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TJ 97416, 30 juin 2026, RG 25/02441


Vérifier : TJ 97416, 30 juin 2026, RG 25/02441 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
30/06/2026
Numéro
25/02441
Lieu / cour
tj97416
Chambre
JAF1
Type
other
Id
6a4695e393c619cd1f2572df

Texte de la décision

14,706 caractères

N° RG 25/02441 - N° Portalis DB32-W-B7J-DBGS6
MINUTE N° :

COUR D’APPEL DE SAINT-DENIS DE LA RÉUNION TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT-PIERRE

CABINET DU JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES

JUGEMENT DU 30 Juin 2026

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Juge aux Affaires Familiales : Florence SCHARRE
Statuant en Juge unique en application de l’article 801 du C.P.C.
Greffier : Joséphine HOAREAU

ENTRE :

Monsieur [F] [J] [R]
né le 04 Janvier 1981 à SAINT-DENIS SECTION SAINTE-CLOTILDE (REUNION)
179, rue Alfred Lacroix
97418 LA PLAINE DES CAFRES
représenté par Me Marie FOUCTEAU, avocat au barreau de SAINT-PIERRE-DE-LA-REUNION

ET

Madame [A] [I] épouse [R]
née le 21 Avril 1983 à SAINT-PIERRE (REUNION)
77, rue des Vanilliers
97470 SAINT-BENOIT
représentée par Me Elise QUINTRIE LAMOTHE, avocat au barreau de SAINT-DENIS-DE-LA-REUNION

DÉBATS : en chambre du conseil (article 1074 du Code de Procédure Civile)

Vu l’ordonnance de clôture en date du 6 mars 2026 ayant fixé la date de dépôt des dossiers au 20 Avril 2026 où l’affaire a été mise en délibéré par mise à disposition au 30 Juin 2026

JUGEMENT Contradictoire et en premier ressort ;

DÉCISION : rendue publiquement (alinéa 2 de l’article 1074 du Code de Procédure Civile)


1 Copie certifiée conforme revêtue de la formule exécutoire + 1 copie certifiée conforme délivrées à Me Marie FOUCTEAU et à Me Elise QUINTRIE LAMOTHE le :


EXPOSE DES FAITS

Madame [A] [I] et Monsieur [F] [J] [R] se sont mariés le 7 août 2009 à LE TAMPON SECTION TROIS MARES (RÉUNION) après contrat de mariage reçu le 17 juillet 2019 par Maître [G] [U], notaire à SAINT PIERRE (RÉUNION) optant pour le régime matrimonial de la séparation de biens.

Les époux sont de nationalité française et leur mariage a été célébré en France.

Deux enfants sont issus de cette union :
- [L] [R] né le 30 août 2008 à SAINT DENIS (RÉUNION)
- [Q] [R] né le 8 juillet 2013 à SAINT DENIS (RÉUNION).

Par acte de commissaire de justice du 23 juin 2025, Monsieur [R] a fait assigner son épouse en divorce.

Le 18 décembre 2025, le Juge aux affaires familiales du Tribunal judiciaire de SAINT-PIERRE a rendu une ordonnance constatant l'exercice conjoint de l'autorité parentale sur les enfants, fixant leur résidence habituelle au domicile paternel, accordant à la mère un droit de visite et d’hébergement et mettant à sa charge une pension alimentaire de 150 euros pour chacun des enfants.

Dans ses conclusions, Monsieur [R] demande à la juridiction de :
- prononcer leur divorce en application des articles 233 et suivants du Code civil,
- ordonner la mention du jugement à intervenir sur l'acte de mariage et sur les actes d’état civil,
- fixer les effets du divorce à la date de la séparation effective, soit au 26 février 2023,
- reconduire les mesures provisoires relatives aux enfants.

En réponse, Madame [I] demande à la juridiction de :
- prononcer leur divorce en application des articles 233 et suivants du Code civil,
- ordonner la mention du jugement à intervenir sur l'acte de mariage et sur les actes d’état civil,
- reconduire les mesures provisoires relatives aux enfants sauf à écarter le principe de l’intermédiation financière.

Une ordonnance de clôture est intervenue le 6 mars 2026.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur le divorce

En application de l'article 233 du Code civil, « Le divorce peut être demandé par l'un ou l'autre des époux ou par les deux lorsqu'ils acceptent le principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l'origine de celle-ci.
Cette acceptation n'est pas susceptible de rétractation, même par la voie de l'appel ».

Aux termes de l'article 1123 du Code de procédure civile, «  A tout moment de la procédure, les époux peuvent accepter le principe de la rupture du mariage sans considération des faits à l'origine de celle-ci.
Cette acceptation peut être constatée dans un procès-verbal dressé par le juge et signé par les époux et leurs avocats respectifs lors de toute audience sur les mesures provisoires.
En cours d'instance, la demande formée en application de l'article 247-1 du code civil doit être formulée de façon expresse et concordante dans les conclusions des parties. Chaque époux annexe à ses conclusions une déclaration d'acceptation du principe de la rupture du mariage, signée de sa main, ou une copie de l'acte sous signature privée de l'article 1123-1.
A peine de nullité, le procès-verbal ou la déclaration écrite rappelle les mentions du quatrième alinéa de l'article 233 du code civil ».

En l’espèce, l’accord des époux sur le principe du divorce a été valablement donné lors de l’audience du 27 novembre 2025.

En conséquence, il convient de prononcer le divorce des parties.

Sur les conséquences du divorce entre les époux

Sur la date des effets du divorce :

L'article 262-1 du Code civil dispose que « La convention ou le jugement de divorce prend effet dans les rapports entre les époux, en ce qui concerne leurs biens :

-lorsqu'il est constaté par consentement mutuel par acte sous signature privée contresigné par avocats déposé au rang des minutes d'un notaire, à la date à laquelle la convention réglant l'ensemble des conséquences du divorce acquiert force exécutoire, à moins que cette convention n'en stipule autrement ;

-lorsqu'il est prononcé par consentement mutuel dans le cas prévu au 1° de l'article 229-2, à la date de l'homologation de la convention réglant l'ensemble des conséquences du divorce, à moins que celle-ci n'en dispose autrement ;

-lorsqu'il est prononcé pour acceptation du principe de la rupture du mariage, pour altération définitive du lien conjugal ou pour faute, à la date de la demande en divorce.

A la demande de l'un des époux, le juge peut fixer les effets du jugement à la date à laquelle ils ont cessé de cohabiter et de collaborer. Cette demande ne peut être formée qu'à l'occasion de l'action en divorce. La jouissance du logement conjugal par un seul des époux conserve un caractère gratuit jusqu'à la demande en divorce, sauf décision contraire du juge ».

En conséquence, la date des effets du divorce sera fixée à la date de la demande en divorce en l’absence de tout élément permettant de fixer la date de la séparation à la date alléguée par le demandeur.

Sur l’usage du nom marital :

L'article 264 du Code civil dispose que « A la suite du divorce, chacun des époux perd l'usage du nom de son conjoint.

L'un des époux peut néanmoins conserver l'usage du nom de l'autre, soit avec l'accord de celui-ci, soit avec l'autorisation du juge, s'il justifie d'un intérêt particulier pour lui ou pour les enfants ».

Sur les intérêts patrimoniaux :

L'article 267 du code civil dans sa rédaction en vigueur au 1er janvier 2016 dispose qu' "à défaut d'un règlement conventionnel par les époux, le juge statue sur les demandes de maintien dans l'indivision, d'attribution préférentielle et d'avance sur part de communauté ou de biens indivis.
Il statue sur les demandes de liquidation et de partage des intérêts patrimoniaux, dans les conditions fixées aux articles 1361 à 1378 du code de procédure civile, s'il est justifié par tous moyens des désaccords subsistants entre les parties, notamment en produisant :
-une déclaration commune d'acceptation d'un partage judiciaire, indiquant les points de désaccord entre les époux,
-le projet établi par le notaire désigné sur le fondement du 10e de l'article 255".
En vertu de ces dispositions, il n'appartient plus au juge du divorce d'ordonner la liquidation du régime matrimonial hors les cas prévus par l'article 267 du code civil, dont les conditions ne sont pas réunies en la présente espèce, ni, a fortiori, de constater qu'il n'y a pas lieu d'ordonner ladite liquidation.
Il appartient aux époux qui ne remplissent pas les conditions des articles 267 et 268, de saisir le notaire de leur choix ou de procéder aux démarches amiables de partage. En cas d'échec du partage amiable, il appartiendra à la partie la plus diligente de saisir le Juge aux Affaires Familiales compétent par voie d'assignation en partage judiciaire des intérêts patrimoniaux.

Sur les mesures relatives aux enfants

En vertu de l'article 373-2-6 du Code civil, il appartient au juge aux affaires familiales de déterminer les modalités d'exercice de l'autorité parentale en veillant spécialement à la sauvegarde des intérêts des enfants mineurs.

En l'espèce, les parties s'accordent pour que les principales dispositions fixées par l'ordonnance d'orientation soient reprises et il sera donc fait droit à leurs demandes qui apparaissent conformes à leur pratique et à l’intérêt des enfants.
S’agissant de l’intermédiation, le demandeur s’oppose à son exclusion et il n’y a donc pas lieu de faire droit à la demande de la défenderesse sur ce point.

Sur les demandes accessoires

Les dépens seront supportés par moitié par les parties conformément à l'article 1125 du code de procédure civile, qui seront recouvrés le cas échéant comme en matière d'aide juridictionnelle.

PAR CES MOTIFS

Le Juge aux affaires familiales, statuant par décision contradictoire mise à disposition des parties par le greffe et en premier ressort :

PRONONCE, sur le fondement de l'article 234 du code civil, le divorce entre les époux :

Monsieur [F] [J] [R]
né le 04 Janvier 1981 à SAINT-DENIS SECTION SAINTE-CLOTILDE (97400)

et

Madame [A] [I]
née le 21 Avril 1983 à SAINT-PIERRE (97410)

Mariés le 7 août 2009 à LE TAMPON SECTION TROIS MARES (RÉUNION) ;

ORDONNE la mention du dispositif de la présente décision en marge de l'acte de mariage des époux, ainsi qu'en marge de leurs actes de naissance et au registre central de l'État civil de NANTES, s'il y a lieu ;

RENVOIE les parties à saisir le notaire de leur choix ou à procéder amiablement aux opérations de compte, liquidation et partage de leurs intérêts patrimoniaux et, en cas de litige, à saisir le Juge aux Affaires Familiales par assignation en partage selon les règles définies aux articles 1359 et suivants du Code de procédure civile ;

RAPPELLE qu'à la suite du divorce, chacun des époux perd l'usage du nom de son conjoint ;

RAPPELLE que le divorce emporte révocation de plein droit des avantages matrimoniaux qui ne prendraient effet qu'à la dissolution du régime matrimonial ou au décès de l'un des époux et des dispositions à cause de mort, accordés par un époux envers son conjoint par contrat de mariage ou pendant l'union ;

CONSTATE que l'autorité parentale sur
- [L] [R] né le 30 août 2008 à SAINT DENIS (RÉUNION)
- [Q] [R] né le 8 juillet 2013 à SAINT DENIS (RÉUNION)
s'exerce conjointement par les deux parents ;

RAPPELLE que l'exercice conjoint de l'autorité parentale implique que les parents ont des droits et des devoirs égaux à l'égard de leur enfant et qu'ils doivent :
- prendre ensemble les décisions importantes concernant la santé, l'orientation scolaire, l'éducation religieuse et le changement de résidence de l'enfant,

- s'informer réciproquement, dans le souci d'une indispensable communication entre les parents, sur l'organisation de la vie de l'enfant (vie scolaire, sportive, culturelle, traitements médicaux, loisirs, vacances...),
- respecter les liens et les échanges de l'enfant avec l'autre parent : l'enfant a le droit de communiquer librement par lettre, téléphone ou Internet avec le parent auprès duquel il ne réside pas, celui-ci ayant le droit de le contacter régulièrement,
- respecter l'image et la place de l'autre parent auprès de l'enfant,
-
communiquer, se concerter et coopérer dans l'intérêt de l'enfant ;

INDIQUE que les parents ont le devoir, en cas de changement de résidence, de se communiquer leur nouvelle adresse préalablement et en temps utile ;

FIXE la résidence des enfants au domicile paternel ;

DIT que, sauf meilleur accord des parties, la mère exercera un droit de visite et d'hébergement selon les modalités suivantes :
- toutes les vacances scolaires d’été (juillet-août) les années paires ;
- toutes les vacances de Noël (décembre-janvier) les années impaires ;
à charge pour Monsieur [F] [J] [R] d’assumer notamment financièrement (billets d’avion) les trajets aller et retour ;

FIXE à 300 € la somme que Madame [I] devra payer à Monsieur [R] avant le 10 de chaque mois, à domicile et d'avance, à titre de contribution mensuelle à l'entretien et l'éducation des enfants jusqu’à l’intermédiation effective de la CAF ;

DIT que cette pension sera indexée sur l'indice des prix à la consommation des ménages fixé par l'INSEE Réunion et que la réévaluation sera calculée et appliquée par le débiteur au 1er janvier de chaque année et pour la première fois le 1er janvier 2027, selon la formule suivante :

pension initiale x nouvel indice


indice de base

l'indice de base étant celui du mois de la présente décision et le nouvel indice, celui du mois de janvier précédant la revalorisation ;

MENTIONNE que les indices et la revalorisation pourront être obtenus auprès de la Direction régionale de l'INSEE, 10 rue Demarne, BP 13, 97408 Saint-Denis Cedex 9, 09 72 72 40 40, ou sur le site Internet www.insee.fr ;

PRECISE que cette pension sera due jusqu'à la majorité de l'enfant et même au-delà s'il est justifié, à la demande de la mère, par le père, que l'enfant ne peut normalement subvenir lui-même à ses besoins, notamment en raison de la poursuite d'études ;

RAPPELLE que cette contribution est due y compris pendant la période où le parent accueille l'enfant ;

RAPPELLE, conformément à l’article 465-1 du Code de procédure civile, qu’en cas de défaillance dans le règlement des sommes dues :

- le créancier peut en obtenir le paiement forcé en utilisant à son choix une ou plusieurs procédures civiles d’exécution (saisie des rémunérations, saisie-attribution, paiement direct entre les mains de l’employeur, recouvrement public),
- le débiteur encourt les peines des articles 227-3 et 227-29 du Code pénal (deux ans d’emprisonnement, 15 000 € d’amende, interdiction des droits civiques, civils et de famille, suspension ou annulation du permis de conduire, interdiction de quitter le territoire de la République) ;

RAPPELLE que les mesures accessoires relatives aux modalités de résidence des enfants et à la contribution à l'entretien et à l’éducation de ceux-ci sont exécutoires de droit ;

REJETTE toute autre demande ;

DIT que les dépens seront supportés par moitié par les parties, qui seront recouvrés, le cas échéant, comme en matière d'aide juridictionnelle.

Le présent jugement a été signé par le juge aux Affaires Familiales et par le greffier, présent lors du délibéré.

Le GREFFIER LE JUGE AUX AFFAIRES FAMILIALES

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