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TJ 68224, 10 mars 2026, RG 25/00787


Vérifier : TJ 68224, 10 mars 2026, RG 25/00787 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
10/03/2026
Numéro
25/00787
Lieu / cour
tj68224
Chambre
PPEP Civil
Type
other
Id
69c1b8e0cdc6046d47b3994b

Texte de la décision

9,153 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
---------------------------------,
[Adresse 1],
[Adresse 2],
[Adresse 3],
[Localité 1]


Pôle de la protection, de l’exécution et de la proximité
Service civil

MINUTE n°

N° RG 25/00787 - N° Portalis DB2G-W-B7J-JH4P
Section 2
CG
République Française

Au Nom du Peuple Français

JUGEMENT

DU 10 mars 2026

Juge des Contentieux de la protection

PARTIE DEMANDERESSE :

E.P.I.C. OPH, [Localité 2] ALSACE AGGLOMERATION HABITAT, dont le siège social est sis, [Adresse 4]

représenté par Maître Sophie PUJOL-BAINIER de la SCP BSP² AVOCATS ASSOCIES, avocats au barreau de MULHOUSE, vestiaire : 41

PARTIE DEFENDERESSE :

Madame, [S], [C] épouse, [M]
née le 28 Septembre 1978 à, [Localité 2] (HAUT RHIN), demeurant, [Adresse 5] (HAUT-RHIN)

non comparante, ni représentée

Nature de l’affaire : Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion - Sans procédure particulière

COMPOSITION DU TRIBUNAL LORS DES DEBATS :

Nadia LARHIARI : Président
Clarisse GOEPFERT : Greffier

DEBATS : à l’audience du 09 Décembre 2025

JUGEMENT : réputé contradictoire en premier ressort

prononcé publiquement par mise à disposition au greffe le 10 mars 2026 et signé par Nadia LARHIARI, juge des contentieux de la protection, et Clarisse GOEPFERT, Greffier

EXPOSE DU LITIGE

Par acte sous seing privé en date du 7 février 2012, l'Office Public d'Aménagement et de Construction de, [Localité 2],, [Localité 2] Habitat, devenu l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat a donné à bail à Mme, [S], [M] un appartement sis, [Adresse 6], moyennant un loyer mensuel initial de 409,03€ outre 139 € de provision sur charges.

Par un jugement en date du 10 mars 2022, le juge des contentieux de la protection a constaté la résiliation du bail et ordonné l’expulsion de la locataire.

Un procès-verbal d’expulsion a été établi en date du 2 mai 2023.

Par acte de commissaire de justice en date du 28 février 2025 l'OPH Mulhouse Alsace Agglomération Habitat a attrait Mme, [S], [M] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Mulhouse et demande, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, de :
- condamner la défenderesse à lui verser la somme de 4 354,08 € au titre des réparations locatives avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation,
- ordonner la capitalisation des intérêts,
- condamner la défenderesse à verser la somme de 600 € au titre des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile outre les entiers frais y compris les frais d’huissier.

L'affaire a été fixée à l'audience du 17 juin 2025 puis renvoyée à la demande du tribunal à l’audience du 9 décembre 2025.

Lors de cette audience, l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat, régulièrement représenté par son conseil, reprend les termes de son assignation.

Régulièrement citée selon dépôt à l’étude, Mme, [S], [M] ne comparait pas et ne se fait pas représenter.

L’affaire est mise en délibéré au 10 mars 2026.

MOTIFS DE LA DECISION

Aux termes de l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

Sur les demandes principales

Sur les réparations locatives

Aux termes de l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé :
a) de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus
c) de répondre des dégradations et pertes qui surviennent pendant la durée du contrat dans les locaux dont il a la jouissance exclusive, à moins qu'il ne prouve qu'elles ont eu lieu par cas de force majeure, par la faute du bailleur ou par le fait d'un tiers qu'il n'a pas introduit dans le logement ;
d) de prendre à sa charge l'entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l'ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d'État sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure.

Selon l'annexe au décret du 26 août 1987 établissant une liste de réparations ayant le caractère de réparations locatives, il est indiqué que, s'agissant des plafonds, murs intérieurs et cloisons, font notamment partie de cette liste le maintien en état de propreté, et les menus raccords de peintures et tapisseries.

Il résulte de cet article une présomption pesant sur le locataire, le bailleur qui poursuit la condamnation du locataire à des réparations locatives devant rapporter uniquement la preuve de ce que les dégradations constatées dans les lieux loués sont survenues pendant la durée du bail ou que le locataire a fait un usage anormal des lieux.

Par ailleurs, s'il est constant que le locataire n'a pas à prendre en charge les réparations locatives qui sont dues à des vétustés, malfaçons, vices de construction, cas fortuit ou force majeure, l'état de vétusté ne peut être invoqué par le preneur que s'il ne résulte pas de sa négligence ou d'un défaut d'entretien.

En l'espèce, l’état des lieux d’entrée fait état d’un logement globalement propre et en état d’usage avec toutefois des observations sur la présence d’impacts sur certains sols et de trous sur certains murs.

L’état des lieux de sortie fait état d’un appartement rendu dans un état encombré, sale et dégradé mais sans détails s’agissant des dégradations.

Le demandeur produit des factures relatives à la peinture de l’appartement pour un montant de 3 411,90 TTC, au nettoyage du logement pour un montant de 600,38 € TTC, à des travaux de reprise de certains sols pour un montant de 404,90 € TTC, à des travaux de sanitaire à hauteur de 682,69 € TTC et, enfin, une facture relative à une menuiserie extérieure pour un montant de 823,82 TTC.

La défenderesse a occupé le bien pendant plus de 10 ans.

Il convient d’appliquer un coefficient de vétusté s’agissant des peintures et des sols à hauteur de 90 %, mais aussi s’agissant des sanitaires à hauteur de 30 %, pour un montant total de 2 283,78 € auquel il convient de retrancher le montant du dépôt de garantie pour un montant de 409 €.

Par conséquent, il est fait droit à la demande en paiement à hauteur de 1 874,78 € TTC, déduction faite du dépôt de garantie pour un montant de 409 €.

Sur la capitalisation des intérêts

En application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil, les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise.

Compte tenu de la demande formée, il convient d’ordonner la capitalisation des intérêts.

Sur les demandes accessoires

Sur les dépens

Aux termes de l'article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.

En l'espèce, Mme, [S], [M] succombant à l’instance, sera condamnée aux entiers dépens y compris le coût du constat d’état d’état des lieux de sortie réalisé par commissaire de justice et les frais de notification dudit constat.

Sur les frais irrépétibles

Aux termes de l'article 700 du code de procédure civile, dans toutes les instances le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a lieu à condamnation.

Mme, [S], [M] qui supporte les dépens, sera condamnée à payer à l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat une somme qu’il est équitable de fixer à 300 € en application de l’article 700 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le juge des contentieux de la protection, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort,

CONDAMNE Mme, [S], [M] à payer à l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat la somme de 1 874,78 € TTC (mille huit cent soixante quatorze euros et soixante-dix-huit centimes ), au titre des réparations locatives, déduction faite du dépôt de garantie, avec les intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

ORDONNE la capitalisation des intérêts conformément aux dispositions de l’article 1343-2 du code civil ;

DEBOUTE l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat du surplus de ses prétentions ;

CONDAMNE Mme, [S], [M] à payer à l'OPH, [Localité 2] Alsace Agglomération Habitat une indemnité de 300 € (trois cents euros) sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ;

CONDAMNE Mme, [S], [M] aux entiers dépens ;

AINSI JUGE ET PRONONCE par mise à disposition au greffe, le 10 mars 2026, par Nadia LARHIARI, juge des contentieux de la protection et Clarisse GOEPFERT, Greffier .

Le Greffier, Le Juge des contentieux de la protection,

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