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TJ 44109, 18 mai 2026, RG 26/00785


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Date
18/05/2026
Numéro
26/00785
Lieu / cour
tj44109
Chambre
JCPCIVIL
Type
other
Id
6a17472fcdc6046d47268fe1

Texte de la décision

7,124 caractères

Minute n°

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NANTES - PALAIS DE JUSTICE

JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION


JUGEMENT du 18 Mai 2026


DEMANDEURS :

Monsieur [K] [Y], comparant en personne
Madame [U] [P] épouse [Y], non comparante
[Adresse 1] [Localité 1]

D'une part,

DÉFENDEUR :

Madame [N] [I]
[Adresse 2] [Localité 2]
comparant en personne

D'autre part,

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

PRÉSIDENT : Jean-Marc BOURCY
GREFFIER : Aurélien PARES lors des débats - Cynthia HOFFMANN lors du délibéré

PROCEDURE :

date de la première évocation : 30 Mars 2026
date des débats : 30 Mars 2026
délibéré au : 18 Mai 2026

RG N° 26/00785 - N° Portalis DBYS-W-B7K-ONLJ

COPIES AUX PARTIES LE :
- CE + CCC à Monsieur et Madame [Y]
- CCC à Madame [I] + PREFECTURE

Par acte sous seing privé du 1er mai 2020, Monsieur et Madame [Y] ont donné à bail à Madame [N] [I] un immeuble à usage d'habitation situé au [Adresse 3] [Localité 3], moyennant un loyer de 520 euros.

Par acte d'huissier en date du 15 juillet 2025, le bailleur a fait délivrer un commandement de payer les loyers à hauteur de la somme de 6.420 euros, en visant la clause résolutoire.

Par acte du 10 février 2026, Monsieur et Madame [Y] ont fait citer Madame [N] [I], locataire, devant le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal de Nantes afin de faire constater que la clause résolutoire est acquise de plein droit et obtenir :
- l'expulsion de tout occupant ;
- le paiement des loyers échus d'un montant de 9.540 euros ;
- la fixation de l'indemnité d'occupation à la somme de 520 euros ;
- une indemnité de 700 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
- la condamnation aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.

A l'audience du 30 mars 2026, Monsieur et Madame [Y] actualisent leur créance à la somme de 10.580 euros.

Madame [N] [I] expose qu'elle a été victime d'une arnaque au sentiment. Elle a déposé un dossier de surendettement ainsi qu'une demande de protection en sa faveur.

A l’issue de l’audience, le Président a indiqué que le prononcé du jugement aura lieu le 18 mai 2026, par la mise à disposition de la décision au greffe du Tribunal.

SUR CE

L'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dispose que, à peine d'irrecevabilité de la demande, l'assignation aux fins de constat ou de prononcé de la résiliation est notifiée à la diligence du commissaire de justice au représentant de l'Etat dans le département au moins six semaines avant l'audience.
En l'espèce, la dénonciation de l'assignation à la Préfecture ayant été faite le 13 février 2026, soit six semaines avant la date d'audience, la procédure est recevable.

Sur le montant des loyers dus

Le bailleur réclame une somme de 10.580 euros au titre du loyer et des charges selon décompte arrêté au jour de l'audience.
Il est produit un décompte conforme au bail et il n'est pas justifié du paiement, il convient donc de retenir ce montant.
La locataire doit être condamnée au paiement de cette somme au titre des loyers échus et des charges, assortie des intérêts moratoires à compter de la présente décision.

Sur la clause résolutoire

Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu'à défaut de paiement d'un seul loyer à l'échéance fixée et deux mois après commandement de payer resté sans effet le bail sera résilié de plein droit.
Par exploit du 15 juillet 2025, le bailleur a fait délivrer à la locataire un commandement de payer la somme de 6.420 euros au titre des loyers échus.
Ce commandement contient la mention que le locataire dispose d'un délai de deux mois pour payer sa dette, le montant mensuel du loyer et des charges, le décompte de la dette, l'avertissement qu'à défaut de paiement ou d'avoir sollicité des délais de paiement, le locataire s'expose à une procédure judiciaire de résiliation de son bail et d'expulsion, la mention de la possibilité pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement de son département, dont l'adresse est précisée, aux fins de solliciter une aide financière et la mention de la possibilité pour le locataire de saisir, à tout moment, la juridiction compétente aux fins de demander un délai de grâce sur le fondement de l'article 1343-5 du code civil.
Il est en conséquence régulier et ses causes n'ont pas été réglées dans les deux mois de sa signification.

Il convient donc de constater que la clause résolutoire est acquise au bailleur.

Il ne peut être envisagé ni délais de paiement, ni suspension de la clause résolutoire alors que Madame [N] [I] a cessé tout paiement de ses loyers depuis plusieurs mois.

La procédure d'expulsion se poursuivra et l'indemnité d'occupation, due par la locataire jusqu'à sa sortie effective des lieux, sera fixée au montant du loyer et des charges qu'elle aurait payé en cas de non-résolution du bail, soit la somme de 520 euros.

Sur les demandes annexes

Il apparaît inéquitable de laisser à la charge du demandeur la totalité des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il convient de lui allouer une indemnité de 700 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile.

Conformément à l'article 696 du code de procédure civile, il convient de tenir la locataire au paiement des dépens comprenant les frais d'huissier nécessaires à la résolution du présent litige, dont le coût du commandement en date du 15 juillet 2025.

PAR CES MOTIFS

Le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal statuant publiquement par mise à disposition au greffe du Tribunal, par décision contradictoire et en premier ressort,

Constate la résiliation du bail conclu le 1er mai 2020 entre Monsieur et Madame [Y] et Madame [N] [I] relatif à l'immeuble à usage d'habitation situé au [Adresse 4], conformément à la clause résolutoire acquise le 15 septembre 2025 ;

Condamne Madame [N] [I] à payer à Monsieur et Madame [Y] la somme de 10.580 euros au titre des loyers impayés et des indemnités d'occupation, avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;

Condamne Madame [N] [I] à payer à Monsieur et Madame [Y] une indemnité mensuelle d'occupation d'un montant de 520 euros due à compter du 1er avril 2026 et jusqu'à sortie des lieux ;

Dit qu'à défaut pour la locataire d'avoir libéré les lieux après la signification de la présente décision, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, deux mois après un commandement de quitter les lieux, avec si nécessaire l'assistance de la force publique durant tout le temps des opérations jusqu'à libération complète des lieux ;

Dit qu'une copie de la présente décision sera transmise à la Préfecture à la diligence du greffe ;

Condamne Madame [N] [I] à payer à Monsieur et Madame [Y] la somme de 700 euros en vertu de l'article 700 du Code de procédure Civile ;

Rappelle que la présente décision est exécutoire ;

Condamne Madame [N] [I] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 15 juillet 2025 ;

Ainsi jugé les jour, mois et an susdits.

Le Greffier Le Juge des Contentieux de la Protection

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