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TJ 37261, 2 juin 2026, RG 26/01233


Vérifier : TJ 37261, 2 juin 2026, RG 26/01233 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
02/06/2026
Numéro
26/01233
Lieu / cour
tj37261
Chambre
REFERES
Type
other
Id
6a20a0eacdc6046d47010c7b

Texte de la décision

12,434 caractères

N° Minute : 26/00277

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOURS

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT
du
02 Juin 2026

Numéro de rôle : N° RG 26/01233 - N° Portalis DBYF-W-B7K-KAWW

DEMANDERESSE :

SYNDICAT DES COPROPRIÉTAIRES DE LA RÉSIDENCE « [Adresse 1] » Représenté par son syndic en exercice la S.A.R.L. BROSSET VAL DE LOIRE, dont le siège social est sis [Adresse 2]
représentée par Maître Julien BERBIGIER de la SELARL WALTER & GARANCE AVOCATS, avocats au barreau de TOURS,

ET :

DEFENDEUR :

Monsieur [I] [J]
né le 12 Août 1971 à [Localité 1],
demeurant [Adresse 3]
non comparant

DÉBATS :

Par devant Madame C. BELOUARD, Vice-Présidente du Tribunal judiciaire de TOURS, assistée de Madame D. BOISTARD, Greffier.

A l'audience publique du 05 Mai 2026, le Président ayant informé les parties que la décision serait rendue par mise à disposition le 02 Juin 2026.

DÉLIBÉRÉ :

Prononcé par mise à disposition au greffe par Madame C. BELOUARD, Vice-Présidente du Tribunal judiciaire de TOURS, le 02 Juin 2026, assistée de Madame D. BOISTARD, Greffier.

EXPOSE DU LITIGE

M. [I] [J] est propriétaire des lots n°16 et n°157 dans l’immeuble situé [Adresse 4] à [Localité 2] (37).

Le 27 mars 2026, le Syndicat des copropriétaires de la Résidence "[Adresse 1]", représenté par son syndic, a donné assignation à M. [I] [J] devant le président du Tribunal judiciaire de TOURS, afin de voir, sur le fondement des articles 10, 10-1 et 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965,
condamner ce dernier à lui payer :la somme de 8920,13€ correspondant au montant des charges de copropriété impayées arrêtées au 26 janvier 2026;la somme de 112,80€ au titre des frais de recouvrement,
la provision de 636,47€ correspondant au règlement par anticipation des trimestres à échoir de l'exercice en cours ;la somme de 1000,00€ à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive;avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure du mise en demeure;condamner ce dernier à lui payer à lui payer la somme de 1000,00€ en application de l'article 700 du code de procédure civile outre les dépens ;rappeler que le jugement à intervenir aura autorité de la chose jugée au fond, et sera exécutoire à titre provisoire ;rappeler que les frais d'exécution forcée resteront à la charge exclusive du débiteur défaillant, conformément aux dispositions de l'article L. 111-8 du code des procédures civiles d'exécution.
Il fait valoir que le défendeur ne paie pas ses charges de copropriété et qu’il reste devoir au 26 janvier 2026 la somme de 8920,13€ ; que malgré une mise en demeure le solde dû reste impayé. Il sollicite également les frais correspondant aux frais de mise en demeure et de relance réalisées par le syndic pour le recouvrement de cette créance. Il affirme que le copropriétaire qui ne s'acquitte pas de manière répétée de ses charges de copropriété met en péril la gestion financière de la copropriété.

A l’audience du 5 mai 2026, le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5]", représenté par son Conseil, maintient ses demandes.

Le défendeur, régulièrement cité par remise de l'acte à l'étude du commissaire de justice instrumentaire, ne comparait pas et n'est pas représenté.

La décision a été mise en délibéré au 2 juin 2026.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Conformément à l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparait pas, il est néanmoins statué sur le fond et le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable, et bien fondée.

- Sur les charges de copropriété et fonds de travaux échus sollicités

Aux termes de l’article 10 de la loi n° 65-6557 du 10 juillet 1965 les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité objective que ces services et éléments présentent à l'égard de la chaque lot, dès lors que ces charges ne sont pas individualisées.
Ils sont tenus de participer aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes, générales et spéciales, et de verser au fond de travaux mentionné à l'article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots, telles que ces valeurs résultent des dispositions de l'article 5 » de la Loi.

A l’appui de ses prétentions, le Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 6] "[Adresse 1]" verse aux débats :

- le titre de propriété du bien litigieux;

- le contrat de syndic à effet du 18 décembre 2025 au 31 mars 2027 ;

- le procès-verbal d'assemblée générale du 17 décembre 2025 qui approuve notamment les comptes de l'exercice du 01er juillet 2024 au 30 juin 2025

qui modifie le budget prévisionnel de l'exercice en cours, et qui approuve le budget prévisionnel de l'exercice suivant ;

- les procès-verbaux antérieurs d'assemblée générale des copropriétaires qui approuvent notamment les comptes de l'exercice du n-1, qui modifient le budget prévisionnel de l'exercice en cours, et qui approuvent le budget prévisionnel de l'exercice n+1 ;

- les appels de fonds faisant apparaître les charges de la copropriété, les appels de fonds travaux, et la quote-part de la partie défenderesse pour la période considérée.

- l'extrait de compte de la partie défenderesse, arrêté au 26 janvier 2026 faisant apparaître un solde débiteur au titre des charges et fonds de travaux échus et des frais de recouvrement (examinés ci-après) selon le détail suivant :

Charges sollicitées 8920,13
Frais sollicités 112,80
TOTAL 9032,93

Il ressort de l’ensemble de ces documents que M. [I] [J] n’a pas réglé les charges de copropriété et sommes dues au titres des fonds travaux arrêtées au 26 janvier 2026 à hauteur de la somme de 8820,13€. La lettre de mise en demeure présentée le 25 février 2026 puis l'assignation n’ont pas permis une régularisation du solde.

M. [I] [J] sera en conséquence condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 8820,13€ au titre des charges et fonds de travaux échus au 26 janvier 2026 en vertu des dispositions de l'article 10 de la loi du 10 juillet 1965,augmentée des intérêts au taux légal à compter du 25 février 2026 ;

- Sur les frais de recouvrement sollicités

L'article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965 énonce que les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d'hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d'une créance justifiée à l'encontre d'un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes d'huissier de justice et le droit de recouvrement ou d'encaissement à la charge du débiteur sont imputables au seul copropriétaire défaillant.
Pour les frais non expressément visés par l'article 10-1, ils doivent donc être portés au débit du compte du copropriétaire défaillant si et seulement si ils étaient nécessaires au recouvrement de la créance.

Entrent dans la catégorie de ces frais de recouvrement recouvrables directement contre le copropriétaire en application de l'article 10 susvisé et de l'article 9 de l'annexe du décret n°2015-342 du 26 mars 2015:
- les frais de mise en demeure et de relance à condition qu'ils soient justifiés en procédure.
- les frais de contentieux du syndic mais uniquement en cas de diligences exceptionnelles (constitution du dossier transmis à l'auxiliaire de Justice, suivi du dossier transmis à l'avocat).

- Sur les frais de recouvrement relevant de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965

En l'espèce, s'agissant des frais de mise en demeure et de relance, le contrat de syndic versé aux débats n'est effectif qu'à compter du 18 décembre 2025 de sorte que tous les frais sollicités avant cette date ne peuvent être facturés, faute du contrat de syndic précédent versé aux débats.
La demande présentée par le Syndicat au titre des frais de recouvrement sera en conséquence rejetée.

- Sur les charges à échoir de l'année en cours sollicitées

Aux termes de l'article 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, dans sa version issue de la loi n° 2021-1104 du 22 août 2021, à défaut du versement à sa date d'exigibilité d'une provision due au titre de l'article 14-1, et après mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application du même article 14-1 ainsi que les sommes restant dues appelées au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, après avoir constaté, selon le cas, l'approbation par l'assemblée générale des copropriétaires du budget prévisionnel, des travaux ou des comptes annuels, ainsi que la défaillance du copropriétaire, condamne ce dernier au paiement des provisions ou sommes exigibles. Le présent article est applicable aux cotisations du fonds de travaux mentionné à l'article 14-2-1.

En droit positif, la mise en demeure visée à l'article 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 doit indiquer avec précision la nature et le montant des provisions réclamées au titre du budget prévisionnel de l'exercice en cours ou des dépenses pour travaux non comprises dans ce budget, à peine d'irrecevabilité de la demande présentée devant le président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond sur le fondement de ce texte ( voir sur ce point avis de la Cour de cassation, 12 décembre 2024, n° 24-70.007).

Par courrier recommandé avec avis de réception en date du 25 février 2026, le syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5]" a mis en demeure M. [I] [J] de régler les charges de copropriété impayées dans un délai maximum de trente jours.

Cette mise en demeure n’a pas permis une régularisation dans les trente jours. En application de l’article 19-2 précité, les autres provisions de l'année comptable non encore échues sont devenues immédiatement exigibles.

M. [I] [J] sera en conséquence condamné à payer au syndicat des copropriétaires la provision de 636,37€ à valoir sur les sommes dues au titre des appels de charges à venir du 1er avril au 30 juin 2026 au vu du décompte et en vertu de l'article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965 avec les intérêts au taux légal t à compter de l’assignation.

- Sur les autres demandes

En ne payant pas ses charges, et alors que sa défaillance avait déjà contraint le syndicat des copropriétaires à agir en justice (décisions du tribunal judiciaire de Tours les 1er décembre 2016 et 22 février 2022), M. [I] [J] a mis en péril la gestion de l'immeuble et causé à la copropriété un préjudice qu'il convient d'indemniser à hauteur de la somme de 800,00€.

- Sur les mesures de fin de jugement

Perdant le procès, M. [I] [J] sera tenu aux dépens .

Il sera également condamné à payer au Syndicat des copropriétaires la somme de 1000,00€ au titre des frais et honoraires non compris dans les dépens et exposés par ce dernier lors de la présente instance en application de l’article 700 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Statuant publiquement selon les règles de la procédure accélérée au fond, par jugement
réputé contradictoire rendu en premier ressort

CONDAMNE M. [I] [J] à verser au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5]" les sommes suivantes :
8.820,13 € (HUIT MILLE HUIT CENT VINGT EUROS TREIZE CENTIMES) au titre des appels de charges et de fonds de travaux échus au 26 janvier 2026 augmentées des intérêts au taux légal à compter du 25 février 2026 ;636,37 € (SIX CENT TRENTE-SIX EUROS TRENTE-SEPT CENTIMES) à titre provisionnel à valoir sur les appels de charges à venir du 1er avril au 30 juin 2026. augmentée des intérêts au taux légal à compter de l’assignation du 27 mars 2026;
REJETTE la demande présentée au titre des frais de recouvrement et d'ouverture de dossier contentieux pour le syndic ;

CONDAMNE M. [I] [J] à verser au syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5]" la somme de 800 € (HUIT CENTS EUROS) à titre de dommages et intérêts ;

CONDAMNE M. [I] [J] aux dépens;

CONDAMNE M. [I] [J] à payer au Syndicat des copropriétaires de la [Adresse 5]" la somme de 1.000,00 € (MILLE EUROS) en application de l’article 700 du code de procédure civile;

REJETTE le surplus des demandes ;

Ainsi jugé et prononcé, les jour, mois et an ci-dessus indiqués ;

Le Greffier

D. BOISTARD
Le Président

C. BELOUARD

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