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TJ 14118, 2 juill. 2026, RG 26/00619


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Date
02/07/2026
Numéro
26/00619
Lieu / cour
tj14118
Chambre
JLD
Type
other
Id
6a46c83993c619cd1f2a9223

Texte de la décision

6,045 caractères

Tribunal judiciaire de Caen

Ordonnance du 02 Juillet 2026

N° RG 26/00619 - N° Portalis DBW5-W-B7K-JZDP
N° Minute:

Isabelle ECALARD, magistrat du siège au tribunal judiciaire de CAEN,

Assisté(e) de Marie EVRARD, greffier

Siégeant dans la salle d’audience annexe du tribunal judiciaire de Caen, située dans l’enceinte de l’établissement public de santé mentale de Caen, en audience publique

***

Vu l’admission en soins psychiatriques de :

[D] [V]

Né(e) le 20/05/1999

Résidence habituelle : [Adresse 1]

Date de l’admission : 22 juin 2026

Lieu de l’admission : EPSM [Localité 1]
[Adresse 2]
[Localité 2]

sous la forme d’une hospitalisation complète, sur décision du directeur de l'EPSM au motif de l'existence d'un péril imminent.

Vu l’acte de saisine adressé par ledirecteur de l'Etablissement public de Santé Mentale de [Localité 1], reçu au greffe du juge le 30 juin 2026 ;

Vu les convocations et avis d’audience donnés par notre greffe :
- à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Pascale LE CACHEUX, avocat commis d’office,
- au directeur de l'établissement d'accueil,
- au procureur de la République de [Localité 1] ;

Vu les réquisitions écrites du procureur de la République de [Localité 1] ;

Après avoir entendu en ses observations l’avocat représentant la personne faisant l’objet de soins psychiatriques,

En présence du représentant du directeur de l’établissement public de santé mentale de [Localité 1],

En l’absence du ministère public

En l’absence de [D] [V], qui n’a pas souhaité être entendu par le juge,

ce dont il a été dressé procès-verbal à l’audience.

***

Motifs de la décision:
Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme incluant des soins ambulatoires. Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande de la part d’un tiers et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement accueillant le malade.

L'hospitalisation sans son consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe résultant de l'article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire. La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

En l' espèce, [D] [V] a été admis en hospitalisation psychiatrique sous contrainte suite à d’une décision du directeur de l’EPSM de [Localité 1] le 22 juin2026 selon la procédure de péril imminent sans tiers .
Les certificats de la période d’observation soulignaient la persistance de troubles mentaux justifiant du maintien d’une hospitalisation sous contrainte.
Dans son avis motivé du 29 juin 2026 le docteur [K] psychiatre de l'établissement d'accueil affirme que le patient a été hospitalisé pour des troubles du comportement sur la voie publique, en lien avec une pathologie psychiatrique.
Une ouverture du cadre de l’hospitalisation a été tentée après que le patient ait repris ses traitements.
Monsieur a de nouveau insulté et menacé d’autres patients et s'est montré opposant face aux soignants.
ll nécessite donc une surveillance adaptée.
Il se présente mutique en entretien. Une adhésion aux soins doit être travaillée. Les soins sous contrainte doivent être maintenus compte tenu du risque de mise en danger toujours présent.

Il ressort des pièces et des débats que la personne a bien été admise en soins psychiatriques, après constatation de l’existence d’un péril imminent pour sa santé, en raison de troubles mentaux qui rendaient son consentement impossible et qui imposait des soins immédiats assortis d'une surveillance constante en milieu hospitalier, sans que cela ne porte atteinte de façon disproportionnée à ses droits.

Il ressort de l’ensemble de ces éléments que les conditions d'une hospitalisation complète dont fait l’objet [D] [V] sont toujours réunies.

Aussi, l’hospitalisation complète de [D] [V] sera maintenue.

Par ces motifs

Statuant publiquement, en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,

Vu les articles L. 3211-12-1 et L. 3212-1 et suivants du code de la santé publique,

Dit que les soins psychiatriques dont [D] [V] fait l’objet peuvent se poursuivre sous la forme d’une hospitalisation complète.

Le greffier Le juge

La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de [Localité 1], ou son délégué, dans un délai de dix jours à compter de la date du jour de sa notification.
Cet appel n’est pas suspensif, sauf s'il est interjeté par le ministère public dans les conditions de l'article L. 3211-12-4 du code de la santé publique.

L’appel doit être formalisé par une déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d’appel de [Localité 1] ([Adresse 3] / Mail : [Courriel 1])

Copie de la présente ordonnance a été notifiée contre récépissé à [D] [V] par l’intermédiaire du directeur de l'établissement d'accueil, le 02 Juillet 2026
Le greffier

Reçu copie de la présente ordonnance le 02 Juillet 2026,
Me Pascale LE CACHEUX

Reçu copie de la présente ordonnance
le 02 Juillet 2026,
Le représentant du directeur de l’établissement public de santé mentale de [Localité 1],

Copie de la présente ordonnance a été remise au procureur de la République le 02 Juillet 2026,
Le greffier,

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