TJ 49007, 18 juin 2026, RG 26/00151
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE
d’[Localité 1]
(Site Coubertin)
N° RG 26/00151 - N° Portalis DBY2-W-B7K-IG7V
JUGEMENT du
18 Juin 2026
Minute n° 26/00661
E.P.I.C. [Localité 1] [Localité 2] HABITAT
C/
[W] [I], [X] [I]
Le
Copie conforme
+ copie exécutoire
- ALH
Copie conforme
- Préfecture du Maine et [Localité 2]
- Mme et M. [F]
Copie dossier
JUGEMENT
Rendu par mise à disposition au Greffe du Tribunal judiciaire d'ANGERS, le 18 Juin 2026
après débats à l'audience du 19 Mars 2026, présidée par Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président - Juge des Contentieux de la Protection, assisté de Victor OESINGER, Greffier
conformément à l'information préalablement donnée à l'issue des débats, en application des dispositions de l'article 450 (2ème alinéa) du Code de procédure civile,
Et signé par Jean-Yves EGAL, Président, et Victor OESINGER, Greffier lors de la mise à disposition au greffe,
ENTRE :
DEMANDEUR
L’Office Public de l’Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT
immatriculé au R.C.S d’[Localité 1] sous le N°B 389 106 865,
dont le siège social est sis [Adresse 1]
[Localité 3],
agissant poursuites et diligences de son représentant légal, domicilié en cette qualité audit siège,
représenté par Madame [N] [B], régulièrement mandatée,
ET :
DÉFENDEUR
Madame [W] [I]
née le 07 Janvier 1981 à [Localité 4]
[Adresse 2]
[Localité 5]
non comparante, ni représentée
Monsieur [X] [I]
né le 24 Juin 1980 à [Localité 4]
[Adresse 2]
[Localité 5]
non comparant, ni représenté
EXPOSÉ DU LITIGE
Par actes sous-seing privé, l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT a donné à bail à compter du 31 mai 2024, à Mme [I] [W] et M. [I] [X] un logement à usage d'habitation situé [Adresse 2] à [Localité 1], moyennant le versement d’un loyer mensuel actualisé de 512.48 euros, outre une provision sur charges et un emplacement de stationnement numéro [Adresse 3] accessoire du bail.
Le 10 octobre 2025, l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT a fait délivrer à Mme [I] [W] et M. [I] [X] un commandement de payer la somme en principal de 828.16 euros représentant les loyers impayés et visant la clause résolutoire.
Par acte de Commissaire de Justice en date du 13 janvier 2026 , l'Office Public de l'Habitat ANGERS LOIRE HABITAT a fait assigner Mme [I] [W] et M. [I] [X] devant le Juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire d’ANGERS aux fins d’obtenir :
- la condamnation solidaire de Mme [I] [W] et M. [I] [X] à payer la somme de 1.786,56 euros au titre des loyers, indemnités d'occupation et charges impayés et ce avec intérêts au taux légal à compter du jugement,
- la constatation de la résiliation de plein droit des baux à la date du 11 decembre 2025, et subsidiairement le prononcé de la résiliation des baux,
- l'expulsion de Mme [I] [W] et M. [I] [X] et de tous occupants du chef du locataire à l'expiration d'un délai de deux mois à compter d'un commandement de quitter les lieux, si besoin avec le concours de la force publique,
- la condamnation solidaire de Mme [I] [W] et M. [I] [X] au paiement de l'indemnité d'occupation mensuelle égale au montant du loyers et des charges qui auraient été perçus en vertu du bail, avec revalorisation telle que prévue au contrat de bail, à compter de l’acquisition de la clause résolutoire et jusqu'à la libération effective des lieux loués,
- l'exécution provisoire,
- la condamnation solidaire de Mme [I] [W] et M. [I] [X] aux dépens qui comprendront le coût du commandement de payer.
À l'audience du 19 mars 2026 l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT a actualisé sa créance locative au titre des loyers charges et indemnités d’occupation impayés à la date de l’audience, et a maintenu ses demandes.
Le juge a donné connaissance du diagnostic social et financier incomplet reçu.
Mme [I] [W] et M. [I] [X] régulièrement cités par acte d'huissier remis à étude dans les conditions des articles 656 et 658 du code de procédure civile, n' ont pas comparu et n’ont pas été représentés.
Par courriel du 19 mars Mme [I] a indiqué ne pas pouvoir être présente à l’audience en raison de son travail.
A l'issue des débats, la décision a été mise en délibéré à la date du 18 JUIN 2026.
MOTIFS DE LA DECISION
En application de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la recevabilité de la demande
Conformément aux dispositions de l’article 24-II de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989, les bailleurs, personnes morales autres qu’une société civile constituée exclusivement entre parents ou alliés jusqu’au 4ème degré inclus, ne peuvent faire délivrer, sous peine d’irrecevabilité de la demande, une assignation aux fins de constat de résiliation du bail avant l’expiration d’un délai de deux mois suivant saisine de la Commission de coordination des actions prévention des expulsions locatives (CCAPEX) prévue à l’article 7-2 de la loi du 31 mai 1990.
Cette saisine est réputée constituée dès lors que persiste une situation d'impayés préalablement signalée dans les conditions réglementaires aux organismes payeurs des aides au logement, en vue d'assurer le maintien du versement des aides (APL), mentionnées à l’article L.351-2 du code de la construction et de l’habitation et aux articles L.542-1 et L.831-1 du code de la Sécurité sociale. Cette saisine peut également s’effectuer par voie électronique, selon des modalités fixées par le décret.
En l'espèce, l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT justifie avoir signalé la situation d'impayé à la Caisse d'allocations familiales le 20 NOVEMBRE 2025.
Par ailleurs, une copie de l’assignation a été notifiée à la Préfecture du Maine et [Localité 2] par la voie électronique le 15 JANVIER 2026 soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24-III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 modifiée par la Loi du 27 juillet 2023 applicable aux procédures en cours à compter du 29 juillet .
L’action en résiliation du bail est donc recevable.
En l’absence de comparution de Mme [I] [W] et M. [I] [X] ou de transmission d’une demande écrite de délai de paiement et de dispense de comparution, aucun délai ne peut être accordé.
Sur le bien fondé des demandes
L'article 24-I de la loi n° 89-462 du 06 juillet 1989 modifié par la Loi du 27 juillet 2023 applicable à compter du 29 juillet 2023 dispose que toute clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux et non plus deux mois comme jusqu'à cette date.
La Loi du 27 juillet 2023 a de surcroît prévu que « tout contrat de bail d'habitation contient une telle clause.
En l'espèce le bail signé par les parties contient bien une clause résolutoire prévoyant qu'à défaut de paiement des loyers ou charges échus ou du dépôt de garantie, et deux mois après la délivrance d'un commandement resté infructueux, la résiliation du contrat intervient de plein droit.
Il résulte des pièces versées par l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT que les loyers et charges n'ont pas été régulièrement et intégralement payés par Mme [I] [W] et M. [I] [X] , ce manquement s'étant perpétué pendant plus de deux mois après le commandement de payer qui leur a été délivré le 10 octobre 2025 lequel visait en l'espèce un délai de régularisation de deux mois.
Il convient en conséquence de constater que les conditions d'acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 11 decembre 2025 pour le logement principal et pour l’emplacement de stationnement numéro [Adresse 4] situé [Adresse 5] accessoire du bail..
Les locataires sont donc occupants sans droit ni titre du logement depuis cette date. Il convient dès lors d'ordonner leur expulsion des lieux loués, ainsi que celle de tous occupants de leur chef, selon les modalités prévues au dispositif ci-après.
Il y a également lieu de condamner solidairement Mme [I] [W] et M. [I] [X] au paiement d'une indemnité d'occupation mensuelle égale au montant actuel du loyer augmenté des charges, et ce à compter de l'acquisition de la clause résolutoire et jusqu'à la libération effective des lieux.
Par ailleurs, l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT réclame le paiement de loyers et de charges et verse aux débats le contrat de location, le commandement de payer et un décompte des sommes dues à la date de l’audience prouvant ainsi les obligations dont il demande l’exécution.
Mme [I] [W] et M. [I] [X] n’apportent aucun élément de nature à remettre en cause le principe ou le montant de la dette, ni n'allèguent avoir réglé la somme réclamée.
Par conséquent, le bailleur justifie de sa créance et il convient de condamner Mme [I] [W] et M. [I] [X] solidairement à payer à l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT la somme de Mille deux cent un euros et vingt neuf centimes (1.201,29 € ), correspondant aux sommes dues à la date du 13 mars 2026 mensualité de février comprise, assortie des intérêts au taux légal à compter du présent jugement, conformément à la demande formulée.
Sur les demandes accessoires
Sur l'exécution provisoire :
En application des dispositions de l’article 514 et de l’article 514-1 nouveau du Code de Procédure Civile l’exécution provisoire de la présente décision est de droit.
Mme [I] [W] et M. [I] [X] supporteront solidairement la charge des dépens en application des dispositions de l’article 696 du Code de Procédure Civile qui comprendront le cout du commandement de payer.
PAR CES MOTIFS
Le Juge des contentieux de la protection, statuant publiquement, par décision mise à disposition au greffe, réputée contradictoire et rendue en premier ressort :
CONSTATE la résiliation des baux conclu à compter du 31 mai 2024 entre l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT et Mme [I] [W] et M. [I] [X] à la date du 11 decembre 2025 pour le logement principal et pour l’emplacement de stationnement numéro 86 situé [Adresse 5] accessoire du bail ;
ORDONNE, à défaut de départ volontaire dans les deux mois de la signification du commandement d'avoir à quitter les lieux, l'expulsion de Mme [I] [W] et M. [I] [X] ainsi que celle de tous occupants de leur chef, du logement situé [Adresse 2] à [Localité 1] euros de l’emplacement de stationnement numéro [Adresse 4] situé [Adresse 5] accessoire du bail., avec le concours de la force publique si besoin est ;
RAPPELLE que le sort des meubles est régi par les articles L.433-1 et L.433-2 du code des procédures civiles d’exécution ;
CONDAMNE Mme [I] [W] et M. [I] [X] solidairement à verser à l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT, à compter du 11 decembre 2025 et jusqu'à la libération effective des lieux, une indemnité d'occupation fixée au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non résiliation du bail pour le logement principal et l’emplacement de stationnement numéro [Adresse 4] situé [Adresse 5] accessoire du bail ;
CONDAMNE Mme [I] [W] et M. [I] [X] solidairement à payer à l'Office Public de l'Habitat [Localité 1] [Localité 2] HABITAT la somme de Mille deux cent un euros et vingt neuf centimes (1.201,29 € ) correspondant aux sommes dues à la date du 13 mars 2026 mensualité de février comprise, assortie des intérêts au taux légal à compter du présent jugement, conformément à la demande formulée ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit ;
CONDAMNE Mme [I] [W] et M. [I] [X] solidairement aux dépens qui comprendront le cout du commandement de payer ;
DIT que la présente décision sera communiquée par le Greffe du Tribunal à la Préfecture du Maine et Loire en application de l’article R.412-2 du code des procédures civiles d’exécution.
LE GREFFIER LE JUGE DU CONTENTIEUX
DE LA PROTECTION
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