TJ 74042, 10 juin 2026, RG 26/00414
Vérifier : TJ 74042, 10 juin 2026, RG 26/00414 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source
Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BONNEVILLE LE JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
JUGEMENT DU 10 JUIN 2026
DOSSIER : N° RG 26/00414 - N° Portalis DB2R-W-B7K-D6PO
AFFAIRE : S.A. d’HLM HALPADES / [I] [Y]
MINUTE N° : 26/00316
DEMANDERESSE
S.A. d’HLM HALPADES
dont le siège social est sis [Adresse 1]
représentée par Madame [Z] [W] [V], munie d’un mandat écrit
DEFENDEUR
Monsieur [I] [Y]
né le 01 Mai 2001 à [Localité 1]
demeurant [Adresse 2]
(bénéficie d’une aide juridictionnelle totale numéro 2026-269 du 23/04/2026 accordée par le bureau d’aide juridictionnelle de [Localité 2])
représenté par Maître Jonathan HUDRY de la SARL JUDIC’ALPES, avocat au barreau de BONNEVILLE
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
Lors des débats et du prononcé du jugement
Présidente : Marie CHIFFLET, Juge des Contentieux de la Protection
Greffière : Sabine GAYDON
DEBATS : A l’audience publique du 29 Avril 2026
JUGEMENT Contradictoire, en premier ressort, prononcé le 10 juin 2026 par mise à disposition au greffe et signé par Marie CHIFFLET, Vice-Présidente en charge des contentieux de la protection et Sabine GAYDON, Greffière
Copie exécutoire délivrée le
à la S.A. d’HLM HALPADES.
Expédition délivrée le même jour à Maître [Q] [P].
Le greffier
EXPOSE DU LITIGE
En vertu d’un contrat de bail signé les 2 et 3 mai 2024, la S.A. d’HLM HALPADES a donné en location à Monsieur [I] [D] un logement situé [Adresse 3], moyennant un loyer mensuel de 316,23 €, charges en sus.
Par acte en date du 22 septembre 2025, la S.A. d’HLM HALPADES a délivré à son locataire un commandement de payer.
Après avoir saisi la CCAPEX, la S.A. d’HLM HALPADES a, par acte en date du 27 janvier 2026 notifié au représentant de l’Etat dans le département au moins six semaines avant l’audience, fait assigner Monsieur [I] [D] devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Bonneville afin de voir :
- constater la résiliation du bail par le jeu de la clause résolutoire pour défaut de paiement des loyers, et subsidiairement prononcer la résiliation du bail pour ce motif,
- ordonner la libération des lieux par le défendeur et, à défaut, son expulsion, au besoin avec l'assistance de la force publique,
- condamner le défendeur au paiement de la somme de 1941,81 € pour l’arriéré locatif arrêté au 13 janvier 2026 (échéance de décembre 2025 incluse),
- condamner le défendeur au paiement d'une indemnité mensuelle d'occupation d'un montant égal à celui du loyer et des charges jusqu'à la libération des lieux, majoré ou minoré comme le loyer en fonction de la législation inhérente aux HLM,
- condamner le défendeur aux dépens, ainsi qu’au paiement de la somme de 80 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile.
À l’audience, la demanderesse a actualisé sa créance à la somme de 2032,50 € et ne s’oppose pas à l’octroi de délais de paiement, suivant des mensualités de 100 € et à la suspension des effets de la clause résolutoire. Elle précise également accepter de déduire le dernier règlement de 255 € effectué par le défendeur la veille de l’audience.
Monsieur [I] [D] ne conteste pas la dette et sollicite l’octroi de délais de paiement selon des mensualités de 100 €. Il précise avoir effectué un règlement de 255 € le 28 avril 2026 qu’il conviendra de déduire.
Le pole médico-social de [Localité 3] a informé ne pas être en mesure d’adresser le diagnostic social et financier, Monsieur [I] [D] ne s’étant pas présenté aux rendez-vous fixés les 30 mars 2026 et 09 avril 2026.
MOTIFS
Attendu que conformément à l’article 24 de la loi du 06 juillet 1989, dans sa version issue de la loi du 27 juillet 2023, en vigueur au jour de la conclusion du bail et de la délivrance du commandement, toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après la signification d’un commandement de payer resté infructueux ;
Qu’en l’espèce, le commandement de payer délivré le 22 septembre 2025, visant la clause résolutoire du bail, est demeuré infructueux pendant plus de six semaines ;
Qu’il convient donc de constater l’acquisition de la clause résolutoire du bail à la date du 3 novembre 2025 ;
Mais attendu qu’aux termes de l’article 24 V de la loi du 6 juillet 1989 dans sa version issue de la loi du 27 juillet 2023 et applicable immédiatement aux conditions d’octroi de délais de paiement et de suspension de la clause résolutoire, le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années ;
Que le VII de l’article 24 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa version issue de la loi du 27 juillet 2023, ajoute que lorsqu’il est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge dans les conditions prévues au V et VI du présent article ;
Qu’en l’espèce, il ressort du décompte produit que le défendeur est redevable de la somme de 1777,50 € arrêtée au 28 avril 2026, échéance de mars 2026 incluse, déduction faite des frais relevant des dépens et du règlement de 255 € effectué le 28 avril 2026 et dont les deux parties s’accordent pour le déduire ;
Qu’il convient donc de le condamner au paiement de cette somme ;
Et attendu que compte tenu de la reprise du paiement des échéances courantes avant l’audience, de la situation financière du défendeur et de l’accord de la bailleresse, il convient d’accorder à ce dernier des délais de paiement selon les modalités décrites du dispositif ;
Que pendant le cours des délais ainsi accordés, les effets de la clause résolutoire seront suspendus conformément à la demande de la demanderesse et la clause sera réputée n’avoir jamais joué si le défendeur se libère selon les modalités fixées ;
Que dans le cas contraire, elle reprendra son plein et entier effet de sorte que le bail se trouvera résilié automatiquement, l'expulsion du défendeur pourra être poursuivie, au besoin avec le concours de la force publique, le sort des biens mobiliers trouvés dans les lieux étant régi par les dispositions des articles L. 433-1 et suivants et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution ;
Qu’il convient de prévoir en outre que dans une telle hypothèse, le défendeur sera redevable non seulement du solde de la dette, redevenu immédiatement exigible, mais aussi d’une indemnité mensuelle d’occupation, à compter de la déchéance du terme caractérisée par la défaillance dans le paiement intégral d’une échéance, et ce jusqu'au départ effectif des lieux ;
Que cette indemnité d'occupation sera fixée au montant du dernier loyer courant avant la défaillance, majoré des charges et taxes normalement exigibles, et révisable et majoré ou minoré dans les mêmes conditions que le loyer, s’agissant d’une indemnité réparant le préjudice effectivement subi par le bailleur ;
Attendu que le défendeur, succombant à l’instance, sera condamné aux dépens, incluant le coût du commandement de payer du 22 septembre 2025, le coût de l’assignation et de sa notification au représentant de l’Etat ;
Attendu en revanche que la situation économique des parties commande de ne pas faire application de l’article 700 du code de procédure civile ;
Attendu que l’exécution provisoire s’applique de plein droit ;
PAR CES MOTIFS
Le juge des contentieux de la protection, statuant par jugement contradictoire rendu en premier ressort par mise à disposition au greffe :
CONSTATE que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire figurant au bail consenti les 2 et 3 mai 2024 par la S.A. d’HLM HALPADES à Monsieur [I] [D] portant sur un logement situé [Adresse 3], sont réunies au 3 novembre 2025 ;
CONDAMNE Monsieur [I] [D] à payer à la S.A. d’HLM HALPADES la somme de 1777,50 € (MILLE SEPT CENT SOIXANTE DIX SEPT EUROS ET CINQUANTE CTS) au titre de l’arriéré locatif arrêté au 28 avril 2026, échéance de mars 2026 incluse ;
AUTORISE Monsieur [I] [D] à s’acquitter de cette somme, moyennant le paiement de 17 échéances de 100 € (CENT EUROS) et d’une 18ème échéance représentant le solde en principal, intérêts et frais, échéances payables en sus du loyer mensuel courant et en même temps que celui-ci, à compter du mois suivant la présente décision ;
SUSPEND l’effet de la clause résolutoire pendant l’exécution des délais accordés ;
DIT que si les délais accordés sont entièrement respectés, la clause résolutoire sera réputée n’avoir jamais été acquise ;
DIT qu’à défaut de paiement d’une seule échéance à son terme :
- la clause résolutoire reprendra de plein droit son plein effet,
- l’expulsion de Monsieur [I] [D] des lieux sus visés pourra être poursuivie au besoin avec le concours de la force publique dans les formes légales, ainsi que celle de tout occupant de son chef, le sort des meubles laissés sur place étant régi par les dispositions des articles L. 433-1 et R. 433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution,
- l’intégralité de la somme restant due au titre des loyers impayés deviendra immédiatement exigible, sans mise en demeure préalable,
- une indemnité d’occupation mensuelle sera due ;
CONDAMNE, dans cette hypothèse, Monsieur [I] [D] à payer à la S.A. d’HLM HALPADES une indemnité d'occupation égale au montant du dernier loyer courant, charges en sus, révisable et majorée ou minorée dans les mêmes conditions que le loyer, à compter de la prise d'effet de la clause résolutoire jusqu’à la libération effective des lieux ;
DIT n’y avoir lieu à condamnation au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;
CONDAMNE Monsieur [I] [D] aux entiers dépens de l’instance, en ce compris le coût du commandement du 22 septembre 2025, le coût de l'assignation et de sa notification à la préfecture ;
DIT qu’ils seront recouvrés conformément à la loi n° 91-647 du 10 Juillet 1991 sur l’aide juridictionnelle ;
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire par provision.
LE GREFFIER LE JUGE
Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.