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TJ 59350, 25 sept. 2025, RG 25/03806


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Date
25/09/2025
Numéro
25/03806
Lieu / cour
tj59350
Chambre
JCP
Type
other
Id
69776c3dcdc6046d47c3c6c7

Texte de la décision

9,004 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE
de LILLE
[Localité 1]

☎ :[XXXXXXXX01]

N° RG 25/03806 - N° Portalis DBZS-W-B7J-ZNTV

N° de Minute : BX25/00930

JUGEMENT

DU : 25 Septembre 2025

S.A. VILOGIA

C/

[L] [C]

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 25 Septembre 2025

DANS LE LITIGE ENTRE :

DEMANDEUR(S)

S.A. VILOGIA, dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par M. [J] [K], muni d'un mandat écrit

ET :

DÉFENDEUR(S)

Mme [L] [C], demeurant [Adresse 2]
non comparante

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DÉBATS À L'AUDIENCE PUBLIQUE DU 19 Juin 2025

Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Laure-Anne REMY, Cadre Greffier

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DU DÉLIBÉRÉ
Par mise à disposition au Greffe le 25 Septembre 2025, date indiquée à l'issue des débats par Catherine CHRUSCIELEWSKI, Juge, assistée de Laure-Anne REMY, Cadre Greffier

EXPOSE DU LITIGE

Suivant acte du 9 février 2023, S.A. VILOGIA a donné en location à Madame [L] [C] un immeuble à usage d'habitation situé à [Adresse 2].

Le 9 octobre 2024, S.A. VILOGIA a fait signifier à Madame [L] [C] un commandement de payer les loyers et charges impayés et pour défaut d'assurance visant la clause résolutoire.

Par exploit d'huissier du 25 mars 2025, S.A. VILOGIA a fait assigner Madame [L] [C], pour l'audience du dix neuf Juin deux mil vingt cinq, devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Lille, aux fins de :

- constater ou à défaut prononcer la résiliation du bail portant sur l'immeuble sis à [Adresse 2] pour défaut de paiement de loyers ;
- ordonner l'expulsion de Madame [L] [C] ;
- à défaut prononcer la résiliation du bail pour non paiement des loyers et charges et défaut d'attestation d'assurance habitation;
- la condamner au paiement :
- de la somme de 5203,17 euros au titre des loyers et charges impayés avec intérêts au taux légal;
- d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du dernier loyer et des charges, dont le montant pourra être réajusté au cas où les charges réelles dépasseraient le montant de la provision jusqu'à la libération effective des lieux ;
- de la somme de 150 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile ;
- condamner Madame [L] [C] aux entiers dépens ;
- ordonner l'exécution provisoire.

A l'audience, S.A. VILOGIA a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance, sauf à actualiser sa demande principale à la somme de 1762,17 euros, selon décompte arrêté au 4 juin 2025. Le bailleur indique s'opposer à une demande de délais de paiement et demande la résiliation du bail.

Assignée à personne, Madame [L] [C] n'était ni présente ni représentée.

L'affaire a été mise en délibéré au 25 Septembre 2025.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la recevabilité :

Le bailleur justifie avoir saisi la CAF le 10 octobre 2024 puis avoir notifié au préfet du Nord, le 28 mars 2025 l'assignation visant à obtenir l'expulsion, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

Son action est donc recevable.

Sur la demande de résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers et charges :

Le contrat de bail comporte effectivement une clause résolutoire pour défaut de paiement du loyer et des charges.

La dette n'a pas été réglée dans les deux mois de la signification du commandement.

Madame [C] [L] a repris le paiement des loyers depuis le mois de mars 2025. Elle a versé :
- 700 euros le 5 mars 2025
- 800 euros le 7 avril 2025
- 600 euros le 7 mai 2025
et 400 euros le 4 juin 2025.

Le dernier versement couvre le montant du loyer qui est de 336,22 euros.

Dès lors elle peut bénéficier de délais de paiement et de la suspension de la clause résolutoire.

Les conditions d'acquisition de la clause résolutoire contenue dans le contrat de bail étaient réunies à la date du 9 décembre 2024.

Sur la résiliation du bail pour défaut d'assurance :

La S.A. VILOGIA facture tous les mois une somme de 6,05 euros au titre de l'assurance de groupe.

Dès lors, il n'y a pas lieu de constater ni de prononcer la résiliation pour ce motif.

Sur les sommes dues :

Il ressort du relevé de compte versé aux débats que le montant des loyers et charges impayés, s'élevait, au 4 juin 2025, à la somme de 1630,49 euros, déduction faite des divers frais éventuellement inclus dans le décompte.

Le montant prélevé pour l'enquête sociale sera déduit en l'absence de mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception d'avoir à renvoyer l'enquête sociale.

Madame [L] [C] sera donc condamnée à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA la somme de 1630,49 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 4 juin 2025.

Les intérêts sont dus au taux légal à compter du présent jugement.

Sur les délais de paiement :

L'article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 dispose que le juge peut, même d'office, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années au locataire en situation de régler sa dette locative.

Au regard de la situation financière de Madame [L] [C], il convient de lui accorder la possibilité de régler sa dette par mensualités de 80 euros et de suspendre les effets de la clause résolutoire en soulignant toutefois que dès le premier impayé, soit de cette mensualité, soit du loyer courant, la totalité de la dette redeviendra exigible et l'expulsion pourra alors être poursuivie sans nouvelle décision.

Sur l'indemnité mensuelle d'occupation :

Dans l'hypothèse où Madame [L] [C] ne respecterait pas les délais qui lui ont été accordés par le juge, l'occupation des lieux deviendrait illégitime, causant au bailleur un préjudice qu'il convient de réparer en condamnant la locataire, devenue occupante sans titre, à lui payer une indemnité d'occupation mensuelle d'un montant égal à celui du loyer et des charges qui aurait été dû en l'absence de résiliation du bail, soit 413,19 euros jusqu'à la libération effective et définitive des lieux.

Sur les demandes accessoires :

Madame [L] [C], qui succombe, supportera les entiers dépens.

L'équité commande par contre de laisser à la charge du bailleur les frais irrépétibles non compris dans les dépens et la demande présentée au titre de l'article 700 du code de procédure civile sera donc rejetée.

L'article 514 du code de procédure civile dispose désormais que : " les décisions de première instance sont de droit exécutoires à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement ".

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats publics, par jugement Réputé contradictoire et en premier ressort ;

Déclare l'action de S.A. VILOGIA recevable ;

Constate que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 9 février 2023 entre S.A. VILOGIA et Madame [L] [C] concernant l'immeuble situé à [Adresse 2], sont réunies à la date du 9 décembre 2024 ;

Déboute la S.A. VILOGIA de sa demande de résiliation pour défaut d'assurance habitation ;

Condamne Madame [L] [C] à payer en deniers ou quittances valables à S.A. VILOGIA, la somme de 1630,49 euros au titre de l'arriéré locatif arrêté au 4 juin 2025, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

Autorise Madame [L] [C] à payer sa dette, en principal par mensualités de 80 euros ;

Dit que ces mensualités devront être payées le 10 de chaque mois et pour la première fois le 10 du mois suivant la signification de la présente décision ;

Rappelle que les mensualités sont payables en plus du loyer courant ;

Suspend les effets de la clause résolutoire pendant l'exécution des délais ;

Dit que si les délais sont respectés la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais joué ;

Dit qu'en revanche, en cas de non paiement d'une seule de ces mensualités, l'intégralité de la somme restant due deviendra immédiatement exigible et la clause résolutoire sera automatiquement acquise à compter de la date de la première de ces mensualités impayées ;

Dit que dans ce cas, à défaut d'avoir quitté les lieux dont il s'agit dans les deux mois du commandement de délaisser, Madame [L] [C] ou tout occupant de son chef pourra être expulsée, et ce, si besoin est, avec le concours de la Force Publique ;

Condamne Madame [L] [C], au cas où la clause résolutoire reprendrait effet, à payer chaque mois pour lequel elle sera restée dans les lieux, une indemnité mensuelle d'occupation égale au montant du loyer actuel charges comprises, soit 413,19 euros ;

Dit que la part correspondant aux charges dans ces indemnités mensuelles d'occupation pourra être réajustée au cas où les charges de l'année dépasseraient la provision ;

Rejette la demande formée par le bailleur au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

Condamne Madame [L] [C] aux dépens ;

Rappelle que le présent jugement est de droit exécutoire à titre provisoire ;

Rejette toute autre demande.

Ainsi jugé et prononcé le 25 Septembre 2025 par mise à disposition au greffe.

Le CADRE GREFFIER Le PRESIDENT

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