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TJ 54395, 16 avr. 2026, RG 26/00407


Vérifier : TJ 54395, 16 avr. 2026, RG 26/00407 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
16/04/2026
Numéro
26/00407
Lieu / cour
tj54395
Chambre
JLD
Type
other
Id
69e16a7bcdc6046d47817c57

Texte de la décision

5,934 caractères

Cour d'Appel de nancy

Tribunal Judiciaire
de Nancy

Juge
Philippe LAVAL

hospitalisation à la demande
du représentant de l'état

Procédure de contrôle ordinaire
d'une hospitalisation complete
(L3211-12-1 C.S.P)

ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète

N° RG 26/00407 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J4PK

ORDONNANCE du 16 Avril 2026

REQUÉRANT :

M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE
Sous couvert de l'Agence Régionale de Santé - Grand Est
[Adresse 1]
[Localité 1]

Non Comparant - Non Représenté

PERSONNE HOSPITALISÉE :

Monsieur [W] [X]
né le 04 Septembre 1996 à [Localité 1] (MEURTHE-ET-MOSELLE)
[Adresse 2]
[Localité 1]

Comparante - Assisté de Me Marjorie TAILLON

PARTIE JOINTE :

M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy,
Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites)

Vu les articles L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ;
ainsi que les articles L.3214-1 à L.3214-5 de ce même code ;

Monsieur [W] [X] fait l'objet d'une hospitalisation à la demande du représentant de l'état au [Etablissement 1] à [Localité 2] depuis le 08 avril 2026 ;

Par requête en date du 14 avril 2026 , M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [W] [X] ;

Les parties à la procédure : Monsieur [W] [X], M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE, Monsieur le Procureur de la République, Me Marjorie TAILLON, avocat de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ;

Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au [Etablissement 1] ;
L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte.

Il résulte de l’article L3213-1 du code de la santé publique qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du représentant de l’Etat que si ses troubles mentaux :
1° Nécessitent des soins
2° Compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public

En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3213-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544).
En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 14 avril 2026 par le docteur [R] que Monsieur [X] a été admis dans un contexte de troubles du comportement sur la voie publique. Il s’agit d’un patient souffrant d’un trouble schizophrénique en rupture de suivi. Il a présenté lors du transfert un épisode d'agitation psychomotrice intense et inexpliquée, avec hétéro-agressivité verbale et physique, ayant nécessité une mise à l’isolement et des contentions mécaniques. Les certificats de la période d’observation relèvent notamment une désorganisation intellectuelle légère et un possible syndrome délirant de persécution non critiqué. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé un comportement nettement plus adapté et un discours cohérent. Le patient reste dans une attitude de normalisation des troubles du comportement présentés (les justifiant par un comportement de révolte). Il est estimé que la mesure reste nécessaire afin d’explorer l’hypothèse d’un état d’impulsivité variable. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Monsieur [X] nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public

Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3213-1 du code de la santé publique sont remplies.

En conséquence, il convient d’autoriser la poursuite de l’hospitalisation sans consentement.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, par décision réputée contradictoire et en premier ressort :

MAINTENONS la mesure d'hospitalisation à la demande du représentant de l'état dont fait l'objet Monsieur [W] [X] au [Etablissement 1] à [Localité 2] ;

RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ;

Prononcée le 16 Avril 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement.

Fait à Nancy, le 16 Avril 2026 Le juge

Reçu copie intégrale le 16 Avril 2026
Monsieur [W] [X]
Reçu copie intégrale le 16 Avril 2026
L'avocat

Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience :
- à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE ;
- à Mme la directrice du centre hospitalier pour le [Etablissement 1]

Le greffier

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