TJ 42218, 16 juill. 2026, RG 26/00369
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Texte de la décision
MINUTE
N° RG : 26/00369 - N° Portalis DBYQ-W-B7K-JICW
AFFAIRE : [W] [I] [N] C/ S.A.S. SAS GARAGE MONTAT AUTO, S.A.R.L. SARL AUTO CONTROLE LOIRE
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE SAINT ETIENNE
ORDONNANCE DE REFERE DU
16 Juillet 2026
1ère VICE PRESIDENTE : Séverine BESSE
GREFFIERE : Céline TREILLE
DEMANDERESSE
Madame [W] [I] [N]
née le 16 Décembre 1953 à [Localité 1] (97), demeurant [Adresse 1]
représentée par Maître Annick SADURNI, avocat au barreau de SAINT-ETIENNE, avocat postulant, Maître Hélène SOULIER BONNEFOIS, avocat au barreau de HAUTE-LOIRE, avocat plaidant
DEFENDERESSES
S.A.S. GARAGE MONTAT AUTO, dont le siège social est sis [Adresse 2]
non représentée
S.A.R.L. AUTO CONTROLE LOIRE, dont le siège social est sis [Adresse 3]
non représentée
DEBATS : à l’audience publique du 18 Juin 2026
DELIBERE : audience du 16 Juillet 2026
DECISION: réputée contradictoire en 1er ressort, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe en application des articles 450 à 453 du code de procédure civile, les parties préalablement avisées
EXPOSE DU LITIGE
Selon certificat de cession du 15 juillet 2025, la société Montat Auto a vendu à Mme [U] [N] un véhicule Citroën modèle C4 Picasso, immatriculé [Immatriculation 1], au prix de 2 490 euros.
Préalablement à la vente, le véhicule a fait l'objet d'un contrôle technique périodique, examen réalisé par la société Auto Contrôle Loire.
Par actes de commissaire de justice en date du 20 mai 2026 Mme [U] [N] a fait assigner la SAS Garage Montat Auto et la SARL Auto Contrôle Loire devant le juge des référés du tribunal judiciaire de Saint-Etienne, afin d'obtenir la désignation d'un expert et la condamnation des défendeurs aux dépens.
L'affaire est retenue à l'audience du 18 juin 2026.
Mme [U] [N] maintient sa demande et expose que :
- Quelques jours après la vente, elle a constaté que le véhicule présentait une fuite et des bruits anormaux,
- Elle a présenté le véhicule à un nouvel examen de contrôle technique, qui a révélé plusieurs défauts majeurs du véhicule,
- Elle en a informé le vendeur, qui n'a pas répondu,
- Elle a saisi le conciliateur de justice sans succès.
La SAS Garage Montat Auto et la SARL Auto Contrôle Loire, régulièrement citées par dépôt de l'acte à l'étude du commissaire de justice, ne comparaissent pas.
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.
En l'espèce, le contrôle technique périodique effectué avant le 27 mai 2025 ne mentionne que des défaillances mineures. Le véhicule présentait alors un kilométrage de 232 098 kilomètres.
Le contrôle technique réalisé le 11 août 2025 par une autre société mentionne une défaillance critique et quatre défaillances majeures, outre plusieurs défaillances mineures. Le véhicule présentait alors un kilométrage de 233 093 kilomètres.
Dès lors, la demanderesse justifie d'un intérêt légitime à obtenir la désignation d'un expert chargé de constater de façon contradictoire les désordres, d'en déterminer l'origine et les causes, les travaux propres à y remédier et d'en évaluer le coût.
Il convient en conséquence d'ordonner une expertise, à charge pour Mme [U] [N], qui la sollicite, de faire l'avance des frais.
En application de l'article 491 du code de procédure civile, le juge des référés doit statuer sur les dépens. Mme [U] [N], qui profite seule de la mesure, est condamnée à les supporter.
PAR CES MOTIFS Le juge des référés,
ORDONNE une expertise judiciaire ;
DESIGNE pour y procéder
M. [X] [F]
[Adresse 4]
[Localité 2]
Port. : 06 23 47 80 50
Mèl : [Courriel 1]
avec la mission suivante :
- Se rendre au lieu de stockage du véhicule Citroën modèle C4 Picasso, immatriculé [Immatriculation 1], soit au domicile de Mme [U] [N] demeurant [Adresse 5] à [Localité 3], après avoir dûment convoqué les parties,
- Recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles,
- Tenter de concilier les parties, tout au long de sa mission et, en cas de conciliation des parties, constater que sa mission est devenue sans objet,
- Procéder à l'examen du véhicule litigieux, en rechercher l'historique et les conditions d'utilisation et d'entretien depuis sa mise en circulation, en cas de non conformités d'utilisation ou d'entretien, préciser s'ils présentent un lien avec les désordres constatés,
- Rechercher l'existence de tout aménagement ou transformation survenus sur le véhicule depuis sa première mise en circulation et dire si ces aménagement ou transformation sont conformes aux règles de l'art et aux préconisations du constructeur ou des fournisseurs ; en cas de non-conformité, dire si celle-ci présente un lien avec les désordres litigieux,
- Examiner les éventuels désordres et en rechercher les causes, et en cas de constatation de désordres dire s'ils rendent le véhicule impropre à son usage,
- Préciser la date d'apparition des désordres, donner tous éléments techniques et de fait permettant de déterminer si les vices constatés existaient au jour de la vente, ou étaient en germe, et s'ils étaient décelables au moment de la vente par un non professionnel,
- Décrire, dans l'hypothèse où le véhicule serait techniquement réparable, les travaux nécessaires pour remédier aux désordres et en chiffrer le coût et la durée ; dans tous les cas, indiquer la valeur résiduelle du véhicule,
- Fournir tous les éléments techniques et de fait de nature à déterminer les responsabilités encourues et donner une évaluation chiffrée des préjudices invoqués,
- Donner tous éléments de fait pour apprécier les préjudices invoqués par le demandeur et en proposer une évaluation chiffrée,
- Faire toutes observations utiles à la solution du litige,
DIT que l'expert peut s'adjoindre tout spécialiste de son choix, à charge pour lui d'en informer préalablement le magistrat chargé du contrôle des exercices et de joindre l'avis du sapiteur à son rapport ; dit que si le sapiteur n'a pas pu réaliser ses opérations de manière contradictoire, son avis doit être immédiatement communiqué aux parties par l'expert ;
DÉSIGNE le magistrat chargé du contrôle des expertises pour surveiller le déroulement de la mesure,
DIT que l'expert doit communiquer un pré rapport aux parties en leur impartissant un délai raisonnable, au moins quatre semaines, pour la production de leurs dires écrits auxquels il doit répondre dans son rapport définitif, qu'il dépose au service des expertises EN VERSION PAPIER avant le : 16 février 2027 en un original ;
FIXE l'avance des frais d'expertise à valoir sur le montant des honoraires de l'expert à la somme de 3 000 euros qui doit être consignée par la demanderesse avant le 16 août 2026 auprès de la Régie du tribunal judiciaire de Saint-Etienne;
RAPPELLE qu'en application de l'article 271 de code de procédure civile à défaut de consignation dans le délai prescrit, la désignation de l'expert est caduque, sauf prolongation de délai ou relevé de caducité décidé par le juge chargé du contrôle des expertises,
DIT que l'expert provoque la première réunion sur place dans un délai maximum de cinq semaines à partir de sa saisine et que les parties doivent lui avoir communiqué préalablement toutes les pièces dont elles entendent faire état,
DIT que les parties doivent communiquer sans délai les pièces réclamées par l'expert,
DIT qu'en cas de défaillance des parties, le juge chargé du contrôle de l'expertise peut être saisi en vue de la fixation d'une astreinte,
DIT que lors de la première réunion, l'expert dresse un programme de ses investigations, fixe un calendrier précis de ses opérations et évalue d'une manière aussi détaillée que possible le montant prévisible de ses honoraires et de ses débours,
DIT qu'à l'issue de cette réunion, l'expert fait connaître au juge chargé du contrôle de l'expertise la somme globale qui lui parait nécessaire pour garantir en totalité le recouvrement de ses honoraires et sollicite le cas échéant, le versement d'une provision complémentaire,
INVITE les parties à procéder aux mises en cause nécessaires dans les deux mois de la saisine de l'expert ou de la réunion d'expertise qui a mis en évidence cette nécessité, sachant que l'avis de l'expert n'est pas obligatoire et qu'il ne peut porter que sur une appréciation technique de l'opportunité d'une telle mise en cause, l'opportunité juridique relevant de l'appréciation des parties,
DIT que l'expert tient le juge chargé du contrôle de l'expertise informé de l'avancement de ses opérations et le saisit de toute difficulté y afférente, notamment sur les raisons d'un éventuel retard dans le dépôt du rapport,
DIT qu'il est pourvu au remplacement de l'expert dans les cas, conditions et formes des articles 234 et 235 du code de procédure civile,
DIT qu'à l'issue de ses opérations, l'expert adresse aux parties un projet de sa demande de recouvrement d'honoraires et débours, en même temps qu'il l'adresse au magistrat taxateur,
DIT que les parties disposent, à réception de ce projet, d'un délai de 15 jours pour faire valoir leurs observations sur cet état de frais, que ces observations sont adressées au magistrat taxateur afin de débat contradictoire préalablement à l'ordonnance de taxe,
CONDAMNE Mme [U] [N] aux dépens.
La Greffière, La 1ère Vice Présidente,
Céline TREILLE Séverine BESSE
LE 16 Juillet 2026
GROSSE + COPIE à:
- Me SADURNI pour Me SOULIER BONNEFOIS
COPIES à :
- Régie
- dossier
- dossier expertise
- [S] [G])
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