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TJ 69123, 25 juin 2026, RG 26/00792


Vérifier : TJ 69123, 25 juin 2026, RG 26/00792 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
25/06/2026
Numéro
26/00792
Lieu / cour
tj69123
Chambre
PPP PÔLE MTT
Type
other
Id
6a440a7fcdc6046d475ef49b

Texte de la décision

11,827 caractères

DOSSIER N° RG 26/00792 - N° Portalis DB2H-W-B7K-35SI

Jugement du :
25/06/2026

MINUTE N°

PPP PÔLE MTT

SDC LA COMBE BLANCHE
C/
[O] [I]

Le :

Copie exécutoire délivrée à :
Me Anne-Charlotte LESAVRE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LYON
PÔLE DE LA PROXIMITE ET DE LA PROTECTION

JUGEMENT

A l’audience publique du tribunal judiciaire tenue le Jeudi vingt cinq Juin deux mil vingt six

COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE : MENNESSON REROLLE Marine
GREFFIÈRE : SPIRIDONOVA Maiia

ENTRE :

DEMANDEUR

Syndic. de copro. LA COMBE BLANCHE 82 A 90 RUE JEAN SARRAZIN 69008 LYON, domiciliée : chez ESPACE IMMOBILIER LYONNAIS, dont le siège social est sis 103 avenue Maréchal de Saxe - 69003 LYON
représenté par Me Anne-Charlotte LESAVRE, avocat au barreau de LYON, vestiaire : 2563

d’une part,

DEFENDEUR

Monsieur [O] [I], demeurant 7 chemin de la Plumassière - 69230 SAINT-GENIS-LAVAL
non comparant, ni représenté

Cité à étude par acte de commissaire de justice en date du 21/07/2025

d’autre part

Date de la première audience et de la mise en délibéré : 30/04/2026
EXPOSE DU LITIGE :

Monsieur [O] [I] est propriétaire des lots n°537, 189, 362 dans la copropriété de l’ensemble immobilier 82 à 90 rue Jean Sarrazin 69008 LYON.

Suivant assignation délivrée par commissaire de justice le 21 juillet 2025, le syndicat des copropriétaires a fait citer Monsieur [O] [I] à comparaître devant le pôle de proximité et de protection du tribunal judiciaire de LYON, afin d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, sa condamnation à lui payer :

* la somme de 2914,07 euros au titre des charges de copropriété impayées au 2ème trimestre 2025 inclus, sous réserve d'actualisation au jour de l'audience, avec intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure ou de la sommation de payer,

* celle de 516 euros au titre des honoraires de syndic, conformément au mandat de syndic, en vertu de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965,

* celle de 800 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive,

* celle enfin de 800 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens comprenant le coût de la sommation de payer, de l’hypothèque légale du syndic, les frais accessoires et les frais de procédure.

A l’audience du 30 avril 2026 à laquelle l’affaire a été plaidée, le syndicat des copropriétaires a actualisé sa demande à la somme de 3615,52 euros en principal au titre des charges dues au 23 avril 2026 et a maintenu ses autres demandes.

Régulièrement cité par dépôt d'une copie de l'assignation en l'étude du commissaire de justice, Monsieur [O] [I] n’a pas comparu et ne s'est pas fait représenter.

Le syndicat des copropriétaires a été autorisé à produire par note en délibéré le justificatif du fait qu’il a porté sa demande actualisée à la connaissance de Monsieur [O] [I], mais n’a pas adressé de pièce en ce sens.

Le jugement a été mis en délibéré au 25 juin 2026.

Compte tenu du montant des demandes inférieures à 5000 euros et de la non comparution de la partie défenderesse non citée à personne, le présent jugement sera rendu par défaut et en dernier ressort, susceptible d’opposition.

Pour un plus ample exposé des moyens et prétentions des parties, il est renvoyé à l’assignation, en application de l’article 455 du code de procédure civile.

MOTIFS DE LA DECISION :

En application de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien fondée.

* Sur la demande en paiement au titre des charges de copropriété échues

Selon l’article 16 du code de procédure civile, le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui-même le principe de la contradiction. Il ne peut retenir, dans sa décision, les moyens, les explications et les documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été à même d'en débattre contradictoirement.

En l’espèce, le syndicat des copropriétaires ne justifie pas avoir transmis à Monsieur [O] [I] , avant l’audience, sa demande d’actualisation accompagnée des pièces correspondantes. Aussi convient-il de constater l’absence de respect du principe du contradictoire concernant la demande actualisée formée à l’audience, et de statuer uniquement sur la demande contenue dans l’assignation.

En application de l’article 10 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, les copropriétaires sont tenus de participer aux charges entraînées par les services collectifs et les éléments d'équipement commun en fonction de l'utilité que ces services et éléments présentent pour chaque lot, ainsi qu’aux charges relatives à la conservation, à l'entretien et à l'administration des parties communes et de verser au fonds de travaux mentionné à l'article 14-2-1 la cotisation prévue au même article, proportionnellement aux valeurs relatives des parties privatives comprises dans leurs lots.

Conformément à l’article 14-1 de la même loi, le syndicat des copropriétaires vote, chaque année, un budget prévisionnel pour faire face aux dépenses courantes de maintenance, de fonctionnement et d'administration des parties communes et équipements communs de l'immeuble. Selon l’article 14-1-II de cette loi, ne sont pas comprises dans le budget prévisionnel les dépenses pour travaux dont la liste est fixée par décret en Conseil d’Etat. Selon l’article 14-2, les dépenses pour travaux sont exigibles selon les modalités votées par l’assemblée générale.

En application de l’article 19-2 de la même loi, à défaut du versement à sa date d’exigibilité d’une provision due au titre de l’article 14-1 ou du I de l’article 14-2, et après une mise en demeure restée infructueuse passé un délai de trente jours, les autres provisions non encore échues en application des articles 14-1 et 14-2 I et les sommes restant dues au titre des exercices précédents après approbation des comptes deviennent immédiatement exigibles. Cela est applicable aux cotisations du fonds de travaux.

En l’espèce, le syndicat des copropriétaires verse aux débats les procès verbaux des assemblées générales des années 2023 à 2025 ayant voté les budgets prévisionnels, approuvé les budgets des années précédentes, les relevés des dépenses de la copropriété, les appels de provisions adressés à Monsieur [O] [I] et un décompte des charges restant dues.

Il convient par conséquent de condamner Monsieur [O] [I] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 2174,59 euros au titre des charges de copropriété échues et impayées au 24 mai 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 7 avril 2025, date de la sommation de payer,

observation faite que :

- les sommes versées sur cette période ont été déduites,
- les frais d’un montant de 739,48 euros ont été déduits du principal, puisqu’il s’agit soit de frais de syndic, soit de dépens ou de sommes allouées au titre de l’article 700 du code de procédure civile.

* Sur les frais de syndic

Aux termes de l’article 10-1 de la loi du 10 juillet 1965, par dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article 10, sont imputables au seul copropriétaire concerné les frais nécessaires exposés par le syndicat, notamment les frais de mise en demeure, de relance et de prise d’hypothèque à compter de la mise en demeure, pour le recouvrement d’une créance justifiée à l’encontre d’un copropriétaire ainsi que les droits et émoluments des actes des huissiers de justice et le droit de recouvrement ou d’encaissement à la charge du débiteur.

Force est de constater que l’article précité ne vise pas les honoraires versés au syndic pour la mise en oeuvre d’une procédure judiciaire ou la saisine d’un huissier de justice.

Par ailleurs, le syndicat des copropriétaires ne peut se fonder sur le contrat de syndic qui n’est pas opposable au copropriétaire pour solliciter des honoraires à ce dernier. En outre, il n’est pas démontré que les sommes réclamées correspondent à une prestation réelle exclusive dépassant la simple gestion courante.

Aussi convient-il de débouter le syndicat des copropriétaires de sa demande de ce chef.

* Sur la demande de dommage et intérêts

Selon l’article 1231-6 du code civil, le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dommages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance.

L’obligation essentielle d’un copropriétaire est de régler régulièrement et intégralement les charges afférentes à son lot. Le fait de ne pas respecter cette obligation est fautif en ce qu’il impose au syndicat de devoir régler de manière régulière des sommes au syndic pour les tâches de gestion visant à récupérer les charges impayées. Faute de pouvoir imputer ces frais au copropriétaire défaillant, ces sommes sont réglées par l’ensemble des copropriétaires diligents. La défaillance du copropriétaire cause en outre nécessairement un préjudice à la collectivité, impactant la bonne exécution des travaux et des dépenses, perturbant la trésorerie, ou obligeant la collectivité des copropriétaires à faire l’avance des fonds nécessaires pour pallier la défaillance de l’un d’eux.

En l’espèce, il ressort des décomptes produits que le compte de Monsieur [O] [I] présente un solde débiteur depuis plusieurs années, sans tentative de régularisation de la situation avant l’engagement de la procédure.

En conséquence, Monsieur [O] [I] sera condamné à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 300 euros à titre de dommages et intérêts.

* Sur les demandes accessoires

En application de l’article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner Monsieur [O] [I] , partie perdante, aux entiers dépens comprenant le coût de la sommation de payer, mais ne comprenant pas le coût de l’hypothèque légale du syndic, des frais accessoires et des frais de procédure autres que ceux mentionnés à l’article 695 du code de procédure civile.

Il y a lieu en outre de condamner Monsieur [O] [I] à payer au syndicat des copropriétaires la somme de 600 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile au titre des frais irrépétibles qu’il a pu engager.

* Sur l’exécution provisoire

Le présent jugement est exécutoire de droit à titre provisoire dans les conditions prévues aux articles 514 à 514-6 du code de procédure civile.

PAR CES MOTIFS

Le tribunal judiciaire pris en son pôle de la proximité et de la protection, statuant publiquement, par jugement rendu par défaut et en dernier ressort, mis à disposition au greffe,

Condamne Monsieur [O] [I] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier 82 à 90 rue Jean Sarrazin 69008 LYON :

- la somme de 2174,59 euros au titre des charges de copropriété échues et impayées au 24 mai 2025 avec intérêts au taux légal à compter du 7 avril 2025,

Condamne Monsieur [O] [I] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier 82 à 90 rue Jean Sarrazin 69008 LYON la somme de 300 euros à titre de dommages et intérêts,

Déboute le syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier 82 à 90 rue Jean Sarrazin 69008 LYON de sa demande au titre des frais du syndic,

Condamne Monsieur [O] [I] à payer au syndicat des copropriétaires de l’ensemble immobilier 82 à 90 rue Jean Sarrazin 69008 LYON la somme de 600 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile,

Condamne Monsieur [O] [I] aux entiers dépens comprenant le coût de la sommation de payer, mais pas le coût de l’hypothèque légale du syndic, des frais accessoires et des frais de procédure autres que ceux mentionnés à l’article 695 du code de procédure civile,

Rappelle que la présente décision bénéficie de l’exécution provisoire de droit.

LA GREFFIÈRE LA JUGE

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