Ldata.fr
← Retour au corpus
Vérifier sur Judilibre ↗
tj Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) source api

TJ 42218, 25 août 2026, RG 26/01683


Vérifier : TJ 42218, 25 août 2026, RG 26/01683 (rechercher sur Judilibre/Légifrance) · Ouvrir la source

Date
25/08/2026
Numéro
26/01683
Lieu / cour
tj42218
Chambre
4 ème Chambre civile
Type
other
MàJ source
2026-08-28
Id
6a9097fc195da062e020de72

Texte de la décision

11,850 caractères

Minute n°

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

TRIBUNAL JUDICIAIRE de SAINT ETIENNE

N° RG 26/01683 - N° Portalis DBYQ-W-B7K-JF5A

4ème CHAMBRE CIVILE - POLE DE LA PROTECTION

JUGEMENT DU 25 Août 2026

COMPOSITION DU TRIBUNAL

Lors des débats et du délibéré :

Président : Monsieur Jean-Philippe BELPERRON, Vice-Président chargé des contentieux de la protection
assisté, pendant les débats de Madame Murielle FAURY, greffière ;

DEBATS : à l'audience publique du 23 Juin 2026

ENTRE :

E.P.I.C. HABITAT ET METROPOLE venant aux droits de GIER PILAT HABITAT [Localité 1]
dont le siège social est sis [Adresse 1]

représentée par Madame [D] [Z], chargée de contentieux locatif, munie d’un pouvoir

ET :

Monsieur [V] [W]
né le 20 Juin 1966 à [Localité 1]
demeurant [Adresse 2]

non comparant

JUGEMENT :

Réputé contradictoire et en premier ressort,
Prononcé par mise à disposition au greffe à la date du 25 Août 2026

EXPOSE DU LITIGE :

Suivant contrat à effet du 13 octobre 2010, l’OPH GIER PILAT HABITAT [Localité 1] devenu l'EPIC HABITAT ET METROPOLE a donné en location à Monsieur [V] [W] un immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 2] à [Localité 1], moyennant un loyer mensuel révisable de 267,16 € révisable charges non comprises.

Par courrier du 8 décembre 2025, l'EPIC HABITAT ET METROPOLE a informé la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’impayés.

L'EPIC HABITAT ET METROPOLE a fait délivrer le 8 décembre 2025 à Monsieur [V] [W] un commandement de payer les loyers échus pour un arriéré de 2721,45 €.

Le 17 décembre 2025, était délivré une sommation de respecter les clauses du bail, notamment l’obligation de jouissance paisible.

Par assignation du 24 février 2026, l'EPIC HABITAT ET METROPOLE a attrait Monsieur [V] [W] devant le juge des contentieux de la protection de Saint-Etienne, aux fins de constater la résiliation de plein droit du contrat de bail et d’ordonner son expulsion, à titre subsidiaire était demandé la résiliation du bail pour trouble du voisinage.

L'EPIC HABITAT ET METROPOLE a notifié l’assignation à la préfecture de la Loire par voie électronique avec accusé de réception délivrée le 24 février 2026.

L'audience s'est tenue le 23 juin 2026.

Lors de l’audience, l'EPIC HABITAT ET METROPOLE a maintenu ses demandes tendant à constater le jeu de la clause résolutoire et à ordonner l'expulsion de Monsieur [V] [W]. L’EPIC HABITAT ET METROPOLE a en outre demandé au tribunal :
de condamner Monsieur [V] [W] au paiement des sommes suivantes :6279,69 € au titre de sa créance locative arrêtée au 23 juin 2026 ;une indemnité mensuelle d’occupation équivalente au montant du loyer plus charges due jusqu’au départ effectif des lieux ;200,00 € à titre de dommages et intérêts ;100,00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;ainsi qu'aux entiers dépens.
L'EPIC HABITAT ET METROPOLE a expliqué au soutien des prétentions :
qu’il était opposé à l’octroi de délais de paiements
Monsieur [V] [W] n'a pas comparu, malgré sa convocation régulière.

Un diagnostic social et financier n’a pas été reçu au greffe avant l’audience.

MOTIFS DE LA DECISION :

Sur l'absence du défendeur

En l'espèce, il convient de faire application de l’article 472 du code de procédure civile selon lequel « Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée ».

Sur la recevabilité de la demande

Une copie de l’assignation a été notifiée à la préfecture de la Loire par la voie électronique le 24 février 2026, soit plus de six semaines avant l’audience, conformément aux dispositions de l’article 24 III de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989.

Par ailleurs, il est démontré que l'EPIC HABITAT ET METROPOLE a bien informé la Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives (CCAPEX) de l’existence d’impayés.

L’action est donc recevable.

Sur la résiliation de plein droit, l'expulsion et la dette locative

Sur la résiliation du bail en raison du non-paiement des loyers
L’article 24 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 dispose que «  Tout contrat de bail d'habitation contient une clause prévoyant la résiliation de plein droit du contrat de location pour défaut de paiement du loyer ou des charges aux termes convenus ou pour non-versement du dépôt de garantie. Cette clause ne produit effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux. (…)  Le juge peut, à la demande du locataire, du bailleur ou d'office, à la condition que le locataire soit en situation de régler sa dette locative et qu'il ait repris le versement intégral du loyer courant avant la date de l'audience, accorder des délais de paiement dans la limite de trois années, par dérogation au délai prévu au premier alinéa de l’article 1343-5 du code civil, au locataire en situation de régler sa dette locative. »

À l'examen de l'ensemble des pièces versées aux débats, il apparaît qu’un commandement de payer a été délivré à Monsieur [V] [W] le 8 décembre 2025 pour un arriéré de loyers vérifié de 2721,45 € et qu’il est demeuré infructueux dans le délai imparti, Monsieur [V] [W] n’ayant pas réglé la dette locative.

En outre, considérant l'absence de demande de délais de Monsieur [V] [W], l’absence d’information sur sa situation et ses revenus, la Loi ne permet pas d'accorder de délai de paiements de nature à suspendre les effets de la clause résolutoire et d’accorder des délais de paiement sur le fondement de l’article 24-V de la loi susvisée.

Dès lors, il y a lieu de constater que les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont réunies à la date du 9 février 2026, à l’expiration du délai de deux mois, fixé par le commandement de payer, et que la résiliation du bail est intervenue de plein droit à cette date.

La résiliation est constatée alors que Monsieur [V] [W] n'a toujours pas restitué les clés du logement. Il convient donc d’ordonner l’expulsion de Monsieur [V] [W] et de dire que faute par Monsieur [V] [W] d’avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, deux moisS après la signification par huissier d’un commandement de quitter les lieux portant mention de la présente décision demeuré infructueux.

Il convient également de rappeler qu’aux termes de l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution avec sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire ».

- Sur la demande en paiement de l’indemnité d’occupation

L’occupation illicite des lieux par Monsieur [V] [W] cause manifestement et nécessairement un préjudice à l'EPIC HABITAT ET METROPOLE qui doit être réparé par l'allocation d'une indemnité d'occupation qui sera fixée par référence au montant du loyer et des charges qui auraient été dus en cas de non-résiliation du bail.

Il y a donc lieu de condamner Monsieur [V] [W] au paiement de cette indemnité et ce dans les conditions fixées par le dispositif de la présente décision.

- Sur la demande en paiement de l’arriéré locatif

Il résulte de l’article 7 de la loi n°89-462 du 06 juillet 1989 ainsi que des stipulations du bail que le locataire est tenu de payer le loyer et les charges récupérables au terme convenu.

En l’espèce, l'EPIC HABITAT ET METROPOLE verse aux débats un décompte arrêté au 23 juin 2026 établissant l’arriéré locatif (loyers et indemnités d’occupation échus) à la somme de 6279,69 €.

Au vu des justificatifs fournis, la créance de l'EPIC HABITAT ET METROPOLE est établie tant dans son principe que dans son montant.

Il convient par conséquent de condamner Monsieur [V] [W] à payer la somme de 6279,69 € actualisée au 23 juin 2026, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement.

Sur les demandes accessoires

Dans la mesure où aucune pièce ni argument ne vient démontrer l'existence d'une résistance abusive de la part de Monsieur [V] [W], la demande de condamnation formée par l'EPIC HABITAT ET METROPOLE à ce titre sera rejetée.

En application de l’article 696 du code de procédure civile, il convient de condamner Monsieur [V] [W] au paiement des entiers dépens de l’instance qui comprendront notamment le coût du commandement de payer du 8 décembre 2025, de la saisine de la CCAPEX de l’assignation, de la sommation du 17 décembre 2025, de sa dénonciation à la préfecture. Le timbre fiscal joint a été restitué à l'EPIC HABITAT ET METROPOLE.

Monsieur [V] [W] succombant aux dépens, il y a lieu de la condamner à la somme de 50,00 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

L'exécution provisoire est de droit et est compatible avec la nature du litige.

PAR CES MOTIFS :

Le Tribunal, statuant après débats publics, par décision réputée contradictoire mise à disposition des parties par le greffe et en premier ressort,

Notification le :
- CCC à :
- Copie exécutoire à :
- Copie au dossier

CONSTATE la recevabilité de l’action intentée par l'EPIC HABITAT ET METROPOLE ;

CONSTATE que les conditions de la clause résolutoire figurant au bail conclu le 13 octobre 2010 entre l'EPIC HABITAT ET METROPOLE et Monsieur [V] [W] concernant l’immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 2] à [Localité 1] sont réunies et que le bail est résilié à compter du 9 février 2026 ;

CONDAMNE Monsieur [V] [W] à payer à l'EPIC HABITAT ET METROPOLE une somme de 6279,69 € au titre de la dette locative arrêtée au 23 juin 2026, outre intérêts au taux légal à compter du présent jugement ;

CONDAMNE Monsieur [V] [W] à payer à l'EPIC HABITAT ET METROPOLE une indemnité d’occupation mensuelle égale au montant du loyer plus charges qui auraient été dus en l’absence de résiliation du bail, à compter du 23 juin 2026, date du dernier décompte, et jusqu’à la date de la libération effective et définitive des lieux caractérisée par la remise des clés au bailleur ou à son mandataire ;

DIT que faute par Monsieur [V] [W] d’avoir libéré les lieux de sa personne, de ses biens et de tous occupants de son chef, il sera procédé à son expulsion et à celle de tous occupants de son chef avec l’assistance d’un serrurier et de la force publique si besoin est, deux mois après la signification par huissier d’un commandement de quitter les lieux portant mention de la présente décision demeuré infructueux ;

RAPPELLE qu’aux termes de l’article L. 433-1 du code des procédures civiles d’exécution, « les meubles se trouvant sur les lieux sont remis, aux frais de la personne expulsée, en un lieu que celle-ci désigne ; à défaut, ils sont laissés sur place ou entreposés en un autre lieu approprié et décrits avec précision par l'huissier de justice chargé de l'exécution avec sommation à la personne expulsée d'avoir à les retirer dans un délai fixé par voie réglementaire » ;

REJETTE les autres demandes ;

CONDAMNE Monsieur [V] [W] à payer à l'EPIC HABITAT ET METROPOLE la somme de 50,00 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ;

CONDAMNE Monsieur [V] [W] au paiement des dépens qui comprendront le coût du commandement de payer du 8 décembre 2025, de la saisine de la CCAPEX, de la sommation du 17 décembre 2025, de l’assignation, et de sa dénonciation à la préfecture mais ne comprendra pas le timbre fiscal ;

CONSTATE l’exécution provisoire.

LE PRESENT JUGEMENT A ETE SIGNE PAR LE JUGE ET LE GREFFIER PRESENTS LORS DU PRONONCE.

LE GREFFIER LE JUGE

Données open data (Licence Ouverte 2.0), pseudonymisées à la source. Ne jamais citer uniquement sur la foi de cette base locale.