TJ 30189, 14 août 2026, RG 26/03897
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Texte de la décision
COUR D'APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 26/03897 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LVWF
ORDONNANCE DU 14 Août 2026 SUR LA DEMANDE DE TROISIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assisté de Julie EZQUERRA, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En vertu de l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l'audience.
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 13 Août 2026 à 10h41 enregistrée sous le numéro N° RG 26/03897 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LVWF présentée par Monsieur [L] [P] DU [W] concernant :
Monsieur [Z] [R]
né le 20 Octobre 2007 à [Localité 1]
de nationalité Ivoirienne ;
Vu l'arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 23 novembre 2025 et notifié le 23 novembre 2025 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 15 juin 2026 notifiée le même jour à 16 juin 2026 à 10h00
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par le Cabinet CENTAURE AVOCATS du barreau de PARIS substitué par Maître Matthias GIMENEZ ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Charlene MOUSSAVOU, avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client;
Attendu qu'en application de l'article L.141-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue française et a donc été entendue en cette langue ;
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare: Oui, j'ai été auditionné par le consulat.
Me [U] [Q] ne soulève aucune nullité de procédure ;
Le représentant de la Préfecture : Il a été auditionné, nous diposons d'un certificat de nationalité. Il n'a pas de garanties de représentation, n'a pas d'adresse personnelle. Il peut être considéré comme une menace à l'ordre public du fait de sa condamnation.
Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [Z] [R].
Sur le fond, Me [U] [Q] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant :
Insuffisance de diligences, les autorités ivoiriennes ont été saisies, une audition a eu lieu, il semblerait à travers un mail du 02/07/26 il y aurait un refus de la part des autorités ivoiriennes précisant qu'il serait de nationalité maliennes. Cet élément doit être pris en considération.Il m'a indiqué qu'il a des problèmes de santé liés à des opérations chirurgicales faites au niveau de l'abdomen, il dispose de certificats médicaux, je lui ai dit de les faire parvenir à votre juridiction.
La personne étrangère déclare : Je suis Ivoirien oui. Je suis né le 20/10/2007 à [Localité 1]. Excusez-moi Madame, j'ai fait ma peine, j'ai fait la prison et on m'a amené ici. J'ai ma place en foyer, je veux aller à l'école. Je me sens pas bien Madame. J'ai des problèmes médicaux. Je vous demande pardon Madame. Je me sens pas bien. J'arrive pas bien à manger. Pardon Madame.
MOTIFS DE LA DECISION
- sur le fond
Attendu que le dernier alinéa de l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, prévoit que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de soixante jours, dans les cas suivants :
1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ;
2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.
Attendu que Monsieur [Z] [R] n'a pas remis l'original d'un passeport en cours de validité ni autre document d'identité de sorte que le consulat ivoirien a été saisi le 3 juin 2026 pour obtention d'un laissez passer ; qu'une relance a été adressée au consulat le 16 juin 2026 ; que le 18 juin un certificat de nationalité ivoirien a pu être transmis aux autorités ivoiriennes ce qui est de nature accélérer la procédure d'identification ; que l'intéressé a refusé une première fois d'être entendu le 2 juillet 2026 ; qu'une audition a néanmoins pu être réalisée le 9 juillet 2026 avec les autorités consulaires ; qu'une relance a été adressée au consulat le 11 août dernier ; que l'administration justifie de l'accomplissement des diligences nécessaires et suffisantes à l'exécution de la mesure d'éloignement ; que dans la mesure où l'administration dispose d'un certificat de nationalité ivoirienne concernant l'intéressé, qui a confirmé lors de l'audience qu'il était bien ressortissant de cet Etat, il ne peut être reproché à l'administration de ne pas avoir initié de démarches vers d'autres pays ; qu'il convient de rappeler que l'intéressé a été condamné le 9 mars 2026 pour des faits d'outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, trafic de stupéfiants et trafic de médicaments ; qui peut ainsi être considéré que sa présence en France représente une menace pour l'ordre public ; qu'il y a lieu d'autoriser la prolongation de la mesure de rétention dont il fait l'objet ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 30 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire de Monsieur [Z] [R]
né le 20 Octobre 2007 à [Localité 1]
de nationalité Ivoirienne
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 15 août 2026 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 2] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 2], en audience publique, le 14 Août 2026 à
[X] GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 14 Août 2026 à
[L] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [Z] [R]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [L] [M]
le 14 Août 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 2];
le 14 Août 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 2] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 14 Août 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me [U] [Q] ;
le 14 Août 2026 à par mail Le Greffier
PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES
UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 3] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)
Visio conférence tenue le 14 Août 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES
dans la procédure suivie contre :
Monsieur [L] [P] [J] contre Monsieur [Z] [R]
Procès verbal établi par Julie EZQUERRA greffier
La communication a été établie à 10h01
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à 10h11
x La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :
Fait à [Localité 2], le 14 Août 2026
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 2]
Monsieur [Z] [R] reconnaît avoir :
Reçu notification le ..............................à ....................................heures de l’ordonnance de prolongation de la rétention administrative rendue le 14 Août 2026 par Laure CAVAIGNAC , vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES. .
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Signature du requérant
Cette ordonnance a été traduite oralement en.............................................................
langue que le requérant comprend ;
le .................................................................. à ........................... [G]
Par l’intermédiaire de :
☐................................................................................., interprète
☐ inscrit sur les listes de la CA ☐ non inscrit sur les listes de la CA
☐ L’ISM, par téléphone
avec ....................................................., interprète en langue .....................................................
SIGNATURE (interprète (si présent ) ou personnel du CHU, en précisant la qualité, et l’identité )
MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 2] (04.66.76.48.76)
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