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TJ 33243, 13 août 2026, RG 26/00124


Vérifier : TJ 33243, 13 août 2026, RG 26/00124 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
13/08/2026
Numéro
26/00124
Lieu / cour
tj33243
Chambre
Référés
Type
other
MàJ source
2026-08-15
Id
6a7f8e6b195da062e0b368ba

Texte de la décision

10,620 caractères

ORDONNANCE DU : 13 AOUT 2026
DOSSIER N° : N° RG 26/00124 - N° Portalis DBX7-W-B7K-DVZI
AFFAIRE : [M] [X] NÉE [H] C/ E.U.R.L. J [R]
56C

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LIBOURNE

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

JUGE DES RÉFÉRÉS : Tiphaine DUMORTIER

GREFFIER : Stéphanie VIGOUROUX

DEBATS : Audience publique du 18 Juin 2026

QUALIFICATION :
- contradictoire
- prononcée par mise à disposition au Greffe
- susceptible d’appel dans le délai de 15 jours

DEMANDERESSE :

Madame [M] [X] NÉE [H]
née le 08 Juillet 1963 à [Localité 1], demeurant [Adresse 1]

représentée par Me Hélène JANOUEIX, avocat au barreau de LIBOURNE, vestiaire : 22

DEFENDERESSE :

E.U.R.L. J [R], dont le siège social est sis [Adresse 2]

représentée par Me Emmanuel TRESTARD, avocat au barreau de LIBOURNE, vestiaire : 29

Par acte du 28 avril 2026, Madame [M] [X] née [H] a assigné l’EURL [G][R] devant le juge des référés près le Tribunal judiciaire de Libourne aux fins de voir ordonnée, sur le fondement des articles 145 du Code de procédure civile, une mesure d’expertise de son véhicule tracteur de marque et type MASSEY FERGUSON, modèe 5455 DYNA 4, à ses frais avancés, tout en réservant les dépens de l’instance.

Au soutien de ses prétentions, Madame [M] [X] née [H] expose que le tracteur qu’elle avait confié à Monsieur [R] pour des réparations est tombé en panne. A l’issue des expertises amiables, aucune résolution amiable du litige n’a pu aboutir. Avant d’engager une action, il lui apparaît nécessaire d’organiser une mesure d’expertise judiciaire, confiée à un expert compétent en matière d’engins agricoles, pour déterminer les causes des désordres et le coût des mesures réparatoires.

En défense, l’EURL [G][R] ne s’oppose pas à la mesure d’expertise, tout en émettant des protestations et réserves. Elle demande que les dépens de l’instance soient réservés.

Conformément à l’article 446-1 du Code de procédure civile, pour plus ample informé de l’exposé et des prétentions des parties, il est renvoyé à l’assignation introductive d’instance et aux écritures déposées et développées oralement à l’audience.

L’affaire a été débattue en audience publique le 18 juin 2026. Elle a été mise en délibéré et prononcée par sa mise à disposition au greffe du Tribunal, conformément à l’article 450 du code de procédure civile, le 13 août 2026. Les parties en ont été avisées.

SUR CE,

Sur la demande d’expertise judiciaire
L’article 145 du code de procédure civile dispose : « s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. ».

En l’espèce, il ressort des éléments versés à la procédure, notamment de la facture d’achat du 11 septembre 2015 et du certificat d’immatriculation, que Monsieur [X] a acheté auprès de la SAS ETS LAGARRIGUE un véhicule tracteur d’occasion, de marque et type MASSEY FERGUSON 5455 DYNA 4, mis en circulation le 30 avril 2007.

En produisant une facture émise le 7 octobre 2024, Madame [M] [X] née [H] rapporte la preuve qu’elle a confié le véhicule à l’EURL [G] [R] pour qu’il réalise son entretien.

En communiquant des factures postérieures, la demanderesse démontre également que le véhicule a, par la suite, été pris en charge pour des réparations réalisées par la SAS ETS CHAMBON.

En produisant aux débats un rapport d’expertise du 12 décembre 2025,[M] [X] née [H] tend à démontrer que l’EURL [G] [R] n’a pas réalisé les réparations convenues dans les règles de l’art.

A ce stade de la procédure, toute résolution amiable du litige apparaît compromise.

Au regard de ces éléments, il y a lieu de considérer que la requérante justifie d’un motif légitime pour voir ordonnée une mesure d’expertise contradictoire de l’engin.

Elle sera donc ordonnée et confiée à un expert compétent en la matière. Les opérations entreprises permettront d’objectiver les désordres et de clarifier les responsabilités.

La requérante avancera les frais de consignation nécessaires à la mise en œuvre de la mesure d’expertise.

Sur les dépens de l’instance.
L’article 491 du Code de procédure civile dispose : « Le juge des référés qui assortit sa décision d'une astreinte peut s'en réserver la liquidation. / Il statue sur les dépens. ».

Ces derniers seront laissés à la charge de la requérante, aucune partie ne succombant exclusivement à l’instance.

PAR CES MOTIFS,

Le juge des référés, statuant, en audience publique, par ordonnance contradictoire, en premier ressort, exécutoire par provision, après en avoir délibéré conformément à la loi,

ORDONNE l’organisation d’une mesure d’expertise et COMMET pour y procéder Monsieur [C] [F], expert près la Cour d’appel de [Localité 2] avec mission de :
1°) Recueillir les allégations des parties et se faire délivrer tous documents utiles à sa mission, même auprès de tiers ;
2°) Entendre tout sachant utile ;
3°) Examiner le véhicule tracteur de marque et type MASSEY FERGUSON, modèe 5455 DYNA 4 ;
4°) Rechercher et décrire les dysfonctionnements ou désordres dont pourrait être atteint le véhicule en cause, en déterminer les causes et origines, ainsi que leur date d’apparition, dire s’ils existaient au moment de la vente et étaient ou non apparents pour un profane, dire s’ils sont dus à un vice caché, à la vétusté ou à une utilisation in appropriée, dire si des réparations ont été effectuées et réalisées selon les règles de l’art et si le véhicule ne présente pas un défaut d’entretien, dire si les désordres observés sont de nature à constituer un risque pour la sécurité du conducteur et des occupants et/ou rendent impropre le véhicule à l’usage auquel il était désigné.
5°) Déterminer la nature, la durée et le coût des réparations des désordres
6°) D’une manière générale, fournir à la juridiction tous éléments d’appréciation, remarques ou suggestions susceptibles de concourir à la solution du litige, notamment l’imputabilité des désordres.

RAPPELLE à l’expert qu’il doit, dès sa saisine, adresser au greffe de la juridiction l’acceptation de sa mission. Tout refus ou tout motif d’empêchement devra faire l’objet d’un courrier circonstancié, adressé dans les 8 jours de sa saisine. Si le magistrat chargé des expertises accepte sa position, l’expert sera remplacé par simple ordonnance ;

DIT que l’expert commencera ses opérations dès qu’il sera averti par le greffe que les parties ont consigné la provision mise à leur charge ;

INDIQUE à l’expert qu’il devra procéder à la première réunion dans un délai maximum de 30 jours. À son issue, il adressera au juge chargé de la surveillance des expertises, une fiche récapitulative établie et adressée en la forme simplifiée, reprenant tous les points ci-dessous visés, en vue d’assurer un déroulement efficace de ses opérations ;

DIT que l’expert devra déposer un rapport accompagné de toutes les pièces complémentaires avant le 13 décembre 2026, terme de rigueur sauf prorogation accordée ;

ORDONNE à Madame [M] [X] née [H] de consigner au greffe du tribunal judiciaire de LIBOURNE, régie d’avances et de recettes, par virement bancaire (IBAN [XXXXXXXXXX01] - BIC TRPUFRP1, en spécifiant le N° RG et le nom du consignataire, la somme de 3 000 euros au total avant le 1er octobre 2026, sous peine de caducité de la présente désignation conformément à l’article 271 du code de procédure civile ;

DIT que l’expert devra procéder dans le respect absolu du principe du contradictoire, établir un inventaire des pièces introduites entre ses mains ainsi que des documents utilisés dans le cadre de sa mission et répondre aux dires que les parties lui communiqueront en cours d’expertise ou avant le dépôt du rapport final, dans le cadre du pré-rapport qu’il établira de façon systématique, éventuellement sous forme de synthèse pour éviter un surcoût, en rappelant aux parties qu’elles sont irrecevables à faire valoir des observations au-delà du délai fixé ;

INDIQUE que l’expert, dès sa saisine, précisera sans délai aux parties le calendrier de ses opérations, le coût prévisible de sa mission sous réserve de l’évolution de celle-ci et de la décision finale du juge taxateur ;

RAPPELLE que, selon les nouvelles modalités de l’article 276 du code de procédure civile : “Lorsque l’expert a fixé aux parties un délai pour formuler leurs observations ou réclamations, il n’est pas tenu de prendre en compte celles qui auraient faites après l’expiration de ce délai, à moins qu’il n’existe une cause grave et dûment justifiée, auquel cas, il en fait rapport au juge. Lorsqu’elles sont écrites, les dernières observations ou réclamations des parties doivent rappeler sommairement le contenu de celles qu’elles ont présentées antérieurement. À défaut, elles sont réputées abandonnées par les parties. L’expert doit faire mention, dans son avis, de la suite donnée aux observations ou réclamations présentées” ;

DEMANDE à l’expert de vérifier le contenu de sa mission et la qualité des parties et des intervenants aux opérations ainsi que la nécessité de provoquer éventuellement la mise en cause d’autres acteurs, à la diligence des parties, sous le contrôle, le cas échéant, du magistrat chargé de la surveillance des expertises, Ce magistrat sera notamment informé de toutes difficultés affectant le bon déroulement de la mesure. Il accordera, à titre exceptionnel, toute prorogation du délai imparti sur demande motivée de l’expert. Le magistrat fixera, s’il y a lieu, toute provision complémentaire. Il sera saisi de toute demande particulière conditionnant, au niveau matériel ou financier, la poursuite de l’expertise. Il décidera aussi, saisi sur incident et après note spéciale de l’expert, de l’exécution de travaux urgents, au besoin pour le compte de qui il appartiendra ;

AUTORISE l’expert, en vertu de l’article 278 du code de procédure civile, à s’adjoindre tout technicien ou homme de l’art, distinct de sa spécialité ;

RAPPELLE que l’expert n’autorise aucun travail de reprise, sauf urgence et après débats éventuels devant le juge des référés ou de la mise en état selon le cas, saisi par la partie la plus diligente ;

DÉSIGNE Madame Valérie BOURZAI, vice-présidente près le tribunal judiciaire de Libourne comme magistrat chargé de la surveillance et de contrôle de la présente expertise ;

DÉBOUTE les parties du surplus de leur demande ;

LAISSE les dépens à la charge de Madame [M] [X] née [H] .

La présente ordonnance a été signée par Tiphaine DUMORTIER, juge des référés et par Stéphanie VIGOUROUX, greffier.

LE GREFFIER LE JUGE DES RÉFÉRÉS

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