CA Rouen, 27 août 2026, RG 26/03022
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Texte de la décision
N° RG 26/03022 - N° Portalis DBV2-V-B7K-KKK7
COUR D'APPEL DE ROUEN
JURIDICTION DU PREMIER PRÉSIDENT
ORDONNANCE DU 27 AOUT 2026
Bertrand DIET, conseiller à la cour d'appel de Rouen, spécialement désigné par ordonnance de la première présidente de ladite cour pour la suppléer dans les fonctions qui lui sont spécialement attribuées,
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu l'arrêté du préfet du Nord en date du 15 juillet 2026 portant obligation de quitter le territoire français pour Mme [Y] [J] ;
Vu l'arrêté du préfet du Nord en date du 26 juillet 2026 de placement en rétention administrative de Mme [Y] [J] ayant pris effet le 26 juillet 2026 à 18h40 ;
Vu la requête du préfet du Nord tendant à voir prolonger pour une durée supplémentaire de trente jours la mesure de rétention administrative qu'il a prise le 26 juillet 2026 à l'égard de Mme [Y] [J] ;
Vu l'ordonnance rendue le 25 Août 2026 à 10h50 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen autorisant le maintien en rétention de Mme [Y] [J] pour une durée supplémentaire de trente jours à compter du 25 août 2026 à 00h00 jusqu'au 23 septembre 2026 à 24h00 à la même heure ;
Vu l'appel interjeté par Mme [Y] [J], parvenu au greffe de la cour d'appel de Rouen le 26 août 2026 à 9h51 ;
Vu les avis donnés à Mme [Y] [J], au préfet du Nord et au ministère public, d'avoir à formuler des observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel, en ce que la décision du magistrat du siège du tribunal judiciaire n'est pas produite, et ce dans un délai de deux heures à compter desdits avis ;
Vu les observations de Maître Jonathan LEVY, de la SELARL LEVY AVOCAT, avocat au barreau de PARIS ;
En l'absence d'observations formulées par le préfet du Nord,
Vu les observations formulées par le ministère public ;
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MOTIVATION DE LA DECISION
Selon l'article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : les ordonnances mentionnées au présent chapitre sont susceptibles d'appel devant le premier président de la cour d'appel ou son délégué. L'appel peut être formé par l'étranger, le ministère public et l'autorité administrative. Le premier président de la cour d'appel ou son délégué est saisi sans forme et doit statuer dans les quarante-huit heures de sa saisine et selon l'article L. 743-23 alinéa 1er : le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables
En outre, les dispositions des articles R. 743-14, R. 743-16 et R. 743-17 prévoient : lorsque le premier président de la cour d'appel ou son délégué envisage de rejeter une déclaration d'appel comme manifestement irrecevable, il recueille par tout moyen les observations des parties sur cette irrecevabilité. Sont notamment manifestement irrecevables au sens du premier alinéa de l'article L. 743-23 les déclarations d'appel formées tardivement et les déclarations d'appel non motivées. La décision prononçant l'irrecevabilité de l'appel dans le cas prévu à l'article R. 743-14 ou rejetant la déclaration d'appel dans le cas prévu à l'article R. 743-15 est rendue par le premier président de la cour d'appel ou son délégué dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa saisine. Ce délai est calculé et prorogé conformément aux articles 640 et 642 du code de procédure civile.
L'ordonnance est communiquée au ministère public. Elle est notifiée par tout moyen et dans les meilleurs délais à l'étranger et à son conseil, s'il en a un, ainsi qu'à l'autorité qui a prononcé le placement en rétention, qui en accusent réception.
En l'espèce,l'ordonnance concernée par l'appel n'était pas jointe à la déclaration en violation de l'article 933 du code de procédure civile sans que cette omission n'ait été régularisée dans le délai d'appel. Le grief est caractérisé par la nécessité, pour la partie adverse, d'assurer sa défense au regard d'une décision soumise aux débats. Tel n'est pas le cas en l'espèce.
En application des dispositions précitées et de l'article R.743-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu de déclarer irrecevable la déclaration d'appel sans convocation préalables des parties qui ont été invitées à fournir leurs observations, en raison du caractère manifestement irrecevable du recours.
PAR CES MOTIFS :
Statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire et en dernier ressort,
Vu les articles L 743-21, L 743-23 al 1, R 743-14, R 743-16 et R 743-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Déclare irrecevable l'appel interjeté par Mme [Y] [J] à l'encontre de l'ordonnance rendue le 25 Août 2026 à 10h50 par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Rouen autorisant son maintien en rétention pour une durée supplémentaire de trente jours à compter du 25 août 2026 à 00h00 ;
Fait à [Localité 1], le 27 Août 2026 à 9H
LE CONSEILLER,
NOTIFICATION
La présente ordonnance est immédiatement notifiée contre récépissé à toutes les parties qui en reçoivent une expédition et sont informées de leur droit de former un pourvoi en cassation dans les deux mois de la présente notification et dans les conditions fixées par les articles 973 et suivants du code de procédure civile.
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