TJ 13108, 27 juill. 2026, RG 26/00193
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Texte de la décision
MINUTE N° 26/00267
DOSSIER : N° RG 26/00193 - N° Portalis DBW4-W-B7K-DT4Q
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TARASCON JUGE DES CONTENTIEUX DE LA PROTECTION
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ DU 27 JUILLET 2026
DEMANDERESSE :
S.C.I. SFLH
1205 route de Noves
13440 CABANNES
comparante, représentée par Mme [T] [F] et M.[E] [H]
DEFENDEUR :
Monsieur [B] [C]
5 bis rue du Midi
13630 EYRAGUES
non comparant, ni représenté
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Président : Francis SELLIER
Greffier lors des débats et du prononcé: Patricia LE FLOCH
PROCÉDURE
L’affaire a été appelée à l’audience publique du 29 juin 2026
Date de délibéré indiqué par le Président : 27 JUILLET 2026
les parties ont été avisées que la décision serait prononcée par sa mise à disposition au greffe de la juridiction le 27 JUILLET 2026
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 17 mars 2026, La SCI SFLH, dont le siège est 1205 Route de Noves à Cabannes 13440), a assigné en référé devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de Tarascon Monsieur [C] [B] pour les motifs suivants tels qu'ils résultent de son acte introductif d'instance.
Monsieur [C] [B] a pris à bail le 1er décembre 2024 un logement à usage d'habitation situé 5 bis rue du Midi à Eyragues (13630) moyennant un loyer mensuel de 550 € outre les charges.
Monsieur [C] [B] n'a plus réglé les loyers régulièrement.
Par acte de commissaire de justice du 30 décembre 2025, La SCI SFLH a fait délivrer à Monsieur [C] [B] un commandement de payer les loyers et charges visant la clause résolutoire.
Monsieur [C] [B] n'a pas régularisé la situation.
Lors de l'audience du 29 juin 2026, La SCI SFLH a soutenu ses demandes telles qu'elles résultent de l'assignation sous le visa de la loi du 6 juillet 1989 afin de :
o Constater la résiliation du bail de plein droit,
o Constater l'acquisition de la clause résolutoire au profit de la société requérante quant au bail consenti à Monsieur [C] [B].
o Ordonner l'expulsion immédiate de la partie défenderesse, et celle de tous occupants de son chef, au besoin avec l'assistance de la force publique,
o Le condamner à payer à la société requérante le montant des loyers et charges dus actualisé selon le décompte du 29 juin 2026, représentant la somme de 4 400 €,
o le condamner à payer le loyers et charges dus depuis cette date et jusqu'à la résiliation du bail,
o Le condamner à payer une somme mensuelle égale au loyer actuel indexé, à titre d'indemnité d'occupation, jusqu'à la libération des lieux et remise des clefs à la société demanderesse,
o Le condamner au paiement de la somme de 350 € en application des dispositions de l'article 700 du code de procédure civile,
o Le condamner au paiement des dépens.
Monsieur le représentant de l'État dans le département, a adressé au tribunal le rapport de situation sociale du locataire qui s'est traduit par une carence.
Pour un exposé complet des faits et de la procédure, il est expressément renvoyé aux écritures des parties ainsi que cela est prescrit à l'article 455 du code de procédure civile.
Cité par acte de commissaire de justice délivré à étude, Monsieur [C] [B] n'a pas comparu à l'audience. La présente décision, rendue en premier ressort, sera réputée contradictoire, conformément à l'article 473 du code de procédure civile.
M O T I F S
Conformément à l'article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, le juge est fondé à statuer sur le fond et à faire droit à la demande dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
Attendu que l'article 1315 du Code civil énonce, par ailleurs, que celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit la prouver ;
Que l'article 9 du Code de procédure civile précise également qu'il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention.
- Sur la recevabilité de l'assignation :
Il résulte des dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989, applicables aux actions tendant à obtenir le prononcé de la résiliation du bail d'habitation, que le bailleur doit, à peine d'irrecevabilité de la demande, justifier de la saisine de la Commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives (CCAPEX) ou Caisse d'Allocations Familiales six semaines au moins avant de délivrer l'assignation et notifier six semaines avant l'audience, l'assignation au représentant de l'Etat dans le département.
En l'espèce La SCI SFLH justifie avoir :
- saisi la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives le 31 décembre 2025
- notifié ladite assignation au représentant de l'Etat le 19 mars 2026, soit plus de 6 semaines avant l'audience.
Il y a donc lieu de déclarer l'action recevable.
Sur la résiliation du bail et l'expulsion de Monsieur [C] [B]
Il ressort des justificatifs produits et des explications que les loyers et charges de Monsieur [C] [B] n'ont pas été régulièrement, et intégralement payés depuis le mois de novembre 2025.
Ce manquement s'est perpétué pendant plus de deux mois à compter du commandement de payer signifié le 30 décembre 2025 à Monsieur [C] [B] , reproduisant la clause résolutoire insérée au bail ainsi que toutes les dispositions de l'article 24 de la loi du 6 juillet 1989 dans leur rédaction issue de la loi du 29 juillet 1998, avec celles des deux premiers alinéas de l'article 6 de la loi du 31 mai 1990 modifiés par la loi du 13 août 2004, ainsi que celles du troisième alinéas du même article remplacées par la loi du 24 mars 2014.
Par ailleurs, le juge n'a pas été saisi par la locataire afin d'obtenir des délais de paiement et la suspension de la clause résolutoire.
Par conséquent, la résiliation de plein droit du contrat de bail est acquise à compter du 29 février 2026 par le jeu de la clause résolutoire rappelée ci-dessus. Dès lors, la partie défenderesse devra libérer les lieux, sous peine d'être expulsée.
Monsieur [C] [B] sera, en conséquence, condamné à payer à La SCI SFLH une indemnité d'occupation de mensuelle égale au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, et cela jusqu'à la libération effective des lieux.
Sur la demande des loyers et charges impayés
En droit, en application des dispositions de l'article 849 du code de procédure civile, le juge des référés peut accorder une provision au créancier dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable,
Les sommes dues au titre de l'arriéré de loyers, charges sollicitées par La SCI SFLH s'élèvent à la somme de 4 400 €, arrêté au 29 juin 2026. Les frais de commandement de payer et de l'assignation seront exclus du décompte en principal, s'agissant de simple dépens. Il convient également de déduire des sommes réclamées par la société demanderesse les autres frais inscrits en compte et non justifiés par des pièces de procédure.
Monsieur [C] [B] sera condamné au paiement de cette somme, soit 4400 €.
Sur les dépens et sur l'article 700 du Code de procédure civile
L'équité commande d'allouer la somme de 300 €, sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile à La SCI SFLH.
La partie défenderesse, qui succombe sera tenue aux dépens.
P A R C E S M O T I F S
Nous juge des contentieux de la protection statuant en référé après débats publics, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et exécutoire de plein droit par provision, par mise à disposition au greffe ;
Constatons l'acquisition de plein droit de la clause résolutoire insérée au bail à la date du 29 février 2026,
Ordonnons l'expulsion de Monsieur [C] [B] et de tous les occupants de son chef à compter de deux mois après signification du commandement de quitter les lieux, avec le concours de la force publique si nécessaire, et si besoin est,
Condamnons Monsieur [C] [B], à payer à La SCI SFLH la somme
de 4 400 € représentant les loyers et charges dus selon le décompte du 29 juin 2026,
Condamnons Monsieur [C] [B], à payer à La SCI SFLH une indemnité d'occupation égale au montant du loyer actuel indexé et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail, à compter du 29 février 2026 et jusqu'à la libération effective des lieux,
Condamnons Monsieur [C] [B], au paiement de la somme de 300 € en application de l'article 700 du code de procédure civile,
Condamnons Monsieur [C] [B], aux dépens,
Rappelons que la présente ordonnance est de droit exécutoire à titre provisoire.
Le greffier Le juge des contentieux de la protection
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