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tj Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 38185, 25 juin 2026, RG 26/00245


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Date
25/06/2026
Numéro
26/00245
Lieu / cour
tj38185
Chambre
Ch4.3 JCP
Type
other
Id
6a484f3693c619cd1f4a0786

Texte de la décision

8,938 caractères

4ème CHAMBRE CIVILE - 4.3 JCP
REFERES

DOSSIER N° : N° RG 26/00245 - N° Portalis DBYH-W-B7K-M4MC

AFFAIRE : [H] C/ [Z], [Z]

Le : 25 Juin 2026

Copie exécutoire
à :Me Fabrice LEMAIRE

Copie certifiée conforme aux défendeurs

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE GRENOBLE
4ème CHAMBRE CIVILE - 4.3 JCP

ORDONNANCE DE REFERE RENDUE LE 25 JUIN 2026

Par M. Jean-Yves CAMOZ, Magistrat à titre temporaire chargé des contentieux de la protection au Tribunal judiciaire de GRENOBLE statuant en référé, assisté de Mme S. DOUKARI, Cadre greffier ;

ENTRE :

DEMANDERESSE

Madame [T] [H]
née le 11 Juillet 1966 à [Localité 1] (ISERE), demeurant [Adresse 1] Novembre [Adresse 2] - [Localité 2]

représentée par Me Fabrice LEMAIRE, avocat au barreau de GRENOBLE

D’UNE PART ET :

DEFENDEURS

Madame [P] [Z] épouse [W]
née le 12 Septembre 1983 à [Localité 3] (ISERE), demeurant [Adresse 3]
non comparante

Monsieur [X] [Z]
né le 17 Mai 1961 à [Localité 4] (ITALIE), demeurant [Adresse 4]
comparant en personne

D’AUTRE PART

A l’audience publique du 21 Avril 2026 tenue par M. Jean-Yves CAMOZ, Magistrat à titre temporaire chargé des contentieux de la protection près le Tribunal Judiciaire de Grenoble, assisté de Mme S. DOUKARI, Cadre greffier, en présence de Mme [K] [C], Greffier stagiaire ;

Après avoir entendu les parties, l’affaire a été mise en délibéré et le prononcé de la décision renvoyé au 25 Juin 2026, date à laquelle Nous, M. Jean-Yves CAMOZ, Magistrat à titre temporaire chargé des contentieux de la protection, avons rendu par mise à disposition au Greffe l’ordonnance dont la teneur suit :

EXPOSE DU LITIGE

Par contrat de bail en date du 4 septembre 2024 madame [I] [Y] [H] a consenti à madame [P] [Z] un bail portant sur un logement avec cave situé à [Localité 5], [Adresse 5] ; Monsieur [X] [Z] s'est porté caution solidaire.

Par acte d'huissier en date du 3 février 2026 le bailleur a fait assigner en référé le défendeur locataire et la caution devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de GRENOBLE aux fins de voir :
-constater l'acquisition de la clause résolutoire d'expulsion insérée au bail,
-ordonner l'expulsion d ainsi que tout occupant de son chef, au besoin avec le concours de la force publique,
-_Constater l'arriéré à hauteur de 3 655,17 euros
-condamner le locataire à payer cette somme à valoir sur l'arriéré des loyers,
-Le condamner à payer Une indemnité d'occupation d'un montant égal au montant du loyer et des charges qui auraient été payés en l'absence de résiliation du bail et ce jusqu'à la libération effective des lieux -condamner le défendeur aux entiers dépens ainsi qu'au paiement de la somme de 1500 euros au titre de l'article 700 du Code Procédure Civile.

A l'audience du 21 avril 2026 le bailleur a actualisé la créance à valoir sur les loyers, charges et indemnités d'occupation dus à la somme de 3 355,17 euros; le défendeur sollicite des délais .

MOTIFS DE LA DECISION :

Sur la recevabilité de la demande de résolution du bail :

Conformément aux dispositions de l'article 24 de la Loi N°89-462 du 6 juillet 1989, la procédure susvisée a été notifiée au représentant de l'État le 4 février 2026;

En application de ce même texte, le représentant de l'État dans le département fixe, par arrêté, le montant et l'ancienneté de la dette au-delà de laquelle les commandements de payer, délivrés à compter du 1er janvier 2015 pour le compte d'un bailleur personne physique ou société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu'au quatrième degré inclus, sont signalés par l'huissier de justice à la commission de coordination des actions de préventions des expulsions locatives prévues à l'article 7-2 de la loi N°90-449 du 31 mai 1990. ce signalement est fait lorsque l'un des deux seuls est atteint. Par arrêté du 20/2/2020 le Préfet de l'Isère a fixé, pour une durée de 6 ans, les seuils susvisés à un impayé de loyers ou de charges locatives sans interruption depuis 3 mois et à une dette de loyer ou de charges locatives équivalente à 3 fois le montant du loyer mensuel hors charges locatives.

En l'espèce, le bailleur justifie de la saisine de la Commission de Coordination des expulsions locatives dans les délais légaux.

La demande est donc recevable à ces égards.

Sur la résiliation du bail :

Le bail conclu par les parties contient une clause résolutoire prévoyant la résiliation de plein droit du contrat pour défaut de paiement des loyers après un commandement de payer resté infructueux.

Un commandement de payer visant la clause résolutoire et rappelant les dispositions de l'article 24 de la Loi N°89-462 du 6 juillet 1989 et de l'article 6 de la Loi du 31 mai 1990 a été signifié au locataire le 25 juillet 2025 ;

Il ressort des explications et justificatifs fournis par le bailleur que les loyers et les charges n'ont pas été régulièrement et intégralement payés. En outre, les causes de ce commandement de payer sont demeurées impayées pendant plus de six semaines.

En conséquence, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 05 septembre 2025.

Sur la créance du bailleur, les délais de paiement et la suspension des effets de la clause :

En application de l'article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, le juge peut, dans la limite de trois années, reporter ou échelonner le paiement des sommes dues, compte tenu de la situation du débiteur et en considération des besoins du créancier lorsque le locataire est en situation de régler sa dette locative.

Le même article dispose que les effets de la clause de résiliation de plein droit seront suspendus pendant le cours des délais ainsi accordés sans affecter l'exécution contractuelle et notamment le paiement du loyer et des charges courantes, que la clause résolutoire sera privée d'effets et que les relations contractuelles se poursuivront selon les termes du bail si le locataire se libère dans les délais et selon les modalités fixées dans le dispositif de la présente décision.

En revanche, dans le cas contraire, la clause résolutoire reprendra son plein effet et l'intégralité de la dette locative restant due sera immédiatement exigible.

En l'espèce, le décompte des sommes réclamées fait apparaître à la date de l'audience, une dette locative, hors frais de procédure, d'un montant de 3 355,17 euros ; au paiement de laquelle sera condamnée le défendeur, outre intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision,

Les défendeurs seront par ailleurs, du fait de l'occupation sans droit ni titre des lieux objets du bail résilié, tenue de payer au bailleur une indemnité d'occupation fixée au montant du loyer et des charges qui auraient été exigibles si le bail n'avait pas été résilié, jusqu'à parfaite libération des lieux. Étant précisé que cette indemnité court à compter du 05 septembre 2025 indexée conformément aux clauses du contrat initial.

Sur les dépens et frais irrépétibles :

Conformément à l'article 696 du Code de procédure Civile, les défendeurs seront condamnés aux dépens qui comprendront les frais de procédure, dont le commandement de payer susvisé,

L'équité commande de faire application des dispositions de l'article 700 du Code de procédure Civile. Une somme de 500 euros sera allouée de ce chef au bailleur. Cette somme ne produira pas intérêts.

Sur l'exécution provisoire :

Conformément à l'article 514 du code de procédure civile, l'exécution provisoire est de droit.

PAR CES MOTIFS :

Nous, Juge des contentieux et de la protection, statuant publiquement en matière de référé, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,

CONSTATONS la résiliation de plein droit du bail liant les parties à la date du 05 septembre 2025;

CONDAMNONS solidairement madame [P] [Z] et monsieur [X] [Z] caution à payer au demandeur la somme de 3 355,17 euros correspondant au montant des loyers, et charges impayées à la date de l'audience outre intérêts au taux légal à compter du prononcé de la décision,

Condamnons les mêmes solidairement à payer une indemnité d'occupation à compter du 05 septembre 2025,

DISONS que le demandeur pourra obtenir le concours de la force publique pour obtenir l'expulsion du défendeur et de tout occupant de son chef du logement avec cave situé à [Localité 5], [Adresse 5],

CONDAMNONS solidairement madame [P] [Z] et monsieur [X] [Z] caution à payer au bailleur la somme de 500 euros, sans intérêt en application de l'article 700 du Code de procédure Civile,

REJETONS toutes les autres demandes,

CONDAMNONS les défendeurs solidairement à supporter les dépens de l'instance comprenant le coût du commandement de payer susvisé,

CONSTATONS l'exécution provisoire de droit,

AINSI JUGE ET PRONONCE PAR MISE A DISPOSITION AU GREFFE DE LA JURIDICTION LE 25 JUIN 2026 LES PARTIES EN AYANT ETE AVISEES CONFORMEMENT A L'ARTICLE 450 DU CODE DE PROCEDURE CIVILE.

Le Greffier Le Juge

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