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TJ 54395, 30 avr. 2026, RG 26/00453


Vérifier : TJ 54395, 30 avr. 2026, RG 26/00453 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
30/04/2026
Numéro
26/00453
Lieu / cour
tj54395
Chambre
JLD
Type
other
Id
69f3cce7cdc6046d47248975

Texte de la décision

6,408 caractères

Cour d'Appel de nancy

Tribunal Judiciaire
de Nancy

Juge
Philippe LAVAL

hospitalisation à la demande
du représentant de l'état

Procédure de contrôle ordinaire
d'une hospitalisation complete
(L3211-12-1 C.S.P)

ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète

N° RG 26/00453 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J46I

ORDONNANCE du 30 avril 2026

REQUÉRANT :

M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE
Sous couvert de l'Agence Régionale de Santé - Grand Est
[Adresse 1]
[Localité 1]

Non Comparant - Non Représenté

PERSONNE HOSPITALISÉE :

Monsieur [I] [P]
né le 22 Août 1979 à [Localité 2] (MEURTHE-ET-MOSELLE)
[Adresse 2]
[Localité 1]

Non Comparant - Représenté par Me Ermelle VALENCE

PARTIE JOINTE :

M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy,
Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites)

Vu les articles L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ;
Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ;

Monsieur [I] [P] fait l'objet d'une hospitalisation à la demande du représentant de l'état au [Etablissement 1] à [Localité 3] depuis le 21 février 2014 ; qu'il a bénéficié d'un programme de soins le 19 décembre 2025 et a été réhospitalisé en dernier lieu le 21 avril 2026 ;

Par requête en date du 27 avril 2026 , M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [I] [P] ;

Les parties à la procédure : Monsieur [I] [P], M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE, Monsieur le Procureur de la République, Me Ermelle VALENCE, avocate de la personne hospitalisée, le SERVICE MANDATAIRE JUDICIAIRE - [Etablissement 1], chargé de la mesure de protection ouverte en faveur de Monsieur [I] [P] ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ;

La personne hospitalisée nous a fait parvenir un écrit en date du 29 avril 2026, par lequel elle nous a indiqué ne pas vouloir comparaitre à l'audience de ce jour ;

Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au [Etablissement 1] ;

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte.

L’article L3211-11 du code la santé publique dispose que le psychiatre qui participe à la prise en charge du patient peut proposer à tout moment de modifier la forme de la prise en charge lorsqu’il constate que la prise en charge de la personne décidée sous une autre forme ne permet plus, notamment du fait du comportement de la personne, de dispenser les soins nécessaires à son état.

En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544).
En l’espèce, Monsieur [P] a été pris en charge sous une autre forme que l’hospitalisation complète jusqu’à la date du 21 avril 2026, date de sa réintégration dans un contexte de recrudescence de la symptomatologie psychotique se matérialisant par des troubles du comportement, des mises en danger et de multiples plaintes des voisins pour des tapages nocturnes, entraînant une expulsion du logement et ainsi une précarisation de la situation sociale.

Il ressort de l’avis motivé rédigé le 27 avril 2026 par le Docteur [T] que Monsieur [P] a présenté lors de son admission un état de tension interne majeur associé à des menaces et des insultes. Au jour de l’avis motivé, le patient est de présentation incurique et a un discours totalement incohérent, empreint d’éléments délirants et d’hallucinations acoustico-verbales. Il est souligné que l’état clinique est trop précaire pour envisager une sortie au regard notamment de l’adhésion totale du patient aux idées délirantes, et de l’absence de conscience des troubles et de l’intérêt du traitement médicamenteux.

Ces éléments démontrent que la prise en charge de Monsieur [P] sous une autre forme que l’hospitalisation complète ne permettrait pas de dispenser les soins nécessaires à son état.

Les conditions de l’article L3211-11 du code la santé publique étant remplies, l’hospitalisation complète sans consentement sera maintenue.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement, réputé contradictoirement et en premier ressort :

MAINTENONS la mesure d'hospitalisation à la demande du représentant de l'état dont fait l'objet Monsieur [I] [P] au [Etablissement 1] à [Localité 3] ;

RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ;

Prononcée le 30 avril 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement.

Fait à Nancy, le 30 avril 2026 Le juge

Reçu copie intégrale le 30 Avril 2026
L'avocate

Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience :
- à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE ;
- à Mme la directrice du centre hospitalier pour le [Etablissement 1] et aux fins de notification à Monsieur [I] [P], personne hospitalisée, n'ayant pas comparu ;
- au SERVICE MANDATAIRE JUDICIAIRE - [Etablissement 1], chargé de la mesure de protection ouverte en faveur de M. [I] [P].

Le greffier

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