TJ 59350, 4 août 2026, RG 26/01150
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Texte de la décision
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE LILLE
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Référés expertises - OC RG initial n°23/1211
N° RG 26/01150 - N° Portalis DBZS-W-B7K-3ABJ
SL/DB
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
DU 04 AOUT 2026
DEMANDERESSE :
Société BIMAG
[Adresse 1]
[Localité 1]
représentée par Me Gilles GRARDEL, avocat au barreau de LILLE
DÉFENDERESSES :
Syndicat de copropriété de L’IMMEUBLE [Adresse 2] représenté par son syndic CITYA DESCAMPIAUX CENTRE SARL, [Adresse 3]
[Adresse 4]
[Localité 2]
représentée par Me Stéphanie MERCK, avocat au barreau de LILLE
METROPOLE EUROPEENNE DE [Localité 3] (LA MEL)
[Adresse 5]
[Localité 4]
représentée par Me Alistair MCDONAGH, avocat au barreau de LILLE, postulant et Me Julie VERDON, avocat au barreau de PARIS, plaidant
JUGE DES RÉFÉRÉS : Dalia BALCIUNAITYTE, Vice-Présidente, suppléant le président en vertu des articles R. 212-4 et R. 212-5 du code de l’organisation judiciaire
GREFFIER : Sébastien LESAGE, Cadre Greffier
DÉBATS à l’audience publique du 04 Août 2026
ORDONNANCE du 04 Août 2026
LE JUGE DES RÉFÉRÉS
Après avoir entendu les parties comparantes ou leur conseil et avoir mis l’affaire en délibéré, a statué en ces termes :
Selon ordonnance du 5 décembre 2023 prononcée dans l’affaire enregistrée sous le numéro de registre général 23/1211, le président du tribunal judiciaire de Lille statuant en référé a, sur la demande du syndicat des copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 6] à Lille pris en la personne de son syndic la société St Pons et Cie, et à l’encontre de la société Bimag, la société Apave Nord Ouest, la société Ymotek, la société Ascia Ingenierie, la société MMA Iard Assurances Mutuelles, la société SMA, la société SMABTP, la société Generali Iard en qualité d’assureur de la société Bimag et la société Mutuelle du Mans désigné M. [Y] [A] en qualité d’expert, concernant l’immeuble situé au [Adresse 7] à Lille (Nord).
Suivant ordonnance du 26 mars 2024 (RG n° 24/254), les opérations d’expertise ont été déclarées communes et opposables à la société SEP et la société SMABTP, assureur de la société SEP.
Suivant ordonnance du 29 juillet 2025 (RG n° 25/1061), les opérations d’expertise ont été déclarées communes et opposables à la société Quardina.
Suivant ordonnance du 7 juillet 2026 (RG n° 26/0550), les opérations d’expertise ont été déclarées communes et opposables à la société Generali Iard en qualité d’assureur de l’immeuble situé au [Adresse 6].
Le 23 juillet 2026, la SAS BIMAG a assigné la METROPOLE EUROPEENNE DE LILLE et le Syndicat de copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 8] à Lille devant le président du tribunal judiciaire de Lille statuant en référé afin que les opérations d’expertises leur soient déclarées communes et opposables.
L’affaire a été appelée et retenue à l’audience le 4 août 2026.
A l’audience, la SAS BIMAG, représentée par son avocat, sollicite le bénéfice de son assignation.
Dans ses écritures notifiées par voie électronique le 30 juillet 2026, Syndicat de copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 8] à [Localité 3], représenté par son avocat, formule les protestations et réserves d’usage.
Dans ses écritures déposées à l'audience, la METROPOLE EUROPEENNE DE [Localité 3], représentée par son avocat, formule les protestations et réserves d’usage.
La décision a été mise en délibéré au 4 août 2026 par mise à disposition au greffe, les parties en ayant été préalablement avisées.
Conformément aux dispositions des articles 455 et 446-1 du code de procédure civile, pour plus ample informé de l’exposé et des prétentions et moyens des parties, il est renvoyé à l'assignation introductive d’instance et aux écritures déposées et développées oralement à l’audience.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la demande d’ordonnance commune
Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé.
L’existence de contestations, mêmes sérieuses, quant à la recevabilité ou au bien-fondé de la future action au fond ne fait pas obstacle à la mise en œuvre d’une expertise probatoire lorsque le demandeur justifie par des faits suffisamment pertinents qu’un litige potentiel existe et que la mesure sollicitée présente une utilité probatoire.
Lorsque la mesure d'instruction a d'ores et déjà été ordonnée, pour qu'un tiers à l'expertise puisse y être appelé, il doit être établi que ce tiers est susceptible d'être concerné par le procès futur dont l'éventualité a légitimé le prononcé de la mesure, dès lors qu'il est de bonne administration de la justice que toutes les parties susceptibles d'être concernées par le litige soient présentes à l'expertise, de sorte que le rapport de l'expert puisse leur être opposable.
L’extension de la mesure d’expertise n’implique aucun préjugé sur la responsabilité des personnes appelées comme parties à la procédure, ni sur les chances de succès du procès susceptible d’être ultérieurement engagé.
En l’espèce, la SAS BIMAG justifie d’un motif légitime de rendre communes à aux défendeurs les opérations d’expertise, de nouveaux désordres étant apparus dans le voisinage, nécessitant, le cas échéant, une déclaration de péril.
L’expert a donné son avis favorable à la mise en cause, une nouvelle réunion étant d'ores et déjà fixée au 18 septembre 2026.
Il y a dès lors lieu d’accueillir la demande formulée par la SAS BIMAG.
Sur les dépens
L’article 491 du code de procédure civile fait obligation au juge des référés de statuer sur les dépens. Une demande tendant à voir réserver le sort des dépens ne peut donc prospérer.
En application de l’article 696 du code de procédure civile, la partie perdante est condamnée aux dépens, à moins que le juge, par décision motivée, n'en mette la totalité ou une fraction à la charge d'une autre partie.
La partie défenderesse à une demande de mesure d’instruction ordonnée sur le fondement de l’article 145 du code de procédure civile ne peut être considérée comme une partie perdante au sens de ce texte.
En l’espèce, l’expertise étant étendue à la demande et dans l’intérêt de la SAS BIMAG, il convient de mettre à sa charge les dépens.
Sur l'exécution provisoire
La présente décision est de droit exécutoire par provision en application des dispositions des articles 484, 514 et 514-1, alinéa 3, du code de procédure civile.
DÉCISION
Par ces motifs, le magistrat délégué par le président du tribunal judiciaire pour statuer en référé, après débats en audience publique, par ordonnance contradictoire, prononcée par mise à disposition au greffe, rendue en premier ressort ;
Vu l’ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Lille du 5 décembre 2023 (RG n° 23/1211),
Par provision, tous moyens des parties étant réservés ;
Déclare communes à la METROPOLE EUROPEENNE DE [Localité 3] et au Syndicat de copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 8] à [Localité 3] les opérations d'expertise ordonnées par l’ordonnance du juge des référés du 5 décembre 2023 précitée pour les opérations accomplies postérieurement à son intervention ;
Dit que la SAS BIMAG communiquera sans délai à la METROPOLE EUROPEENNE DE [Localité 3] et au Syndicat de copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 8] à [Localité 3] l'ensemble des pièces déjà produites par les parties ainsi que les notes rédigées par l'expert ;
Dit que l'expert devra convoquer la METROPOLE EUROPEENNE DE [Localité 3] et le Syndicat de copropriétaires de l’immeuble situé au [Adresse 8] à [Localité 3] à la prochaine réunion d'expertise au cours de laquelle ils seront informés des diligences déjà accomplies et invitée à formuler leurs observations ;
Dit que dans l’hypothèse où la présente ordonnance serait portée à la connaissance de l’expert après dépôt de son rapport, toutes ses dispositions seront caduques ;
Condamne la SAS BIMAG aux dépens ;
Rappelle que la présente ordonnance est exécutoire à titre provisoire.
La présente ordonnance a été signée par le juge et le greffier.
LE GREFFIER LE JUGE DES RÉFÉRÉS
Sébastien LESAGE Dalia BALCIUNAITYTE
EN CONSÉQUENCE
LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE MANDE ET ORDONNE
A tous commissaires de justice sur ce requis, de mettre les présentes à exécution ;
Aux Procureurs Généraux et aux Procureurs de la République près des Tribunaux Judiciaires d'y tenir la main ;
A tous Commandants et Officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils en seront légalement requis ;
En foi de quoi les présentes ont été signées et scellées du sceau du Tribunal ;
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