TJ 63113, 18 août 2026, RG 26/00472
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Texte de la décision
LC / CS
Ordonnance N°
du 18 AOUT 2026
Chambre 6
N° RG 26/00472 - N° Portalis DBZ5-W-B7K-KUHT
du rôle général
[D] [H]
c/
S.A.S. GARAGE LVA LA VIE DE L’AUTO E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT
Me Sophie PAYEN
GROSSES le
- Me Sophie PAYEN
Copies électroniques :
- Me Sophie PAYEN
Copies :
- Expert (ccc)
- Régie (ccc)
- Dossier
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
rendue le DIX HUIT AOUT DEUX MIL VINGT SIX,
par Madame Laure CAMUS, Présidente du Tribunal judiciaire de CLERMONT-FERRAND
assistée de Madame Charline SUCHEYRE, Greffière
dans le litige opposant :
DEMANDEUR
Monsieur [D] [H]
[Adresse 1]
[Localité 2]
représenté par Me Sophie PAYEN, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
ET :
DEFENDERESSES
S.A.S. GARAGE LVA LA VIE DE L’AUTO, prise en la personne de son représentant légal,
[Adresse 2]
[Localité 3]
non comparante, ni représentée
E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT, prise en la personne de son représentant légal,
[Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 4]
non comparante, ni représentée
***
Après débats à l’audience publique du 07 Juillet 2026, l’affaire a été mise en délibéré à ce jour, la décision étant rendue par mise à disposition au greffe.
EXPOSE DU LITIGE
Suivant bon de commande du 13 juillet 2024, Monsieur [D] [H] a acquis auprès de la S.A.S. GARAGE LVA LA VIE DE L’AUTO un véhicule d’occasion de marque FIAT, modèle DUCATO, immatriculé [Immatriculation 1], pour la somme de 4 990 euros TTC. Le véhicule affichait 300 000 kilomètres.
L’E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT a dressé un procès-verbal de contrôle technique favorable, le 23 juillet 2024, remis lors de la vente. Le véhicule affichait 300 873 kilomètres.
Alors que le véhicule était toujours sous garantie, Monsieur [D] [H] a déploré l’apparition de désordres.
Monsieur [H] a déposé son véhicule le 23 septembre 2024 auprès du vendeur pour réparation qui n’a procédé à aucune réparation ni communiqué de devis.
Madame [V] [R], conciliatrice de justice, a dressé un constat d’échec de la conciliation conventionnelle le 21 mars 2025.
Monsieur [H] a sollicité sa protection juridique afin de réaliser une expertise amiable.
Monsieur [G] [I], expert, a établi un procès-verbal d’examen contradictoire le 24 mars 2025.
En dépit des démarches entreprises, aucune solution amiable n’a été trouvée entre les parties.
Par actes des 5 et 11 juin 2026, Monsieur [D] [H] a fait assigner en référé la S.A.S. GARAGE LVA LA VIE DE L’AUTO et l’E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT afin d’obtenir, en application de l’article 145 du code de procédure civile, l’organisation d’une expertise judiciaire avec mission proposée.
À l’audience des référés du 7 juillet 2026, les débats se sont tenus.
La S.A.S. GARAGE LVA LA VIE DE L’AUTO n’a pas comparu.
L’E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT n’a pas comparu.
Pour le surplus, il est renvoyé aux assignations et conclusions régulièrement déposées.
MOTIFS DE LA DECISION
1/ Sur la demande d’expertise
L’article 145 du code de procédure civile dispose que « S’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé ».
À l’appui de la demande, il est notamment versé aux débats :
Le bon de commande du 13 juillet 2024Le procès-verbal de contrôle technique établi par l’E.U.R.L. AUTO CONTROLE GERZAT le 23 juillet 2024Le procès-verbal d’examen contradictoire établi par Monsieur [G] [I], expert, le 24 mars 2025
Il ressort du procès-verbal d’examen contradictoire que le « véhicule FIAT DUCATO » était « absent et non présenté aux opérations d’expertises du 24 mars 2025 », et qu’en conséquence « aucun constat ne peut être mis en place sur le véhicule ».
L’expert a malgré tout dressé un historique des désordres. Il est indiqué, du 1er septembre 2024 au 10 septembre 2024, la « présence d’un voyant orange au tableau diagnostic moteur en circulation avec manque de puissance », l’injection d’un « produit nettoyant système » « afin de le diffuser dans le réservoir à carburant » mais « pas d’amélioration » constatée, alors « le véhicule est transféré aux Ets LVA pour diagnostic et une lecture défaut est mise en place (code défaut P0402, EGR) », pour autant, « le véhicule est restitué » « sans intervention ».
Il est observé le 17 septembre 2024 un « bruit moteur perçu en circulation » « avec écoulement d’huile et de liquide de refroidissement ». Le véhicule est alors transféré le 23 septembre 2024 vers Ets LVA.
Ces éléments, révélant des dysfonctionnements persistants et non élucidés malgré les interventions successives, démontrent l’existence d’une incertitude technique.
Aussi, l’examen des faits et des pièces produites amène à considérer que Monsieur [H] justifie d’un motif légitime pour voir ordonner une mesure d’expertise judiciaire à ses frais avancés.
En conséquence, la demande sera accueillie à ce titre dans les conditions reprises dans le dispositif de la présente décision.
2/ Sur les frais
Les dépens de l’instance seront supportés par Monsieur [H].
PAR CES MOTIFS
Le juge des référés, statuant après débats en audience publique et en premier ressort, par ordonnance réputée contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe,
ORDONNE une mesure d’expertise et commet pour y procéder :
Monsieur [B] [M]
- expert près la cour d’appel de [Localité 5] -
Demeurant [Adresse 5] veuve [Y]
[Localité 6]
OU, A DEFAUT,
Monsieur [Z] [A]
- expert près la cour d’appel de [Localité 5] -
Demeurant [Adresse 6]
[Localité 2]
Avec mission, en se conformant aux règles du code de procédure civile, de :
1°) Se rendre sur les lieux où le véhicule de marque FIAT, modèle DUCATO, immatriculé [Immatriculation 1], appartenant à Monsieur [D] [H] est entreposé et examiner ledit véhicule, en présence des parties et de leurs conseils juridiques ou techniques ou ceux-ci ayant été dûment convoqués, pour y faire toutes constatations utiles sur l’existence des désordres allégués dans l’assignation, et se munir des outils, échelles ou tous autres équipements permettant de réaliser les investigations nécessaires dès la première réunion sur site,
2°) Recueillir et consigner les explications des parties, prendre connaissance des documents de la cause, se faire remettre par les parties ou par des tiers tous autres documents utiles, entendre tous sachants et effectuer d’initiative toutes diligences ou vérifications lui paraissant nécessaires à la solution du litige,
3°) Etablir un historique succinct des éléments du litige en dressant l’inventaire des pièces contractuelles utiles à l’instruction du litige, notamment les polices d’assurances souscrites, et en recherchant les dates de déclaration d’ouverture du chantier, d’achèvement des travaux et de réception de l’ouvrage,
4°) S’il y a lieu, inviter les parties dès le début des opérations d’expertise à appeler en la cause les entreprises dont la responsabilité serait susceptible d’être engagée,
5°) Examiner les désordres et dommages allégués, notamment tels que listés dans l’assignation et l’historique du procès-verbal d’examen contradictoire établi par Monsieur [G] [I], expert, le 24 mars 2025,
6°) Déterminer si ce véhicule est ou était affecté lors de la vente d’un ou plusieurs vices affectant son usage ou de défauts de conformité,
7°) Dans l’affirmative, en rechercher l’origine, les causes, la nature, la gravité, en précisant s’ils découlent d’un défaut d’entretien ou un entretien non-conforme, un défaut d’utilisation, une intervention non-conforme aux prescriptions du constructeur et/ou aux règles de l’art, une intervention incomplète, un vice, à des post-montages qui auraient été apportés au véhicule, à un choc antérieur, ou dans toute autre cause extérieure au véhicule,
8°) Préciser si le véhicule est impropre à l’usage auquel il est destiné ou si les anomalies diminuent notamment sa valeur,
9°) Dire si l’acheteur pouvait se convaincre lui-même des anomalies lors de la vente ou si celles-ci présentaient toutes les caractéristiques de vices cachés,
10°) Dire également si elles étaient antérieures à la vente,
11°) Indiquer les travaux nécessaires de remise en état du véhicule ainsi que leur coût, la durée et les contraintes pouvant en résulter pour le ou les propriétaires, au besoin en s’appuyant sur des devis fournis par les parties et en expliquant précisément les solutions possibles,
12°) Dans la limite de sa compétence technique, donner son avis sur le préjudice de Monsieur [D] [H],
13°) Fournir les éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction éventuellement saisie d'apprécier les responsabilités encourues,
14°) Proposer, sur la base de ses conclusions et le cas échéant, un compte entre les parties,
15°) Plus généralement, donner toutes indications techniques et de fait pouvant apparaître utiles à la solution du litige.
AUTORISE l'expert :
- à s'adjoindre tout technicien de son choix dans une spécialité autre que la sienne,
- à se faire assister dans l’accomplissement de sa mission par la personne de son choix qui intervient sous son contrôle et sa responsabilité,
DIT que l'expert commis pourra sur simple présentation de la présente ordonnance requérir la communication, soit par les parties, soit par des tiers de tous documents relatifs à cette affaire,
DIT que l’expert fera connaître sans délai son acceptation, qu’en cas de refus ou d’empêchement légitime, il sera pourvu aussitôt à son remplacement,
DIT que l'expert commis, saisi par le greffe, devra accomplir sa mission en présence des parties ou elles dûment convoquées, les entendre en leurs dires et explications, en leur impartissant un délai de rigueur pour déposer leurs dires écrits et fournir leurs pièces justificatives,
DIT qu’en application de l’article 38 du décret n°2005-1678 du 28 décembre 2005, les dernières observations ou réclamations des parties doivent rappeler sommairement le contenu de celles qu’elles ont présentées antérieurement ; qu’à défaut, elles sont réputées abandonnées par elles,
RAPPELLE en tant que de besoin à l’expert judiciaire commis son obligation de répondre à tout dire dûment formalisé par écrit par l’une quelconque des parties par une note elle-même écrite et motivée,
DIT que Monsieur [D] [H] fera l'avance des frais d'expertise et devra consigner au secrétariat-greffe une provision de MILLE HUIT CENTS EUROS (1.800,00 €) T.T.C avant le 31 octobre 2026,
DIT qu'à défaut de consignation dans le délai et selon les modalités imparties, la désignation de l'expert sera CADUQUE à moins que le juge, à la demande d'une des parties se prévalant d'un motif légitime, ne décide une prorogation du délai ou un relevé de la caducité,
DIT que l’expert devra commencer ses opérations d’expertise dès qu’il sera averti que les parties ont consigné la provision mise à leur charge,
DIT que lors de la première réunion d’expertise laquelle devra se dérouler dans un délai de deux mois à compter de l’avis donné par le greffe de la consignation de la provision, l’expert devra, en concertation avec les parties, dresser un programme de ses investigations, et proposer d’une manière aussi précise que possible le montant prévisible de ses honoraires, de ses frais et débours, ainsi que la date de dépôt du rapport avant d’adresser ces informations au juge chargé du contrôle de l’expertise, à l’appui d’une demande d’ordonnance complémentaire fixant le montant de la provision complémentaire ainsi que le délai prévu pour le dépôt du rapport,
DIT que l’expert commis devra communiquer aux parties et à leur conseil respectif un pré-rapport contenant l’ensemble de ses appréciations littérales et chiffrées, ainsi que l’ensemble de ses conclusions, au moins un mois avant la date de dépôt du rapport d’expertise, en invitant les parties à présenter leurs observations,
DIT qu’après avoir répondu de façon appropriée aux éventuelles observations formulées par les parties, l’expert commis devra déposer au greffe un rapport définitif de ses opérations avant le 18 avril 2027 date de rigueur, sauf prorogation des opérations dûment autorisée par le juge sur demande de l’expert,
DÉSIGNE le magistrat chargé du contrôle des expertises pour suivre les opérations d’expertise et statuer sur tous incidents,
LAISSE les dépens à la charge de Monsieur [D] [H],
RAPPELLE que la présente décision est exécutoire à titre provisoire.
La Greffière, La Présidente,
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