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TJ 33063, 29 juin 2026, RG 26/00590


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Date
29/06/2026
Numéro
26/00590
Lieu / cour
tj33063
Chambre
REFERES 2ème Section
Type
other
Id
6a455916cdc6046d477e0a2f

Texte de la décision

16,166 caractères

TRIBUNAL JUDICIAIRE

DE [Localité 1]

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

54Z

Minute

N° RG 26/00590 - N° Portalis DBX6-W-B7K-3LFQ

3 copies

EXPERTISE

Décision nativement numérique délivrée
le 29/06/2026
à Me Jean-jacques BERTIN
la SELARL GALY & ASSOCIÉS
la SCP LATOURNERIE - MILON - CZAMANSKI - MAZILLE
la SCP TMV AVOCATS

2 copies au service expertise

Rendue le VINGT NEUF JUIN DEUX MIL VINGT SIX

Après débats à l’audience publique du 01 Juin 2026

Par mise à disposition au greffe, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.

Par Sandra HIGELIN, Vice-Présidente au tribunal judiciaire de BORDEAUX, assistée de Isabelle LEBOUL, Greffière.

DEMANDEURS

Monsieur [A] [R]
né le 05 Mars 1968 à [Localité 2]
[Adresse 1]
[Localité 3]

Madame [H] [M] épouse [R]
née le 09 Décembre 1971 à [Localité 4]
[Adresse 1]
[Localité 3]

Tous les deux représentés par Maître Pierrick CHOLLET de la SCP TMV AVOCATS, avocats au barreau de BORDEAUX

DÉFENDERESSES

S.A.R.L. B2P ARCHITECTURE BALLOY PUECH PELIPENKO ARCHITECTURE,
Dont le siège social est :
[Adresse 2]
[Localité 5]
prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège

Représentée par Maître David CZAMANSKI de la SCP LATOURNERIE - MILON - CZAMANSKI - MAZILLE, avocats au barreau de BORDEAUX

MUTUELLE DES ARCHITECTES FRANCAIS
Dont le siège social est :
[Adresse 3]
[Localité 6]
prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège

Défaillante

S.A.R.L. SO B CONCEPT,
Dont le siège social est :
[Adresse 4]
[Localité 7]
prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège

Représentée par Maître Blandine FILLATRE de la SELARL GALY & ASSOCIÉS, avocats au barreau de BORDEAUX

S.A.S. ETCHART CONSTRUCTION, venant aux droits de la société CTBTP
Dont le siège social est :
[Adresse 5]
[Localité 8]
prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège

Représentée par Maître Jean-Jacques BERTIN, avocat au barreau de BORDEAUX

INTERVENANTE VOLONTAIRE

Société MAAF ASSURANCES SA assureur de la SARL SO B CONCEPT
[Adresse 6]
[Localité 9]
prise en la personne de son représentant légal domicilié en cette qualité audit siège

représentée par Maître Blandine FILLATRE de la SELARL GALY & ASSOCIÉS, avocats au barreau de BORDEAUX

EXPOSÉ DU LITIGE

Par actes de commissaire de justice délivrés les 11, 13, 16 et 17 mars 2026, Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R] ont fait assigner la SARL B2P ARCHITECTURE BALLOY PUECH PELIPENKO ARCHITECTURE , la MUTUELLE DES ARCHITECTES FRANÇAIS (MAF), la SARL SO B CONCEPT et la SAS ETCHART CONSTRUCTION venant aux droits de la société CTBTP devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux afin de voir :
- désigner un expert au visa de l’article 145 du code de procédure civile.
- enjoindre à la SARL B2P ARCHITECTURE de communiquer les pièces suivantes :
* le dossier du permis de construire
* la déclaration d'ouverture de chantier
* les marchés signés avec les entreprises (marchés, devis, factures)
* les plans d'exécution
* le ou les procès-verbaux de réception des travaux
* la déclaration d'achèvement des travaux
* les attestations d'assurance
* plus globalement tout document relatif au chantier.

Ils exposent au soutien de leurs demandes être propriétaires d’une maison d’habitation située [Adresse 1] à [Localité 1] et avoir fait réaliser une extension en faisant appel au cabinet d’architectes B2P BALLOY PUECH-PELIPINKO, plusieurs entreprises étant intervenues à l’acte de construction, comme la SO BO CONCEPT pour le lot menuiseries extérieures et la Société ETCHART CONSTRUCTION pour le gros oeuvre. Ils indiquent subir diverses problématiques affectant leur ouvrage, notamment des problèmes d'étanchéité, justifiant l’organisation d’une expertise judiciaire, au contradictoire des parties assignées.

La SARL B2P ARCHITECTURE BALLOY PUECH PELIPENKO ARCHITECTURE a indiqué ne pas s’opposer aux opérations d’expertise sollicitées, sous toutes protestations et réserves d’usage, et a demandé que la mission de l’expert comporte une proposition d’apurement des comptes entre les parties, et qu’il soit enjoint à la SARL SO B CONCEPT de produire, avant l’ouverture des opérations de l’expert, les attestations d’assurance de ses assureurs, d’une part au moment de la Déclaration d’Ouverture de Chantier et d’autre part au moment de la délivrance de l’assignation de M. & Mme [R] pour permettre d’identifier celui ayant éventuellement vocation à mobiliser ses garanties en fonction de la nature des désordres. Elle a enfin sollicité qu’il lui soit donné acte de ce qu’elle communiquera dans le cadre des opérations d’expertise qui seront ordonnées les pièces sollicitées par les requérants.

La SAS ETCHART CONSTRUCTION venant aux droits de la société CTBTP a indiqué ne pas s’opposer aux opérations d’expertise, sous toutes protestations et réserves d’usage.
La SA MAAF a indiqué intervenir volontairement à l’instance es qualités d’assureur de la SARL SO B CONCEPT et ne pas s’opposer à l'expertise judiciaire sollicitée, sous les réserves
et protestations d'usage.

Bien que régulièrement assignées, la MUTUELLE DES ARCHITECTES FRANÇAIS (MAF) et la SARL SO B CONCEPT n’ont pas constitué avocat.

Il y a dès lors lieu de statuer par décision réputée contradictoire.

L’affaire, évoquée à l’audience du 01 juin 2026 , a été mise en délibéré au 29 juin 2026.

MOTIFS DE LA DÉCISION

Il y a lieu à titre liminaire de recevoir l’intervention volontaire de la SA MAAF es qualités d’assureur de la SARL SO B CONCEPT.

Selon l’article 145 du Code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver et d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, des mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé.

L’application de ce texte n’implique aucun préjugé sur la recevabilité et le bien fondé des demandes formées ultérieurement ou sur la responsabilité ou la garantie des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances du procès susceptible d’être engagé. Il suffit de constater qu’un procès est possible, qu’il a un objet et un fondement suffisamment déterminés, qu’il est justifié d’un motif légitime.
En l’espèce, il résulte des pièces produites aux débats par Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R], et notamment du procès-verbal de constat dressé le 17 avril 2025, que la demande d’expertise est fondée sur un motif légitime puisque le litige revêt des aspects techniques qui nécessitent le recours à une telle mesure.

En effet, la mesure d’instruction apparaît nécessaire, notamment pour connaître l’origine des désordres constatés.

Dans ces conditions, et sans que la présente décision ne comporte de préjugement quant aux responsabilités et garanties encourues, il sera fait droit à l’expertise sollicitée, la mission de l’expert étant celle précisée au dispositif de la présente décision.

Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R] sollicitent par ailleurs la condamnation de la SARL B2P ARCHITECTURE à leur communiquer les documents cités dans leur assignation. La SARL B2P ARCHITECTURE ayant communiqué ces documents en cours d’instance, la demande formulée à son encontre à ce titre est sans objet.

Il sera enjoint, en tant que de besoin, à la SARL SO B CONCEPT de communiquer les attestations d’assurance de ses assureurs, d’une part au moment de la Déclaration d’Ouverture de Chantier et d’autre part au moment de la délivrance de l’assignation de M. & Mme [R].

À ce stade de la procédure, et alors que la question du fond reste entière, tant les frais de consignation que les dépens seront laissés à la charge de Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R], sauf à les inclure dans leur éventuel préjudice global.

PAR CES MOTIFS

Le juge des référés du tribunal judiciaire de Bordeaux, statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire, en premier ressort,

Vu l'article 145 du Code de procédure civile,

REÇOIT l’intervention volontaire de la SA MAAF es qualités d’assureur de la SARL SO B CONCEPT

ORDONNE une mesure d'expertise, tous droits et moyens des parties réservés, au contradictoire de la SARL B2P ARCHITECTURE BALLOY PUECH PELIPENKO ARCHITECTURE, la MUTUELLE DES ARCHITECTES FRANÇAIS (MAF), la SARL SO B CONCEPT et la SAS ETCHART CONSTRUCTION venant aux droits de la société CTBTP et la SA MAAF es qualités d’assureur de la SARL SO B CONCEPT,

COMMET pour y procéder Monsieur [K] [Z], [Adresse 7], [Localité 10], Portable : [XXXXXXXX01], [Courriel 1];

DIT que l’expert répondra à la mission suivante :

– se rendre sur les lieux en présence des parties et de leurs conseils ou après les avoir dûment convoquées ; se faire communiquer, dans le délai qu'il estimera utile de fixer, tous documents et pièces qu'il jugera nécessaires à l'exercice de sa mission, et notamment l'assignation, ainsi que tous documents contractuels, techniques et administratifs se rapportant aux travaux litigieux; visiter les lieux et les décrire ;

– déterminer la mission et le rôle effectif de chacun des intervenants ;

– préciser le cas échéant, la date de début effectif des travaux, si un procès-verbal de réception a été établi, et dans la négative fournir à la juridiction les éléments propres à caractériser une réception tacite ou à déterminer à quelle date l'ouvrage était réceptionnable;

– vérifier si les désordres allégués dans la liste visée dans l’assignation, les conclusions ultérieures, les constats ou expertises amiables auxquelles elles se réfèrent, existent et dans ce cas, les décrire en indiquant leur nature et la date de leur apparition ; préciser l'importance de ces désordres, en indiquant ce qui relève respectivement des malfaçons ou des travaux inachevés, indiquer les parties de l'ouvrage qu'ils affectent, en spécifiant tous éléments techniques permettant d'apprécier s'il s'agit d'éléments constitutifs ou d'éléments d'équipement faisant corps ou non, de manière indissociable avec des ouvrages de viabilité, de fondations, d'ossature, de clos ou de couvert ;

– dire si les désordres étaient apparents ou non, lors de la réception ou de la prise de possession, pour un profane,dans le cas où ces désordres auraient été cachés, rechercher leur date d'apparition ;

– dire si ces désordres apparents ont fait l'objet de réserves, si des reprises ont été effectuées, leur nature, leur date et leur utilité ou leur inefficacité pour remédier aux réserves et indiquer si les réserves ont été levées ;

– pour chaque désordre, dire s’il affecte un élément du gros oeuvre ou un élément d’équipement indissociablement lié au gros oeuvre ; préciser si le désordre est de nature à rendre l’immeuble, actuellement ou à terme certain, impropre à son usage ou à compromettre sa solidité, et préciser en quoi ;

– rechercher la cause des désordres en précisant, pour chacun des désordres, malfaçons ou non conformité, s'il y a eu vice du matériau, malfaçons dans l'exécution, vice de conception, défaut ou insuffisance dans la direction ou le contrôle ou la surveillance du chantier, défaut d'entretien ou de tout autre cause, ou préciser en quoi les travaux réalisés ne sont pas conformes aux prescriptions contractuelles ou aux termes du marché ;

– donner tous éléments techniques et de fait permettant au juge de déterminer les responsabilités éventuelles encourues par les différents intervenants et, le cas échéant, déterminer, en précisant les motifs techniques présidant à son appréciation, qui a eu un rôle prépondérant, secondaire ou mineur;

– donner son avis sur les travaux propres à remédier aux désordres constatés, en évaluer le coût hors-taxes et TTC, et la durée, désordre par désordre, à partir des devis que les parties seront invitées à produire, chiffrer le coût des travaux nécessaires pour remédier aux désordres, en préciser la durée, et préciser leur incidence sur la jouissance de l'immeuble;

– donner son avis, en cas d’urgence pour la sécurité des personnes ou la préservation des biens, sur les mesures nécessaires pour remédier au péril ; cet avis sera donné dans une note préalable au rapport d’expertise et communiqué immédiatement et par tous moyens aux parties ;

– proposer un apurement des comptes entre les parties en distinguant le cas échéant les moins values résultant de travaux entrant dans le devis et non exécutés, le montant des travaux effectués mais non inclus dans le devis en précisant sur ce point s'ils étaient nécessaires ou non, et plus généralement en distinguant les coûts de reprise nécessaires en fonction de chacune des entreprises intervenantes;

– donner au juge tous éléments techniques et de fait de nature à lui permettre de déterminer la nature et l'importance des préjudices subis par Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R] et proposer une base d'évaluation;

– constater l'éventuelle conciliation des parties sans manquer dans ce cas d'en aviser le juge chargé du contrôle des expertises;

– établir une note de synthèse et la communiquer aux parties et les inviter à formuler leurs dires et observations récapitulatifs dans un délai de deux mois pour ce faire, et répondre aux dires et observations formulés dans ce délai;

RAPPELLE QUE, en application de l'article 276 du code de procédure civile, les observations et dires précédents dont les termes ne seraient pas sommairement repris dans les dires récapitulatifs, seront réputés abandonnés par les parties,

INVITE l'expert à signaler aux parties dans le délai de deux mois à compter de la première réunion d'expertise, les intervenants à la construction dont la présence aux opérations lui semblerait utile,

DIT que l'expert ne pourra recueillir l'avis d'un autre technicien que dans une spécialité distincte de la sienne, et qu'il pourra recueillir des informations orales ou écrites de toutes personnes, sauf à ce que soient précisés leur nom, prénom, adresse, et profession ainsi que, s'il y a lieu, leur lien de parenté ou d'alliance avec les parties, de subordination à leur égard, de collaboration ou de communauté d'intérêt avec elles,

FIXE à la somme de 4.000 € la provision que Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R]   devront consigner par virement sur le compte de la Régie du Tribunal Judiciaire de Bordeaux avec la mention du numéro PORTALIS située en haut à gauche sur la première page de l’ordonnance de référé dans le délai de 2 mois, faute de quoi l’expertise pourra être déclarée caduque,

DIT que l'expert doit établir un devis prévisionnel, l’ajuster en tant que de besoin en fonction de l’évolution de l’expertise, et veiller à ce que la somme consignée corresponde toujours aux coûts prévisibles de l’expertise, au besoin en demandant des consignations complémentaires,

DIT que l'expert devra déposer son rapport en un seul exemplaire au greffe du tribunal judiciaire, dans le délai de 12 mois suivant la date de la consignation,

ENJOINT, en tant que de besoin, à la SARL SO B CONCEPT de communiquer les attestations d’assurance de ses assureurs, d’une part au moment de la Déclaration d’Ouverture de Chantier et d’autre part au moment de la délivrance de l’assignation de M. & Mme [R],

REJETTE toutes autres demandes,
DIT que Monsieur [A] [R] et Madame [H] [M] épouse [R] conserveront provisoirement les frais de la présente procédure, sauf à les inclure dans leur éventuel préjudice global.

La présente décision a été signée par Sandra HIGELIN, Vice-Présidente, et par Isabelle LEBOUL, Greffière.

Le Greffier, Le Président,

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis.
En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le greffier.

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