suspension provisoire des loyers relatifs à la batterie du véhicule litigieux, cette demande n’est pas reprise sein du dispositif de l’acte. Or en application de l’article 446-2-1 du code de procédure civile crée par le décret du 8 juillet 2025, s’appliquant aux instances en cours à compter du 1er septembre 2025, lorsque les débats sont renvoyés à une audience ultérieure, que toutes les parties comparantes sont assistées ou représentées par un avocat et présentent leurs prétentions et moyens par écrit, le juge ne statue que sur les prétentions énoncées au dispositif. Le juge des référés n’est par conséquent pas saisi de cette demande.

Les dépens seront mis à la charge de Monsieur [J] [B], la demande étant fondée sur l'article 145 du code de procédure civile. Ainsi, les dépens ne sauraient être réservés, dans la mesure où la présente ordonnance met fin à l’instance et où le juge des référés est tenu de statuer sur leur sort en application de l’article 491 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le juge des référés statuant par ordonnance contradictoire, rendue publiquement, par mise à disposition au greffe, en premier ressort et par décision exécutoire par provision,

Au principal, renvoie les parties à se pourvoir ainsi qu’elles en aviseront ;

Mais, sans délai,

Tous droits et moyens étant réservés sur le fond,

Déclare étendues et communes et dès lors opposables à la SAS BLUECAR, les opérations d’expertise confiées à Monsieur [P] [K], suivant la décision en date du 5 juillet 2024 (RG n°24/00780 mesure d’instruction n°24/1291) et suivant les mêmes modalités ;

Dit que les prochaines réunions se dérouleront au contradictoire de la partie appelée en cause ;

Dit que l’expert notifiera les constatations et vérifications réalisées aux parties nouvelles, recueillera auprès d’elles tous documents utiles à l’accomplissement de sa mission, en dressera inventaire et poursuivra les opérations conformément à sa mission ;

Rappelle qu’aux termes des dispositions de l’article 169 du code de procédure civile l'intervenant est mis en mesure de présenter ses observations sur les opérations auxquelles il a déjà été procédé ;

Dit que le suivi de cette extension par le juge chargé de la surveillance des expertises s’effectuera, notamment pour les prorogations de délais, dans le cadre du dossier initial auquel la présente est en lien ;

Rappelle que le magistrat chargé du contrôle des mesures d’instruction est compétent pour statuer sur toute difficulté relative aux opérations d'expertise ;

Dit que l’avocat de la partie en demande de l’appel en cause transmettra la présente décision à l’expert afin que celui-ci poursuive ses investigations sans perte de temps, lequel devra réclamer au besoin une prorogation de date de dépôt du rapport ;

Dit que, dans l’hypothèse où la présente décision serait portée à la connaissance de l’expert après le dépôt de son rapport, ses dispositions seront caduques ;
Invite les parties à respecter le délai prévu pour la remise du rapport ;

Condamne Monsieur [J] [B] aux dépens de l’instance ;

Ainsi rendu les jour, mois et an indiqués ci-dessus, et signé du président et du greffier.

Le Greffier, Le Président,

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