TJ 13055, 19 mars 2026, RG 25/04406
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
Pôle de Proximité
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
ORDONNANCE DU : 28 Mai 2026
Président : Monsieur BIDAL, Juge
Greffier : Madame BOINE, Greffier
Débats en audience publique le : 19 Mars 2026
GROSSE :
Le 28 mai 2026
à Me GIRAUD
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EXPEDITION :
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N° RG 25/04406 - N° Portalis DBW3-W-B7J-6WO3
PARTIES :
DEMANDERESSE
Société ERILIA
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Me Olivier GIRAUD, avocat au barreau de MARSEILLE
DEFENDEUR
Monsieur [U] [D]
demeurant [Adresse 2]
non comparant
EXPOSE DU LITIGE
Un bail a été signé entre les parties le 24 novembre 2021, concernant un appartement et un parking sis [Adresse 3], moyennant un loyer initial mensuel de 418,08 euros, outre 127,24 euros de provision pour charges.
Des loyers étant demeurés impayés, la SA ERILIA a fait signifier un commandement de payer visant la clause résolutoire le 19 août 2024.
Par acte de commissaire de justice en date du 9 juillet 2025, auquel il y a lieu de se reporter pour l'exposé intégral de ses moyens et prétentions, la SA ERILIA a fait assigner Monsieur [U] [D] en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de MARSEILLE, à l’audience du 16 octobre 2025.
A cette audience, la SA ERILIA, représenté par son Conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d'instance en actualisant sa créance, celle-ci s'élevant à la somme de 7 725 euros, au 10 octobre 2025. Elle s’oppose à l’octroi de délais de paiement.
Monsieur [U] [D] a comparu. Il a reconnu l’existence d’une dette locative – dont il n’a pas contesté le montant – et a sollicité l’octroi de délais de paiement uniquement, soulignant sa situation personnelle délicate.
Un diagnostic social et financier a été reçu au greffe avant l’audience et il a été donné lecture de ses conclusions à l’audience.
L’affaire, après une réouverture des débats afin de recueillir les observations des parties sur les demandes et les sommes appelées au titre d’un stationnement, non mentionné dans le bail produit, a été appelée et retenue à l’audience du 19 mars 2026.
A cette audience, la SA ERILIA, représenté par son Conseil, sollicite le bénéfice de son acte introductif d'instance en actualisant sa créance, celle-ci s'élevant à la somme de 9 615,75 euros, au 12 mars 2026. Elle expose qu’il n’existe pas de bail afférent à la location de l’emplacement de stationnement mais que Monsieur [U] [D] occupe le garage litigieux depuis le 5 avril 2022. Elle communique un état des lieux d’entrée du garage signé par le locataire le 5 avril 2022 ; une capture d’écran de la date d’entrée dans le garage, et un décompte sur lequel apparait les paiements réguliers du loyer en 2022 et 2023.
Monsieur [U] [D] ne comparait pas et n’est pas représenté.
L’affaire a été mise en délibéré au 28 mai 2026.
Vu les articles 446-1, 446-2 et 455 du code de procédure civile,
MOTIFS DE LA DECISION
En vertu des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge du contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Vu l’article 9 du code de procédure civile,
Vu l'article 1353 du code civil,
Sur la recevabilité
Vu les dispositions des articles 24 I, II et III de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige,
LA SA ERILIA produit la notification à la CCAPEX en date du 19 août 2024 des impayés locatifs visés dans le commandement de payer signifié à Monsieur [U] [D], soit deux mois au moins avant l’assignation du 9 juillet 2025.
Il produit par ailleurs la dénonciation de l’assignation à la Préfecture en date du 10 juillet 2025, soit six semaines au moins avant l’audience du 16 octobre 2025.
L’action est donc recevable.
Sur la résiliation du bail et ses conséquences
Vu l’article 2 du code civil,
Vu les articles 7a et 24 de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dans leur version applicable au présent litige, dont il résulte que l'une des obligations essentielles du locataire est de payer les loyers aux termes convenus,
Vu le caractère d'ordre public de protection de la loi du 6 juillet 1989 modifiée, dont il ressort que le délai donné au locataire pour régulariser la dette locative est un délai minimum durant lequel les effets de clause résolutoire sont neutralisés,
Vu le bail liant les parties,
En l’espèce, un commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré à Monsieur [U] [D] par acte de commissaire de justice en date du 19 août 2024 pour un arriéré locatif de 1 618,65 euros.
Les sommes visées au commandement n’ont pas été intégralement payées dans le délai requis.
En conséquence, la clause résolutoire est acquise. Il convient donc de constater la résiliation du bail à effet au 19 octobre 2024 et d’ordonner l’expulsion de Monsieur [U] [D] des lieux occupés.
Aucune circonstance particulière de l’espèce ne justifie que le délai de deux mois, prévu par les dispositions des articles L.412-1 et suivants du code des procédures civiles d'exécution, soit réduit ou supprimé.
Le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution.
Enfin, il convient de condamner Monsieur [U] [D] à payer à la SA ERILIA une indemnité d’occupation provisionnelle mensuelle d’un montant égal à celui du loyer et des charges, tel qu'il aurait été si le bail s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 684,25 euros), à compter du 20 octobre 2024 jusqu’à la complète libération des lieux par la remise des clés à la SA ERILIA.
Sur le paiement de sommes à titre provisionnel
Vu les articles 4, 7 et 23 de la loi du 6 juillet 1989,
Il résulte du décompte locatif joint à l’assignation que Monsieur [U] [D] restait débiteur d’une dette locative de 6 248,22 euros au 16 juin 2025.
Vu le décompte actualisé au 12 mars 2026, non contesté, fixant la dette locative à une somme de 9 198 euros, terme du mois de mars 2026 inclus, déduction faite des frais de procédure et des pénalités pour défaut d’assurance, non justifiées.
L’obligation n’étant pas sérieusement contestable, il convient donc de condamner Monsieur [U] [D] à payer à la SA ERILIA la somme de 9 198 euros à titre provisionnel avec les intérêts au taux légal à compter de l’assignation sur la somme de 6 248,22 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus.
Sur les délais de paiement
Vu l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version applicable au présent litige,
Au-delà de la situation personnelle et financière de Monsieur [U] [D], et du niveau de ses ressources comparé au montant dû, la reprise du versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience n’est pas établie.
Dès lors, des délais de paiement ne peuvent être accordés.
Sur les dépens de l’instance de référé et la demande au titre de l’article 700 du code de procédure civile
Monsieur [U] [D], qui succombe au sens de l'article 696 du code de procédure civile, supportera les entiers dépens de l'instance de référé dont le coût du commandement de payer et sera condamné à payer à la SA ERILIA une somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
Sur l’exécution provisoire
Il est rappelé que les ordonnances de référé sont de plein droit exécutoires à titre provisoire en vertu des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile.
PAR CES MOTIFS
Nous, juge des contentieux de la protection statuant en référé, par ordonnance contradictoire et en premier ressort, mise à disposition au greffe :
DECLARONS l’action de la SA ERILIA recevable ;
CONSTATONS la résiliation du bail conclu le 24 novembre 2021 entre les parties concernant l’appartement et le parking sis [Adresse 3], à effet au 19 octobre 2024 ;
ORDONNONS en conséquence à Monsieur [U] [D] de libérer les lieux et de restituer les clés dans le délai de sept jours à compter de la signification de la présente ordonnance ;
DISONS qu’à défaut pour Monsieur [U] [D] d’avoir volontairement libéré les lieux et restitué les clés dans ce délai, la SA ERILIA pourra, deux mois après la signification d’un commandement de quitter les lieux, faire procéder à son expulsion ainsi qu’à celle de tous occupants de son chef, y compris le cas échéant avec le concours d’un serrurier et de la force publique ;
DISONS que le sort des meubles et objets mobiliers présents dans le logement lors de l’expulsion sera régi par les dispositions de l’article L 433-1 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNONS Monsieur [U] [D] à payer à la SA ERILIA à titre provisionnel une indemnité mensuelle d’occupation à compter du 20 octobre 2024 et jusqu’à la date de la libération définitive des lieux et la restitution des clés ;
FIXONS cette indemnité mensuelle d'occupation au montant du loyer et des charges, calculés tels que si le contrat s'était poursuivi (et à défaut de justificatifs, à la somme de 684,25 euros) ;
CONDAMNONS Monsieur [U] [D] à verser à la SA ERILIA la somme de 9 198 euros à titre de provision sur la dette locative, avec les intérêts au taux légal à compter de l’assignation sur la somme de 6 248,22 euros, et à compter de la présente décision pour le surplus ;
DEBOUTONS Monsieur [U] [D] de sa demande reconventionnelle en délais de paiement de la dette locative ;
CONDAMNONS Monsieur [U] [D] à payer à la SA ERILIA la somme de 300 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS Monsieur [U] [D] aux entiers dépens de l'instance, qui comprendront notamment le coût du commandement de payer, de l’assignation en référé et de sa notification à la préfecture ;
RAPPELONS que les ordonnances de référé sont exécutoires de plein droit à titre provisoire.
Le Greffier, Le Juge,
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