TJ 87085, 12 juin 2026, RG 25/00748
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Texte de la décision
N° Minute :
N° Rôle: N° RG 25/00748 - N° Portalis DB3K-W-B7J-GP7O
Baux d’habitation - Demande en paiement des loyers et des charges et/ou tendant à faire prononcer ou constater la résiliation pour défaut de paiement ou défaut d’assurance et ordonner l’expulsion
0A Sans procédure particulière
Affaire :
[Z] [E]
C/
[H] [L]
CCC le
CE le
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LIMOGES
Ordonnance de référé
du 12 Juin 2026
Après débats à l’audience tenue publiquement devant le juge des contentieux de la protection du Tribunal Judiciaire de Limoges, statuant en référé le 13 Mai 2026, composé de :
PRESIDENT : Monsieur Matthieu LANOUZIÈRE
GREFFIER : Madame Audrey GUÉGAN
Il a été rendu l’ordonnance suivante par mise à disposition au greffe de la juridiction, le 12 Juin 2026 :
Entre :
Madame [Z] [E]
née le 26 Juillet 1971 à [Localité 1] (87)
demeurant [Adresse 1]
représentée par Maître Delphine DUDOGNON, avocat au barreau de LIMOGES ;
DEMANDEUR
Et :
Monsieur [H] [L]
né le 11 Décembre 2000 à [Localité 1] (87)
demeurant [Adresse 2]
NON COMPARANT, ni représenté ;
DÉFENDEUR
A l'appel de la cause à l'audience du 03 Décembre 2025, l’affaire a été renvoyée aux 22 Avril 2026 et 13 Mai 2026, date à laquelle l’avocat du demandeur a été entendu en ses conclusions et plaidoirie.
Puis le juge a mis l'affaire en délibéré à l'audience du 12 Juin 2026 à laquelle a été rendue la décision dont la teneur suit.
EXPOSE DU LITIGE
Par contrat du 1er juillet 2020, [Z] [E] a donné en location à [H] [L] un logement à usage d'habitation situé [Adresse 3] à [Localité 2] moyennant un loyer mensuel initial de 420 €.
Le 23 avril 2025, [Z] [E] a fait délivrer à [H] [L] un commandement de payer la somme de 1.782 € au titre des loyers impayés.
Par acte de commissaire de justice délivré le 2 octobre 2025, [Z] [E] a assigné [H] [L] devant le juge des contentieux de la protection pour faire constater que la clause résolutoire du contrat de bail est acquise de plein droit et obtenir :
l'expulsion de [H] [L] ainsi que de tous occupants de son chef avec le concours de la force publique, si besoin est ;sa condamnation au paiement d’une indemnité d'occupation égale au montant de l’ancien loyer, soit 420 €, le cas échéant réactualisé dans les conditions prévues par la loi, payable jusqu’au jour de libération des lieux ainsi qu’au paiement par provision de la somme de 1.967,71 € au titre des loyers et charges impayés, terme de septembre 2025 inclus ;sa condamnation au paiement de la somme de 1.000 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens comprenant le coût du commandement de payer.
A l'audience du 13 mai 2026, [Z] [E], représentée par son conseil, se désiste de ses demandes principales exposant que le locataire est parti et que la dette a été soldée. Elle maintient ses demandes de condamnation au paiement des frais irrépétibles et des dépens.
[H] [L], assigné étude, n’a pas comparu, n’est pas représenté et n’a pas fait connaître les motifs de son absence, de sorte que, la présente décision étant susceptible d'appel, il sera statué par décision réputée contradictoire en application de l’article 473 du code de procédure civile.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Conformément aux dispositions des articles 834 et 835 du code de procédure civile, dans tous les cas d’urgence, le juge des contentieux de la protection peut, dans les limites de sa compétence, ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l’existence d’un différend. Il peut toujours, même en présence d’une contestation sérieuse, prescrire en référé les mesures conservatoires ou de remise en état qui s’imposent, soit pour prévenir un dommage imminent, soit pour faire cesser un trouble manifestement illicite. Dans les cas où l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable, il peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l’exécution de l’obligation même s’il s’agit d’une obligation de faire.
Sur la clause résolutoire et l'arriéré de loyers et de charges :
En application des dispositions des articles 394 et 395 du code de procédure civile, le demandeur peut, en toute matière, se désister de sa demande en vue de mettre fin à l'instance ; le désistement n'est parfait que par l'acceptation du défendeur ; toutefois, l'acceptation n'est pas nécessaire si le défendeur n'a présenté aucune défense au fond ou fin de non-recevoir au moment où le demandeur se désiste.
En l'espèce, [Z] [E] se désiste de sa demande d'acquisition de la clause résolutoire et de sa demande en paiement, la dette étant soldée.
Il convient de déclarer parfait le désistement du demandeur sans opposition ni défense au fond du défendeur.
Sur les dépens et l'article 700 du code de procédure civile :
En application des dispositions de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
En l’espèce, compte-tenu du désistement du demandeur au principal, aucune des parties ne succombe.
Néanmoins, [H] [L] s’était acquitté, dans le délai de deux mois imparti, du paiement de l’intégralité de la somme demandée au titre du commandement de payer du 23 avril 2025, y compris le coût de cet acte, soit la somme de 1.914,29 € le 10 juin 2025.
Ainsi, l’assignation délivrée le 2 octobre 2025 se fondant sur un commandement payé exécuté, l’intégralité des dépens de l’instance incombe au bailleur, d’autant plus qu’à cette date, le locataire avait aussi réglé le coût du commandement de payer du 23 avril 2025.
L’équité commande donc également de ne pas faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile et le créancier sera débouté de sa demande à ce titre.
PAR CES MOTIFS
Statuant en premier ressort par ordonnance exécutoire par provision réputée contradictoire et mise à disposition au greffe de la juridiction ;
CONSTATONS le désistement parfait de [Z] [E] de ses demandes principales de résolution du bail, expulsion et condamnation au paiement de la dette locative ;
DÉBOUTONS [Z] [E] de sa demande sur le fondement des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNONS [Z] [E] au paiement des dépens ;
RAPPELONS que la présente ordonnance de référés est exécutoire de droit à titre provisoire en application des dispositions de l’article 514 du code de procédure civile ;
La présente ordonnance a été signée par le juge des contentieux de la protection et le greffier.
Le Greffier, Le Juge des contentieux de la protection,
Audrey GUÉGAN Matthieu LANOUZIÈRE
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