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TJ 30189, 28 juin 2026, RG 26/03158


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Date
28/06/2026
Numéro
26/03158
Lieu / cour
tj30189
Chambre
Juge Libertés Détention
Type
other
Id
6a42df4ecdc6046d4743e53c

Texte de la décision

11,714 caractères

COUR D'APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES

MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES

Requête: N° RG 26/03158 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTS5

ORDONNANCE DU 28 Juin 2026 SUR LA DEMANDE DE SECONDE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE

Nous, Valérie DUCAM, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Ines TOURNAY, Greffier, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,

Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

Vu la présence de Monsieur [F] [D] à l'audience de ce jour.

Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;

Vu la requête reçue au greffe le 26 Juin 2026 à 16H58 enregistrée sous le numéro N° RG 26/03158 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTS5 présentée par Monsieur [O] PREFET DU [S] concernant
Monsieur [D] [F]
né le 08 Juillet 1992 à [Localité 1] (NIGERIA)
de nationalité Nigérienne ;

Vu l'arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 28 mai 2026 et notifié le 28 mai 2026 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 28 mai 2026 notifiée le même jour à 17h20

Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, ne s'est pas fait représenter ;

* * *

Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Elsa LONGERON, avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ;

Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue anglaise et a donc été entendue avec l'assistance d'un interprète en cette langue, Madame [A] [C]
- ayant préalablement prêté serment ;
- inscrit sur une des listes des experts de la Cour d'Appel

DEROULEMENT DES DEBATS

La personne étrangère déclare: ce qu'il m'est arrivé dans ce pays (il montre son doigt) j'ai travaillé ici mais ils ne m'ont pas donné de papier, je parle pas français donc on ne m'a pas écouté, la police a dit que j'ai craché sur eux mais ils me connaissent c'est pas la premiere fois, la deuxième fois c'est eux qui m'ont agressé je doit parler c'est pas parce qu'ils sont policiers que je dois rien dire, je vis pas dans la rue je travaille c'est pour ça qu'ils m'ont envoyé à [Localité 2], je suis ici depuis 2020. je n'ai pas de famille. en tant que chrétien on veut m'envoyer dans un pays où on coupe la tête des chrétiens. la première fois quand j'étais devant le juge je n'ai pas pu parler parce qu'il y avait des musulmans et après on va dire au centre que je suis réciste. au nigéria je ne peux pas parler les musulmans tuent les chrétien. envoyez moi en prison puisqu'en prison on a des droits

Le représentant de la Préfecture : La Préfecture ne s'est pas fait représenter à l'audience de ce jour bien que dûment avisée.

***

Sur le fond, Me [H] [M] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant : le temps suite à l'audience au consulat et un éloignement possible ne pourra pas intervenir dans la deuxième prolongation au vu des délais. Il n'a pas de condamnation au casier il n'est pas au TAJ non plus. Suite à son interpellation il y a pas de poursuite pénale. pas de trouble à l'ordre public et pas de perspective d'éloignement.

La personne étrangère déclare : j'ai eu des problème avec la police parce que ma mère, quand je vois la police je suis toujours agressif parce que mon père a été tué par la police. je n'ai rien à ajouter.

MOTIFS DE LA DECISION

- sur les exceptions de nullité invoquées in limine litis

- sur le fond

Attendu que conformément à l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, un délai de vingt-six jours s'est écoulé depuis l'expiration du délai de 04 jours mentionné au I de l'article L. 741-1 ;

Attendu qu’il est établi, en l’espèce :
1° une urgence absolue ou une menace pour l'ordre public,
2° que l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ;
4° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison d’une délivrance tardive des documents de voyage ;
en ce que,

en ce cas [F] [D] est dépourvu de passeport ; qu'une demande de reconnaissance a été adressée à l'ambassade du NIGERIA le 28 mai 2026 et qu'une audition est prévue le 07 juillet 2026, soit dans 10 jours ; qu'il apparait par conséquent que les autorités administratives ont réalisé les diligences nécessaires, aucun élément ne pouvant établir que l'éloignement ne sera pas réalisé.

qu'il convient par conséquent de faire droit à la requête de la préfecture.

PAR CES MOTIFS

DECLARONS la requête recevable

ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 26 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de Monsieur [D] [F]
né le 08 Juillet 1992 à [Localité 1] (NIGERIA)
de nationalité Nigérienne

et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 26 juin 2026;

RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 3] ;

AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;

AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])

AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;

LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.

Fait à [Localité 3], en audience publique, le 28 Juin 2026 à

[O] GREFFIER LA PRESIDENTE

Reçu notification le 28 Juin 2026 à

[X] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE

Pris connaissance ce jour à heures

☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [D] [F]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [D] [F]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [D] [F]

et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président

☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance

Le Procureur de la République

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [X] [B]
le 28 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 3];
le 28 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 3] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 28 Juin 2026 à par mail Le Greffier

☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Elsa LONGERON ;
le 28 Juin 2026 à par mail Le Greffier

PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES

UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 4] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)

Visio conférence tenue le 28 Juin 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES

dans la procédure suivie contre :
Monsieur [X] DU [S] contre Monsieur [D] [F]

Procès verbal établi par Ines TOURNAY greffier

La communication a été établie à
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués

La communication a été interrompue à

☐ La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :

Fait à [Localité 3], le 28 Juin 2026

RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 3]

Monsieur [D] [F] reconnaît avoir :

Reçu notification le ..............................à ....................................heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 28 Juin 2026 par Valérie DUCAM, vice-présidente, magistrat du siège de tribunal judiciaire de NIMES
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;

AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])

AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;

LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.

Signature du requérant

Cette ordonnance a été traduite oralement en.............................................................
langue que le requérant comprend ;

le .................................................................. à ........................... [Z]

Par l’intermédiaire de :

☐................................................................................., interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA

☐ L’ISM, par téléphone

avec ....................................................., interprète en langue ............................................................

SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )

MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] (04.66.76.48.76)

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