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TJ 27229, 12 mars 2026, RG 25/00997


Vérifier : TJ 27229, 12 mars 2026, RG 25/00997 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
12/03/2026
Numéro
25/00997
Lieu / cour
tj27229
Chambre
CTX Gal inf/= 10 000€
Type
other
Id
69c1b534cdc6046d47b34c0c

Texte de la décision

10,549 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE D’EVREUX,
[Adresse 1] ,
[Localité 1]
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS,

Minute n°

N° RG 25/00997 - N° Portalis DBXU-W-B7J-IJC6

Société FLOA

C/,
[J], [E], [I]

JUGEMENT DU 12 MARS 2026 TRIBUNAL JUDICIAIRE D'EVREUX

Mis à disposition au greffe en vertu de l'article 450 du Code de procédure civile le 12 Mars 2026 et signé par Thierry ROY, Juge des contentieux de la protection et Catherine POSÉ, Greffier

DEMANDERESSE :

Société FLOA,
[Adresse 2],
[Adresse 3],
[Localité 2]

Représentée par Maître Marion QUEFFRINEC de la SCP PICARD LEBEL QUEFFRINEC BEAUHAIRE MOREL, Avocat au Barreau de l'EURE

DÉFENDEUR :

Monsieur, [J], [E], [I],
[Adresse 4],
[Adresse 5],
[Localité 3]

Non Comparant

DÉBATS à l'audience publique du : 07 Janvier 2026

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Juge des contentieux de la protection : Thierry ROY
Greffier : Catherine POSÉ

JUGEMENT :

Par défaut, rendu publiquement et en dernier ressort

EXPOSÉ DU LITIGE

Selon offre préalable acceptée le 21 juin 2023, la S.A. FLOA Bank a consenti à Monsieur, [J], [E], [I] un prêt personnel d'un montant en capital de 7.116,02 euros, avec intérêts au taux nominal conventionnel de 6,35%, remboursable en 145 mensualités s'élevant à 70,42 euros, hors assurance.

Par lettre recommandée en date du 03 juillet 2024. la S.A. FLOA Bank a adressé à Monsieur, [J], [E], [I] une mise en demeure d'avoir à payer la somme de 383,37 euros au titre des échéances impayées.

Par acte de Commissaire de Justice transformé en procès-verbal de recherches infructueuses en date du 16 septembre 2025, la S.A. FLOA Bank a fait assigner Monsieur, [J], [E], [I] afin d'obtenir sa condamnation solidaire au paiement des sommes suivantes :

- 7.863,77 euros au titre des sommes dues, avec intérêts au taux de 6,35% l'an à compter du 25 octobre 2024,
- 1.500,00 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile,
- les dépens.

A l'audience du 07 janvier 2026,

La S.A. FLOA Bank, représentée par son Conseil, a maintenu ses demandes. Elle se fonde sur les articles L311-1 et suivants du Code de la consommation. Elle précise que les fonds ont été débloqués après l'expiration du délai de sept jours et indique que la forclusion biennale n'est pas encourue, le premier impayé non régularisé se situant au 31 décembre 2023.

Elle indique disposer de la fiche d'information préalable, de la notice de l'assurance, de la fiche de dialogue, et de la justification de consultation du FICP.

Monsieur, [J], [E], [I] n'a pas comparu et n'était pas représenté.

En application de l'article 455 du Code de procédure civile, le tribunal renvoie aux écritures des parties pour un plus ample exposé de leurs prétentions et moyens.

L'affaire a été mise en délibéré au 12 mars 2025.

MOTIFS DE LA DECISION

En application de l'article 472 du Code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

I. SUR L'OFFICE DU JUGE EN MATIÈRE DE CRÉDIT À LA CONSOMMATION :

En application de l'article 12 du Code de procédure civile, le juge tranche le litige conformément aux règles du droit qui lui sont applicables. De plus, l'article R 632-1 du Code de la consommation dispose que le juge peut soulever d'office toutes les dispositions de ce code dans les litiges nés de son application. Toutefois, selon l'article 16 du même code, il ne peut fonder sa décision sur des moyens de droit qu'il a relevé d'office sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations.

En l'espèce, la S.A. FLOA Bank a évoqué la régularité de l'offre de prêt et a pu formuler ses observations quant au respect des dispositions d'ordre public des articles L312-1 et suivants du Code de la consommation.

II. SUR LA DEMANDE EN PAIEMENT :

- Sur la recevabilité de la demande

La forclusion de l'action en paiement est une fin de non-recevoir qui doit être relevée d'office par le Juge en vertu de l'article 125 du Code de procédure civile comme étant d'ordre public selon l'article L 314-26 du Code de la consommation.

Aux termes de l'article R312-35 du Code de la consommation, les actions en paiement à l'occasion de la défaillance de l'emprunteur dans le cadre d'un crédit à la consommation, doivent être engagées devant le Tribunal judiciaire dans les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance à peine de forclusion. Cet événement est caractérisé par le non-paiement des sommes dues à la suite de la résiliation du contrat ou de son terme ou le premier incident de paiement non régularisé.

Le même article précise que lorsque les modalités de règlement des échéances impayées ont fait l'objet d'un réaménagement ou d'un plan de surendettement, le point de départ du délai de forclusion est le premier incident non régularisé intervenu après le premier aménagement ou après adoption du plan conventionnel de redressement.

Toutefois, si la forclusion était acquise préalablement à l'adoption du plan, l'action en paiement demeure irrecevable.

Au regard des pièces produites aux débats, en particulier le contrat et l'historique de compte, il apparaît que le premier impayé non régularisé est survenu le 31 décembre 2023 et que la signification de l'assignation a été transformée en procès-verbal de recherches infructueuses en date du 16 septembre 2025.

En conséquence, l'action de la S.A. FLOA Bank sera dite recevable, la forclusion n'étant pas acquise à la date de la signification de l'assignation.

- Sur le bien-fondé de la demande

Sur l'exigibilité de la créance

Aux termes de l'article L312-39 du Code de la consommation, en cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur peut exiger le remboursement immédiat du capital restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt.

Ainsi, la déchéance du terme ne peut, sauf disposition expresse et non équivoque, être déclarée acquise au créancier sans délivrance d'une mise en demeure restée sans effet précisant le délai dont dispose le débiteur pour y faire obstacle.

Le prêteur peut demander à l'emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat et sans préjudice de l'application de l'article 1231-5 du code civil, est fixée suivant un barème déterminé à l'article D312-16 du Code de la consommation.

En l'espèce, le contrat stipule en son article 5.3 page 2 qu'en cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur pourra exiger le remboursement immédiat du capital restant dû majoré des intérêts échus mais non payés.

De plus, il ressort des pièces communiquées que Monsieur, [J], [E], [I] a cessé de régler les échéances du prêt et que la S.A. FLOA Bank lui a fait parvenir une demande de règlement des échéances impayées en date du , restée sans réponse.

En conséquence, la S.A. FLOA Bank était dès lors bien fondée à se prévaloir de la déchéance du terme et de la résiliation de plein droit du contrat et à demander le remboursement immédiat des sommes exigibles selon les termes du contrat.

Sur le calcul des sommes dues

Conformément aux dispositions des articles L312-39 et L312-40 du Code de la consommation, en cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur peut prétendre au remboursement du capital restant dû la date de la défaillance majoré des intérêts échus et non payés jusqu'à la déchéance du terme. Jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt.

Le prêteur peut également réclamer le paiement de l'indemnité légale de 8 % et des frais taxables.

L'article L312-38 du Code de la consommation précise que cette liste est limitative et que le prêteur ne peut prétendre au paiement d'autres sommes.

Le contrat de crédit prévoit le versement d'une indemnité dont le montant est égal à 8% du capital restant dû à la date de la défaillance. Compte-tenu des manquements de Monsieur, [J], [E], [I], ce dernier sera condamné à verser une indemnité d'un montant qu'il convient de réduire à 1 % du capital restant dû à la date de la défaillance, soit 62,60 euros.

Dès lors, au vu des pièces produites aux débats, le montant de la créance de s'établit comme suit :

- capital restant dû : 6.260,14 euros
- échéances échues impayées : 633,76 euros
- clause pénale réduite d'office : 62,60 euros

Soit une somme totale de 6.956,50 euros, outre les intérêts au taux annuel de 6,35 % sur la somme de 6.260,14 euros à compter du 25 octobre 2024, date de la déchéance du terme.

III. SUR LES DÉLAIS DE PAIEMENT :

En application de l'article 1343-5 du Code civil, le juge peut, en considération de la situation du débiteur et des besoins du créancier, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, dans la limite de deux années. Par décision spéciale et motivée il peut prévoir que les sommes correspondant aux échéances reportées porteront intérêts à un taux réduit qui ne peut être inférieur au taux légal.

En l'espèce, Monsieur, [J], [E], [I], non comparant, n'apporte de facto aucun élément quant à sa situation financière actuelle.

Dans ces conditions, la juridiction se trouve dans l'impossibilité de lui octroyer, en l'état, des délais de paiement.

IV. SUR LES DEMANDES ACCESSOIRES :

Partie perdante, Monsieur, [J], [E], [I] sera condamné aux entiers dépens de l'instance.

Compte tenu de la situation respective des parties, il n'y a pas lieu à application de l'article 700 du Code de procédure civile.

En application de l'article 514 du Code de procédure civile, la présente décision est assortie de droit de l'exécution provisoire.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection statuant après débats en audience publique, par jugement mis à disposition au greffe,

DÉCLARE recevable l'action de la S.A. FLOA Bank,

CONDAMNE Monsieur, [J], [E], [I] à payer à la S.A. FLOA Bank la somme de 6.956,50 euros, avec intérêts au au taux annuel de 6,35 % sur la somme de 6.260,14 euros à compter du 25 octobre 2024, date de la déchéance du terme,

REJETTE la demande de la S.A. FLOA Bank au titre des dispositions de l'article 700 du Code de procédure civile,

CONDAMNE Monsieur, [J], [E], [I] aux entiers dépens de l'instance,

RAPPELLE que la présente décision est assortie de droit de l'exécution provisoire.

En foi de quoi le présent jugement a été signé par le Président et le Greffier

LE PRESIDENT LE GREFFIER

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