CA Rouen, 13 juin 2026, RG 26/02199
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Texte de la décision
N° RG 26/02199 - N° Portalis DBV2-V-B7K-KIY4
COUR D'APPEL DE ROUEN
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
ORDONNANCE DU 13 JUIN 2026
Sophie POULLAIN, Conseillère à la cour d'appel de Rouen, spécialement désignée par ordonnance de la première présidente de ladite cour pour la suppléer dans les fonctions qui lui sont spécialement attribuées,
Assistée de Mme LAKE, Greffière ;
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu la requête du préfet de la Seine-Maritime tendant à voir prolonger pour une durée supplémentaire de trente jours la mesure de rétention administrative qu'il a prise le 12 mai 2026 à l'égard de M. [U] [R] né le 28 Mars 1993 à [Localité 1] (ALGERIE) de nationalité Algérienne ;
Vu l'ordonnance rendue le 11 Juin 2026 à 15h30 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen autorisant le maintien en rétention de M. [U] [R] pour une durée supplémentaire de trente jours à compter du 11 juin 2026 jusqu'au 10 juillet 2026 à 24h00 ;
Vu l'appel interjeté par M. [U] [R], parvenu au greffe de la cour d'appel de Rouen le 12 juin 2026 à 15h07 ;
Vu l'avis de la date de l'audience donné par le greffier de la cour d'appel de Rouen :
- aux services du directeur du centre de rétention de [Localité 2],
- à l'intéressé,
- au préfet de la Seine-Maritime,
- à Me Annabelle DANTIER, avocat au barreau de ROUEN, choisi en vertu de son droit de suite,
- à Monsieur [F] [B], interprète en langue arabe ;
Vu les dispositions des articles L 743-8 et R 743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu la décision prise de tenir l'audience grâce à un moyen de télécommunication audiovisuelle et d'entendre la personne retenue par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 2] ;
Vu la demande de comparution présentée par M. [U] [R] ;
Vu l'avis au ministère public ;
Vu les débats en audience publique, en présence de Monsieur [F] [B], interprète en langue arabe, expert assermenté, en l'absence du PREFET DE LA SEINE-MARITIME et du ministère public ;
Vu la comparution de M. [U] [R] par visioconférence depuis les locaux dédiés à proximité du centre de rétention administrative de [Localité 2] ;
Me Annabelle DANTIER, avocat au barreau de ROUEN étant présent au palais de justice ;
Vu les réquisitions écrites du ministère public ;
Les réquisitions et les conclusions ont été mises à la disposition des parties ;
L'appelant et son conseil ayant été entendus ;
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Décision prononcée par mise à disposition de l'ordonnance au greffe de la cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du code de procédure civile.
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FAITS, PROCÉDURE ET MOYENS
M. [U] [R], lequel déclare être né le 28 mars 1993 à [Localité 1] en Algérie et être de nationalité algérienne, a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai le 31 mars 2026.
Il a été interpellé par les services de police et placé en garde à vue pour des faits de vols en réunion le 11 mai 2026.
Le 12 mai 2026, M. [R] s'est vu notifier un arrêté de placement en rétention administrative.
Par ordonnance du 17 mai 2026, le magistrat en charge du contrôle des mesures de rétention administrative au tribunal judiciaire de Rouen a déclaré la décision de placement en rétention prononcée à l'encontre de M. [R] régulière et ordonné son maintien en rétention pour une durée de 26 jours à compter du 16 mai 2026 à 19H15 jusqu'au 10 juin 2026 à 24H00. Par ordonnance du 18 mai 2026, la Cour d'appel a confirmé cette décision.
Par requête du 10 juin 2026, M. Le Préfet de la Seine-Maritime a saisi le magistrat en charge du contrôle des mesures de rétention administrative au tribunal judiciaire de Rouen aux fins de prolongation de la mesure de rétention pour une durée supplémentaire de 30 jours.
Par ordonnance du 11 juin 2026, le magistrat en charge du contrôle des mesures de rétention administrative au tribunal judiciaire de Rouen a déclaré la requête recevable, rejeté les moyens soulevés et autorisé le maintien en rétention de M. [R] pour une durée supplémentaire de 30 jours à compter du 11 juin 2026 à 00H00 soit jusqu'au 10 juillet 2026 à 24H00.
M. [R] a interjeté appel de cette décision le 12 juin 2026 à 15 heures 07. Il sollicite l'infirmation de l'ordonnance de prolongation de la rétention. Il fait valoir l'irrecevabilité de la requête préfectorale en l'absence de production d'un registre actualisé, mention n'ayant pas été faite du rendez-vous non honoré au consulat d'Algérie du 26 mai 2026 du fait de l'administration. Il relève par ailleurs que les pièces utiles à l'examen de la requête n'ont pas été transmises, tels les éléments justifiant sa demande de prolongation sur le fondement de l'existence d'une menace à l'ordre public et ceux expliquant le non respect du rendez-vous consulaire évoqué précédemment.
M. [R] invoque également l'irrégularité de la procédure tirée du recours à la visio-conférence pour la tenue de l'audience, alors que le bureau de visio du centre de rétention se situe dans l'académie de police de Oissel, sans accès autonome, le public ne pouvant se rendre dans cette pièce où la confidentialité de la transmission avec le tribunal n'est pas assurée et où le son est inaudible. Il fait ainsi valoir que cette salle, qui n'est pas une salle d'audience, ne répond pas aux exigences légales, de sorte qu'il existe une atteinte au droit au procès équitable et à la publicité des débats.
M. [R] relève par ailleurs le non respect de ses droits et la violation des dispositions de l'article 3 de la CEDH au regard des conditions d'accueil au centre de rétention administrative de [Localité 2], à telle enseigne que l'association France Terre d'Asile a procédé à son retrait du centre. Il fait état d'une insécurité exacerbée en son sein, lui-même ayant subi des vols dont il a avisé les services de police et ayant vu un retenu tenter de se suicider. Dans ce contexte, il précise que les retenus ne peuvent pas exercer leurs droits, tel leur droit d'appel.
L'appelant invoque en outre l'absence de diligences de l'administration et de perspective d'éloignement, les autorités administratives ne lui ayant pas permis d'honorer le rendez-vous fixé par les autorités consulaires algériennes, lesquelles ne devaient très certainement pas disposer de tous les éléments le concernant. Il relève l'erreur régulière de l'administration quant à son identité.
M. [R] précise de surcroît que son état de santé est incompatible avec la rétention, précisant que ses problèmes médicaux imposent une alimentation particulière qui ne lui est pas administrée.
Il ajoute enfin avoir des attaches en France et qu'il lui est impossible, de par la mesure de rétention, de maintenir ses liens privés et familiaux, particulièrement avec sa fille, aucune menace à l'ordre public n'existant de surcroît.
MOTIVATION DE LA DECISION
Sur la recevabilité de l'appel
Il résulte des énonciations qui précédent que l'appel interjeté par M. [U] [R] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 11 Juin 2026 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen est recevable.
Sur le fond
- Sur la recevabilité de la requête.
Selon l'article L744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est tenu, dans tous les lieux de rétention, un registre mentionnant l'état civil des personnes retenues, ainsi que les conditions de leur placement ou de leur maintien en rétention. Le registre mentionne également l'état civil des enfants mineurs accompagnant ces personnes ainsi que les conditions de leur accueil.
L'autorité administrative tient à la disposition des personnes qui en font la demande les éléments d'information concernant les date et heure du début du placement de chaque étranger en rétention, le lieu exact de celle-ci ainsi que les date et heure des décisions de prolongation.
En vertu de l'article R743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à peine d'irrecevabilité, la requête est motivée, datée et signée, selon le cas, par l'étranger ou son représentant ou par l'autorité administrative qui a ordonné le placement en rétention.
Lorsque la requête est formée par l'autorité administrative, elle est accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2.
Lorsque la requête est formée par l'étranger ou son représentant, la décision attaquée est produite par l'administration. Il en est de même, sur la demande du magistrat du siège du tribunal judiciaire, de la copie du registre.
En l'espèce, alors que l'appelant soutient que la requête est irrecevable faute de mention sur le registre du motif du non respect de la convocation devant les autorités consulaires du 26 mai 2026, il convient de relever que le registre de rétention doit permettre à l'administration de préciser l'identité des personnes retenues et les conditions de leur placement et de leur maintien en rétention, en ce compris les déplacements du retenu dès lors qu'ils sont effectivement intervenus, et ce aux fins de contrôle de leurs motifs et de leurs conditions. Tel n'est toutefois pas le cas d'un déplacement qui n'est pas intervenu comme dans le cas d'espèce. S'il est constant qu'un rendez-vous a été fixé le 26 mai 2026 , il est établi qu'il n'a pu être honoré et que M. [R] n'a pas été déplacé, de sorte que cela n'avait pas vocation à figurer dans le registre.
Quant à l'absence de production des pièces utiles pour apprécier l'existence ou non d'une menace à l'ordre public et les motifs du non respect du rendez-vous consulaire du 26 mai 2026 tels que l'invoque l'appelant au soutien de l'irrecevabilité de la requête, il convient de relever que ces pièces constituent des éléments d'appréciation du fond de la procédure, de sorte que le moyen tiré de l'irrecevabilité ne peut aboutir.
Le moyen sera ainsi rejeté.
- Sur l'irrégularité de la procédure tiré du recours à la vidéo-audience.
L'article L.743-7 du CESEDA, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024, dispose : « Afin d'assurer une bonne administration de la justice et de permettre à l'étranger de présenter ses explications, l'audience se tient dans la salle d'audience attribuée au ministère de la justice spécialement aménagée à proximité immédiate du lieu de rétention.
Le juge peut toutefois siéger au tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention. Les deux salles d'audience sont alors ouvertes au public et reliées entre elles en direct par un moyen de communication audiovisuelle garantissant la confidentialité et la qualité de la transmission.
Dans le cas mentionné au deuxième alinéa, le conseil de l'étranger, de même que le représentant de l'administration, peuvent assister à l'audience dans l'une ou l'autre salle. Il a le droit de s'entretenir avec son client de manière confidentielle. Une copie de l'intégralité du dossier est mise à la disposition du requérant. Un procès-verbal attestant de la conformité des opérations effectuées au présent article est établi dans chacune des salles d'audience.
Le juge peut, de sa propre initiative ou sur demande des parties, suspendre l'audience lorsqu'il constate que la qualité de la retransmission ne permet pas à l'étranger ou à son conseil de présenter ses explications dans des conditions garantissant une bonne administration de la justice.
Par dérogation au premier alinéa, lorsqu'aucune salle n'a été spécialement aménagée à proximité immédiate ou en cas d'indisponibilité de la salle, l'audience se tient au siège du tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe le lieu de rétention.
Par dérogation au présent article, lorsqu'est prévue une compétence territoriale dérogatoire à celle fixée par voie réglementaire, l'audience se tient au siège du tribunal judiciaire auquel appartient le juge compétent. Le juge peut toutefois décider que l'audience se déroule avec l'utilisation de moyens de communication audiovisuelle, dans les conditions prévues aux deuxième et troisième alinéas. »
Tant le Conseil d'Etat (18 novembre 2011) que la Cour de cassation (notamment 12 octobre 2011) ont estimé que si la salle d'audience était autonome et hors de l'enceinte du centre de rétention administrative, qu'elle était accessible au public par une porte autonome donnant sur la voie publique, que la ou les salles d'audience n'étaient pas reliées aux bâtiments composant le centre, qu'une clôture la séparait du centre de rétention, ces conditions permettent au juge de statuer publiquement, dans le respect de l'indépendance des magistrats et de la liberté des parties.
Il est par ailleurs acquis que l'utilisation de la visioconférence lors de l'audience devant le juge des libertés et de la détention ne contrevient pas aux dispositions de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme garantissant le droit à un procès équitable.
Il en résulte que le recours à la visioconférence est subordonné à la condition que soit assurée la confidentialité de la transmission entre le tribunal et la salle d'audience spécialement aménagée à cet effet, ouverte au public et située dans les locaux attribués au ministère de la justice (décision n°2018-770 DC du 6 septembre 2018, §28) à proximité immédiate et non à l'intérieur du centre de rétention ou dans des locaux relevant du Ministère de l'Intérieur, étant précisé que le fait que cette salle soit éventuellement gérée par le ministère de l'intérieur n'est pas de nature à remettre en cause son attribution au ministère de la justice.
En l'espèce, sur le caractère adapté ou non de la salle d'audience aménagée, la cour relève que ladite salle, la salle de télévision où se trouve la personne retenue et la salle réservée aux entretiens confidentiels avec l'avocat sont situées dans l'enceinte territoriale de l'[Localité 3] de Police de [Localité 2], comme le centre de rétention administrative lui-même, mais dans des locaux totalement indépendants du centre, en ce qu'elle n'est pas reliée aux bâtiments composant le centre, qu'elle est accessible au public par une porte autonome donnant sur la voie publique, une clôture séparant son accès du centre de rétention.
Le dispositif destiné à assurer la sécurité des personnes, qui impose au public de se présenter à l'accueil de l'école de police pour y être contrôlé n'est pas de nature à restreindre l'accès du public, mais au contraire à assurer sa protection, s'agissant de simples mesures de sécurité similaires à celles mises en 'uvre dans les juridictions.
En tout état de cause, il n'est pas soutenu, et a fortiori justifié de ce que des personnes se seraient présentées pour assister à l'audience depuis la salle située à [Localité 2] et en auraient été empêchées.
Les audiences devant le juge des libertés et de la détention de Rouen et devant la présente juridiction se sont donc tenues, conformément au deuxième alinéa de l'article précité, dans une salle ouverte au public au tribunal judiciaire et à la cour d'appel situées à proximité immédiate des locaux du centre de rétention, spécialement aménagée à cet effet et attribuée au ministère de la justice, par un moyen de communication audiovisuelle garantissant la clarté, la sincérité et la publicité des débats, la confidentialité et la qualité de la transmission, un procès-verbal de l'audience en visio-conférence ayant été établi à cet effet.
En conséquence, le moyen sera rejeté.
- Sur l'atteinte aux droits du retenu
En cas de violation des formes prescrites par la loi à peine de nullité ou d'inobservation des formalités substantielles, le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi d'une demande sur ce motif ou qui relève d'office une telle irrégularité ne peut prononcer la mainlevée du placement ou du maintien en rétention que lorsque celle-ci a eu pour effet de porter substantiellement atteinte aux droits de l'étranger dont l'effectivité n'a pu être rétablie par une régularisation intervenue avant la clôture des débats.
Selon l'article 3 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales, nul ne peut être soumis à la toture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.
En l'espèce, M. [R] fait valoir que le retrait de l'association France Terre d'Asile des locaux du centre de rétention de [Localité 2] motivé par les conditions de rétention en son sein (insécurité dont il déclare avoir été victime) ne permet pas aux retenus d'exercer leurs droits, la décision de prolongation n'ayant été notifiée à son conseil qu'à 20 heures 13. Néanmoins, il procède par allégations quant aux faits de vol ou de tentative de suicide d'un autre retenu, sans qu'aucun autre élément ne corrobore à ce stade ses déclarations. De plus, il n'est pas démontré en quoi les conditions de rétention portent spécifiquement atteinte à la dignité de M. [R]. Il est par ailleurs constant que ce dernier a pu exercer son droit d'appel examiné par la présente cour. Il ne prouve ainsi nullement avoir été empêché d'exercer une démarche depuis que l'association France Terre d'Asile a exercé son droit de retrait, de sorte qu'aucun grief n'est établi pour M. [R].
De plus, alors qu'il invoque les conditions dégradées au sein du centre de rétention, il n'est pas démontré en quoi ces conditions de rétention portent spécifiquement atteinte à M. [R].
Le moyen sera donc rejeté.
- Sur la prolongation de la détention et l'absence de diligences et de perspectives d'éloignement
Le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants :
1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ;
2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.
L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours.
La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.
La rétention administrative reste une mesure d'exception devant être proportionnée au risque de soustraction à l'exécution volontaire de l'éloignement. Elle ne nécessite pas nécessairement une menace à l'ordre public.
En l'espèce, s'il est constant que le rendez-vous du 26 mai 2026 devant les autorités consulaires algériennes n'a pas été honoré faute d'escorte, il résulte des pièces de la procédure qu'un second entretien a été prévu dès le 2 juin 2026 au cours duquel M. [R] a été effectivement présenté. De plus, les autorités administratives françaises ont relancé le 10 juin 2026 les autorités algérienne pour savoir si elles avaient reconnu M. [R] à la suite de la convocation du 2 juin 2026. En conséquence, il ne saurait être retenu une absence des diligences nécessaires de la part des autorités administratives, l'éloignement n'ayant pas pu intervenir jusqu'alors du fait de l'absence de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'appelant.
De plus, l'appelant fait valoir l'absence de perspectives d'éloignement du fait de l'intérêt supérieur de l'enfant et du respect de sa vie privée et familiale. Il invoque ses attaches en France, précisant être en couple avec Mme [J], laquelle est de nationalité française, et avoir une enfant [C]. Or, M. [R] ne procède que par allégations, sans apporter un quelconque élément de preuve quant à cette relation sentimentale, notamment sa durée ou encore son impossibilité à se poursuivre en cas d'éloignement. Quant aux liens avec sa fille, il résulte de la procédure que M. [R] a pu déclarer ne pas l'avoir vue physiquement depuis 2022 et qu'il n'avait que des contacts téléphoniques avec elle. En conséquence, c'est très justement que le premier juge a retenu qu'aucun élément de la situation personnelle de l'intéressé n'était de nature à remettre en cause les perspectives de son éloignement.
De même, si M. [R] soutient que son état de santé est incompatible avec la rétention administrative en précisant qu'il a effectué un nombre important de visites médicales au sein du centre, preuve n'est pas rapportée pour autant de cette incompatibilité, aucun élément du service médical n'étant produit en ce sens.
En conséquence, et alors qu'il n'est pas nécessaire au vu du texte sus-visé de caractériser une menace à l'ordre public au regard de l'ensemble de ces éléments, et particulièrement du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé, le moyen sera rejeté.
PAR CES MOTIFS :
Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en dernier ressort,
Déclare recevable l'appel interjeté par M. [U] [R] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 11 Juin 2026 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen, prolongeant la mesure de rétention administrative le concernant pour une durée supplémentaire de trente jours ;
Confirme la décision entreprise en toutes ses dispositions.
Fait à [Localité 4], le 13 Juin 2026 à 14h30.
LA GREFFIERE, LA CONSEILLERE,
NOTIFICATION
La présente ordonnance est immédiatement notifiée contre récépissé à toutes les parties qui en reçoivent une expédition et sont informées de leur droit de former un pourvoi en cassation dans les deux mois de la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.