T. com. 1601, 18 juin 2026, n° 2026000345
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Texte de la décision
REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
Rôle n
* 2026 000345
PROCEDURE : 2025/013
TRIBUNAL DE COMMERCE D'ANGOULEME
JUGEMENT DU 18/06/2026 ARRETANT [Localité 1] DE REDRESSEMENT DE M. [W] [E] [U]
Entre : M. [W] [E] [U] [Adresse 1] - [Localité 2] RM16 795 210 285 Comparant en personne
Et : SELARL EKIP', en la personne de Me Romain RABUSSEAU [Adresse 2] Comparant en personne
En présence du Ministère Public
Représenté par Benoit [W], Procureur de la République
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Lors des débats en Chambre du Conseil du : 18/06/2026 PRESIDENT : Philippe LOZIER JUGES : Pierre CASASNOVAS et Didier DELPY Assisté, lors des débats, par Magali PIERRAT, Greffier
Par jugement en date du 16/01/2025, le Tribunal de céans a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l'encontre de M. [W] [E] [U].
M. [W] [E] [U] a comparu à l'audience et a présenté ses observations.
M. [W] [E] [U] a élaboré un projet de plan qui prévoit la continuation de l'entreprise.
Conformément aux dispositions de l'Article L.626-5 du Code de Commerce, les propositions pour le règlement des dettes ont été communiquées à la SELARL EKIP', en la personne de Me [K] [T], Mandataire Judiciaire, qui les a soumises aux divers créanciers; ces propositions comportent le remboursement des créanciers de la manière suivante :
* le remboursement sans délais ni remise des créances inférieures à 500 € et des frais de procédure.
* la consolidation du prêt CREDIT MUTUEL Prêt n°[Numéro identifiant 1]souscrit par la SCI L'ESPERANCE en qualité de caution sur la durée du plan
Dans le cadre des dispositions de l'article L 622-28 du Code de Commerce, le capital de ces prêts portera intérêt au taux légal ou contractuel, dans les conditions fixées par le dit article.
Il est donc demandé aux créanciers concernés de fournir avec leur réponse à la consultation, un tableau d'amortissement reprenant ces données et prenant en compte d'éventuelles remises accordées.
Le règlement des autres créanciers par pactes progressifs sur 10 ans comme suit :
[…]
La SELARL EKIP', en la personne de Me [K] [T], en qualité de mandataire judiciaire expose, qu'après avoir consulté l'ensemble des créanciers, la majorité des créanciers en nombre et en somme a accepté le projet de plan de continuation de M. [W] [E] [U] et s'exprime favorablement au plan.
Le ministère public requiert l'adoption du plan tel que présenté.
Attendu qu'il apparaît des informations recueillies que les capacités financières de l'entreprise permettent de tenir ses engagements selon les modalités du plan de continuation ci-dessus exposé.
Qu'en conséquence, le tribunal constate l'existence de possibilités sérieuses de redressement et d'apurement de M. [W] [E] [U];
Il y a donc lieu d'arrêter le plan de redressement en imposant des délais uniformes de paiement aux créanciers ayant refusé les propositions de remboursement prévues dans le projet de plan dressé et de statuer en ces termes.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, après en avoir délibéré, statuant par jugement contradictoire et en premier ressort
Vu le rapport du Juge Commissaire, lu lors de l'audience. Le Ministère Public entendu en ses réquisitions.
Vu l'article L.631-19 et le chapitre VI du titre II du livre VI du Code de Commerce,
Arrête le plan de redressement présenté par la M. [W] [E] [U] - [Adresse 3] selon les modalités suivantes :
* règlement sans délai des frais de justice, au besoin par prélèvement sur les premiers fonds encaissés par le commissaire à l'exécution du plan;
* règlement dès l'homologation du plan des créances inférieures à 500 euros
* consolidation du prêt CREDIT MUTUEL Prêt n°[Numéro identifiant 1]souscrit par la SCI L'ESPERANCE en qualité de caution sur la durée et suivant les modalités du plan. Le capital de ces prêts portera intérêt au taux légal ou contractuel, dans les conditions fixées par l'article L622-28 du Code de commerce.
* L'apurement du passif de la manière suivante :
Donne acte aux créanciers des délais et remises acceptés expressément ou tacitement par eux dans les conditions prévues à l'article L.626-18 du Code de Commerce.
Impose aux autres créanciers ayant refusé expressément le projet de plan un délai de 10 ans correspondant au projet de plan.
Dit que les créances garanties par le privilège établi aux articles L.3253-2, L.3253-3, L.3253-4, L.742.6 et L.7313-8 du Code du Travail ainsi que les créances résultant d'un contrat de travail garanties par les privilèges prévus au 4° de l'Article 2101 et au 2° de l'Article 2104 du Code Civil lorsque le montant de celles-ci n'a pas été avancé par les institutions mentionnées à l'Article L.3253-14 du Code de Travail ou n'a pas fait l'objet d'une subrogation, ne peuvent faire l'objet de remises ou de délais.
Dit et juge que le plan prend effet à compter du présent jugement.
Fixe sa durée à 10 ans et le versement du premier dividende aux créanciers au 18/06/2027.
Ordonne à M. [W] [E] [U] de verser mensuellement 1/12e du pacte annuel entre les mains du commissaire à l'exécution du plan.
Maintient Françoise DEIS, juge commissaire jusqu'au jour où le compte rendu de fin de mission de l'administrateur judiciaire, du mandataire judiciaire et, le cas échéant, du commissaire à l'exécution du plan, a été approuvé.
Maintient Gérard LE ROUX, Juge Commissaire suppléant pendant le même délai.
Maintient la SELARL EKIP', en la personne de Me [K] [T] - [Adresse 2] comme mandataire judiciaire dans ses fonctions pendant le temps nécessaire à la vérification et à l'établissement définitif de l'état des créances.
Nomme pour la durée du plan, la SELARL EKIP', en la personne de Me [K] [T] - [Adresse 2] commissaire à l'exécution du plan, avec mission prévue à l'article L.626-25 du Code de Commerce.
Le Tribunal rappelle à toutes fins utiles que, conformément aux articles L.631-19 et L.626-13 du Code de commerce, le présent jugement arrête de plein droit la levée de toute interdiction d'émettre des chèques (Cf. L.131-73 du code monétaire et financier) mise en œuvre à l'occasion du rejet d'un chèque émis avant le jugement d'ouverture de la procédure ; qu'en conséquence, en application des articles R.626-24 et R.631-35 du Code de Commerce, le chef d'entreprise justifiera de la levée de l'interdiction qui aura pu lui être faite auprès de l'établissement de crédit à l'origine de cette mesure par la remise d'une copie du présent jugement à laquelle il joindra un relevé des incidents de paiement ; l'établissement de crédit concerné informera alors la Banque de France de la levée de cette interdiction aux fins de régularisation ;
Dit que le(s) fonds de commerce et, le cas échéant, les immeubles indispensables à l'exploitation, ne pourront pas être aliénés pendant toute la durée du plan sans l'autorisation du Tribunal.
Dit que la publicité de l'inaliénabilité sera effectuée par le commissaire à l'exécution du plan conformément aux articles L.626-14 et R.626-25 du Code de Commerce.
Dit les dépens en frais privilégiés de redressement judiciaire.
Ledit Jugement a été prononcé par sa mise à disposition au Tribunal de Commerce d'Angoulême du 18/06/2026 conformément à l'article 450 du Code de Procédure Civile, signé par Philippe LOZIER, Président d'audience, ayant participé au délibéré et par Magali PIERRAT, Greffier.
Le Greffier
Magali PIERRAT
Le Président.
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