TJ 68224, 8 juin 2026, RG 26/00027
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
SITE ATHÉNA
44 avenue Robert Schuman
CS 83047
68061 MULHOUSE CEDEX
Première Chambre Civile
MINUTE n°
N° RG 26/00027 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSI
Recours:
Appel dans un délai de 10 jours à compter de la présente notification.
La déclaration doit être faite par les soins d'un avocat inscrit au barreau de la cour d’appel de Colmar
République Française
Au Nom du Peuple Français
J U G E M E N T
du 08 juin 2026
Dans la procédure en déclaration d’insolvabilité notoire de :
Monsieur [C] [Q] [R] [O]
né le 07 Septembre 1974 à LENS (PAS-DE-CALAIS)
demeurant 13 rue des Frères Brehm - 68730 BLOTZHEIM
comparant en personne assisté de Me Arnaud MULLER, avocat au barreau de STRASBOURG, vestiaire 153
Jugement rendu par mise à disposition au greffe le : 08 juin 2026
Après débats en chambre du conseil le : 04 mai 2026
Nature du jugement : contradictoire en premier ressort
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
lors des débats en chambre du conseil et du prononcé par mise à disposition au greffe :
Président : [R] SCHMIDT, vice-président statuant à juge unique
Greffière : Laurence MEDINA
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
Par requête de son conseil en date du 27 février 2026, déposée au greffe le 6 mars suivant, M. [C] [O] a saisi la première chambre civile du Tribunal Judiciaire de MULHOUSE d’une déclaration d’insolvabilité notoire, sollicitant l’ouverture d’une liquidation judiciaire de droit local.
Dans sa demande, il décrit l’origine de son endettement par une succession d’emprunts dont l’un qu’il a contracté pour soutenir un ami aujourd’hui décédé, des problèmes de santé nécessitant des dépenses importantes et la rupture de son contrat de travail en 2024 (la requête indique 2025, mais les pièces produites établissent que la rupture du contrat est intervenue en novembre 2024), qui a entraîné une baisse conséquente de ses revenus, puisqu’après une aide au retour à l’emploi de l’ordre de 2.400,- € par mois pendant 9 mois, il est resté sans revenus, avant que cette aide soit rétablie début 2026 pour neuf autres mois.
Ainsi, il indique disposer actuellement d’une aide au retour à l’emploi de 2.413,20 € mensuels, ses charges courantes mensuelles s’élevant à environ 1.700,- €. Il s’est par ailleurs endetté à hauteur de 148.562,80 €, pour l’essentiel auprès de sa banque et de sociétés de crédit, auxquelles il est censé rembourser mensuellement 1.925,72 €.
Il a fait l’objet de plusieurs incidents de paiement et menaces de poursuite de ses créanciers.
Il précise ne disposer d’aucun bien immobilier.
La procédure a été communiquée au ministère public qui, par émagement au dossier, s’en rapportait à l’appréciation du Tribunal.
Lors de l’audience du 4 mai 2026, le requérant a maintenu les termes de sa demande, sollicité l’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire, de préférence à un redressement judiciaire, et a décrit sa situation personnelle et professionnelle actualisée.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article L.670-1 du Code de Commerce, les dispositions relatives au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises s’appliquent aux personnes physiques, domiciliées dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle et à leur succession, qui ne sont ni commerçants, ni des personnes immatriculées au répertoire des métiers, ni des agriculteurs, ni des personnes exerçant toute autre activité professionnelle indépendante, y compris une profession libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire, lorsqu’elles sont de bonne foi et en état d’insolvabilité notoire.
En l’espèce, la condition de domiciliation géographique est acquise.
Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de considérer que M. [C] [O] relève de l’activité artisanale ou commerciale, ou du domaine agricole, ayant produit en ce sens un certificat de l’INPI (Institut national de la propriété industrielle) et un certificat de non inscription au registre de commerce.
L’état d’insolvabilité notoire, qui ne se confond ni avec l’état de cessation des paiements, ni avec celui du surendettement défini par l’article L.711-1 du Code de la Consommation, se caractérise par des faits et des circonstances extérieurs, notamment des mesures d’exécution demeurées infructueuses, de nature à accréditer l’opinion que cette insolvabilité existe et révèlant non seulement un arrêt matériel des paiements mais une situation durablement compromise et ne pouvant trouver d’autre issue que l’ouverture d’une procédure collective.
En l’occurrence, M. [C] [O] justifie de son endettement, de ses charges et revenus tels que résumés ci-dessus, ainsi que des diverses relances de ses créanciers.
Il n’est pas en capacité de faire face à son passif avec les liquidités dont il dispose sur son compte bancaire, et ses revenus ne permettent pas d’y pourvoir à brève échéance.
Le requérant est présumé se trouver dans cette situation de bonne foi, en l’absence de preuve contraire.
Il y a lieu, de ce fait, de constater l’existence d’une situation patrimoniale durablement compromise qui caractérise l’insolvabilité notoire.
Par ailleurs, relativement au choix de la procédure, il convient de rappeler que le débiteur doit bénéficier d'un redressement judiciaire lorsqu’il existe des éléments rendant envisageable un apurement du passif, l'article L.640-1 du Code de Commerce exigeant, pour le prononcé d'une mesure de liquidation judiciaire, que soit établie l'impossibilité manifeste de tout redressement.
En l’espèce, le requérant sollicite une liquidation judiciaire au motif que s’il suit actuellement une formation de reconversion qui l’amènera à exercer un nouvel emploi dans le domaine de la mécanique moto, il ne pourra probablement pas atteindre dans son nouveau métier le niveau de salaire dont il bénéficiait avant la perte de son dernier emploi auprès d’une société suisse.
Toutefois, il convient de relever que le requérant est actuellement âgé de 51 ans, et qu’il fait preuve d’une volonté certaine de trouver un nouvel emploi. Rien, par ailleurs, ne lui interdit de trouver un autre emploi en SUISSE dans sa nouvelle qualification. De surcroît, un plan d’apurement du passif sur dix ans exigerait une contribution mensuelle d’environ 1.200,- €, ce qui est certes important, mais ne semble pas non plus totalement hors de portée du débiteur.
Un redressement financier de M. [O] ne paraissant pas, à ce stade où son avenir professionnel se redessine sans certitude quant à ses revenus futurs, totalement impossible, il y a lieu, conformément à la priorité donnée par la Loi à cette mesure, d’ordonner un redressement judiciaire.
PAR CES MOTIFS
Le tribunal, statuant publiquement, après en avoir délibéré, par jugement contradictoire en premier ressort après débats en chambre du conseil,
CONSTATE que M. [C] [O] est en état d’insolvabilité notoire ;
OUVRE une procédure de redressement judiciaire de Droit local au profit de M. [C] [O] ;
FIXE provisoirement au 1er octobre 2025 la date d’insolvabilité notoire ;
OUVRE une période d’observation de 6 mois, soit jusqu’au 8 décembre 2026 ;
DESIGNE :
- M. Jean-Louis DRAGON en qualité de juge-commissaire,
- Mme Blandine DITSCH en qualité de juge-commissaire suppléant ;
FAIT DEFENSE à la partie débitrice de payer toute créance née antérieurement au jugement d’ouverture ;
DESIGNE la SELARL MJ EST, prise en la personne de Me [E] [P], pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire, et LUI IMPARTIT un délai de treize mois à compter de l'ouverture de la procédure pour établir la liste des créances prévue par l'article L.624-1 du Code de Commerce ;
DIT que le mandataire judiciaire établira un rapport sur la situation économique et sociale du débiteur et sur les perspectives de redressement ;
RENVOIE l’examen de l'affaire à l'audience du lundi 07 septembre 2026 à 9 heures salle 3 (site Athéna - 44 avenue Robert Schuman), date à laquelle le Tribunal décidera, au vu du rapport d'enquête, soit la poursuite de l'activité en vue de l'élaboration d'un projet de plan de redressement, soit la liquidation judiciaire, le présent jugement valant convocation ;
DIT n’y avoir lieu, en l’état, à inventaire des actifs du débiteur ;
DIT que les mentions et formalités de publicité prévues par les articles R.621-6 à R.621-8 du Code de Commerce seront accomplies à la diligence du greffier ;
DECLARE que le présent jugement prendra effet à compter de ce jour et qu’il sera exécutoire de plein droit à titre provisoire ;
DIT que les dépens seront liquidés en frais privilégiés de la procédure.
Le présent jugement a été signé par le président et le greffier présent lors du prononcé.
Le greffier Le président
N° RG 26/00027 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSI
Copie notifiée à :
- débiteur : M. [C] [Q] [R] [O]
Copie délivrée à :
- avocat : Me [W] [N]
- au mandataire judiciaire : SELARL MJ EST
- Trésorier Payeur Général
- ministère public
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE MULHOUSE
N° RG 26/00027 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSI
REDRESSEMENT JUDICIAIRE
La première chambre civile du tribunal judiciaire de Mulhouse a par jugement en date du 08 Juin 2026 :
- constaté que M. [C] [Q] [R] [O], demeurant 13 rue des Frères Brehm - 68730 BLOTZHEIM, non inscrit au RCS, est en état d’insolvabilité notoire et ouvert une procédure de redressement judiciaire sans administrateur à son égard
- fixé provisoirement la date d’insolvabilité notoire au 1er Octobre 2025
- désigné la SELARL MJ EST, prise en la personne de Me [E] [P], à Mulhouse, pour exercer les fonctions de mandataire judiciaire.
Les créanciers sont invités à remettre au mandataire judiciaire susnommé dans un délai de deux mois à compter de la publication au BODACC, la liste de leur créances et les pièces justificatives. Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier
Soit transmis à
Monsieur le directeur du journal
Les Paysans du Haut-Rhin
13 rue Jean Mermoz
68127 Sainte Croix En Plaine
En le priant de bien vouloir faire insérer une fois l’avis ci-dessus et nous adresser ensuite un justificatif de l’annonce parue à l’adresse suivante :
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
SITE ATHENA
- Première Chambre Civile -
44 avenue Robert Schuman
68061 MULHOUSE CEDEX
Mulhouse, le 08 juin 2026
Le greffier
R1
BODACC
R2
R3
R4
JUGEMENT D’OUVERTURE DE REDRESSEMENT JUDICIAIRE
Prix de l’annonce
CACHET DU GREFFE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MULHOUSE
- Première Chambre Civile -
10 date : 08 juin 2026 &71 N° RG 26/00027 - N° Portalis DB2G-W-B7K-JVSI
29 jugement prononçant le redressement judiciaire sans administrateur
&26 RCS NON INSCRIT &2 Tribunal &1 Lettre &3 SIREN
&28 RC
&30 Répertoire des métiers
&4 Dénomination (1)
&5 Sigle (1)
&29 Nom Commercial (1)
&6 Forme (1)
&9 Nom : [O]
&11 Prénom (2) : [C] [Q] [R]
&13 Activité (2) (4)
&20 &18 &19 adresse 13 rue des Frères Brehm - 68730 BLOTZHEIM
ADMINISTRATEUR JUDICIAIRE (éventuellement)
&9 Nom
&14 & 15 &16 &17 &18 &19 &19 &20 adresse
DATE D’INSOLVABILITÉ NOTOIRE : 1er Octobre 2025
&32 Les déclarations de créances sont à déposer dans les DEUX MOIS suivant la présente publication auprès du mandataire judiciaire. Ce délai est augmenté de deux mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine.
&34 MANDATAIRE JUDICIAIREe SELARL MJ EST prise en la personne de Me [E] [P]
&9 &20 &18 &19 adresse- 36 rue Paul Cézanne - Immeuble Le Trident - BP 1057 - 68051 MULHOUSE CEDEX
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