TJ 69123, 28 mai 2026, RG 25/04919
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Texte de la décision
Tribunal judiciaire de LYON
Tribunal de proximité de VILLEURBANNE
[Adresse 1]
[Localité 1]
ML
N° RG 25/04919 - N° Portalis DB2H-W-B7J-3T6V
Minute : 26/
du : 28/05/2026
JUGEMENT
[B] [Q]
C/
[Z] [W]
[S] [R] [W]
PIÈCES DÉLIVRÉES :
Grosse, copie, dossier
à.....................................
Grosse, copie, dossier
à.....................................
Délivré le ........................
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
A l'audience publique du juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire de Lyon, Tribunal de proximité de Villeurbanne tenue le 28 Mai 2026, sous la présidence de LENOIR Aurélie, Président, assistée de BLONDET Thomas, Greffier,
Après débats à l'audience du 02 Avril 2026,le jugement suivant a été rendu :
ENTRE :
DEMANDERESSE
Madame [B] [Q],
[Adresse 2]
représentée par Me Lydie DREZET, avocat au barreau de LYON, vestiaire : 485
D’UNE PART,
ET :
DEFENDEURS
Monsieur [Z] [W], caution
[Adresse 3]
non comparant, ni représenté
Monsieur [S] [R] [W],
[Adresse 4]
non comparant, ni représenté
D’AUTRE PART.
[Adresse 5] / [W]
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte en date du 7 octobre 2016, Madame [B] [Q] a donné à bail à Monsieur [S] [R] [W] un logement à usage d’habitation situé [Adresse 6], moyennant le versement d’un loyer de 490 euros, outre 52 euros de provision sur charges.
Par acte en date du 5 octobre 2016, Monsieur [Z] [W] s’est porté caution solidaire de Monsieur [S] [R] [W].
Par acte de commissaire de justice en date du 5 août 2025, dénoncé à la CCAPEX et signifié à Monsieur [Z] [W] par acte de commissaire de justice en date du 25 août 2025, Madame [B] [Q] a fait délivrer à Monsieur [S] [R] [W] un commandement d’avoir à lui payer la somme de 1 510,87 euros correspondant notamment au montant des loyers dus au 31 juillet 2025.
Par actes de commissaire de justice en date du 28 octobre 2025, notifié au représentant de l’Etat dans le département par voie électronique le 25 novembre 2025, Madame [B] [Q] a fait citer Monsieur [S] [R] [W] et Monsieur [Z] [W] à comparaître devant le juge des contentieux de la protection de ce tribunal afin d’obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire:
- le constat, et à défaut le prononcé, de la résiliation du bail établi entre les parties pour défaut de paiement des loyers,
- l’expulsion de Monsieur [S] [R] [W] des lieux loués,
- leur condamnation solidaire au paiement de la somme de 3 408,01 euros correspondant aux loyers et charges impayés arrêtés au 7 octobre 2025, outre les loyers et charges dus au jour de l’audience,ainsi que les intérêts au taux légal à compter du 5 août 2025,
- leur condamnation solidaire au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant des loyers et charges contractuels, outre indexation, jusqu'au départ effectif des lieux,
- leur condamnation solidaire au paiement de la somme de 1 500 euros en application de l'article 700 du code de procédure civile, outre les dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
A l’audience du 2 avril 2026, Madame [B] [Q] actualise sa demande à la somme de 6 225,71 euros, arrêtée au 30 mars 2026, échéance du mois de mars 2026 incluse et maintient les demandes dans les termes de l’assignation.
Le Tribunal sollicite les observations du demandeur s’agissant du caractère limité dans le temps du cautionnement (13 octobre 2025).
Cité par dépôt d’une copie de l’assignation en l’étude de commissaire de justice, Monsieur [S] [R] [W] n'a pas comparu.
Cité à domicile, Monsieur [Z] [W] n’a pas comparu.
Le jugement étant susceptible d’appel, il sera statué par décision réputée contradictoire.
MOTIVATION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que s’il l’estime régulière, recevable et bien-fondée.
* Sur la résiliation du bail et l’expulsion
RG 25/04919 [Q] / [W]
La clause résolutoire insérée au bail ne produit effet, en application de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans sa rédaction issue de la loi n°2023-668 du 27 juillet 2023, ainsi que de l’avis rendu par la Cour de cassation le 13 juin 2024 et des dispositions contractuelles, que deux mois après un commandement de payer resté infructueux.
En l’espèce, le commandement délivré par Madame [B] [Q] respecte les dispositions de l'article 24 précité et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement dont l’adresse est précisée.
Il ressort des pièces versées aux débats que les loyers n'ont pas été réglés dans les deux mois du commandement.
Il convient en conséquence de constater le jeu de la clause résolutoire et d’autoriser Madame [B] [Q] à faire procéder à l’expulsion de Monsieur [S] [R] [W] ainsi qu’à celle de tout occupant de son chef.
* Sur l’indemnité d’occupation et l’arriéré locatif
Aux termes de l'article 7 a) de la loi du 6 juillet 1989, le locataire est obligé de payer le loyer et les charges récupérables aux termes convenus.
Le principe et le montant de la créance sont établis par la production d’une copie du contrat de bail, de l’assignation et du relevé de compte.
Madame [B] [Q] est fondée, en outre, à réclamer, au titre de la réparation du préjudice causé par le maintien de Monsieur [S] [R] [W] dans les lieux, une indemnité d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, jusqu’à la libération effective des lieux loués.
Il convient dès lors de condamner solidairement Monsieur [S] [R] [W] et Monsieur [Z] [W] à payer à Madame [B] [Q] :
- la somme de 6 225,71 euros, la condamnation de Monsieur [Z] [W] étant limitée à la somme de 3 408,01 euros, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 30 mars 2026, échéance de mars 2026 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 5 août 2025 sur la somme de 1 510,87 euros et à compter du prononcé du présent jugement sur le surplus,
Il convient dès lors de condamner Monsieur [S] [R] [W] seul à verser :
- une indemnité d’occupation mensuelle à compter du 1er avril 2026, le cautionnement s’étant achevé le 13 octobre 2025, il convient de rejeter les indemnités d’occupation à l’encontre de Monsieur [Z] [W].
* Sur les autres demandes
Monsieur [S] [R] [W], partie perdante, sera condamné aux dépens de l’instance et à payer à Madame [B] [Q] la somme de 200 euros au titre des frais irrépétibles sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.
L'exécution provisoire est de droit.
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant après débats en audience publique, par jugement réputé contradictoire rendu en premier ressort, prononcé par mise à disposition au greffe,
CONSTATE la résiliation judiciaire du bail ayant lié les parties à la date du 6 octobre 2025,
AUTORISE Madame [B] [Q] à faire procéder à l'expulsion de Monsieur [S] [R] [W] et à celle de tout occupant de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique et d’un serrurier, à défaut pour Monsieur [S] [R] [W] d'avoir libéré les lieux dans les deux mois de la signification du commandement d'avoir à quitter les lieux,
CONDAMNE solidairement Monsieur [S] [R] [W] et Monsieur [Z] [W] à payer à Madame [B] [Q] :
- la somme de 6 225,71 euros, la condamnation de Monsieur [Z] [W] étant limitée à la somme de 3 408,01 euros, au titre des loyers, charges et indemnités d’occupation arrêtés au 30 mars 2026, échéance de mars 2026 incluse, outre intérêts au taux légal à compter du 5 août 2025 sur la somme de 1 510,87 euros et à compter du prononcé du présent jugement sur le surplus,
CONDAMNE Monsieur [S] [R] [W] seul à verser :
- une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au loyer et charges courants, outre indexation prévue par le contrat, à compter du 1er avril 2026 et jusqu’à la libération effective des lieux loués,
REJETTE les indemnités d’occupation à l’encontre de Monsieur [Z] [W], le cautionnement s’étant achevé le 13 octobre 2025,
CONDAMNE Monsieur [S] [R] [W] à payer à Madame [B] [Q] la somme de 200 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile,
REJETTE toutes autres demandes contraires ou plus amples des parties,
CONDAMNE Monsieur [S] [R] [W] aux dépens de l’instance, qui comprendront le coût du commandement de payer et de l’assignation,
RAPPELLE que l'exécution provisoire est de droit.
Ainsi jugé et prononcé à la date indiquée au chapeau.
LE GREFFIER LE JUGE
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