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TJ 06088, 29 juin 2026, RG 26/00580


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Date
29/06/2026
Numéro
26/00580
Lieu / cour
tj06088
Chambre
Chambre des référés
Type
other
Id
6a42c909cdc6046d47422808

Texte de la décision

19,208 caractères

COUR D’APPEL D’[Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 2]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
-
EXPERTISE

N° RG 26/00580 - N° Portalis DBWR-W-B7K-RC5X
du 29 Juin 2026
M.I 26/00000721

affaire : [D] [R]
c/ S.A. AIG EUROPE, CPAM DES ALPES MARITIMES

Copie exécutoire délivrée à

Me Laurent GERBI
Me Lugdivine SANCHEZ

Copie certifiée conforme
délivrée à

EXPERTISE

l’an deux mil vingt six et le vingt neuf Juin À 14 H 00

Nous, Céline POLOU, Vice-Présidente, assistée de Madame Wendy NICART, Greffier, lors de l’audience, et de Madame Wendy NICART, Greffier, lors de la mise à disposition, avons rendu l’ordonnance suivante :

Vu l’assignation délivrée par exploit en date du 27 Mars 2026 déposé par Commissaire de justice.

A la requête de :

Monsieur [D] [R]
[Adresse 1]
[Localité 3]
Rep/assistant : Me Laurent GERBI, avocat au barreau de NICE

DEMANDEUR

Contre :

S.A. AIG EUROPE
[Adresse 2]
[Adresse 3]
[Localité 4]
Rep/assistant : Me Lugdivine SANCHEZ, avocat au barreau de MARSEILLE

CPAM DES ALPES MARITIMES
[Adresse 4]
[Localité 5]
Non comparante ni représentée

DÉFENDERESSES

Après avoir entendu les parties en leurs explications à l’audience du 19 Mai 2026 au cours de laquelle l’affaire a été mise en délibéré au 29 Juin 2026.

EXPOSE DU LITIGE

Monsieur [D] [R] a été victime d'un accident de la circulation, survenu à [Localité 2] le 10 juillet 2024 impliquant le véhicule conduit par Monsieur [L] [U], appartenant à la société de location SIXT, assuré auprès de la SA AIG EUROPE.

Par actes de commissaire de justice des 27 mars et 1er avril 2026, Monsieur [D] [R] a fait assigner la SA AIG EUROPE et la CPAM des Alpes-Maritimes devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Nice, afin de voir :
- ordonner, une expertise médicale,
- voir condamner, la SA AIG EUROPE au paiement de la somme de 25 000 euros à titre de provision à valoir sur son préjudice patrimonial et extra patrimonial, une somme de 1500 euros à titre de provision ad litem et une indemnité de 1500 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ainsi qu'aux dépens.

Dans ses écritures déposées à l'audience précitée et visées par le greffe, la SA AIG EUROPE formule protestations et réserves quant à la demande d'expertise et conclut aux fins de voir :
- Préciser dans la mission de l'expert, l'obligation pour ce dernier de déposer un pré-rapport et de laisser aux parties la possibilité d'établir un dire pendant un délai qui ne saurait être inférieur à 15 jours,
- Fixer le montant de la provision qui sera allouée à Monsieur [D] [R] à la somme de 20 000 euros,
- Débouter Monsieur [D] [R] de toutes autres demandes, fins et conclusions,
- Laisser la charge des dépens au demandeur.

Bien que régulièrement assignée par acte remis à personne se disant habilitée, la CPAM des Alpes-Maritimes n'a constitué avocat.

L'affaire a été mise en délibéré au 29 juin 2026.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur la demande d'expertise :

Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé en référé.

En l'espèce, il ressort des éléments versés aux débats et notamment du certificat de constatation de blessures en date du 10 juillet 2024, du compte-rendu d'hospitalisation en date du 15 juillet 2024, du certificat en date du 9 septembre 2025 du Docteur [Z] [X] [H] et du rapport d'expertise amiable et contradictoire des Docteurs [I] [O] et [N] [W] en date du 22 septembre 2025, que Monsieur [D] [R] a subi un préjudice corporel consécutif à un accident de la circulation consistant en particulier en un traumatisme du genou gauche avec fracture et arrachement de la pointe rotulienne, un traumatisme de l'épaule droite avec fracture de l'olécrâne, un traumatisme de l'épaule droite, un traumatisme thoracique avec rupture de l'isthme aortique grade I, une fracture des arcs moyens des 4e et 6e côtes gauches, 7e côte droite avec emphysème pariétal et pneumothorax centimétrique antéro inférieur droit, un traumatisme abdominal avec plage d'ischémie splénique et un traumatisme du bassin avec fracture de la branche iliopubienne droite.

Le rapport d'expertise amiable et contradictoire des Docteurs [I] [O] et [N] [W] en date du 22 septembre 2025, mentionne un état non consolidé et un nouvel examen dans six mois, dont il n'est cependant pas justifié de la réalisation.

Dès lors, Monsieur [D] [R] justifie d'un motif légitime à voir établir de façon contradictoire l'étendue du préjudice subi par un médecin expert, inscrit sur la liste de la cour d'appel, présentant toutes les garanties d'objectivité et d'impartialité.

Il convient de faire droit à sa demande d'expertise, à ses frais avancés.

La mission de l'expert et les modalités de l'expertise seront précisées dans le dispositif de la présente ordonnance.

Sur la demande de provision :

Le juge des référés est sur le fondement de l'article 835 alinéa 2 du code de procédure civile, habilité à allouer une indemnité provisionnelle, lorsque la créance du requérant n'est pas sérieusement contestable.

En l'espèce, le droit à indemnisation de la victime n'est pas sérieusement contestable au regard des circonstances de l'accident impliquant un véhicule terrestre à moteur et des dispositions de la loi du 5 juillet 1985, ni même contesté.

Il ressort des pièces versées aux débats que Monsieur [D] [R] a déjà perçu une provision de 5000 euros. Il sollicite une provision complémentaire de 25 000 euros.

La SA AIG EUROPE offre une provision complémentaire de 20 000 euros.

Il ressort de l'ensemble des éléments médicaux versés que Monsieur [D] [R] a subi d'importantes lésions, donnant lieu à :
- La prise d'un traitement médicamenteux ;
- Deux opérations chirurgicales consistant en une ostéosynthèse d'une fracture complexe de l'extrémité proximal d'ulna par brochage haubanage et une réinsertion trans-osseuse avec cadrage du tendon rotulien ;
- Des arrêts de travail répétés allant du 10 juillet 2024 au 3 avril 2026 ;
- L'utilisation d'un fauteuil roulant ;
- Une immobilisation par attelle coude au corps ;
- Des séances de kinésithérapie.

Dès lors, la nature et la gravité des blessures subies, les soins qu'elles ont entraînés, l'hospitalisation qui en est résulté et les souffrances endurées, commandent d'allouer à la victime une provision de 22 000 euros à valoir sur son préjudice corporel, dans l'attente du dépôt du rapport d'expertise.

La SA AIG EUROPE dont l'obligation à indemnisation n'est pas sérieusement contestable sera condamnée à son paiement.

Sur la provision ad litem :

Le juge des référés a le pouvoir sur le fondement de l'article 835 alinéa 2 du code de procédure civile d'accorder une provision pour les frais d'instance dès lors que l'obligation n'est pas sérieusement contestable, sans que cette allocation soit subordonnée à la preuve d'une impécuniosité de la partie qui en sollicite l'attribution.

La SA AIG EUROPE expose que le demandeur a mis un terme brutal au processus amiable en empêchant l'expertise amiable de se poursuivre, que le docteur [O] a rendu un rapport concluant à l'absence de consolidation et que M. [R] n'a pas attendu la réunion de clôture qui aurait permis d'évaluer l'étendue de son préjudice.

Toutefois, M. [R] fait valoir, que nonobstant le rapport provisoire établi dans le cadre amiable, il a sollicité au regard de la gravité de ses blessures et des séquelles potentielles, une expertise judiciaire lui assurant l'impartialité de l'expert désigné.

Le rapport d'expertise amiable et contradictoire des Docteurs [I] [O] et [N] [W] en date du 22 septembre 2025, mentionne un état non consolidé et la nécessité de procéder à un nouvel examen dans six mois, dont il n'est cependant pas justifié de la réalisation au jour de la délivrance de l'assignation.

Dès lors, en considération des frais prévisibles d'expertise judiciaire et d'assistance à expertise judiciaire et au vu de la nécessité de mettre en place une expertise judiciaire au regard de la nature des lésions subies par M. [R], il y a lieu d'allouer à ce dernier en l'absence de contestation sérieuse, une provision ad litem de 1200 euros qui sera mise à la charge de la SA AIG EUROPE.

Sur l'article 700 du code de procédure civile et les dépens :

Au vu de l'issue du litige, il sera alloué à Monsieur [D] [R] la somme de 1200 euros en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.

Les dépens seront mis à la charge de la SA AIG EUROPE dont l'obligation à indemnisation n'est pas sérieusement contestable.

PAR CES MOTIFS

Nous, juge des référés, statuant publiquement par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et prononcée par mise à disposition au greffe, avis préalablement donné,

ORDONNONS une expertise médicale de Monsieur [D] [R] ;

COMMETTONS pour y procéder le Docteur [Q] [P], expert inscrit sur la liste de la cour d'appel d'Aix en Provence demeurant :

[Adresse 5]
[Localité 6]
06.80.74.43.27
[Courriel 1]

à charge pour lui d'avoir recours à un sapiteur dans une spécialité distincte de la sienne si cela s'avérait nécessaire, avec mission de :

1°- convoquer la victime du dommage corporel, avec toutes les parties en cause et en avisant leurs conseils ;

2°- se faire communiquer par tout tiers détenteur, l'ensemble des documents nécessaires à l'exécution de la présente mission, en particulier, et avec l'accord de la victime ou de ses ayants droits, le dossier médical complet (certificat médical initial descriptif, certificat de consolidation, bulletin d'hospitalisation, compte-rendu d'intervention, résultat des examens complémentaires, etc.) et les documents relatifs à l'état antérieur (anomalies congénitales, maladies ou séquelles d'accident) ainsi que le relevé des débours de la CPAM ou de l'organisme social ayant servi des prestations sociales;

3°- relater les constatations médicales faites à l'occasion ou à la suite de ce dommage et consignées dans les documents ci-dessus visés ;

4°- examiner la victime ;

5°- décrire les lésions subies ou imputées par la victime à l'événement dommageable, leur évolution, les soins médicaux et paramédicaux mis en œuvre jusqu'à la consolidation ; donner tous éléments afin de déterminer si ces lésions et soins subséquents sont en relation directe et certaine avec les dits faits ;

6° - fixer la date de consolidation des blessures, définie comme étant la date de stabilisation des lésions médicalement imputables aux faits à l'origine des dommages ;

Au titre des préjudices patrimoniaux temporaires avant consolidation

* Dépenses de Santé Actuelles (DSA) ;

* Frais divers (FD) : au vu des décomptes et des justificatifs fournis, donner son avis sur d'éventuelles dépenses de santé ou de transport exposées par la victime avant la consolidation de ses blessures qui n'auraient pas été prises en charge par les organismes sociaux ou par des tiers payeurs, en précisant le cas échéant si le coût ou le surcoût de tels faits se rapportent à des soins ou plus généralement à des démarches nécessitées par l'état de santé de la victime et s'ils sont directement en lien avec les lésions résultant des faits à l'origine des dommages ;

* Perte de gains professionnels actuels (PGPA), indiquer les périodes pendant lesquelles la victime a été avant sa consolidation et du fait de son incapacité fonctionnelle résultant directement des lésions consécutives aux faits à l'origine des dommages, dans l'incapacité d'exercer totalement ou partiellement une activité professionnelle ou économique ou encore sportive ;

Au titre des préjudices patrimoniaux permanents après consolidation

* Dépenses de santé futures (DSF) ;

* frais de logement adapté (FLA) : donner son avis sur d'éventuelles dépenses ou frais nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d'adapter son logement à son handicap ;

* frais de véhicule adapté (FVA) : au vu des justificatifs fournis, donner son avis sur d'éventuelles dépenses nécessaires pour permettre le cas échéant à la victime d'adapter son véhicule à son handicap en précisant leur coût ou leur surcoût, ainsi que la nature et la fréquence de renouvellement des frais d'adaptation ;

* assistance par tierce personne (ATP) : donner son avis sur la nécessité d'éventuelles dépenses liées à l'assistance permanente d'une tierce personne, en précisant, le cas échéant, s'il s'agit d'un besoin définitif ;

* perte de gains professionnels futurs (PGPF) : indiquer au vu des justificatifs produits si le déficit fonctionnel permanent dont la victime reste atteinte après sa consolidation entraîne l'obligation pour elle de cesser totalement ou partiellement son activité professionnelle ou de changer d'activité professionnelle ;

* incidence professionnelle (IP) : indiquer, notamment au vu des justificatifs produits, si le déficit fonctionnel permanent entraîne d'autres répercussions sur son activité professionnelle actuelle ou future (obligation de formation pour un reclassement professionnel, pénibilité accrue dans son activité, dévalorisation sur le marché du travail etc. ;

* préjudice scolaire, universitaire ou de formation (PSU) : dire si la victime a subi une perte d'année d'étude scolaire, universitaire ou de formation en précisant le cas échéant si celle-ci a dû se réorienter ou renoncer à certaines ou à toutes formations du fait de son handicap ;

Au titre des préjudices extrapatrimoniaux temporaires avant consolidation

* déficit fonctionnel temporaire (DFT) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel temporaire, en préciser sa durée, son importance et au besoin sa nature ;

* souffrances endurées (SE) : décrire les souffrances physiques et psychiques endurées par la victime, depuis les faits à l'origine des dommages jusqu'à la date de consolidation, du fait des blessures subies et les évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;

* préjudice esthétique temporaire (PET) : décrire la nature et l'importance du dommage esthétique subi temporairement jusqu'à consolidation des blessures et l'évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;

Au titre des préjudices extrapatrimoniaux permanents après consolidation

* déficit fonctionnel permanent (DFP) : indiquer si la victime a subi un déficit fonctionnel permanent subsistant après la consolidation des lésions ; en évaluer l'importance et au besoin en chiffrer le taux ;

* préjudice d'agrément (PA) : donner son avis sur l'existence d'un préjudice d'agrément résultant de l'impossibilité pour la victime de pratiquer régulièrement une activité spécifique sportive ou de loisirs ;

* préjudice esthétique permanent (PEP) : décrire la nature et l'importance du préjudice esthétique subi de façon définitive après la consolidation des blessures et l'évaluer sur une échelle de 1 à 7 degrés ;

* préjudice sexuel et préjudice d'établissement (PS) (PE) : indiquer s'il existe ou existera (lorsque la victime est un enfant) un préjudice sexuel, de procréation ou d'établissement ;
DISONS que l'expert devra établir un état récapitulatif de l'évaluation de l'ensemble des postes énumérés dans la mission et dire si l'état de la victime est susceptible de modification en aggravation ou en amélioration ;

Dans l'affirmative, fournir à la juridiction toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité, et, dans le cas où un nouvel examen apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;

DISONS que Monsieur [D] [R] devra consigner à la régie du tribunal judiciaire de NICE une provision de 1000 euros à valoir sur les frais d'expertise, et ce au plus tard le 29 août 2026 à peine de caducité de la mesure d'expertise, sauf dans l'hypothèse où une demande d'aide juridictionnelle antérieurement déposée serait accueillie, auquel cas les frais seront avancés directement par le Trésorier Payeur Général ;

DISONS que l'expert procédera à sa mission dès qu'il sera avisé du versement de la consignation ci-dessus fixée ou dès notification de la décision d'aide juridictionnelle, et qu'il déposera au greffe rapport de ses opérations au plus tard le 1er février 2027 sauf prorogation dûment autorisée ;

DISONS que, conformément aux dispositions de l'article 280 du code de procédure civile, en cas d'insuffisance manifeste de la provision allouée, au vu des diligences faites ou à venir, l'expert en fera sans délai rapport au juge, qui, s'il y a lieu, ordonnera la consignation d'une provision complémentaire à la charge de la partie qu'il détermine et qu'à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités fixés par le juge, et sauf prorogation de ce délai, l'expert déposera son rapport en l'état ;

DISONS que, conformément aux dispositions de l'article 282, le dépôt par l'expert de son rapport sera accompagné de sa demande de rémunération, dont il aura adressé un exemplaire aux parties par tout moyen permettant d'en établir la réception et disons que, s’il y a lieu, celles-ci adresseront à l'expert et à la juridiction ou, le cas échéant, au juge chargé de contrôler les mesures d'instruction, leurs observations écrites sur cette demande dans un délai de quinze jours à compter de sa réception;

DISONS que, passé le délai imparti aux parties par l'article 282 pour présenter leurs observations, le juge fixera la rémunération de l'expert en fonction notamment des diligences accomplies, du respect des délais impartis et de la qualité du travail fourni ;

DISONS que, sauf accord contraire des parties, l'expert commis devra adresser aux parties un pré-rapport de ses observations et constatations afin de leur permettre de lui adresser un DIRE récapitulant leurs arguments sous un DÉLAI DE UN MOIS ;

DISONS qu'en cas d'empêchement de l'expert commis, il sera procédé à son remplacement par ordonnance du juge chargé de la surveillance des expertises ;

COMMETTONS le magistrat chargé du contrôle des expertises, pour surveiller les opérations d'expertise ;

DECLARONS la présente ordonnance commune à la Caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-Maritimes ;

CONDAMNONS la SA AIG EUROPE à payer à Monsieur [D] [R] une indemnité provisionnelle de 22 000 euros à valoir sur la réparation de son préjudice patrimonial et extra patrimonial ;

CONDAMNONS la SA AIG EUROPE à payer à Monsieur [D] [R] une provision ad litem de 1200 euros ;

CONDAMNONS la SA AIG EUROPE à payer à Monsieur [D] [R] la somme de 1200 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;

CONDAMNONS la SA AIG EUROPE aux dépens de l'instance ;

REJETONS le surplus des demandes ;

RAPPELONS que la présente décision est exécutoire de droit à titre provisoire.

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le juge des référés et le greffier.

LE GREFFIER LE JUGE DES RÉFÉRÉS

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