TJ 21231, 27 mars 2026, RG 25/00554
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE DIJON
[Adresse 1]
[Localité 1]
Minute n°
Références : RG n° N° RG 25/00554 - N° Portalis DBXJ-W-B7J-JANT
S.A. [W]
C/
M. [Y] [G]
Mme [C] [T]
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE REFERE DU 27 Mars 2026
DEMANDEUR :
S.A. [W], dont le siège social est sis [Adresse 2] agissant poursuites et diligences de son Directeur Général en exercice domicilié de droit audit siège
représentée par Me Stéphane MAUSSION, avocat au barreau de DIJON
assignation en référé du 4 novembre 2025
DEFENDEURS :
M. [Y] [G], demeurant [Adresse 3]
non comparant, ni représenté
Mme [C] [T], demeurant [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE : Marie LANGLOIS, magistrat exerçant à titre temporaire au Tribunal Judiciaire de DIJON ayant qualité de juge des Contentieux de la protection
GREFFIER : Géraldine BAZEROLLE
DEBATS:
Audience publique du : 23 Janvier 2026
DECISION:
Réputée contradictoire, et en premier ressort, prononcée publiquement le 27 Mars 2026 par mise à disposition au greffe conformément aux articles 450 et suivants du code de procédure civile, les parties ayant été préalablement avisées.
Copie exécutoire délivrée le :
à :
+ COPIE AUX PARTIES
RAPPEL DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
Par acte sous seing privé en date du 15 mai 2023 avec prise d'effet au 16 mai 2023, soumis aux dispositions de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 la société d'habitations à loyer modéré [W] a donné en location à Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] un appartement Type 3 porte n° 8 – 2ème étage – situé [Adresse 4] à [Localité 2] moyennant le paiement d'un loyer et charges provisionnelles de 618.91 € par mois.
Suite à des incidents de paiement, la bailleresse a notifié un commandement de payer aux locataires le 11 août 2025 pour paiement de la somme de 1 449.53 €, ledit commandement ayant été notifié à la commission de coordination des actions de prévention des expulsions le 12 août 2025.
Par acte d'un commissaire de justice en date du 4 novembre 2025 déposé à l'étude, la SA d'habitations à loyer modéré [W] a saisi le Juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire de Dijon, statuant en référé, afin de :
- constater la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire,
-ordonner l’expulsion des locataires ainsi que celle de toutes personnes introduites dans les lieux,
- les condamner solidairement au paiement, à titre provisionnel, de la somme de 1 449.53 € ,
- les condamner solidairement au paiement à titre provisionnel des loyers, charges impayés du jour du commandement de payer au jour du jugement à intervenir et avec intérêts,
- les condamner solidairement au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle fixée provisoirement au montant actuel du loyer et des charges jusqu’à leur départ effectif des lieux, laquelle indemnité sera indexée tout comme le loyer, et ce avec intérêts de droit,
- les condamner solidairement au paiement de la somme de 300 € à titre de participation aux frais et honoraires exposés par le requérant, ainsi qu’aux frais et dépens de la présente instance.
Le 5 novembre 2025 une copie de l'assignation a été dénoncée à la Préfecture de [Localité 3].
L'affaire a été évoquée à l'audience du 23 janvier 2026 au cours de laquelle, Maître [N], conseil de la SA d'habitations à loyer modéré [W], a maintenu ses demandes telles qu'exposées dans son exploit introductif d'instance, sauf à produire un décompte actualisé présentant un solde débiteur de 4 486.03 € mois de décembre 2025 inclus frais déduits.
Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] ne sont ni présents ni représentés.
Les locataires n'ont pas donné suite au rendez-vous proposé par le service social pour établir le diagnostic social et financier.
L’affaire a été mise en délibéré au 27 mars 2026 par mise à disposition au greffe
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la recevabilité
Aux termes des articles 834 et 835 du code de procédure civile dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection dans les limites de sa compétence, peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend.
Dans tous les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
L'assignation a été notifiée au représentant de l'Etat dans le département de la Côte d'Or le 5 novembre 2025, soit six semaines avant l'audience, conformément aux dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989.
Par ailleurs, le bailleur justifie avoir saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions deux mois avant la notification de l'assignation, conformément aux dispositions de l'article 24 II de la loi du 6 juillet 1989.
En outre, le non paiement des loyers justifie la saisine du juge des référés.
La demande sera donc déclarée recevable.
Sur le fond
Sur le montant de la dette de loyers
Il résulte du dernier décompte versé aux débats par la SA d'habitations à loyer modéré [W] que Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] restent débiteurs de la somme de 4 486.03 € mois de décembre 2025 inclus, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation dus., somme qui n'est pas contestée par les débiteurs absents à l'audience.
Par conséquent, il convient de condamner solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] à payer à la société la SA d'habitations à loyer modéré [W] la somme provisionnelle de 4 486.03 euros, mois de décembre 2025 inclus , avec intérêts au taux légal en application de l’article 1231-6 du code civil, à compter de la signification de la présente décision.
Sur l'acquisition de la clause résolutoire
Il résulte des pièces versées aux débats :
Que les locataires n'ont pas régularisé les termes du commandement de payer visant la clause résolutoire dans le délai de deux mois de sorte que les conditions d’application de la clause résolutoire sont réunies à compter du 12 octobre 2025.
Que depuis l'acquisition de la clause résolutoire, Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] sont ocupants sans droit ni titre de sorte que, faute de libération spontanée des lieux, il pourra être procédé à leur expulsion avec le concours de la force publique et d’un serrurier, sans préjudice toutefois des dispositions de l’article l 412-1 du Code de procédures civiles d’exécution.
En outre, afin de réparer le préjudice découlant pour la bailleresse de l’occupation indue de son bien immobilier, il y a lieu de condamner solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] au paiement d’une indemnité d’occupation mensuelle provisionnelles, sur la base du loyer et des charges afférentes au jour des présentes, du présent jugement jusqu’à la totale libération des lieux loués sur le logement.
Sur les autres demandes
En application de l’article 696 du code de procédure civile, il y a lieu de condamner solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] aux dépens de l’instance, lesquels comprennent notamment le coût du commandement et de l’assignation en référé, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui pourront être prises sur les biens et valeurs mobilières du locataire.
En application de l'article 700 du code de procédure civile, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens (…). Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a lieu à condamnation.
En l’espèce, il est équitable de condamner solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] à régler à la SA d'habitations à loyer modéré [W] la somme de 300 € au titre de ses frais irrépétibles.
En application des dispositions de l'article 514-1 du code de procédure civile, la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Dijon,statuant en référé par mise à disposition au greffe, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort, à titre provisoire et renvoyant au fond pour le surplus,
DECLARONS la demande de la SA d'habitations à loyer modéré [W] recevable ;
CONSTATONS que la clause résolutoire figurant au bail du logement Type 3 porte n° 8 – 2ème étage – situé [Adresse 4] à [Localité 2] conclu le 15 mai 2023 entre la SA d'habitations à loyer modéré [W] et Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] est acquise à compter du 12 octobre 2025,
CONDAMNONS solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] à payer à la SA d'habitations à loyer modéré [W] la somme provisionnelle de 4 486.03 € mois de décembre 2025 inclus, avec intérêts au taux légal à compter de la signification du commandement de payer.
CONDAMNONS solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] à verser mensuellement à la SA d'habitations à loyer modéré [W] une indemnité d’occupation provisionnelle égale au montant des loyers et des charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, , avec indexation, à compter de la résiliation du bail, sur le logement, et ce jusqu’à complète libération effective et définitive des lieux.
ORDONNONS à Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] de libérer les lieux et de restituer les clefs dans le délai de huit jours à compter de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SA d'habitations à loyer modéré [W] pourra, après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à leur expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de leur chef, au besoin avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
CONDAMNONS solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] à régler à la SA d'habitations à loyer modéré [W] la somme de 300 € en application de l’article 700 du Code de Procédure civile ;
CONDAMNONS solidairement Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] aux frais et dépens de la présente instance, en ceux compris le coût du commandement de payer, de la notification CCAPEX, de la présente assignation, et le cas échéant des actes signifiés dans le cadre des mesures conservatoires qui ont été prises sur ses biens et valeurs mobilières par application de l'article 696 du code de procédure civile ;
RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire de plein droit à titre provisoire, frais et dépens compris ;
RAPPELONS que Monsieur [Y] [G] et Madame [C] [T] seront également tenus solidairement au paiement des frais relatifs aux actes d'exécution de la décision à intervenir conformément aux dispositions de l'article L.111-8 du code des procédures civiles d'exécution.
DISONS que la présente décision sera transmise au Préfet de la COTE D’OR
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal judiciaire, le 27 mars 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile, la minute étant signée par Madame LANGLOIS Marie , magistrat exerçant à titre temporaire, et par Madame Géraldine BAZEROLLE, greffière.
La greffière, Le magistrat exerçant à titre temporaire,
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