TJ 44184, 1 avr. 2026, RG 25/03069
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Texte de la décision
RG 25/3069
TRIBUNAL JUDICIAIRE
[Adresse 1]
[Adresse 2]
[Localité 1]
N° RG 25/03069 - N° Portalis DBYT-W-B7J-FYPS
Minute : 26/00269
JUGEMENT
DU 01 Avril 2026
AFFAIRE :
S.A. ATLANTIQUE HABITATIONS
C/
[I] [H]
Copies certifiées conformes
Me Johanne RIALLOT-LENGLART
Monsieur [I] [H]
Sous-préfecture de [Localité 2]
Copie exécutoire
Me Johanne RIALLOT-LENGLART
délivrées le :
JUGEMENT
DEMANDEURS :
S.A. ATLANTIQUE HABITATIONS
sise [Adresse 3]
Rep/assistant : Maître Johanne RIALLOT-LENGLART de la SELARL LRB, avocats au barreau de NANTES
DEFENDEURS :
Monsieur [I] [H]
demeurant [Adresse 4]
comparant en personne
COMPOSITION DU TRIBUNAL, lors des débats et du délibéré,
JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION :
Estelle HAMON
GREFFIER :
Léna LE BOHEC, lors des débats
Ingrid LABUSZEWSKI, lors du délibéré
DEBATS : A l’audience publique du 4 février 2026
A l'issue de celle-ci, le Juge des Contentieux de la Protection a fait savoir aux parties que le jugement sera prononcé par sa mise à disposition au greffe le 01 Avril 2026
JUGEMENT :
CONTRADICTOIRE et en PREMIER RESSORT
EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 20 janvier 2020, la SA [Adresse 5] a donné à bail à Monsieur [I] [H] et Madame [M] [P] un local à usage d'habitation et ses annexes sis [Adresse 6] à [Localité 3], moyennant le règlement d'un loyer mensuel total et révisable d'un montant de 661,39€, provisions sur charges incluse.
Suivant acte sous seing privé en date du 20 janvier 2020, la SA HLM ATLANTIQUE HABITATIONS a donné à bail à Monsieur [I] [H] et Madame [M] [P] un emplacement de stationnement n°15 sis [Adresse 6] à [Localité 3], moyennant le règlement d'un loyer mensuel total et révisable d'un montant de10,65€, provisions sur charges incluse.
Suivant acte sous seing privé en date du 20 janvier 2020, la SA [Adresse 5] a donné à bail à Monsieur [I] [H] et Madame [M] [P] un emplacement de stationnement n°18 sis [Adresse 6] à [Localité 3], moyennant le règlement d'un loyer mensuel total et révisable d'un montant de10,65€, provisions sur charges incluse.
Suivant acte sous seing privé en date du 7 juillet 2020, la SA HLM ATLANTIQUE HABITATIONS a donné à bail à Monsieur [I] [H] et Madame [M] [P] un emplacement de stationnement sis [Adresse 6] à [Localité 3], moyennant le règlement d'un loyer mensuel total et révisable d'un montant de10,65€, provisions sur charges non incluse.
Par avenant aux contrats en date du 14 novembre 2023, Monsieur [I] [H] est devenu seul titulaire des baux, Madame [M] [P] ayant régulièrement donné congé.
Par acte de commissaire de justice en date du 2 septembre 2025, le bailleur a fait délivrer au locataire un commandement de payer les loyers à hauteur de 1.998,97€, en visant la clause résolutoire.
La situation d'impayés de loyers a été signalée à la CCAPEX de [Localité 4]-Atlantique le 25 septembre 2025 par le bailleur.
Par acte du 27 novembre 2025, le bailleur a fait assigner Monsieur [I] [H] devant le Tribunal Judiciaire de Saint-Nazaire afin de voir, au bénéfice de l'exécution provisoire :
1 - constater l'acquisition de la clause résolutoire des baux, à titre subsidiaire prononcer la résiliation du bail pour défaut de paiement des loyers, à la date du 2 novembre 2025 ;
2 - ordonner l'expulsion du locataire et de tous occupants de son chef, avec le cas échéant l'assistance d'un serrurier et de la force publique ;
3 - condamner le défendeur au paiement des sommes suivantes :
* la somme de 4.026,29€ à titre d'arriérés de loyers, charges et indemnités d'occupation impayés arrêtés au 6 novembre 2025 avec intérêts de droit à compter du commandement de payer ou à compter du jugement, à parfaire ou diminuer au jour de l’audience ;
* une indemnité d'occupation égale au montant du loyer et charges en cours payable à compter de la résiliation du bail et jusqu'à la libération effective des lieux ;
* la somme de 500€ sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile ;
* aux entiers dépens en ce compris le coût du commandement de payer.
Aucun diagnostic social et financier n’a été transmis au greffe du Tribunal concernant la situation de Monsieur [I] [H].
A l'audience du 4 février 2026 où l'affaire a pu être retenue, la SA [Adresse 5], représentée par son conseil, a sollicité le bénéfice de son acte introductif d'instance et a actualisé sa créance à la somme de 5.120,75€, arrêtée au 29 janvier 2026. Il a précisé que Monsieur avait effectué un règlement de 1.000€ juste avant l’audience qui n’apparaissait donc pas sur le décompte.
Monsieur [I] [H], présent en personne, n'a pas contesté l'existence ni le montant de la dette locative. Il a indiqué vivre dans le logement avec sa compagne et ses deux enfants. Il a sollicité l’octroi de délais de paiement à hauteur de 50€ par mois dans l’attente du rétablissement des APL. Il a précisé percevoir le RSA et sa compagne des indemnités journalières. Il a déclaré avoir déposé un dossier de surendettement.
La décision, contradictoire, a été mise en délibéré au 1er avril 2026.
MOTIFS
Sur la recevabilité
L'action de la SA HLM ATLANTIQUE HABITATIONS en constatation de la clause résolutoire est recevable car l'assignation a été notifiée au préfet de [Localité 4]-Atlantique six semaines au moins avant la date de l'audience, soit le 1er décembre 2025, conformément à l'article 24 III de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.
L'action de la SA [Adresse 5] en constatation de la clause résolutoire est recevable car l'assignation a été délivrée postérieurement à l'expiration du délai de deux mois suivant la saisine de la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 25 septembre 2025 et l'assignation délivrée le 27 novembre 2025, conformément à l'article 24 II de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et R.824-4 du code de la construction et de l'habitation.
Sur la clause résolutoire
Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu'à défaut de paiement d'un seul loyer à l'échéance fixée et après un commandement de payer resté sans effet le bail sera résilié de plein droit.
Le locataire n'a pas, dans le délai de six semaines suivant le commandement de payer qui reproduit les mentions prévues à l’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, ni réglé la dette locative, ni sollicité du juge l'octroi des délais de paiement. Il convient donc de constater que la clause résolutoire est acquise au bailleur.
Toutefois, en vertu des dispositions de l'article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs, modifiés par les articles 9 et 10 de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023, d'application immédiate en l'absence de dispositions transitoires, le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d’office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu’il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l’audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l'article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. Le quatrième alinéa de l'article 1343-5 reçoit application lorsque la décision du juge est prise sur le fondement du présent alinéa.
Lorsque le juge est saisi en ce sens par le bailleur ou par le locataire, et à la condition que celui-ci ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date d’audience, les effets de la clause de résiliation de plein droit peuvent être suspendus pendant le cours des délais accordés par le juge. Cette suspension prend fin dès le premier impayé ou dès lors que le locataire ne se libère pas de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge. Ces délais et les modalités de paiement accordés ne peuvent affecter l'exécution du contrat de location et notamment suspendre le paiement du loyer et des charges. Si le locataire se libère de sa dette locative dans le délai et selon les modalités fixées par le juge, la clause de résiliation de plein droit est réputée ne pas avoir joué. Dans le cas contraire, elle reprend son plein effet.
Les demandes de délais de paiement peuvent désormais être présentées jusqu’à l'audience visant à constater la résiliation du bail.
En l’espèce, le défendeur s'est présenté à l'audience et a actualisé sa situation sociale et financière. Il ressort des débats qu’il a repris le paiement de son loyer courant et mis en place un accompagnement social pour rétablir sa situation, notamment afin de rétablir les droits APL. Dès lors, il y a lieu d’accorder des délais de paiement, tels qu'édictés au dispositif.
Les effets de la clause résolutoire seront suspendus pendant le cours des délais accordés. Si le locataire respecte les délais de paiement qui lui sont accordés et qu'il règle le loyer courant, la clause résolutoire sera réputée n'avoir jamais joué en cas de respect intégral de l'échéancier.
Dans le cas contraire, la clause résolutoire reprendra ses effets, l'expulsion se poursuivra et l'indemnité d'occupation mensuelle due par Monsieur [I] [H] jusqu’à sa sortie effective des lieux, caractérisée par la restitution des clefs au bailleur ou son expulsion, sera fixée au montant du loyer, soit la somme de 661,49€, augmenté des charges qu'il aurait payées en cas de non-résolution du bail. Cette indemnité d’occupation est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges.
Le sort des meubles étant réglé par les dispositions des articles L433-1 et suivants du code des procédures civiles d’exécution, il n'y a pas lieu de statuer sur ce point.
Sur les sommes dues
Le décompte locatif produit n'appelant aucune critique et la dette n'étant pas contestée, Monsieur [I] [H] sera condamné à payer à la SA HLM ATLANTIQUE HABITATIONS la somme de 4.805,61€ selon décompte arrêté le 7 janvier 2026, échéance de janvier 2026 non incluse.
Cette somme ne comprend pas les frais de commissaire de justice, qui sont à inclure dans les dépens, et sera assortie des intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision.
Sur les demandes annexes
L’équité commande de ne pas faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile.
En application de l'article 514 du code de procédure civile, applicable aux instances introduites à compter du 1er janvier 2020, les décisions de première instance sont exécutoires de droit à titre provisoire à moins que la loi ou la décision rendue n'en dispose autrement. En l'espèce, aucun motif ne justifie d'écarter l'exécution provisoire de droit.
Conformément à l'article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner le locataire au paiement des dépens comprenant les frais de commissaire de justice nécessaires à la résolution du présent litige, dont le coût du commandement en date du 2 septembre 2025.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des Contentieux de la Protection statuant après débats en audience publique, par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire et en premier ressort,
CONSTATE la résiliation des baux, conformément à la clause résolutoire, conclus le 20 janvier 2020 et le 7 juillet 2020, entre la SA [Adresse 7] ATLANTIQUE HABITATIONS et Monsieur [I] [H] relatifs au local à usage d'habitation et ses annexes situés [Adresse 6] à [Localité 3] ainsi qu’aux trois emplacements de stationnement situés [Adresse 6] à [Localité 3], et ce, à compter du 3 novembre 2025 ;
CONDAMNE Monsieur [I] [H] à payer à la SA [Adresse 5] la somme de 4.805,61€ au titre des loyers impayés selon décompte arrêté au 7 janvier 2026, échéance de janvier 2026 non incluse, avec intérêts au taux légal à compter de la signification de la présente décision;
AUTORISE Monsieur [I] [H] à se libérer de sa dette locative, outre les frais et dépens, par mensualités de 130€ et ce sur une durée de 36 mois, en sus des loyers et charges courants, la 36ème mensualité devant solder la dette en principal, intérêts et frais, payables le 10 de chaque mois à compter de la signification de la présente décision ;
SUSPEND en conséquence les effets de la clause résolutoire et dit qu'elle sera réputée ne jamais avoir joué en cas de respect intégral de l'échéancier, le bail initial reprenant effet en tous points ;
RAPPELLE que pendant le cours du délai accordé, les majorations d'intérêts ou les pénalités encourues à raison du retard cessent d’être dues ;
DIT qu'à défaut de paiement d'une mensualité à son échéance et quinze jours après une mise en demeure restée vaine, la clause résolutoire sera acquise et, qu'à défaut pour le locataire d'avoir libéré les lieux après la mise en demeure restée vaine, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef, deux mois après un commandement de quitter les lieux, avec si nécessaire l'assistance de la force publique ;
DIT qu'en cas de mise en demeure restée vaine, le montant de l'indemnité mensuelle d'occupation due par Monsieur [I] [H] à la SA HLM ATLANTIQUE HABITATIONS sera équivalent au montant du loyer, soit la somme de 661,49€, augmenté des charges qu'il aurait payées en cas de non-résolution du bail, à compter du premier impayé de l’échéancier jusqu’à la libération effective des lieux ;
DIT que cette indemnité est payable et révisable dans les mêmes conditions que l’étaient le loyer et les charges ;
DIT n'y avoir lieu à statuer sur le sort des meubles ;
DIT qu'une copie de la présente décision sera transmise à la Préfecture à la diligence du greffe ;
DIT n’y avoir lieu à faire application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile ;
REJETTE le surplus des demandes de la SA [Adresse 5] ;
RAPPELLE que l'exécution provisoire de la présente décision est de droit ;
CONDAMNE Monsieur [I] [H] aux dépens en ce compris le coût du commandement de payer en date du 2 septembre 2025.
AINSI JUGE ET MIS A LA DISPOSITION DU PUBLIC
PAR LE GREFFE LE 1er AVRIL 2026
LE GREFFIER LE JUGE DES CONTENTIEUX
I. LABUSZEWSKI DE LA PROTECTION
E. HAMON
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