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TJ 30189, 26 juin 2026, RG 26/03127


Vérifier : TJ 30189, 26 juin 2026, RG 26/03127 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
26/06/2026
Numéro
26/03127
Lieu / cour
tj30189
Chambre
Juge Libertés Détention
Type
other
Id
6a3eef52cdc6046d47ee9cbc

Texte de la décision

13,097 caractères

COUR D'APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES

MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES

Requête: N° RG 26/03127 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTP5

ORDONNANCE DU 26 Juin 2026 SUR LA DEMANDE DE TROISIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE

Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assisté de Julie EZQUERRA, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,

Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

En vertu de l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l'audience.

Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;

Vu la requête reçue au greffe le 25 Juin 2026 à 9h53 enregistrée sous le numéro N° RG 26/03127 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTP5 présentée par Monsieur [U] [H] DU [S] concernant :
Monsieur [V] [I] alias [B] [Q]
né le 19 Juin 1991 à [Localité 1] (ALLEMAGNE)
de nationalité Macédonienne ;

Vu l'interdiction définitive de territoire français prononcée le 28 avril 2025 par la Cour d'Appel d'Aix-en-Provence et notifiée le 28 avril 2025 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 27 avril 2026 notifiée le 28 avril 2026 à 9h56 ;

Vu l'ordonnance du 02 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 26 jours ;

Vu l'ordonnance du 27 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 30 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 29 mai 2026 ;

Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par le Cabinet CENTAURE AVOCATS du barreau de PARIS substitué par Maître Matthias GIMENEZ ;

Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Doha FEKAK , avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ;

Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue macédonaine ; qu'il indique à l'audience, qu'il parle le français et a été entendu en cette langue ;

DEROULEMENT [J] DEBATS

La personne étrangère déclare: Je parle bien français, je n'ai pas besoin d'un interprète. Je vous comprends Madame. Je voudrais partir en Allemagne, mon pays d'origine. Je veux quitter la France. Je veux rentrer chez moi, dans mon pays, avec mes propres moyens si c'est possible.

Me [F] [P] ne soulève aucune nullité de procédure ;

Le représentant de la Préfecture : Il est connu sous une autre identité avec une copie du passeport. MAil de relance du 23/06/26, il ne dispose d'aucune garantie de représentation. Il n'envisage pas de retourner en Macédoine, il indique sa volonté de rejoindre l'Allemagne mais ne démontre pas ses droits en Allemagne. Il a été condamné à 18 mois de prison pour outrage à PDAP.

Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [V] [I].

Sur le fond, Me [F] [P] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant :
- aucune diligence n'a été faite en temps utile, la relance date du 23 juin pour l'audience du 26 juin, il y aurait pu avoir d'autres démarches depuis la seconde prolongation. Il n'y a aucune perspective réelle d'éloignement. Il veux exécuter cette ITN, il veut retourner dans son pays d'origine qu'il considère comme l'Allemagne puisqu'il est né en Allemagne.

La personne étrangère déclare : C'est tout Madame. Je n'ai pas de documents d'identité non. J'ai de la famille oui, mais je n'ai pas de documents.

MOTIFS DE LA DECISION

- sur le fond

Attendu que le dernier alinéa de l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, prévoit que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de soixante jours, dans les cas suivants :

1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ;

2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;

3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.

Qu'en l"espèce il ressort de la procédure que Monsieur [V] [I] ne disposait au moment de son interpellation d'aucun document d'identité ni d'aucun document de voyage et n'en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de sorte qu'il est nécessaire de l'identifier formellement avant de pouvoir procéder à son éloignement effectif ;

que l'administration justifie avoir accompli les diligences utiles et effectives en saisissant les autorités macédoniennes d'une demande d'identification ; que le 1er juin 2026, l'intéressé a été reconnu par ses autorités et a donné son accord pour sa réadmission ; que l'administration est dans l'attente de la délivrance d'un laisser-passer ; que des relances ont été réalisées le 4 juin 2026 et le 23 juin 2026 ;

que cependant, le comportement de Monsieur [V] [I] représente une menace pour l’ordre public en ce qu'il vient d'exécuter en détention une peine de 2 ans d'emprisonnement prononcée par la cour d'appel de AIX EN PROVENCE pour des faits de vol aggravé en récidive et tentative d'évasion ;

qu'en outre, il est opposé à un retour dans son pays d'origine puisqu'il souhaite retourner en Allemagne ; qu'ainsi ses garanties de représentation sont inexistantes et la prolongation de la mesure demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement.

qu’en conséquence, il sera fait droit à la requête préfectorale

PAR CES MOTIFS

DECLARONS la requête recevable ;

ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 30 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire de Monsieur [V] [I] alias [B] [Q]
né le 19 Juin 1991 à [Localité 1] (ALLEMAGNE)
de nationalité Macédonienne

et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 27 juin 2026 ;

RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 2] ;

AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;

AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])

AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;

LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.

Fait à [Localité 2], en audience publique, le 26 Juin 2026 à

LE GREFFIER LA PRESIDENTE

Reçu notification le 26 Juin 2026 à

[U] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE

Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [V] [I]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [V] [I]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [V] [I]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [U] [H] [W]
le 26 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 2];
le 26 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 2] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 26 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me [F] [P] ;
le 26 Juin 2026 à par mail Le Greffier

PROCÈS VERBAL [J] OPÉRATIONS TECHNIQUES

UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 3] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)

Visio conférence tenue le 26 Juin 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES

dans la procédure suivie contre :
Monsieur [U] [H] [W] contre Monsieur [V] [I]

Procès verbal établi par Julie EZQUERRA greffier

La communication a été établie à 9h44
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à 9h49
x La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :

Fait à [Localité 2], le 26 Juin 2026

RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 2]

Monsieur [V] [I] reconnaît avoir :

Reçu notification le ..............................à ....................................heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 26 Juin 2026 par Elodie DUMAS , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES. .

AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;

AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])

AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;

LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.

Signature du requérant

Cette ordonnance a été traduite oralement en.............................................................
langue que le requérant comprend ;
le .................................................................. à ........................... [K]
Par l’intermédiaire de :
☐................................................................................., interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec ....................................................., interprète en langue .....................................................
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )

MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] (04.66.76.48.76)

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