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TJ 77284, 9 mars 2026, RG 26/01222


Vérifier : TJ 77284, 9 mars 2026, RG 26/01222 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
09/03/2026
Numéro
26/01222
Lieu / cour
tj77284
Chambre
JLD Hospitalisation
Type
other
Id
69b0e79ecdc6046d4738f67d

Texte de la décision

7,025 caractères

- N° RG 26/01222 - N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEK4E
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
──────────
Palais de Justice - [Adresse 1]

ORDONNANCE
statuant sur la poursuite d’une mesure de soins psychiatriques
en hospitalisation complète

Dossier N° RG 26/01222 - N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEK4E - M. [W] [K]
Ordonnance du 09 mars 2026
Minute n° 26/00

AUTEUR DE LA SAISINE :

Monsieur le préfet de SEINE-ET-MARNE,
en sa qualité de représentant de l’Etat dans ce département
agissant par madame [M] [Q], sous-préfète, directrice de cabinet
élisant domicile : Hôtel de la Préfecture - Direction des Services du Cabinet et de la Sécurité - [Adresse 2],

non comparant, ni représenté.

PERSONNE FAISANT L’OBJET DES SOINS :

M. [W] [K]
né le 03 Juillet 1974 à , demeurant [Adresse 3]
en hospitalisation complète depuis le 02 mars 2026 au centre hospitalier de [Localité 1], sans son consentement, pour des soins psychiatriques décidés par le préfet de Seine-et-Marne.

comparant, assisté de Me Laetitia JOFFRIN, avocat au barreau de Meaux, commis d’office par le bâtonnier,

PARTIE JOINTE :

Monsieur le PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE
près le tribunal judiciaire de MEAUX,
ayant domicile élu au palais de justice de Meaux :
[Adresse 1]

absent à l’audience

PARTIE INTERVENANTE :

Le DIRECTEUR DU CENTRE HOSPITALIER de [Localité 1],
agissant par M. [X] [D] , directeur du grand hôpital de [W],
élisant domicile en cette qualité au centre hospitalier de [Localité 1] : [Adresse 4],

non comparant, ni représenté.
- N° RG 26/01222 - N° Portalis DB2Y-W-B7K-CEK4E

Nous, Hakima CHAOUCHI, magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux, assistée de Florine DEMILLY, greffier, avons rendu la présente ordonnance.

FAITS ET PROCÉDURE :

Par arrêté préfectoral du 02 mars 2026,le préfet de Seine-et-Marne a prononcé l’admission en soins psychiatriques contraints, sous forme d'hospitalisation complète, de M. [W] [K], effective le même jour, au vu d'un certificat médical constatant que les troubles mentaux de l'intéressé s’avéraient dangereux pour lui-même et son entourage. Cette prise en charge s’est depuis poursuivie sans interruption sous la forme d’une hospitalisation complète maintenue par arrêté préfectoral du 05 mars 2026 à l’issue de la période d’observation.

Le 05 mars 2026, le représentant de l’Etat dans le département de Seine-et-Marne a saisi le magistrat du siège de ce tribunal aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de M. [W] [K].

Conformément aux dispositions de l’article R. 3211-11 du code de la santé publique, copie de la saisine a été adressée à la personne hospitalisée, au directeur du centre hospitalier de [Localité 1] et au ministère public, lesquels, ainsi que le préfet de Seine-et-Marne, ont tous été régulièrement avisés de la date, de l’heure, du lieu et des modalités de l’audience fixée le 09 mars 2026.

L’audience a été tenue à la date et à l’heure prévues dans la salle spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement d’accueil.

M. [W] [K] a contesté le principe de son hospitalisation et souhaité sortir. Il souhaite être hospitalisé en ville ou en programme de soins libre.

Me Laetitia JOFFRIN, avocat de la personne hospitalisée, a été entendu en ses observations.

Aucune des parties n’a déposé d’observations écrites.

La présente ordonnance a été :
- prononcée publiquement le 09 mars 2026, par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, avis en ayant été donné à l’issue des débats aux personnes présentes ou représentées ;
- signée par le juge ayant présidé aux débats et par le greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.

MOTIFS DE LA DÉCISION :

L'article L. 3213-1 du code de la santé publique permet au représentant de l'État dans le département de prononcer par arrêté, au vu d'un certificat médical circonstancié, l'admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public. L'article L. 3211-12-1 du même code prévoit que l'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le préfet, n'ait statué sur cette mesure avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission en soins psychiatriques.

Il résulte des pièces et certificats médicaux joints à la requête que M. [W] [K] a été hospitalisé le 02 mars 2026 à la suite de troubles du comportement. Il aurait excaladé le mur de la piscine municipale nu et aurait essayé d’y nager et d’y sauter. Il est en rechute maniaque et délirante. Il présente une excitation psychomotrice, un délire de persécution et de mégalomanie avec conviction inébranlable. Il a un comportement agité et imprévisible. Il est dans le déni des troubles. Il est ambivalent aux soins et au traitement . L’avis motivé émanant d'un psychiatre de l'établissement d'accueil, en date du 05 mars 2026, notant un contact fluctuant dans le service, de nombreuses revendications sans troubles du comportement, une persistance de la déshinibition en entretien avec quelques bizarreries du comportement, une augmentation du volume sonore et une tachypsychie avec un discours diffluent, une élation de l’humeur, une absence d’anxiété dans le service, une amélioration des troubles du sommeil en cours, et une absence de critique de ses troubles, avec ambivalence aux soins, a préconisé la poursuite de l’hospitalisation complète du patient en raison de la persistance de la symptomatologie, au regard de la persistance du risque de mise en danger, et au regard du déni total des troubles.

A l'audience, la situation du patient présente peu d'évolution apparente, M. [W] [K], n'exprimant pas nettement une reconnaissance de ses troubles et, partant, une pleine adhésion aux soins. En pareilles circonstances, il apparaît manifestement prématuré d’envisager une mainlevée de l’actuelle prise en charge contrainte. A défaut, il persisterait un risque avéré de troubles de nature à mettre le sujet ou son entourage en danger ou à menacer l’ordre public. Il n’est pas sérieusement envisageable, pour l’heure, que les soins attentifs qu’exige toujours l’état de M. [W] [K] puissent être observés et donc efficacement administrés sans une surveillance médicale constante.

En conséquence, la poursuite des soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète s’impose encore actuellement.

Conformément aux dispositions des articles R. 93 et R. 93-2 du code de procédure pénale, les dépens de la présente instance resteront à la charge de l’Etat.

PAR CES MOTIFS,

Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement par sa mise à disposition au greffe le 09 mars 2026,

ORDONNONS la poursuite de la mesure d'hospitalisation complète pour soins psychiatriques dont M. [W] [K] fait l’objet sans son consentement au centre hospitalier de [Localité 1] (Seine-et-Marne) ;

Laissons les dépens à la charge de l'Etat.

Le greffier Le juge

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